I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

News

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« Le monde allant vers...» sur la déscolarisation

Les deux émissions Radio Grésivaudan du mois d'octobre 2014 sur "la Déscolarisation" :

« Le monde allant vers...» sur notre procès du 22/01/2015

 

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Vers une skholè libre [col=300]

Vers une skholè libre

Ce matin je vais à l'École

eliot et luna riveÉtymologiquement, le mot école découle de skholè, le temps libre que l'on se donne à soi-même quand on n'est pas harassé par la nécessité ou par un travail contraignant. Aujourd'hui, on voit bien à quel point le concept d'école a été rétréci au point de ne délimiter qu'un polygone de béton ceint d'un grillage, minuscule, ridicule, infime, en rapport à l'étendue de l'univers explorable. Dans le cœur de cette petite forteresse, un unique référent du savoir prétend délivrer la connaissance à un groupe de personnes plus jeunes. Or cette connaissance, loin d'être délivrée, est manifestement cloîtrée et sous contrôle rapproché. Le concept d'école, tel qu'on l'utilise aujourd'hui, associé à un mortel ennui et à l'enfermement, se rapproche malheureusement plus du SCHÉOL, le royaume des morts des Hébreux, «l'endroit où vivent d'une vie vague ou presque éteinte les morts immobiles» que de celui de la skholè originelle...

Si l'on pose la question à cent personnes : « qu'est-ce que l'école ??? », je gage fort que cette définition-là, celle d'un lieu clos postillonnant son savoir, s'échappe sans surprise de la plupart des bouches, avec une éloge plus marquée que la mienne, j'en conviens sans peine. 

Dans leur immense majorité, les enfants n'ont pas d'autre choix que de former leur conception de la vérité en fonction des connaissances parcellaires qui leur sont imposées, puisqu'ils sont privés de l'ensemble des sources du savoir auxquelles ils pourraient accéder librement au-delà des murs. Plus on admet que l'apprentissage provient de ce petit enclos gris, pourtant si morne face au terrain de jeux et de rencontres du dehors, plus  il en découle de grandes lacunes et une ablation progressive des facultés de s'intéresser à d'autres formes de connaissances. L'adhésion graduelle à ce modèle qui nous est infligé mutile simultanément notre faculté d'intelligence qui voudrait explorer mille chemins inédits.

« C'est ce que nous pensons déjà connaître qui nous empêche souvent d'apprendre », disait Gaston Bachelard, qui aimait glaner la connaissance lors de longues promenades au fil de l'eau, ou de ses rêveries écloses de l'observation des nuages...

Je propose donc de procéder à une pirouette de l'esprit, un volte-face absolu, pour redonner une autre substance, au mot école. Une substance moins étiolée, plus dense, infiniment plus vaste.

Il apparaît alors de façon lumineuse que c'est une erreur de dire de quelqu'un qu'il a quitté très tôt l'école, tout comme c'est aussi une erreur de dire que les adultes ont fini leur cycle de formation et ne vont plus à l'école. Dès le réveil, chaque matin, et à tout âge, je peux créer une situation de skholè, aller, être à l'École. C'est à dire faire le choix de me rendre disponible à de nouvelles expériences, de nouveaux apprentissages. C'est avant tout une disposition de l'esprit, une quête, une ouverture sur le monde ; chaque jour peut être une nouvelle expérience fondatrice pour mon être si j'envisage la vie comme une immense leçon permanente et sans cesse renouvelée et pour peu que je me donne les moyens de « n'être pas harassé par la nécessite ou par un travail contraignant ».

« Apprendre est l'essence de la vie » disait Krishnamurti. Ainsi c'est une erreur de dire à un enfant de trois ans qu'il va bientôt aller à l'école pour apprendre pleins de choses. Il y est entré dès que son œil  posé un regard curieux sur le monde, même avant sa naissance.

La curiosité dérive du mot curie, le soin, l'attention que l'on porte, à l'Autre et au Monde.

De même, c'est bien sûr une colossale erreur de dire de certains enfants qu'ils ne vont pas à l'école. Au contraire, ils sont en permanence plongés en situation privilégiée d'apprentissage. Chaque moment de vie nous en apprend un peu plus qu'hier. Une rencontre, une promenade sur la plage ou dans une forêt, une musique, l'observation de la toilette du chat,  chaque moment que l'on s'accorde de temps libre, où notre esprit vaque tranquillement à l'observation et à la lecture du monde est un temps d'École. La gamme des apprentissages est infini, une fourmi peut devenir peut devenir un passionnant professeur-magré-elle le temps de l'observation attentive de son parcours du pot de confiture jusqu'au pied de la table.  Assister à un échange entre deux ou plusieurs personnes, dans des contextes très divers, avec le flot d'émotions et d'interactions, de subtilités et de nuances que chaque relation comporte, enrichit chaque fois notre connaissance de l'humain et de ses facultés sociales infinies. Un sentier, au fil des saisons, des années, délivre sa connaissance à l’œil chaque fois plus averti de celui qui l'explore, en quête d'un nouveau détail qui vient en préciser la connaissance. Cela est valable pour un lieu ; ou pour une personne ; ou pour un art , une science , le ciel,  ou que sais-je encore, le champ de l'exploration est infini, permanent. Il peut se focaliser sur un point singulier pour dessiner un apprentissage précis et minutieux comme de la dentelle, ou s'élargir vers des horizons sauvages et inexplorés.

Des expériences plus ou moins joyeuses, des rencontres plus ou moins fécondes, chaque temps de vie est un temps d'École, pour peu que l'on soit ouvert à la lecture et au décryptage des symboles écrits du monde, qui débordent infiniment des lignes des manuels des tristes écoliers d'aujourd'hui.

Quand l'étroite école, rétrécie, amoindrie, mutilée, perd son caractère minuscule pur devenir École, la différence est… capitale.

Photo: Eliot et Luna très concentrés à l'École, en situation d'intense apprentissage, de Skholé (et non de Schéol!), dans une intéressante zone frontière entre eau de mer et eau douce, avec une faune et une flore très spécifique et diversifiée -dont notamment la Salicorne.

Bibliothèque de combat !

Une publication pour rappeller que nous disposons d'une bibliothèque faramineuse, une bibliothèque que nous avions baptisée : « La bibliothèque tapie dans l'ombre » en référence aux inculpés de Tarnac, qui est une bibliothèque de combat. Elle est peu visible puisque dans nos montagnes et loin de la ville et des institutions. Très très peu de visiteurs. Pourtant vous y trouveriez de véritables trésors de chez trésor. Elle est très fournie, très très variée. Elle n'est pas apparue par hasard (— comme apparaissent les bibliothèques institutionnelles sans âme —), elle est le magnifique fruit de longues années de recherches et d'études, elle a une âme, un souffle ouranosien. On fera un jour le listing de tous les ouvrages qu'elle contient. Nous avons un cahier d'emprunt. Cette bibliothèque déménagera sûrement à moyen terme de la bordure de la forêt au coeur de la forêt. Elle sera encore moins visible...

Je crois bien que c'est Emerson qui disait que si on dispose d'un jardin et d'une bibliothèque, on a tout ce qu'un homme peut souhaiter. Et c'est Emerson aussi qui disait : « Voici sa bibliothèque mais son bureau est en plein air ! ». Il y a en effet, un puissant équilibre, de nos jours, à vivre dans la forêt avec une forêt de livres. (Même si la critique apre et profonde de l'écrit et du logos doit être menée en parallèle).

biblio tapie dans l ombre

L'Accorderie en question

accorderieL’Accorderie a ouvert ses portes à Pontcharra (38), et il paraît, selon certains, que c’est un bien ! Je pense que ce n’est ni un bien ni un mal puisqu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, avec cette Accorderie, au niveau des principes et modes de vie proposés (voir également l'article du 07 février : l'accorderie, nouvelle garderie ?).

Comme d’hab ! Une faction a décidé de se constituer en une structure de droit privé et d’apparaître dans l’espace public afin de retrouver un peu de pouvoir (partant de notre impuissance politique commune). Mais au lieu de lutter contre l'impuissance politique générale, cette faction lutte pour son propre pouvoir.

Cette faction a décidé toute seule (avec son réseau privé) qu’elle s’octroyait le droit et la prérogative de gérer les échanges, l’entraide et le partage entre les citoyens. Bref, ce que nous attendons tous (pour certains depuis des décennies), bref, ce qui nous manque le plus à tous, pour maintenir l’espoir individuellement et collectivement.

Oui, l’amitié entre citoyen, l’entraide, et le partage sont ce qui nous manque le plus à tous. Donc, ce n’est pas comme s’il y avait déjà des lieux pour cela. Si c’était le cas, l’Accorderie pourrait faire ses petites affaires à elle, avec ses visions du monde et ses façons de faire qui lui sont propre, sans que cela ne pose de problème à personne. Ceux qui se reconnaissent dans les principes de l’Accorderie seraient libres d’y aller ou pas. Mais là, nous sommes dans la situation où il n’y a de véritable « maison du peuple » nulle-part. Qui veut retrouver cette idée de partage citoyen est donc, d’une certaine manière, contraint et forcé de s’inscrire à l’Accorderie et d’adhérer à leur fonctionnement. Or, ce fonctionnement n’est pas démocratique. La charte, les règles et « les chefs », de l’Accorderie s’imposent littéralement aux citoyens. Une fois inscrit (une fois membre !), les gens peuvent faire des propositions qui passeront toutes par « les fourches caudines » d’une petite oligarchie (les personnes qui ont monté l’Accorderie et l’animatrice salariée). Comme d’habitude, on retombe comme partout ailleurs, dans le procédé, où un petit groupe de gens décident du bien et du mal, décident de ce qui mérite d’être mis avant et de ce qui doit être écarté ou mis sur la touche. Bref, on se situe toujours aux antipodes de ce que les Grecs nommaient l’égalité politique, c’est-à-dire l’équité de parole entre tous les citoyens.

 

L’Accorderie aurait pu faire le choix de gérer l’égalité politique, l’équité. Mais non, comme par une sorte de mouvement de pesanteur, on retombe toujours sur ce vice où les tenanciers d’une structure abusent de leur pouvoir de dire ce qui est bien et ce qui est mal. Je pense d’ailleurs, que c’est toujours le désir inconscient de ceux qui cherchent à augmenter leur puissance : avoir enfin le droit de dire ce qui est bien et ce qui est mal (le droit de juger en somme) en matière de contenu et en matière de mœurs (comportements). Pourquoi donc s’en priveraient-ils ? Pourquoi donc feraient-ils différemment de ce qu’ils ont appris à l’Éducation Nationale et de tout ce qui résulte de notre normalisation sociale ?

Effectivement, organiser l’égalité politique serait quelque-chose de neuf, la seule chose véritablement neuve en fait (et donc la seule chose à faire collectivement : avec le fait de planter des arbres fruitiers bien-sûr). Mais avec l’Accorderie, rien de nouveau sous le soleil, je vous le disais. Rien de nouveau aussi avec cette prédominance de la Peur comme ciment, qui conduit systématiquement à toujours niveler par le bas et à procrastiner (remettre à demain les questions de fond). Effectivement, oser l’égalité de parole et donc par ce moyen, libérer véritablement la parole, nous conduit inévitablement à traiter les questions de fond les plus brûlantes qui engendrent tout aussi inévitablement une dose substantielle de polémiques et d’émotions. Alors, là aussi, en vertu de la pesanteur, on retombe toujours sur le consensuel et le cucul la praline afin de ne choquer personne. Et puis c’est aussi là qu’on va retrouver les tenanciers de la structure qui se croient étrangement responsables de la parole des autres, et, s’étant mis là pour trouver de ce qu’ils croient être de l’amour (des potes et des compliments), ils ne veulent pas se voir reprocher quoique ce soit. De plus (toujours sur le sujet de la Peur), l’Accorderie, par son fonctionnement est complètement soumise au système (Institutions, Subventions et Grands groupes capitalistes), donc, là aussi, il faut évidemment faire attention avec la subversion de l’ordre établi (il faut même carrément s’y soumettre).

Une des techniques magistrales que les Accorderies utilisent pour dire ce qui est bien et ce qui est mal, c’est ce principe diabolique du « Pas de politique, pas de religion, (et pas d’occultisme) ». Ce n’est pas tant le problème de vouloir parler de politique et de religion, le problème c’est la subjectivité totale que recouvrent ces deux concepts (tout en recouvrant eux-mêmes la totalité des autres concepts). En effet, en fonction de vos idées, vous pourrez à loisir frapper avec l’un ou l’autre de ceux deux tampons (politique ou religion) n’importe quelle approche dans les sciences humaines ainsi que n’importe quelle idée, pensée ou cosmovision. De plus, n’importe-quelle approche un peu trop « passionnée » et enthousiaste (étymologiquement : possédé par Dieu) sera elle-aussi vivement réprimée par cette technique diabolique (et hystérique) du « pas de politique, pas de religion !!! ».
Donc, si vous avez le pouvoir et que vous aimez quelque-chose que vous voulez mettre en avant : ça ne sera ni de la politique, ni de la religion, mais en revanche si vous n’aimez pas (ou avez peur de) une approche, vous disposerez de cette merveilleuse technique pour dénoncer le caractère « religieux » ou « politique » de cette chose qui vous dérange. Cela tient au fait que la politique (au sens du vivre ensemble) et la religion (au sens de l’abstraction et de la métaphysique) sont l’essence de l’humanité (et son mode d’existence).  Donc, dire : on accepte tout, sauf « la politique » et « la religion », c’est dire : nous voulons partager ensemble le néant de l’homme (qui se traduira in fine par des soirées crêpes et du blabla).

Deuxième technique couplée à la première pour définitivement mettre la lampe sous le boisseau : le culte de la bienveillance (hystérique, elle-aussi.) En fait si le « pas de politique, pas de religion !!!!! » permet de peser à loisir sur les contenus et de censurer, la bienveillance dogmatique, elle, servira à contrôler les comportements. Là aussi, on est en pleine subjectivité qui nivelle tout par le bas. Mais je conserve une question pour l'Accorderie : censurer les gens, à distance, protégé derrière un écran en se permettant d'affirmer ce qui est bien et ce qui est mal, est-ce de la bienveillance ? (Je pense que c'est la quintessence de la malveillance !)

Les gens de l’Accorderie vous diront sûrement que ce qu’il y a de nouveau c’est la suppression de l’argent dans les échanges de services. Mais ont-il seulement réfléchi à ce qu’est l’argent ? A sa définition ? A son principe général ? A part le fait de relocaliser l’économie (qui est une bonne chose), ils ne retirent en rien le principe de l’argent qui est  un principe d’équivalence générale. Autre aspect au principe de l’argent : la comptabilité. Or cet équivalent général et cette comptabilité, ils les ont totalement conservés à l’Accorderie, avec le temps passé et au travers de « chèques de temps ».

Alors vous pourriez me répondre : « si l’Accorderie ne te plaît pas telle qu’elle est, laisse-les, ils sont libres (– de faire leur chose privative à eux – ), et va voir ailleurs ». Je suis d’accord avec vous, mais le problème c’est qu’il n’y a rien d’autre comme « maison du peuple » digne de ce nom, où on peut réellement, et égalitairement, avancer avec ses concitoyens.

Vous qui me lisez : si vous voulez manger des crêpes, jouer au tarot, et réparer votre machine à laver ou faire un site internet, je vous invite à aller vous inscrire à l’Accorderie (qui est une sorte de « garderie » pour adultes restés enfants). Mais n’oubliez pas que « le tarot… » c’est bien une branche de l’occultisme !! ^^… vous voyez que sans égalité on ne s’en sort jamais… (Pardon d’ailleurs d’avoir employé des expressions tirées de la Bible : « il n’y a rien de nouveau sous le soleil » et « mettre la lampe sous le boisseau » car c’est de « la religion !!!!!!!!! »)

Pour ceux qui souhaiteraient concrètement transformer la société de fonds en combles et avancer ensemble démocratiquement sur des questions de fond (et de combles!) pour l’avenir de la société, de nos enfants, et de la planète, je pense que c’est un autre type de lieu qu’il va falloir faire jaillir de terre le plus vite possible (dans chaque villes et villages du monde). Un lieu où l’on puisse faire vivre l’égalité politique et la vraie démocratie.

Amitié,

Sylvain Rochex

 

 

Retrouver la skholè un peu partout

« L'École de la République », c'est-à-dire « l'École de Jules Ferry » née en 1882, à l’œuvre depuis 134 ans (4 générations seulement !!) - à la manœuvre plutôt - a assassiné un concept né à l'aube de la civilisation, dans la Grèce archaïque puis antique : LA SKHOLÈ. (c'est le mot que nous utilisons sur ce site depuis le début pour signifier qu'après la déscolarisation, il y a bien la "skholarisation" : les retrouvailles avec la skholè originelle. C'est l'étymon qui nous renseigne directement sur l'hérésie absolue de l'école de Jules Ferry)

La skholè, c'est quoi ? : c'est le loisir​ et le temps-libre, que peuvent se donner les hommes à eux-mêmes pour apprendre. Il s’agit de ce temps qu’ils choisissent de prendre pour se cultiver, pour étudier, et qu’ils peuvent prendre car (ou quand) ils ne sont pas harassés par un travail qui répond à la nécessité. Le mot skholè peut même incorporer également la notion de "repos" (les rêves étant riches en enseignements).
Bref, il s'agit du "temps pour soi", du "temps-libre" par opposition au "temps-contraint". "L'école obligatoire" est donc un oxymore, une complète hérésie. La skholè est forcément libre, gratuite (personne ne paye ou n'est payé), et égalitaire.
Le mot "école" ayant été détourné, abîmé, corrompu, par la dictature, l'emploi du mot d'origine nous permet de revenir au concept originel, débarrassé de sa souillure, et de savoir (enfin) de quoi on parle.

Depuis 1882, la dictature Étatique (« République ») a instrumentalisé le concept originel de Skholè pour mettre au point le plus formidable système de propagande, via une Éducation Gouvernementale des masses. Chacun est endoctriné à la doctrine d'État : du bétail humain pour servir la machine capitaliste et demeurer hétéronomes

Cet endoctrinement se passe pendant les 20 premières années de la vie. La suite de la vie des gens se passe ensuite "au travail" et les gens ne se rassemblent pas pour étudier ensemble, pour partager des savoirs, pour avancer ensemble, pour partager ensemble : noétiquement, scientifiquement, poétiquement, citoyennement : TOUS AZIMUTS... (dans une réalité charnelle, en présenciel) - apprendre en regardant une vidéo sur youtube c'est vraiment sinistre et diabolique.

Nous mettons au point une skholè (contactez-nous pour participer mais sachez que c'est une dynamique locale), nous vous invitons à faire pareil dans votre coin.

Faire pousser les fruits de l'esprit comme ceux des arbres​, et mettre en pratique le document : "Conditions techniques de l'Égalité politique"

Aller, on va pas se laisser abattre et pour ça, nous allons penser ensemble, avec la tête et avec les mains...

Proposition de programme de Déscolarisation de la société

- L'école doit redevenir la skholè (loisir libre que se donne chaque individu à lui-même, ou que se donne chaque société à elle-même, pour apprendre, pour progresser), sortir illico-presto les êtres de l'école d'État actuelle (ou de tout type de structure qui institutionalise des rapports éducateurs/éduqués), se mettre à vivre le plus possible d'échanges entre égaux basés sur le don dans lesquels l'État n'intervient plus, Fin des "évaluations", Fin des distinctions, Fin des "processus de légitimation", Apprentissages autonomes ("fin de l'éducation"), Égalité d'expression, Établissement d'un catalogue géant et permanent des offres et des demandes (de savoirs), Tous professeurs-tous élèves-rotation permanente, fin de l'obligation scolaire et aussi de l'obligation d'instruction (apprendre est naturel à la fois pour les individus et pour toute société vivante), pas de programme commun (le "socle commun", s'il existe, est un produit naturel de la vie en société, comme le langage par exemple - celui-ci n'a pas a être défini à priori-), Apprentissage toute la vie, Fin de la "Laïcité" (le droit de philosopher et de faire de l'Histoire en commun est ainsi retrouvé/reconquis), Établissement de "bibliothèques d'un genre nouveau" qui sont des lieux privilégiés de skholè et de philosophie populaire, construction d'un minimum de 30 "petits théâtres de quartiers" faciles, égalitaires et libres / Cité (fonctionnement bottum-up) au service du politique-du-méta-politique-du-poétique-du-cathartique-et-de-l'artistique (fin des normes esthétiques actuelles pour le théâtre ; le théâtre est donc uniquement le gradin descendant circulaire), Établissement d'un minimum de 3 radios citoyennes égalitaires et libres / Cité (fonctionnement bottum-up) - infini des formes également - , Établissement d'un minimum de 3 journaux communs citoyens égalitaires et libres / Cité (fonctionnement bottum-up) - infini des formes également,  Fin des classes et catégories d'âges, tous étymologues, tous pharmacologues, tous néguentropologues. Objectif affiché et partagé de tout ça : la Philia.

- Ensuite ou en même temps : Fin de l'État, Développement tous azimuts des espaces communs libres et égalitaires : communaux de la parole et de la terre, Fin de "l'idéologie pavillonnaire" et de sa propagande, Fin de l'idéologie de l'entreprenariat privé et de sa propagande (cette tendance a vouloir être propriétaire des moyens de production + cette tendance à exploiter les désirs, à les provoquer), Fin de "l'idéologie du travail" et de sa propagande, logique de Protection mais surtout d'Agradation permanente des terres vivrières, Égalité politique totale, Vraie démocratie (constitution d'origine citoyenne, souverainté de l'assemblée, mandats courts-non-renouvelables-révocables - reddition des comptes - tirage au sort comme technique de désignation,...), Fin de l'hégémonie de l'institution médicale, Autoconstruction - l'art d'habiter, Autonomie alimentaire, Rapports humains en présenciel (+ fin des "amplifications" dans les espaces de rencontres), Déprolétarisation, Fin de la division du travail, Désautomatisation, Éthos lié à la démocratie (parole, polémos), Productivité au service de la population et non l'inverse, Lutte contre la propagande (autodéfense intellectuelle individuelle et collective) + lutte collective contre "le besoin d'être propagandé", Abolition de l'enfance, Rapports permanents de transindividuation (grâce à la skholè libre), Fin de la prise en charge "institutionnelle" de la personne âgée (= développement de la charité en plus des communaux), Fin de la prise en charge "institutionnelle" des démunis (= développement de la charité en plus des communaux), travail constant pour toujours améliorer "l'articulation de l'individuel et le collectif" (= surtout à la bonne gestion des espaces/aménagement du territoire : art d'habiter + communaux) condition première de la Philia. Limitation de la quantité d'énergie dépensée par tête (voir "Énergie et équité" de I. Illich).

- Et puis (ou en même temps) : Devenir adulte, Autonomie totale (différent de autarcie), Fin totale de l'idéologie de la rareté au profit de la vérité de l'abondance, Fin des rapports d'argents, Fin de l'argent, Fin de la propriété privée (propriété d'usage uniquement), Recherche de l'équilibre en chacun concernant : le manuel et l'intellectuel ("penser avec les mains"), Fin du culte de la raison, Fin des hiérarchies, Respect des rythmes naturels y compris pour les apprentissages, Permaculture totale, Confiance en soi (+ connais-toi toi-même, souci de soi : Épiméléia heautou), Fin de l'hégémonie des rapports de compétition, Développement maximum de l'entraide, Présupposé sociétal de l'Égalité des intelligences. Objectif collectif renforcé : Philia pérenne.

espacemelimelo.barre !

Nous avons - Enfin - trouvé (le 12 novembre dernier) un espace public (un espace commun) qui se rapproche de ce que nous cherchons depuis des années.

Il se situe à Crolles (38), non loin de Radio Grésivaudan (décidément !). Il y a une salle municipale qui ressemble à une salle municipale, mais dont la philosophie de fonctionnement n'a ABSOLUMENT rien à voir avec ce qui se fait d'ordinaire, et cela change TOUT, mais vraiment TOUT. C'est l'espace Méli-Mélo.

Le principe de cette salle est d'être PRENABLE FACILEMENT par le citoyen : sans association, sans argent, sans assurance, sans limitation - 365 jours/365, de 8h à 23h30. Il s'agit d'une simple gestion par planning (ce que nous appelons de nos vœux depuis une éternité), le simple fait de récupérer les clés et des les rendre ensuite.

Au niveau "administratif", deux documents sont là pour contenter autant "le citoyen" que "les Pouvoirs" (RARE !!! d'habitude, y'a que "les Pouvoirs" qui sont satisfaits ! ...) : premier document : "les conditions d'utilisation" et deuxième "un règlement intérieur", MAIS tout deux sont SIMPLES à l'extrême, donnant un cadre qui n'empêche rien et qui PERMET TOUT.

Voici le doc "conditions d'utilisation" :

Face aux anarchistes que nous sommes, "les Pouvoirs" pensent toujours à tort que nous ne voulons aucun cadre et que ça va être le bordel, or, si nous sommes anarchistes, nous ne sommes pas anomistes (d'ailleurs : "l'anarchie c'est [bien] l'ordre moins le pouvoir"!) Le genre de cadre donné par ces deux documents à Crolles ( - à quelques nuances près à discuter, dont les conditions de modification de ces documents eux-mêmes, qui doivent être démocratiques - ), ce cadre, nous convient tout à fait, voire même nous le souhaitons et nous l'avons toujours dit.

L'objet de ce billet est donc de vous inviter à concevoir, en lien avec nous, un espace Méli-Mélo près de chez vous.
Car l'existence même de cet espace à Crolles permet de faire fonctionner une démonstration par l'exemple au sein même des Pouvoirs.
En effet, pouvoir dire à des Élus et à des citoyens : A Crolles (38), il le font bien, donc vous pouvez le faire !! C'est très important ! Voire même jouer la "mise en concurrence" des Pouvoirs entre eux : "A Crolles, il le font bien, eux ! On ira donc à Crolles pour se rencontrer et fraterniser ! Et pas à Limoges ! ". La salle Mélo-Mélo de Crolles, nous montre tout simplement que C'EST POSSIBLE. Que les Pouvoirs peuvent autoriser l'existence de véritables lieux publics. Ensuite, si jamais succès il y avait, je sais bien que les Pouvoirs pourraient verrouiller à nouveau, mais quand les choses se sont enflammées, c'est parfois trop tard.

Voici la lettre que nous avons envoyée à une élue de Pontcharra que vous pouvez utiliser/adapter pour votre coin à vous.

A bientôt par téléphone ou par email pour mettre au point, partout, des Espaces Méli-Mélo (le nom pouvant rester le même pour identifier la philosophie qui va avec, partout en France et même ailleurs, à Londres aussi par exemple : "Hey John ! You'll be at the Méli-Mélo [with french accent] tonight ?" ;-)

L'Égalité d'expression, toujours aussi absente

rabhi

PURÉE DE MERDE : http://www.humanisme-mindfulness.net/

J'encule leur "MINDFULNESS" HYPOCRITE AU DERNIER DEGRÉ, DE MERDE.

Jacques Ellul disait : « Seule la non-puissance pourra sauver le monde. » et je trouve ce propos absolument parfait, mais d'où peut-elle provenir cette non-puissance ? De chaque individu qui progresse vers elle chaque jour mais j'ai aussi envie de dire : de l'Égalité politique et donc de l'Égalité d'expression. C'est le principe d'égalité qui fonde la non-puissance.

Pour donner plus de concrétude au propos de Jacques Ellul, je dirais donc : Seule l'égalité d'expression pourra sauver le monde. C'est cette égalité qui se couple directement à la non-puissance qui permet de mettre à la disposition de l'humanité la richesse contenue dans chaque être humain mais sans souffrir de la tyrannie de chacun. En conséquence des régimes d'égalité, l'humanité peut jouir de sa propre abondance et diversité, et de milliards de qualités essentielles à sa survie, qui disparaissent en régime d'inégalité.

En régime d'inégalité, l'humanité est comme un corps humain auquel il manquerait des fonctions, des cellules, des neurones, et des organes, en pagaille.

A l'heure actuelle, l'Égalité d'expression n'existe nulle-part et nous sommes des tyrans les uns pour les autres. L'idée que je ne dois pas être plus autorisé à parler qu'un autre ou bien que quiconque ne doit pas être plus autorisé à parler qu'un autre est totalement absente de notre société. Nous vivons dans un régime complet d'inégalité politique, de censure permanente.

Jean-Pierre Lepri (Education Authentique) a proposé une intervention intéressante en vidéo fin août où il s'exprime sur "Ce qui est" / "Ce qui devrait être". Mais je voudrais ajouter : est-on réellement en mesure, en capacité, de connaître "ce qui est" quand on vit dans un régime pur de propagande comme c'est notre cas ?

La plupart des personnes qui parviennent jusqu'à chez moi, parfois totalement par hasard (par exemple grâce au "bon coin") expriment leur totale surprise à découvrir nos pensées, nos propositions d'organisations sociales, nos modes d'existences, nos livres et ressources diverses et variées. Ils disent aussi ne pas comprendre pourquoi ils n'ont pas accès à ces choses au dehors. La majorité ignore constamment que nous vivons dans un régime pur de censure et de propagande.

Lire la suite : L'Égalité d'expression, toujours aussi absente

La « plaquette par mail » ... et cie.

Nan mais qu'est-ce que c'est que ce truc qui revient sans arrêt ? La « plaquette par mail ». Une « plaquette » par « mail ». Quelle langage bien étrange... Et pourtant, tous les jours, partout, très souvent, depuis de très nombreuses années, on peut entendre : « Vous pouvez nous envoyer une plaquette par mail ? » ... S'agit-il de ça (pour les freins) ? :

plaquette

Non, la « plaquette par mail », c'est tout autre chose. C'est un objet né de la multiplication du nouvel esprit du capitalisme par la technologie Emails (et par la peur bien-sûr).

« Nouvel esprit du capitalisme » x Technologie Emails x la peur de l'autre = « plaquette par mail »

Je vais vous expliquer, c'est somme toute archi-simple.

Depuis les derniers développements du capitalisme (Lire : « Le nouvel esprit du capitalisme » de Boltansk-Chiapello), nous devons tous "transformer nos vies en des processus productifs permanents", c'est-à-dire y compris ceux qui n'étaient point "producteurs"(au sens capitalistique du mot) jusqu'ici.

Dans le nouvel esprit du capitalisme, tout devient marchandise, tout le monde se vend et tout le monde est en concurrence. Ainsi, même ce qui par définition échappait auparavant à des logiques de marché, a finalement été intégré. La citoyenneté, la rencontre des autres, la poésie, le théâtre, le militantisme, la musique, la philosophie, les conférences, l'éducation populaire, j'en passe et des meilleurs, tout ceci doit désormais mourir dans des logiques de "projets" (= produits, Cf: Franck Lepage ou Boltanski), portés par des "associations" ou entreprises (ce qui revient au même), qui devront mettre au point des objets, des produits (ou des "projets" - ça marche dans les deux sens), qu'il présenteront ensuite sur des supports publicitaires toujours plus maculés-conception, dans le but d'être sélectionné, d'être acheté, bref de vaincre la concurrence.


Projet par JulienVarlin

Quel joli monde où tout, mais alors absolument tout, est devenu marchandise, même la philia (l'amitié, le partage, entre les citoyens)... C'est le dernier exploit du capitalisme d'avoir réussi à intégrer à son système, ce qui ne l'était pas (intégrable), et ce qui le combat.

Mais voilà qu'est apparu relativement récemment une aubaine pour parfaire l'ignoble : la technologie Emails et Internet.

En effet, quelque-chose venait encore parfois perturber cette logique 100% marchande : il y avait encore parfois des dialogues humains entre "le vendeur de contes pour enfant" et "l'acheteur de contes pour enfants", et "l'acheteur de contes pour enfant" devait gérer tout un tas de phénomènes qui n'avaient finalement rien à voir avec le produit "contes pour enfant".

Ce que "l'acheteur de conte pour enfant" voulait, c'était juste pouvoir prendre connaissance du produit, en toute tranquillité, pour pouvoir comparer avec les autres produits proposés sans être dérangé, exactement comme quand il choisit entre Barilla et Buitoni pour les pâtes dans une grande surface. La Poste était alors un bon moyen : « Envoyez-nous une plaquette par la Poste », mais depuis le développement d'Internet, c'est absolument royal : « Envoyez-nous une plaquette par mail ; vous avez un site internet ? ou une vidéo pour qu'on puisse voir... ? ». Là, c'est magistral, totalement fabuleux !!! "L'acheteur de contes pour enfant" peut alors recevoir à la vitesse de la lumière une très grande quantité de produits "contes pour enfant" (et lorsque le produit est autre, il clique aisément sur "la corbeille"). En prime, il reçoit ça sur des supports magnifiques, tous plus magnifiques les uns que les autres : des plaquettes mais pas seulement : des sites internets dynamiques "supers classes", avec des animations flashs, des vidéos de présentation, des boutons et typographies spéciales, le tout mis en cohérence par le web designer.

"L'acheteur de contes pour enfant" peut alors se gaver, tranquillement, de produits et jouir de son "pouvoir d'achat". Car il dispose d'un budget de 3000 Euros (du fameux "argent « public »"). La semaine dernière, à titre privé, il s'était acheté un four. Il disposait d'un budget de 700 Euros et avait eu le loisir de surfer pendant deux heures sur tous les sites de vente en ligne qui vendent des fours pour choisir son four. Là, il est "au travail", et il fait exactement la même chose pour des "contes pour enfants" pour "PROGRAMMER" des animations pour le lieu "PUBLIC" dont il a la gestion (Il est programmateur, c'est lui qui décide qui parle et qui ne parle pas dans ce lieu "public"). Ses critères pour ce produit sont les suivants (comme à chaque fois) : gentil, mignon, drôle, familial, apaisant, qui ne fait pas de vague, divertissant, (bref de sorte que les chefs soient satisfaits et que personne ou en tout cas le moins possible ne soient mécontents de son choix car il veut être aimé, il a tellement été blessé).

Il consulte donc, les « plaquettes par mail», vidéos, et autres sites internet. En même temps, il a sa cession Facebook ouverte, son I-Phone et son café sur la table, (voire un ou deux onglets de sites pornos). Il regarde souvent s'il a des nouveaux mails avec de nouvelles propositions (parce que la précédente vidéo qu'il a vue ne lui plaisait pas du tout). Bref, tranquille, aucun être humain qui lui parle, aucune odeur autre que la sienne : quelle solitude, mais quelle tranquillité !!! Qu'est-ce que c'est agréable la technologie moderne, de pouvoir choisir des contes pour enfants, tranquillement installé derrière son écran ! Sans parler de cette sécurité absolue et totale qui consiste à voir en vidéo le produit que l'on veut acheter pour être assuré de ne pas se tromper ou de se faire tromper sur la marchandise.

... Oh mince, le téléphone sonne !! Un audacieux ! Fait chier, ils ne peuvent pas simplement envoyer leur plaquette par mail !! « Oui, non, je n'ai absolument pas le temps de vous recevoir,... non, je suis débordé. ... Vous pouvez nous envoyer "une plaquette par mail" ? Très bien. Vous avez un site internet ? Oui, je vous écoute. Trois double-V point aimonsnouslesunslesautres tout attaché point com. D'accord, très bien, je jetterai un oeil,... oh je vois que vous avez une vidéo de présentation, c'est parfait, je vais regarder ça, et on vous contactera si on est intéressé. Non, Monsieur, je n'ai vraiment pas le temps... Oui, c'est ça, bonne journée ! Aurevoir. »

Toi qui lit ces lignes et qui consulte tes plaquettes par mail, et si tu arrêtais pour parler à l'autre ? Et toi qui lit ces lignes et qui travaille cette après-midi sur ta plaquette, et si tu arrêtais pour aller parler aux gens directement ?

Oui, ce monde a vraiment besoin de plaquettes, mais de frein.

Et la prochaine fois qu'on vous demande une plaquette, envoyez donc une plaquette de frein par La Poste.

La Bibliothèque "Tapie dans l'ombre" et autres "ouvertures"

bibliotapied

Cliquer sur l'image pour l'agrandir dans un nouvel onglet

Nous ouvrons notre bibliothèque, que nous avons baptisée « La bibliothèque "tapie dans l'ombre" » en référence à l'affaire Tarnac où TF1 avait ridiculement osé traiter la sympathique et lumineuse petite épicerie d'altermondialistes, d' "épicerie tapie dans l'ombre" pour inquiéter et tromper le téléspectateur... Contrairement aux bibliothèques de l'oligarchie-régnante orientées "Marc-Levy-Anna-Galvalda-Eric-Emmanuel-Schmitt-Harry-Potter-DVD" et propagande "Républicaine", la notre contient des pépites d'or issues de longues recherches en matière d'émancipation et de Révolution. Il n'y a pas que des essais, il y a de tout.

(Nous invitons d'ailleurs chacun à ouvrir sa bibliothèque à ses riverains et concitoyens afin de contrer collectivement les bibliothèques trafiquées et non "laïques" (laikos : Du peuple, public) de l'oligarchie-régnante.)

Dans le même temps, à côté de la bibliothèque Tapie dans l'ombre, la "terrasse" extérieure fonctionnera comme un bar-associatif sans école, sans alcool, pardon, pour y boire des infusions de plantes sauvages ou autres préparations, et pour y consulter les livres ou autres documents de notre infokiosque. Vous pouvez passer à l'improviste (surtout si vous êtes cycliste ou marcheur), ou vous pouvez nous contacter. Beaucoup d'autres choses sont à venir autour. Un "sentier botanique", un "théâtre de verdure",... etc.

En ce moment, nous nous mobilisons notamment pour la ré-ouverture au peuple de l'Église. Je sais pas si vous avez remarqué mais les Églises ont petit à petit fermé leurs portes ces dernières années alors qu'elles furent ouvertes à tous les randonneurs de la vie pendant des siècles. Tout un symbole ! Les Églises sont fermées à l'image de notre société et de nos institutions. Dois-je rappeler que le mot Église vient du Grec ekklésia qui signifie "Assemblée du peuple" ? Mais qui ferme les Églises ? Le réflexe est souvent de dire que c'est le Vatican et le diocèse, or il n'en est rien, beaucoup d'évêques seraient pour l'ouverture des églises (fort heureusement car le verrou et la peur de l'autre sont par définition antinomiques du Christianisme). Ceux qui ferment les Églises, c'est encore et toujours nos chers trous-du-cul d'Élus. Et ce n'est pas étonnant, ils passent leur vie à ça : à fermer les portes, à contraindre, à empêcher la vie, à stériliser ("Le pouvoir ira toujours à fermer toutes les portes" - Alain)

Je lance donc une initiative de prière, tous les soirs à 20h30, devant la porte fermée de l'Église, pour prier pour l'ouverture de l'Église, mais aussi de toutes les ekklésia et de cette société fermée. Prions pour le retour des communaux et de l'espace public. Nous allons également investir les abords de l'Église en tant que communal pour y planter des choses (tomates et cie) à l'usage de tous.

sensortird

Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn