Les 3 méprises habituelles

Voici 3 méprises courantes concernant notre mouvement :

 

1

Non, nous ne sommes pas pour l'ignorance et l'obscurantisme.

 

Si vous vous dirigez sur cette méprise (somme toute surprenante), cela signifie que vous êtes intensément scolarisé ; vous avez intégré au plus profond de vous-même qu'un système scolaire, notamment étatique, est le seul moyen pour apprendre. Le système scolaire a en fait volé et détourné l'idée originelle de Skholè (le loisir que chacun peut se donner à lui-même pour se construire, se connaître, apprendre librement, lorsqu'il n'est pas harassé par un travail qui répond à la nécessité). Cette idée originelle, c'est celle qui nous voudrions retrouver, à travers même si possible : une méga-skholè. (cette méprise peut également signifier que vous nous prenez pour des demeurés, des abrutis ou que sais-je encore).

2Non, nous ne sommes pas pour que le marché et les entreprises privées récupèrent « l'éducation ».

Il ne faut pas tomber dans ce piège dans lequel tombe une bonne partie ce qu'on appelle « l'extrême gauche ». Piège qui consiste à percevoir l'éducation nationale comme "de gauche" (au service de l'émancipation, de l'égalité, de la fraternité, et luttant contre les oppressions), et donc à vouloir la protéger "de la droite" (les privilèges, le capitalisme, une société de classes, hiérarchisée). Piège qui consiste aussi à considérer l'Éducation Nationale comme un "acquis des luttes sociales", ce qui est totalement faux, elle n'est qu'un projet de gouvernement ploutocratique.

Nous mourrons de ce piège depuis la naissance de l'école de Jules Ferry. L'Éducation Nationale est déjà (depuis le départ) au service du capitalisme, des Possédants, et travaille depuis sa naissance au maintient et à la poursuite des privilèges. L'Éducation Nationale est à 100% à droite, voire à l'extrême droite (C'est même exactement "la main droite de l'État", contrairement aux bêtises inverses qui ont toujours été assénées). Ce n'est pas un "service public", puisque ce n'est pas un service mais un sévice. Lire l'analyse spectrale des institutions par Ivan Illich.

3Non, nous ne sommes pas pour l'Instruction en famille (IEF).

Cela peut consister néanmoins en une solution temporaire, individuelle, à court-terme, pour épargner à ses propres enfants la nocivité de l'éducation nationale. Mais cela reste une solution égoïste et dans le contexte actuel, cela correspond forcément à une minorité de privilégiés. A long terme et du point de vue collectif, ce n'est pas viable du tout puisque cela perpétue les inégalités sociales liées à la différence des milieux familiaux. Cette méprise concernant les buts réels de la Déscolarisation, qui génère automatiquement l'équation : [ déscolarisation = IEF ] dans les esprits, est étonnante ! Puisque cela valide totalement un monde uniquement sous forme de boîtes !! Oui, c'est tellement logique ! Si tu ne vas plus dans la boîte : [ÉCOLE], évidemment qu'il te faut aller dans la boîte [FAMILLE] ou pourquoi pas dans la boîte [TRAVAIL]. C'est comme ça, c'est triste, on dirait qu'on ne pense jamais à ce qu'on pourrait vivre dans l'espace infini situé en dehors de toutes ces stupides boîtes (Conseil : écoutez don' la chanson : Petites Boîtes).

Se déscolariser, c'est à la fois en finir avec cette éducation institutionnalisée et gérée, commandée, par les pouvoirs (lesquels sont contre l'intérêt général), --> et donc effectivement quitter l'école ou retirer ses propres enfants de l'école... mais c'est aussi mettre fin à cette intériorisation de l'hétéronomie individuelle et collective (créée par l'éducation nationale) - ce qu'on nomme plus couramment : formatage, conditionnement....

La « déscolarisation » (nous nous efforçons de mettre souvent des guillemets), un "mot-obus", (un peu comme celui de "décroissance"), afin de ré-inverser un concept volé et détourné par les Pouvoirs (comme tant d'autres : démocratie, République, etc.). Les "décroissants" ne sont évidemment pas contre "la croissance" (mais ils posent grâce à leur mot-obus, la question "la croissance de quoi ?"). Nous sommes bien pour la skholè voire une méga-skholè, mais nous sommes contre son imposture actuelle et l'escroquerie monumentale qu'elle constitue.

Nous sommes pour la fin de toutes nos "boîtes" hermétiques qui ne permettent pas de vivre en société et pour retrouver un espace public, ouvert, libre et égalitaire où chacun peut s'épanouir librement. (l'égalité d'expression).