I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

 
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Humeurs

L'hitlerisme est intact !

A l'heure où il est carrément annoncé le massacre de nos frères par l'État sanguinaire : http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/01/12/notre-dame-des-landes-la-gendarmerie-se-prepare-a-une-operation-d-ampleur_5240937_3244.html
Il est tristement à nouveau l'heure pour cette image (ci-contre) :bottes silence pantoufles

​Ce qui m'aura le plus étonné ici bas, c'est la lâcheté des humains.
Cette lâcheté abyssale, totale, absolue. L'homme n'est qu'un animal craintif, méchant et sanguinaire d'être craintif. On parle de la complexité de l'humain et de respecter cette complexité or, il est simple et monocorde : il ressent de la crainte en continu et il tue sans cesse pour essayer de l'apaiser quelques secondes.

Si je ne comprends pas cette lâcheté, c'est que je ne comprends pas LE SENS DE LA VIE que ça raconte d'abord pour chacun et in fine pour l'ensemble. Je ne parviens pas à comprendre ce qui est vécu au fond du cœur de chacun à être lâche et pleutre. On peut être lâche un temps mais quand les vies entières sont des histoires intégrales de lâcheté, c'est autre chose qui apparaît. Quelle histoire de leur propre vie les gens se racontent-ils à eux-mêmes ? C'est cela que je ne comprends pas. Comment tu tiens debout à savoir, à palper en continu ta propre lâcheté ? A te scinder en différentes versions de toi-même et à incorporer des rôles sociaux pour OBTENIR. A savoir que tu es uniquement intéressé par le fait de bouffer, de baiser, de boire, de posséder, d'avoir de l'argent, et que tu es obnubilé par TES objets, TES enfants, TON travail, TA maison, TES amis, TA femme... Comment font-ils pour vivre tout en sachant qu'ils sont l'inverse du héros qu'ils voient dans leur feuilleton favori ? Ils savent que là où leur héros de série franchit des lignes, voit plus loin, va plus loin, défie la pesanteur et la fatalité, se dresse, réagit, c'est là où eux-mêmes reculent éternellement. Comment font-ils... ?

Inconsciemment même les plus "gauchistes" veulent que les zadistes se fassent MASSACRER car la ZAD, en tant qu'expérience concrète en pleine lumière, même imparfaite, dit combien leur œuvres sont mauvaises :

« la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées. » Jean 3

Ces jours-ci, comme chaque semaine depuis 15 ans, je continue de militer de mille manières, d'aller parler aux gens dans la rue, même de faire du porte à porte, de transformer le monde, de dénoncer l'injustice, de tacler les hommes de pouvoirs, de me dresser, de risquer, de m'engager publiquement, face à ce peuple d'éternels pantouflards lâches, pleutres, et égoïstes, toujours et encore : FASCINÉS PAR LA PUISSANCE.
Et pour ce point aussi, les gens veulent que les zadistes se fassent massacrer. Tellement craintifs, ils veulent voir de leurs propres yeux le bras armé de l'État s'abattre sur leur propre frère, car sentir la force de l'État, la voir, ça va les rassurer pour un petit temps.

J'ai l'impression que les gens voient la ZAD comme un simple squat alors qu'il ne s'agit pas du tout de ça, mais d'un pays, avec une communauté et des habitants soudés qui vont se défendre s'ils se font attaquer. Et donc, cela dessine un massacre.
Si les gens voient la ZAD comme un squat c'est qu'ils ignorent le prix d'un jardin, ils ignorent l'attachement qu'on peut avoir pour le romarin et toutes les autres choses vivantes qui poussent depuis X années devant notre porte. Ils ignorent que la petite cabane de bric et de broc — qui correspond pour eux à la cabane à outils de leur pavillon ou à une maisonnette pour enfant — est EN FAIT une vraie maison chaleureuse pour son habitant de la ZAD... On ne peut pas déloger des gens qui ont autant investi AFFECTIVEMENT parlant ! et ORGANIQUEMENT, sans créer des choses très graves !!!

Bref, un massacre se prépare, et on entend le silence des pantoufles.
Oui, l'histoire se répète à cause de la lâcheté, à cause de l'absence de COURAGE, à ne pas penser uniquement à sa propre vie.

Avant hier, j'ai essayé de parler avec un habitant de ma commune (porte à porte), et pour lui, la "fraternité", c'est un mot, me disait-il, qui concerne uniquement LA FAMILLE, étant donné que ça vient de "frère"... Je n'ai pas osé lui demander si l'expression "famille humaine" pouvait avoir du sens pour lui...

L’HITLÉRISME EST INTACT.

Où est l'épure ?

bordelOù est l'épure ? Où est le vide qui, seul, permet à la grâce de venir ?

Le monde semble éternellement voué à n'être qu'un monstrueux et cataclysmique bordel rempli de merdes de milliards de milliards de sorte diffusées par chacun ! Nous sommes des tyrans les uns pour les autres et nous balançons à la gueule des autres nos merdes et nos pensées moisies et éculées (faisons-nous autre chose ?). Notre fumée de cigarette, nos alcools, nos outils technologiques, toutes nos drogues, nos folies, tous nos excès perpétuels... Tu n'en veux pas ? Ha mais j'en ai rien à foutre !! Tu prendras quand même dans la gueule tous mes vices, toutes mes déviances, toutes mes tentations, toutes mes prothèses, toutes mes productions, toutes mes drogues ! TOUTE CETTE CONFORMATION HIDEUSE DE MON CERVEAU SCOLARISÉ ! Tiens, prends ma bagnole dans ta tronche ! Prends ma sonnerie de téléphone ! Prends-moi en train de glisser mon doigt sur un écran ! Prends toutes mes poubelles ! Prends cette nouvelle invention et puis celle-ci et encore celle-ci ! Attends ! En voilà encore une ! Prends-la putain ! Mais surtout prends dans tes oreilles, toutes mes peurs, toute mon obsession de l'argent, toute ma résignation, toute mon absence de foi ! Tu ne veux pas tout ça ? Quoi ? Tu voudrais de l'épure ? De la sobriété ? Du vide ? De la grâce ? Tu rigoles ? Je suis l'inverse de ça ! Je ne suis que pesanteur ! Prends tout mes objets, tous mes doudous, tous mes gadgets, toutes mes collections, tous mes bibelots ! Tous mes vêtements ! Tous mes ACCESSOIRES ! Tous mes bijoux, tous mes trucs-à-la-con ! Tous mes trucs-marrants ! Tous mes trucs qui ont voyagé en conteneur aux quatre coins de la planète ! Et puis s'il te plaît (enfin, s'il ne te plaît pas c'est pareil !), viens consommer avec moi pour me justifier ! Viens au ciné, viens au restau, viens au magasin pour acheter ! Tiens prends tous mes emballages dans ta tronche ! Je suis bourré, j'ai trop bu ? Ben gère-moi ! Récupère-moi ! Ramène-moi chez moi et borde-moi. Je suis bourré, j'ai trop bu ? Eh bien, gère l'accident de la circulation et tous les morts ainsi provoqués ! Et puis au fait, prends aussi dans ta tronche tous mes médicaments, mes cachetons, mes additifs ! Ha mais j'ai pas fini, prends aussi tous mes petits crayons, tous les petits machins que je mâche, que je fume ou que je tripote ! Prends mon club-sandwish et son emballage sur le trottoir, prends mon Mc Do et mes cafés ! Prends mes bars, prends mes phrases toutes faites, prends mes lieux-communs ! Prends mon facebook, prends mes 4 545 789 456 habitudes indécrottables indéboulonnables dans ta putain de tronche, j'en ai rien à foutre. Prends tous mes désirs, toutes mes frustrations, prends tout mon mal-être, écoute-moi sans fin ! Regarde-moi déverser sur la tête de mes gosses des milliards de merdes en plastiques. Et puis, tiens, prends dans la tronche, la forteresse inviolable dans laquelle je vis (au sens propre et figuré), prends mon portail électrique, mes alarmes, mes écrans ! Prends-les je te dis !! Boufffe-les ! J'te dis ! Prends ce que je suis dans ta tronche ! De la peur ! Je ne suis que Peur, et je veux que tu la bouffes ! Je suis un petit animal craintif drogué et gorgés de prothèse ! Prends tout ça !

Putain, c'est beaucoup plus lourd qu'à l'époque de Jésus, non ?

Nous avons (encore) essayé d'allumer un feu

feuIl faisait froid et nous avons essayé d'allumer un feu. Plus la Terre se réchauffe à cause du CO2 du Méthane, plus nous avons froid. Nous avons proposé des veillées pour que la vie revienne peu à peu au village : de la philosophie, des jeux, des conversations, du théâtre etc. se parler, se voir, s'entraider et apprendre les uns des autres, se retrouver.
On se disait qu'il suffisait peut-être juste de se mettre en chemin pour retrouver tout ce qui fait la douceur de vivre : l'Amitié, le soin aux autres, et puis bien-sûr, si possible, les coquelicots, les fours à pain, les rires de petites filles et de petits garçons, la pluie aussi douce que le soleil, l'abondance de bienfaits, le plus possible de manifestations de la Vie, la paix intérieure et extérieure, le retour des sens et des sensations, oui, quelque-chose comme à la fin du livre L'homme qui plantait des arbres :

 l'homme qui plantait des arbres Sur l'emplacement des ruines que j'avais vues en 1913, s'élèvent maintenant des fermes propres, bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. A côté de chaque ferme, dans des bosquets d'érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthes fraîches. Les villages se sont reconstruits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s'est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l'esprit d'aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l'ancienne population, méconnaissable depuis qu'elle vit avec douceur et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.


Quelque harmonie serait-elle envisageable ? De toutes façons nous avions vraiment trop froid dans ce village, il fallait bien tenter quelque-chose. Nous disions sans cesse : il est mort notre village ! Alors tout bêtement nous avons essayé d'allumer un feu au centre du village. Du bois, des brindilles, de la cagette, du papier, une allumette, nous avions tout ce qu'il faut et en prime, nous étions une petite bande d'enthousiastes (étymologiquement : pénétrés et emportés par le divin). Nous avions un feu en nous et nous voulions le déposer et le matérialiser comme offrande ("Toi qui m'a donné du feu quand...").
Le feu a commencé de partir, les flammes grossissaient, cela nous ravivait, nous étions ravis. Septembre, octobre, novembre 2016, à observer ce feu s'épanouir lentement... Quand le froid de l'hiver allait s'ajouter à celui des âmes, le feu serait peut-être très grand, très beau et très chaud, tant mieux !

Mais les élus sont encore venus et, hommes ou femmes, ils ont pissé sur le feu en rigolant pour l'éteindre. Je suis allé les voir plusieurs fois, pour leur dire d'arrêter et d'aller pisser ailleurs, et quand je me suis tourné vers les villageois pour avoir leur approbation et leur soutien, il n'y avait plus personne. Chacun, par un mystérieux mouvement de pesanteur, était retourné se placer mécaniquement derrière un écran d'ordinateur, de télévision, de tablette ou de smartphone. J'ai regardé à nouveau vers feu le feu, et les élus pissaient toujours, et puis se branlaient et éjaculaient dans la bouche ou le cul des villageois, chacun ligoté façon SM, à l'endroit où on avait essayé de faire un feu. Les élus de sexe féminin sodomisaient mes concitoyens avec des godes-ceintures. Je me suis approché d'un camarade (de sexe masculin) qui avait une bite dans la bouche, un gode-ceinture dans le cul et des braises au milieu du dos, et j'ai tenté de le questionner. Je compris à partir des bribes de mots que j'ai pu glaner entre deux coups de bite, qu'il n'avait aucunement conscience de ce qu'il était en train de subir et qu'il se croyait tranquillement installé derrière son écran ordinateur en train de regarder un film porno.
Oui, et donc ils se laissaient faire. En fait, il paraît que c'est parce qu'ils ont des "habitus de dominés". C'est Bourdieu qui l'a dit. Et il paraît que c'est tout.

Je ne vous raconterais donc pas cette histoire du jour où nous avions essayé de mettre des couleurs.

On boit un coup ?!

on boit un coupOn refait le monde encore une fois ?

Une tisane ? Un café ? Du vin ? Et puis on mange ? Et puis on bavarde ? Ben oui, mais en fait, se demande-t-on seulement ce qu'on peut faire d'autres ensemble ??! Oups pardon ! C'est vrai, on pourrait aller consommer ensemble : restau, ciné, boutiques, théâtre, expos, oui, incorporer ensemble la position passive du consommateur de produits du système calibrés et inoffensifs (industries culturelles au service de la Propagande). Enfin, oui, on peut aussi aller se promener ensemble c'est vrai, ramasser des champignons ou autres (ça c'est sûrement le meilleur qu'on peut faire ensemble)... Mais aller !! Là, c'est l'hiver en plus, alors ? On boit un coup près du chauffage ? Et puis un autre !! Et encore un autre jusqu'à la fin, pour combler le vide de notre impuissance collective. Autour de la table ! Les enfants jouent dehors, ou en haut (oups pardons, ils sont sur la tablette ou l'ordi), et puis nous, on boit un coup et on bavarde... Et puis, nous buvons de l'alcool et éventuellement nous fumons (du tabac ou de l'herbe), pour « étouffer la voix de notre conscience » (Cf : Tolstoï sur l'alcool et le tabac), c'est plus pratique de pouvoir moins penser ou disons de penser dans la brume pour percevoir moins nettement l'horreur de notre situation. Partout ailleurs, des gens se retrouvent aussi (ou pas !!!), soit au bistro pour boire un verre et bavarder, soit chez eux pour... boire un verre et bavarder... Mais c'est quand que y'en a un qui va se lever de cette foule compacte qui ne peut rien faire d'autre que « boire un coup », pour au moins constater : qu'on ne peut rien faire d'autres que « boire un coup » ? (et démarrer évidement le raisonnement ad hoc : comment ça se fait qu'on ne peut jamais rien faire de RÉELLEMENT constructif et pérenne ensemble ???!).
Je rappelle au passage que « boire des coups » avec les autres, c'est bien le maximum, puisque ce qui prédomine dans cette non-société, ça reste la solitude derrière écran ou accompagnée d'autres drogues.

En fait, il y a d'un côté l'action individuelle et individualiste qui peut être parfois créatrice (mais toujours sous la forme de « ma petite entreprise » à moi moi moi moi moi). Mais comme on ne supporte pas la solitude et qu'en plus on a des besoins affectifs et sexuels, on se force quand même à mettre sur pied un individu-collectif bizarroïde en la personne du couple, le couple devenant pour chacun une sorte de compromis suprême pour tenter de régler à minima - mais ça marche pas - notre cruel dilemme entre société et solitude. Je rappelle qu'en mécanique un couple est constitué de « deux forces égales, parallèles et de direction opposée, agissant en sens inverse ». Alors ça semble efficace au départ, mais c'est jamais très diversifié comme application pour répondre à la densité de problèmes que pose la vie (le collectif est plus adapté) et le couple c'est toujours douloureux (parce que ça sclérose et s'entre-choque toujours) et c'est finalement infertile pour tout le monde. On fait des couples et on boit des coups avec des amis de passage, c'est en fait tout ce qu'on a le droit de faire dans cette non-société... (Quand la révolution cosmique prolétarienne arrivera-t-elle ??!!). Je rappelle que l'étymologie de "prolétaire" : c'est celui qui n'est bon qu'à faire des enfants et à bosser...de la chair à État quoi (Ce que nous sommes tous dans ce régime dictatorial).
De l'autre côté, il y a le collectif ("les autres", "tout le monde", "la communauté", "le village", "le pays", etc.), mais là, il n'est pas là, il n'ex-siste pas, et la seule chose qu'on peut faire avec « les autres » c'est de consommer « ensemble » notre impuissance politique en consommant des boissons ou autres consommations (« Des consommateurs consommaient des consommations »).
Ha oui, on a également le droit d'étendre son petit couple à une faction au service de ses petits intérêts (y compris les idées), qu'on appelle l'Association. Là, le concept va loin : il s'agit bien pourtant de ce que la philosophie politique nomme depuis le début : "faction", c'est-à-dire, normalement, la volonté claire et assumée de se séparer des autres, et de séparer, de marquer sa différence et des frontières, mais de nos jours la faction-association pour exister doit mentir en permanence sur son essence en faisant croire qu'elle est LE COLLECTIF manquant, tant désiré. C'est d'ailleurs vendu de cette manière : vous souffrez de vos scléroses individuelles ?! Et si vous vous mettiez au COLLECTIF en rejoignant une "ASSOCIATION" ??!
Dans la liste de tout ce que le diabolos (le diviseur, le diable) a inventé, l'association est largement dans le top ten (oui, le numéro un c'est l'argent).

Alors qu'est-ce qu'on peut faire ensemble ? Ben rien ! On le sait bien, mais on n'ose se l'avouer et encore moins le dire. Mais pourquoi on ne peut rien faire ensemble ? Là aussi, on n'ose point se l'avouer et encore moins le dire. On ne peut rien faire car la notion d'ensemble est déjà prise, elle n'est pas disponible. Elle est prise par l'État. Notre « ensemble » s'il devait naître, il détruirait l'État (pour naître, il doit détruire l'État). Et l'État, ce n'est pas l'Élysée, Matignon, la Tour Eiffel et tout ça, non l'État, c'est ce Pouvoir liquide (ou même gazeux) qui inonde le pays de part en part à travers tout ce qu'on pourra qualifier d' «institutionnel », d' « officiel » et d'administratif ou régalien, c'est également tous les FLUX. L'État, c'est aussi le Conseil Municipal de votre commune et de toutes les communes (qui n'en sont pas ! [des "communes"]). L'État c'est votre Maire. Alors, on sait tous très bien, inconsciemment ou pas, que si on fait croître le collectif, l'État se dresse toujours (pour nous dresser) de diverses manières en nous disant simplement (mais avec la plus crue des violences symboliques) - ou avec la plus extrême violence selon là où nous en sommes - « Mais que faites-vous ???! Vous vous croyez où ??! Le collectif c'est l'État ! Désolé, la place est prise, il ne peut y'avoir deux collectifs ». Ensuite, l'État-Papa nous dit à peu près toujours la même chose : 1. D'aller boire un coup ! 2. De rentrer chez nous 3. De monter une association 4. De faire un site Internet ... (« Mais si vous voulez vous exprimer Monsieur Rochex, pourquoi vous n'ouvrez pas un blog » m'avait dit une fois un policier).

Et nous obtempérons. Nous continuons de consommer notre impuissance à travers nos consommations... et de recommencer sans fin.
Aujourd'hui, 16 janvier 2017, et surtout ce soir (ben oui car les esclaves bossent), des gens vont se voir (car nous restons des animaux sociaux), et que vont-ils pouvoir construire, transformer ?!!? Ben rien du tout, et ils le savent, alors environ 5 minutes après le franchissement du paillasson : y'en a un qui va dire : « ON BOIT UN COUP ?! Qu'est-ce tu veux Bruno ? Et toi, Magalie ? » et puis, ils vont bavarder, à propos de tout ce qu'il faudrait changer dans ce monde et dans cette société. Ils parleront d'ailleurs de tout, oui, de tout !! Le lendemain, au taf, ils diront : « hier, on a encore refait le monde avec Bruno et Magalie ! » Eh oui, tous les soirs, le monde est refait en imagination, partout, par des millions de gens, mais JAMAIS en vrai (Quand, la Révolution cosmique prolétarienne ???!). Avec Bruno et Magalie, ils ont parlé de tout, et de toutes les solutions, même de l'écriture d'une nouvelle constitution, de la propriété foncière, de l'agriculture, de la santé, du transport, des outils techniques, de l'habitat, de l'eau, etc. etc. Ils ont eu des idées formidables, géniales, et ils ont fait montre d'un cerveau collectif des plus puissants ! Mais ils n'ont pas pu dépasser le fait de boire un coup et de bavarder car leur impuissance politique est inscrite au génome de la non-société dans laquelle ils vivent (ils ont conclu qu'ils se reverraient bientôt pour... boire encore un coup et.... et qu'ils feraient... un site Internet... pour présenter leurs idées, et ils étudieraient le fait de... de... monter une association !).
C'est une impuissance de régime, qu'ils consomment interminablement à coup de bière, de tisane, de vin, de kéfir, de cidre, de jus de fruit, de chocolat, de sirop, de liqueur, de laits, etc. (c'est en fait pour ça que nous sommes tellement ingénieux en matière de boissons).
Alors qu'est-ce que tu fais ce soir ? On boit un coup ? On refait le monde ? Qu'est-ce tu prends Didier ! Une p'tite association Loi 1901 ? Un site web ? Et toi Delphine ? Tu reprendras un peu du Festoche comme samedi dernier ? Bernard, tu veux un peu de ciné dans ton verre ? Non ? Carrément un cognac ? Lydie ? Un p'tit concert et un p'tit restau ? Avec de la glace ? Ha, ça,... c'est pas ce qui manque, la glace...

 

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Terre et permaculture | 18 Mar 2017 10:49 | Sylvain Rochex
Éloge des baies

Ils sont tellement plus impressionnants ! Ils sont tellement plus facile à compter ! Ils sont tellement plus facile à ranger dans [ ... ]

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