I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

News

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« Le monde allant vers...» sur la déscolarisation

Les deux émissions Radio Grésivaudan du mois d'octobre 2014 sur "la Déscolarisation" :

« Le monde allant vers...» sur notre procès du 22/01/2015

 

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Terre et Permaculture

Terre et permaculture

fleur de permaculture

Cliquer sur l'image pour l'agrandir dans un nouvel onglet.

A l'Adrey, c'était « Bouillon la Creuse »...

Pas grand monde n'avait compris l'importance et la profondeur du sketch « Bouillon la Creuse » ci-dessous, et pourtant, à l'Adrey, du 3 au 10 août dernier, on y était : une semaine collective de partage de toute beauté avec une trentaine de personnes là-haut sur la colline. Quand tout ceci se déroulera dans l'espace public, nous aurons enfin changé de paradigme pour le paradis.

De vanités en vanités, se dessine notre terre promise

Je le vois venir et c'est très beau... et très moche en même temps...

Peu à peu, jour après jour, individu après individu, chacun à son rythme, même s'il n'en a pas conscience, chacun est en train de se rendre compte d'une chose : que son premier besoin, celui qui surplombe tous les autres est de disposer de façon permanente ( — je dis disposer car peu importe, ici, les modalités —) de un à trois hectares de nature vivante, de terre arable, avec des arbres, des oiseaux et des écureuils.

Je vois clairement chacun se diriger vers ça malgré son être scolarisé convoqué en permanence et en accord avec son moi profond sans cesse renvoyé aux calendes grecques.

Beaucoup — la majorité — sont encore très loin de cette vérité, mais je vois bien que leurs erreurs les en rapprochent à chaque instant sans qu'ils s'en rendent clairement compte.
Je vois ce qui, dans leurs pas qui trébuchent sans cesse, sera bientôt nouveau lot de preuves supplémentaires pour qu'ils finissent par découvrir la nature de leur véritable besoin.

Et « peu à peu, tout se fond en un, et au milieu coule une rivière » disait le film de Robert Redford.
Mais qu'est-ce qu'ils mettent un temps fou pour se rassembler, en eux-mêmes et avec les autres...
Je les regarde faire, je les regarde découvrir continuellement l'incommensurabilité des vanités de ce monde, qui conduit, non pas dans l'impasse, mais à cette vérité des satisfactions premières. Mais c'est assez incroyable de constater l'endurance dont est capable l'être humain pour passer d'une vanité à l'autre, d'une vanité à une vanité un peu moins vaniteuse, mais sans jamais balayer d'un seul coup toutes les vanités.
Alors, petit à petit, très lentement, trop lentement, se dessine pour chacun la résultante de toutes ces vanités consommés, de toutes ces abdications desquelles on se relève plus fort à chaque fois. Car abdiquer vis-à-vis des vanités de ce monde, une à une, est la meilleure chose à faire. Et cette résultante est TOUJOURS et pour chacun : le lopin de terre. Chaque homme passe de vanité en vanité, pour finir par comprendre CE QU'IL FAUT DE TERRE A L'HOMME, donc ce qui lui faut de terre, à lui, qui est AUSSI un homme, comme les autres (comme ceux d'hier, d'aujourd'hui, et de demain, — n'en déplaisent aux transhumanistes —).
 
Car toutes nos vanités, c'est-à-dire toutes ces activités vaines en société (— et toutes les activités sont vaines en société —) servent uniquement à engranger du capital argent ou relationnel visant à combler momentanément nos besoins essentiels. Peu à peu chacun comprend que ça tourne à vide, que la compétition sociale nous ramène sans arrêt au point de départ. Mais chaque tour de roue supplémentaire fait apparaître dans l'esprit un nouveau bout de la lande sauvage qui permettrait d'éviter chacun de ces tours de roue (passés, présents et à venir si on ne prend pas des mesures). Peu à peu, on comprend que tous nos besoins pourraient directement être comblé par le fait de disposer d'une terre.
Mais une nouvelle vanité vient faire écran à chaque fois.
Et tant qu'il reste, ne serait-ce qu'une seule vanité en stock, les gens continuent de se refuser le constat terminal : ce que j'ai besoin par dessus tout, c'est d'une terre, car je suis homme sur la terre. J'ai besoin de me nourrir, de m'abriter, de me vêtir, de rendre mes déjections à la terre, de boire l'eau de la source, de contempler les étoiles au son de la chouette. J'ai besoin d’œuvrer au soleil dans un concert de chants d'oiseaux et entouré de fleurs et de papillons... Le reste n'est que... VANITÉ.
 
Ils me disent tous que ce n'est pas encore le moment, qu'ils aient 15 ans, 20 ans, 40 ou 70. Ils ont tous leurs excuses. Je le dis souvent : chaque être social dépense la totalité de son énergie afin d'éviter deux choses : LA TERRE et LA POLITIQUE (qui sont pourtant les deux choses qui leur rendraient tout d'un seul coup). Ils ont apparemment encore tellement de vanités à explorer. Et pourtant je les vois tous se diriger vers ça, vers leur terre promise. Je vois d'avance ce qui sera très bientôt VAIN et INUTILE dans leurs actions, et qui va augmenter dans leur cœur, d'un pouce, la pertinence totale et absolue du lopin de terre, seule chose pour l'homme qui n'est pas vaine, car c'est le seul endroit, le seul vrai temple, où Dieu nous répond enfin.
 
Mais c'est beau et moche en même temps, car la vie passe, de vanités en vanités. Et la question qui apparaît c'est : en combien de morceaux vont-ils tous rejoindre leur terre promise ? Ils sont bientôt tous, « à ramasser à la petite cuillère »...
 
Le plus épatant et incroyable avec la philosophie c'est que les hommes sont déjà passés par là et que tous les livres parlent de cela.
Et donc, beaucoup savent bien que c'est ça le point d'arrivé, que toutes nos erreurs nous y conduisent, mais ils semblent vouloir l'atteindre à leur mort seulement. Alors je donne une définition du bonheur : il nous faut atteindre ce point, le point d'arrivée, le plus tôt possible, lorsqu'on est encore bien vivant. Et l'on découvre, touché par la grâce, que le point d'arrivée est le seul vrai départ.
 
Sylvain Rochex

Nouvelle semaine de permaculture gratuite en août

Étant donné la merveilleuse semaine passée : permaculture et skholè à l'Adrey du 10 au 16 juillet. Nous en posons une nouvelle : du 3 au 10 août qui vient. Vous pouvez d'ors et déjà vous manifester et faire des propositions d'ateliers.

semaine perma bando

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Semaine de permaculture à l'Adrey: c'est parti!

permajuillet

De nombreux ateliers et temps d'échanges sont proposés tous les jours. Chacun peut partager les savoirs ou les pratiques dont il veut faire profiter les autres. Si vous le souhaitez, vous pouvez encore proposer d'animer un atelier; aucune sélection ne sera faite: nous portons tous des trésors en nous qui ne demandent qu'à être révélés et transmis, dans tous les domaines de la vie...

Repas partagés (chacun emmène un petit quelque chose si possible bio et local), possibilité de dormir en tente, sur place, ou dans un lit à 1km.

La liste proposée n'est pas exhaustive. Vous pouvez nous rejoindre à l'improviste ou nous contacter (nous préférons la seconde option mais sentez-vous libres dans vos choix).

Propositions pour la semaine en  cours:

 

Matin

Après-midi

Soirée

Mercredi 12 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

A partir de 14H:

Moment pharmacologie. Nous sommes entourés d'objets techniques en tous genres, qui nous rendent certes service mais nous piègent également et engendrent des rythmes et des comportements sur lesquels il est très difficile d'avoir du recul. Où est la limite et qui la fixe ?

Échange animé par Sylvain Rochex

À partir de 18H :

Présentation d'outils d'autonomie : four, cuiseur et séchoirs solaires, composteur….)

 

 

 

Échange animé par Loïc Martin

Jeudi

13 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

A partir de 14H :

Apprendre sans domination ? Qu'est-ce qu'apprendre ? Dans quel schéma relationnel j'apprends ? Suivi de : Échangeons, dia-loguons (selon David Bohm). Voyons ce qui est dit à travers ce qui est dit

Échange animé par Sonia Éon, Loïc Martin et Armelle Berger

 

À partir de 16H :

Balayage historique des luttes syndicales et des acquis sociaux, avec une question centrale : avons-nous réellement gagné des privilèges au cours de ces deux derniers siècles ?

Échange animé par David Allard

À partir de 20H30 :

Auberge de la parole. Chaque personne présente, si elle le souhaite, dépose son nom dans un chapeau. Progressivement, on procède au tirage au sort, et chacun, lorsque son nom apparaît, présente aux autres un texte engagé ou fleuri, une chanson, une idée, un poème ou une protestation, un tour de magie… Libre à l'imagination de se déployer à sa guise !

Vendredi

14 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

À partir de 14H :

Quelle est notre Histoire, et quelles leçons tirer de ses enseignements ? L'histoire n'est-elle qu'une question d'interprétation ou n'y a-t-il pas des faits qui ont été inscrits, indéniablement, et qui forment une trame qui nous éclaire sur la situation présente, sur notre rôle à jouer dans la société actuelle ? Lors de cet échange, une approche tout à fait inédite et étonnante sera présentée, qui nous invite à aiguiser notre sens critique et à devenir chercheurs à notre tour...

 

 

Échange animé par David Allard

À partir de 18H :

En mauvais État ! Penchons-nous sur la société dans laquelle nous vivons, et sur les institutions qui la régissent : l'école, l'élection, l'argent… avec un parti pris délibéré : la société n'est émancipatrice pour aucun d'entre nous. Comment cheminer vers l'autonomie et l'entraide, ces rêves qui animent l'humanité depuis si longtemps sans qu'elle ne parvienne à les réaliser ; et pourquoi ces nombreux freins ? Nous partagerons les fruits de nos recherches historiques, sociologiques et philosophiques ce soir-là, pour envisager avec vous quels chemins prendre pour nous libérer individuellement et collectivement.

Échange animé par Sylvain Rochex et Mathilde Anstett

Samedi

15 juillet

À partir de 10H :

Atelier conserves et lactofermentation. Nous présenterons les multiples intérêts et bienfaits de la lactofermentation  des légumes, des céréales, du lait, avec fabrication de fromages de chèvre, de pain au levain, et préparations lactofermentées à partir des légumes du jardin.

 

Atelier animé par Brigitte Mermoz et Mathilde Anstett

À partir de 14H :

Nous enfanterons dans le plaisir. Nous partagerons le début de la traduction du livre de Casilda Rodriganez Bustos, pour renverser la vieille, fausse et oppressive sentence biblique : « vous enfanterez dans la douleur ». En présentant l'accouchement (et d'autres manifestations de la sexualité féminine que l'on ne reconnaît aujourd'hui pas comme telles), sous un angle résolument plus naturel et réjouissant, nous verrons que les lois de la Vie sont celles du PLAISIR.

Échange animé par Johanne Mérendet et Mathilde Anstett

À partir de 17H :

Un monde sans argent. Comment cheminer ensemble vers un monde débarrassé des échanges marchands et des rapports vendeur/consommateur ? De manière pratique, pourrons-nous parler des contraintes financières qui pèsent sur nous, des objectifs émancipateurs que l'on porte au fond du cœur, et s'interroger sur comment mettre en place l'entraide effective et autonome, pour nous libérer progressivement de l'aliénation qu'engendre la dépendance à l'argent ?

Échange animé par Sonia Éon, Sylvain Rochex et Mathide Anstett

À partir de 18H :

Moment Étymos, voyage au cœur des mots. Nous plongerons ensemble dans la profondeur des mots pour en extraire toute leur saveur oubliée. Nous présenterons la nécessité -oui, oui !- de nous réapproprier du sens originel des mots, porteurs d'une telle puissance transformatrice du réel ; puis chacun, muni d'une petite liste de mots préalablement glanés, récoltés, épluchés et décortiqués, les offre à l'assemblée présente pour qu'on se nourrisse et qu'on s'enrichisse ensemble de nos trouvailles.

Échange animé par Sylvain Rochex

Dimanche

16 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

À partir de 14H :

Ronde de partage sur le thème des ondes. Que savons-nous des différents types d'ondes invisibles qui sillonnent l'espace tangible ? Comment fonctionnent-elles , quelles sont leurs sources, leur nocivité potentielle, comment, peut-être s'en protéger ?

 

Échange animé par Joris Tosco

 

 

 

Réponse à Clément Fleith et Adrien Bellay

TAMISMerci d'avoir pris le temps de critiquer notre critique du film l'Éveil de la permaculture. L'étymologie de critique nous ramène vers l'idée de passer au tamis. Ainsi donc voici: la critique de la critique de la critique! Le film et l'idée de permaculture triplement passés au tamis, ce qui permet de dégrossir de façon substantielle le sujet qui nous intéresse, à savoir déjouer le piège tendu face à la permaculture, sa récupération par la sphère marchande plutôt que l'émancipation de tout un chacun.

Nous ne sommes délibérément pas d'accord sur un point. Vous êtes libres du choix pris pour présenter la permaculture, qui est celui de la formation. Mais selon nous cette approche n'est pas neutre, ce n'est pas une simple porte d'entrée qui permettrait d'accéder à la connaissance de la permaculture avec « une approche pédagogique », « des extraits de cours », pour « définir les concepts clés de la permaculture en nous servant de ces formations ». Selon nous, cet axe choisi contient en lui-même d'immenses problématiques. Il vous paraît également paradoxal que l'on se positionne à la fois contre les « Cours en Design en Permaculture » ou « PDC » et contre l'institutionnalisation de la permaculture. Et vous écrivez pour justifier cela: « Le cours en design en permaculture n'est pas né de la dernière pluie. Élaboré par Bill Mollison et David Holmgren eux-mêmes [amen!], il est dispensé dans le monde entier. C'est un programme universel de 72H et qui évolue au fil des années (...). Il pose un cadre pour définir ce qui doit être pris en compte lors de la transmission du savoir. (...) L'Université Populaire de Permaculture a été mise en place pour s'assurer de la qualité des cours délivrés, de l'expérience de l'enseignant et justement pour éviter les déviances ».

« Mais qui arbitre ceux qui veulent arbitrer ? » demande Keny Arkana ...

Il y a une grande puissance néfaste à ce qu'une poignée de personnes statuent que LA définition de la permaculture est celle donnée par Mollisson et Holmgrem, et de s'en proclamer détenteurs, certifiés, conformes, autorisés pour transmettre cette pensée. Pour plusieurs raisons: d'abord parce que beaucoup de personnes ont pu lire Mollisson et Holmgren sans avoir de « P.D.C », et en quoi leur interprétation serait-elle moins valable que celle des membres de l'U.P.P ?

Ensuite et surtout, parce que le diplôme et le contenu de la formation verrouillent la permaculture, la normalisent, lui donnent un contenu précis, qui se sclérose, car immuable. Et si le contenu évolue, « la permaculture intègre aujourd'hui par exemple de notions d'économie » (!!!) qui décide de ce qui peut s'intégrer ou non dans cette évolution?

La permaculture est une idée, donc libre d'interprétation, d'application et de mise en pratique. On peut évidemment remercier, reconnaître les travaux de Mollisson et Holmgren et s'en inspirer, mais de là à la sanctuariser dans un diplôme, c'est faire mourir la force vive contenue dans l'idée même de permaculture. Ces deux personnes ont fait un immense travail d'observation, d'expérimentation et de théorisation, remis à l'humanité comme base d'une oeuvre collective à continuer. Quel sens à tout cela si l'on ne peut pas, librement, s'en emparer, examiner, soupeser, critiquer, et continuer à étoffer la recherche en s'autorisant des digressions, des interprétations nouvelles, sans que celles-ci ne soient jugées « déviance » par un organisme auto-proclamé conforme aux premiers écrits, qui contrôlerait à son propre profit l'usage que l'on pourrait faire de la permaculture. Quelle pauvreté pour la pensée et l'expérience que tout cela!!! Sans compter que  nous ne pouvons pas ignorer non plus le conflit d'intérêts évident qui existe, dans le fait de dispenser des formations payantes et d'instituer une formation avec d'un côté ceux qui peuvent former et qui donc seront rémunérés, et les autres...

En ça il n'y a aucun paradoxe entre « P.D.C » et institutionnalisation de la permaculture, mais au contraire une logique implacable « en marche ». L'institutionnalisation, sous la forme qu'elle revêt aujourd'hui, c'est exactement ça: un organisme extérieur qui contrôle et valide si telle définition, telle pratique est conforme, légale, valable ou non. Elle fait figure d'autorité, avec des « spécialistes » qui donnent crédit à tel ou tel courant de pensée, qui dispensent des formations; implicitement cette configuration implique des « déviants », ceux qui n'appartiennent pas à la communauté restreinte et élitiste des sachants, ni à celle plus vaste et docile des apprenants qui tend à vouloir prendre la place des premiers ou tout au moins à se hisser à leur niveau. La parole de ceux qui ne se reconnaissent dans aucun de ces rôles est écartée, infériorisée, discréditée, oubliée, méprisée d'autant plus si elle prend le contre-pied des doctrines en vigueur. C'est la structure même de notre société, pyramidale, hiérarchisée à outrance; et la permaculture, dont les principes reposent pourtant sur l'interdépendance, les synergies et les interactions multiples, engoncée dans le P.D.C et sa relation maître/élève, n'échappe aujourd'hui pas à ce piège et contribue à perpétuer ce modèle!

Une institution pourrait fonctionner autrement, cette structure n'est pas une fatalité historique... Elle est le résultat de la confiscation du pouvoir par un petit nombre, négligeant la participation de tous à la vie publique, dans tous les domaines de l'existence, afin de favoriser des intérêts privés au détriment du bien commun.

Nous reprenons presque quotidiennement les termes d'Ivan Illich qui parle de « scolarisation » du monde pour mettre en lumière la façon dont les institutions - à commencer par celle de l'école- prennent en main nos existences et définissent pour nous ce que sont la médecine, la politique, l'histoire, l'agriculture, le travail... Voyez-vous le lien avec la permaculture et les « P.D.C?» ??? Nous sommes des êtres scolarisés. Notre pouvoir créateur, novateur, nous est confisqué au profit de ceux qui savent et nous en sommes réduits à l'état d'ignorants perpétuels, ou contrôlés via le diplôme ou diverses validations. Nous pourrions pourtant nous réunir librement, de manière égalitaire, et partager nos connaissances respectives et nous enrichir mutuellement. Mais la structure de l'apprentissage aujourd'hui est toute autre et empêche l'émergence de ce modèle-là.

Aussi vous vous trompez quand vous dites que l'U.P.P fonctionne de manière horizontale. Si aujourd'hui je souhaite rejoindre la liste des formateurs en permaculture on exigera de moi le P.D.C pour m'aligner aux connaissances prétendument exactes concernant la permaculture, à la manière d'un parti politique qui a monopolisé la permaculture, ou comme les premiers bénéficiaires du droit de vote qui votaient sous réserve d'avoir suffisamment d'argent pour participer à la vie politique...

Vous dites que ce diplôme permet de transmettre fidèlement l'essence même de la permaculture et d'éviter les récupérations, comme l'agriculture biologie et l'agro-écologie ont été récupérées, mais je pense que cette main-mise sur la permaculture n'évite en rien la récupération et même l'encourage. Ce qui manque réellement pour éviter la récupération de la permaculture, c'est un contre-poids citoyen, une vigilance et un contrôle de chacun d'entre nous, et non de manière isolée mais collective, sur les manoeuvres de nos dirigeants qui tenteront dès que possible d'encourager l'usage de tel ou tel produit phytosanitaire, proposeront des formations orientées vers une logique implacablement économique -comme d'ailleurs la Ferme du Bec Hallouin, copieusement subventionnée, fait vitrine de cette orientation marchande aujourd'hui.  Quelle maladie de vouloir à tout prix mesurer la pérennité d'un mouvement par sa réussite professionnelle et commerciale, alors que cela au contraire démontre sa récupération par un système de pensée délétère basé sur l'échange marchand plutôt que sur la relation d'égal à égal! Je vous invite à lire à ce sujet l'article que j'ai écrit il y a quelques temps: La permaculture, vous en vivez?

La permaculture tend vers l'entraide, la disparition progressive de l'argent, de la compétition, vers la reconstruction d'une société digne de ce nom, où nous sommes reliés les uns aux autres sans vendre nos compétences, mais en les partageant pour le bien de tous...

Nous en arrivons à l'immense écueil de l'argent...

Car notre critique de l'argent se situe au delà du simple « les formations sont payantes, et c'est mal ». De fait, aujourd'hui, la posture couramment adoptée est celle de considérer que c'est une force neutre qu'on utilise à bon ou mauvais escient. Or, chaque pièce de monnaie que nous échangeons contre un service ou un bien, une formation en permaculture ou un kilo de tomates bio, a été frappée par une banque privée, et qu'on le veuille ou non, contribue à son fonctionnement, et à la logique de concurrence sans pitié qu'elle programme.

Une petite plongée dans l'histoire me paraît ici importante pour prendre du recul sur nos pratiques commerciales de tout ordre, et voir à quel point elles  répondent à la mise en place d'un mécanisme précis au détriment de chacun d'en nous. Depuis 1791 et la récupération par les bourgeois de la révolution, l'histoire est celle de l'installation progressive au pouvoir des industriels, grands propriétaires et financiers, par à coup successifs, leur monopole s'enracinant toujours plus profondément avec les répressions sanglantes des mouvements contestataires du peuple face à l'injustice et l'oppression, et la mise en place d'organisme de contrôles toujours plus puissants pour éviter les débordements et l'expérimentation de pratiques non conformes aux intérêts privés. En 1830 l'industrie privée explose à la manière d'un feu d'artifice et monopolise sans remords tout l'espace, en s'octroyant par exemple la gestion des chemins de fer... Cette manoeuvre n'échappe pas à certains esprits éclairés, qui dénoncent l'iniquité d'une telle situation et élaborent des techniques pour émanciper le peuple, le libérer de la concurrence odieuse qui pousse chacun à se vendre au plus offrant. Avec le développement de l'industrie, la condition des travailleurs se dégrade comme jamais dans l'histoire: les ouvriers vivent parqués dans des caves, travaillent, tout âges confondus, de douze à quinze heures par jour. Les femmes perdent en couche leurs enfants tant elles sont épuisées et malmenées.

 On comprendra sans mal qu'en colère, épuisés, les ouvriers aient été porter leurs réclamations au hommes de pouvoir en place. Face à la détermination et à la colère de ceux-là, ces messieurs encostumés prirent peur et concédèrent au peuple l'ouverture des ateliers nationaux, sensés porter coup fatal à l'entreprise privée, puisque la logique n'était pas celle de la concurrence mais de l'entraide. Mais sitôt l'occasion présentée, le pouvoir ayant mis en oeuvre les moyens de discréditer et de calomnier  les velléités maladives du peuple, et de constituer une armée solide, mit fin à ces réclamations en saignant le peuple pour lui donner une bonne leçon, pour l'inviter à garder sa place! Ce que les livres d'histoire appellent 1ère République n'est autre que l'odieuse manoeuvre des industriels et financiers pour effacer de la carte le peuple et ses revendications égalitaires, et la mise en place d'un régime qui, contrôlé par la presse et l'argent, par la division et la mise en compétition de tous, mit en place le suffrage universel pour créer l'illusion du partage des charges et ainsi, la pérennité de l'entreprise privée et le contrôle du peuple. Je conseille ici la lecture passionnante du livre de Guillemin: 1848 ou la 1ère résurrection de la République. La République, régime tant chanté et vanté par nos institutions depuis notre tendre enfance, qui nous aurait libérée de la monarchie et de la servitude, n'est qu'un simulacre voué à nous tromper, pour maintenir la domination et l'enraciner profondément.

Deux partis se sont affrontés tout au long du XIXè siècle: d'un côté ceux qui prônent la concurrence, profitable à un petit nombre, de l'autre ceux qui revendiquent l'entraide profitable à tous. Le pouvoir étant aux mains des premiers, les seconds furent discrédités, calomniés, saignés jusqu'à épuisement, jusqu'à résignation. Par soubresauts, le peuple a tenté à plusieurs reprises de reconquérir sa dignité, de recréer société là où la concurrence règnait sans partage: chaque fois il fut violemment réprimé. L'institution de l'école obligatoire en 1871, après la dernière révolte populaire matée (La Commune de Paris), vient mettre un point final aux lubies pathologiques de ce peuple qui rêve d'égalité et de partage. « Avec l'école, nous allons clore l'ère des révolutions », exultait Jules Ferry. En programmant l'éducation de tout un peuple selon les idées "républicaines" de compétition, de travail, de concurrence, il modèle chacun à la loi de l'argent et de l'intérêt privé...

Nous sommes tous héritiers de cette sombre histoire, nous portons la peur en nous, transmise par nos ancêtres, dans nos chairs: la fraternité, lorsqu'on la revendique, tue. Nous portons cette vérité au plus profond de nos inconscients, individuels et collectifs, mais l'histoire officielle affiche une autre version, et parle d'émancipation, de progrès, de libération, quand nous sommes devenus les répliques de ce modèle fondé sur la concurrence, quand les liens qui unissait les membres d'une communauté ont été détruit méthodiquement. Chacun voulant tirer son épingle du jeu, on devient des adversaires les uns pour les autres. Un maraîcher peste de voir un confrère -il l'appellera un concurrent- s'installer sur le même marché que lui, quand humainement il devrait se réjouir d'une telle abondance de légumes accessible à tous.  Le modèle économique en vigueur dicte cette conduite. Rien n'est mis en place pour que nous puissions cheminer vers l'entraide, au contraire. S'organiser collectivement menace les intérêts privés; l'éclosion de liens humains durables est empêchée.

Les séquelles de cette histoire ne sont pas seulement physiques; nous actons avec effroi l'extinction des espèces, la pollution sans précédent de tout le globe terrestre, l'impasse dans laquelle la logique même du profit et de la concurrence mènent. Nos esprits aussi sont gravement contaminés par le monopole d'un fonctionnement pervers qui est celui de toute une société après deux cent ans de destruction consciencieuse des liens sociaux, de la fraternité, de l'entraide inhérentes à la condition humaine. Après ce bref balayage sombre de l'histoire, qui nécessiterait une étude approfondie pour que l'on soit conscient de ce qui s'est véritablement tramé tout au long des deux cent dernières années et qui n'est autre que la soumission physique et spirituelle de tout un peuple à l'implacable logique capitaliste, revenons à l'argent, revenons à la permaculture.

 Ce détour m'était indispensable pour montrer à quel point la critique même de l'argent et du mode de relation marchande qui existe aujourd'hui va bien au-delà du simple « le vilain monsieur fait payer trop cher sa formation en permaculture ». Chaque fois que nous utilisons l'argent, nous cautionnons malgré nous un système d'échange délétère mis en place pour nous désunir, nous séparer, nous exploiter. Nous sommes devenus nos propres exploiteurs, et nous exploitons maintenant nos frères humains sur une exploitation agricole! Je ne dis pas que la solution à cet immense problème est simple, je me cantonne à marteler la nécessité d'avoir conscience de l'urgence de cheminer vers la gratuité, en prenant en compte de façon pratique les besoins de chacun. Andy et sa femme disposent déjà de quarante hectares, et vendent des formations de permaculture à des personnes qui ne disposent pas de 100m2 pour jardiner, et qui viennent rêver trois jours sur une terre alors qu'eux-mêmes, au vu des contraintes qui pèsent pour avoir accès au foncier, ne pourront peut-être jamais acquérir? Quand parlera-t-on franchement et ouvertement du partage des richesses, des besoins premiers de chacun, de savoir s'il sont satisfaits ou non, et de mesurer l'usage de l'argent en fonction de ces critères? Quid de la décroissance?

Vous dites dans votre réponse à notre émission de radio: « Dans les faits, les chantiers sont très souvent réciproques et on finit toujours par avoir un retour, du moment que l'on acquiert un terrain -ce qui est d'ailleurs facilité par le réseau ainsi constitué.» Je suis loin de partager votre enthousiasme! Qui parvient aujourd'hui à acheter un terrain, qui peut s'installer et vivre , dans le sens habiter et cultiver, et non pas exploiter et vendre? N'y a-t-il pas de réelles disparités selon les capitaux de chacun, les plus riches ayant accès au « terrain constructible » où ils ont le droit d'habiter, les autres n'ayant accès qu'au « terrain agricole » où il devront justifier d'une activité agricole rémunérée pour avoir le droit de mettre un petit chalet terre-paille, besoin premier d'un être humain, un toit ! Terrain constructible/agricole: aucune des deux solutions n'est satisfaisante, ce duo partitionne la vie en lieu dortoir/ lieu professionnel. Pour que la permaculture puisse se déployer durablement, nous devons nous extraire de ce découpage arbitraire imposé pour nous contraindre toujours plus.

Le problème de l'accès au foncier, des lois qui séparent l'agricole du constructible ne constituent-ils pas une question centrale sur laquelle devrait se pencher urgemment, et avec une attention extrême, l'ensemble de ceux qui veulent voir s'épanouir la permaculture partout, afin de trouver une réponse collective à ce problème qui nous concerne tous, et qui freine l'avancée de la permaculture avant toute autre chose, avant tout problème de compétence, de connaissances, de formation? Ou devrons-nous nous résigner à des solutions individuelles: chacun se débrouille comme il peut, devient formateur en permaculture pour financer l'achat de son terrain, ou se tourne vers la banque pour emprunter, et élaborer un « projet » économique pendant dix ans ou vingt ans, pour vendre des légumes et obtenir ainsi le droit d'habiter un petit bout de terre, moyennant remboursement de crédit à un organisme bancaire qui se frotte les mains de cette mise en application de la permaculture? Et comment appuyer ceux qui font le choix d'outrepasser les lois et d'aménager dignement leur terrain « agricole » sous menace d'expulsion ou de discrédit ? Ne devons-nous pas collectiviser ces questionnements et faire front face à des lois iniques, plutôt que plonger toujours plus profondément dans la logique marchande, ou tout devient soumis aux règles de l'argent?

Je vous rejoins en partie seulement sur l'analyse de la disparité entre un paysan « conventionnel » et un permaculteur. Ces deux définitions se situent dans la sphère marchande et correspondent à un métier, donc à un revenu... Or l'objectif de la permaculture se situe au-delà de la sphère marchande. Le paysan « conventionnel » est évidemment plus « avantagé »  (je parle dans le cadre de la sphère marchande car de manière plus élargie il est soumis comme tout autre à l'esclavage moderne), puisque son activité même est reliée à une économie, donc participe au maintien des banques. Les politiques libérales en place encourageront et subventionneront son activité, avec des disparités énormes selon la taille de « l'exploitation ». La permaculture, en revanche, est plus nuancée: certains souhaitent en effet retirer un petit revenu de leur activité, mais on pressent que l'idée qui sous-tend cela est de s'établir durablement, de s'extraire peu à peu des contraintes liées au monde de l'argent, de créer des réseaux d'entraide. Alors évidemment, on rechigne à subventionner l'autonomie, car il n'y aura aucun retour sur investissement.

Le film fait l'erreur d'associer réussite de la permaculture et réussite professionnelle, alors qu'au contraire l'activité professionnelle est transitoire, ou alors synonyme d'échec de la permaculture, qui n'aura pas atteint ses objectifs d'autonomie. Si l'objectif final est de créer un monde d'abondance et d'entraide qui rendrait obsolète les rapports commerciaux entre nous, un permaculteur qui aurait réussir à monter son activité professionnelle ne serait qu'en chemin vers l'autonomie. La ferme du bec Hellouin qui est l'exemple d'un succès, témoigne pour moi d'une erreur de cible!

Et puis, je pense qu'aujourd'hui nous nous leurrons. Retirer un salaire de la permaculture aujourd'hui, pour un « petit », quelqu'un qui part avec peu de ressource, et sans mécanisation, me parait totalement illusoire au vu de ce que nous avons en face de nous: une concurrence déchaînée, des agriculteurs qui disposent de centaines d'hectares et de machines effroyables qui vomissent des légumes. Nous ne sommes pas de taille à rivaliser avec cette monstruosité. Nous sommes trop petits. Nous nous échinons à construire, à la force de nos mains, isolés les uns des autres sur nos parcelles individuelles, un poulailler, une cave, une cabane, sans mécanisation ou le moins possible. Pendant ce temps un petit nombre accapare une technologie incroyablement complexe qui dérègle toutes les données. Le prix des matières premières est indexé à parir du rendement faramineux de cette machines folles, comment rivaliser avec de telles puissances sinon en s'organisant collectivement? Pour pallier à cette impossibilité, les permaculteurs vendent des stages, des formations, du rêve, mais cette solution nous engage sur la mauvaise pente: c'est le capitalisme qu'il nous faut détruire, non pas s'adapter à lui sans cesse pour garder quelques plumes sur notre dos!

La permaculture doit devenir POPULAIRE: à nous de collectiviser nos besoins, de nous enrichir mutuellement de nos savoirs et expériences respectifs, de construire, sur des espaces dévolus à tous des poulaillers, des jardins, des bibliothèques, des mielleries, des espaces de rencontre, des vergers collectifs, (...). À nous de définir des espaces individuels et d'autres communs, à nous de mettre en place le partage des ressources en nous libérant progressivement du joug de l'argent, en prenant en compte les réalités d'aujourd'hui sans oublier l'objectif de demain. Nous ne pouvons faire impasse sur la réappropriation de l'en commun, ni sur la question politique, car ce sont aujourd'hui les deux principaux freins à l'essor de la permaculture et à l'instauration d'une société qui prendrait soin de tous et de chacun. Nous n'avons pas d'autres choix !!!

 Mathilde Anstett pour descolarisation.org

 

Réponse d'Adrien Bellay et Clément Fleith suite à notre critique du film « L'éveil de la permaculture »

 

(Visible sur la page 01 ADRIEN CLEMENT 900x506Facebook du fil l'Éveil de la permaculture, en réponse à l'émission de radio qui dénonçait le parti pris du film et qu'on peut retrouver ici )

« La permaculture En Marche ! Business et Scolarisation !”* Récupération ou paranoïa ? A propos des critiques sur la perma.

*D’après S. Rochex et son site “Déscolarisation”.

Nous avons trouvé de beaux détracteurs !! Ce ne sont pas les seuls bien entendu, mais on va en profiter pour lever le voile sur les critiques qui montent autour de la permaculture depuis quelques années en France.


Ils n’en sont d’ailleurs pas à leur premier essai sur le sujet, ils sont aussi à l’origine d’un sketch qui dénonçait la permaculture commerciale et c’est assez marrant à vrai dire !


Tout d’abord, merci à eux d’avoir pris une heure d’émission pour parler du film ! Sans parler du temps à rédiger un article et à détourner l’affiche !


LIBERTÉ D’EXPRESSION OK, LIBERTÉ DE NUIRE NON ! C’est pourquoi on a décidé de répondre à leur émission de radio - et de nuancer voire démentir un certain nombre de leurs propos. Même s’il faut l’avouer, et cela fait souvent l'objet des discussions post-projection, ils mettent le doigt sur des vérités, et on va en profiter aussi pour leur donner raison sur certains points.

 

Film promotionnel, de propagande… Non il ne s’agit pas d’un film de propagande, mais d’un documentaire. Qui d'ailleurs tente de nuancer son propos en critiquant justement la formation trop universitaire façon “école des perroquets”, le manque de pratique, en évoquant les limites de la permaculture (l’accès au foncier, la formation à outrance, le problème de la main d’œuvre)... François Léger, ingénieur agronome, un des intervenants du film, évoque d’ailleurs “le business” de la permaculture. Certains vendent de la permaculture, se revendiquent de la permaculture, car c’est leur activité, comme d’autres peuvent vivre de la vente de la production issue d’une agriculture inspirée de permaculture… C’est un fait !
Ils scandent : “On a l’impression que la permaculture se définit à travers des cours de formation de permaculture”. C’est bien la proposition ! Profiter des formations pour découvrir les éthiques et les principes qui structurent la permaculture. Aussi, le début et la fin du film le rappellent, la permaculture ne se réduit pas à la formation (fort heureusement !), des fermes axées exclusivement vers la production émergent sans compter les innombrables lieux tournés vers l’autosuffisance...


On les invite à se rendre sur le site du film qui explique comment ce projet est né, à savoir lors d’une formation en permaculture : http://leveildelapermaculture-lefilm.com/le-film/intention/. Nous avons choisi de définir les concepts clés de la permaculture en nous servant de ces formations. Ça nous a permis une approche pédagogique, en y mêlant extrait de cours, description de techniques et dessins animés explicatifs. Et bien sûr, donner la parole aux acteurs du mouvement et qu’ils puissent nous raconter leurs histoires et leurs parcours de vie. Ce film est avant tout un documentaire sur le mouvement de la permaculture en 2014-2015, c’est à dire que nous avons voulu représenter le mouvement tel que nous le percevions lorsque nous sommes rentrés dans l’univers de la permaculture, par la formation. Il s’agit d’un choix. Un choix d’auteur, pris en toute indépendance, sans subir de pression de la part de quiconque. On aurait pu aborder le sujet d’une autre façon, nous avons choisi de le faire sous cet angle là.


S’il y a autant de formations à l’écran - et des prises de note ! - , c’est donc surtout parce que c’était le reflet d’une certaine réalité à cette époque : toute la visibilité du mouvement se faisait à travers les formations, quant aux fermes qui se revendiquaient de la permaculture, il n’y en avait pas pléthore !


Reprenons quelques thématiques abordées dans l’émission :


1/ Le refus de l’idée du design alors que c’est pourtant le concept opérationnel de base en permaculture. On vous renvoie vers les ouvrages de B. Mollison et D. Holmgren présentés sur le site : http://leveildelapermaculture-lefilm.com/agir/ressources/. Alors oui cela fait appel au bon sens paysan, à l’intuition même. Certains diront que l’on peut se passer de plan, très bien. C’est selon les sensibilités, mais la permaculture propose une réflexion autour de la conception, de la création, de l'aménagement d’un lieu. Quoi de mal à cela ?
Soit disant on cherche à complexifier en employant le terme “design” (on aime pas les anglicisme ici en France, ça sert à “impressionner l’auditoire”) mais c’est pourtant proposer une méthodologie structurante qui va aider à canaliser savoir et créativité. On cherchait justement à faire rentrer la complexité de la nature dans un cadre lisible et simplifié ! Ok pour traduire “design” par “pensée” ou même “projet”...

Attention, on confond souvent ces deux idées :


Permaculture (B. Molisson, D. Holmgren)


Agriculture Naturelle (M. Fukuoka), dont on rappelle les 4 principes :
-Ne pas cultiver, c'est-à-dire ne pas labourer ou retourner la terre.
-Pas de fertilisant chimique ou de compost préparé.
-Ne pas désherber, ni mécaniquement, ni aux herbicides.
-Pas de dépendance envers les produits chimiques.


La permaculture intègre ces notions d’Agriculture Naturelle mais ne saurait s’en contenter !


2/ L’autre point d’accroche : la permaculture peut aussi se pratiquer sur de grandes propriétés. Eh bien tant mieux, on peut l’appliquer en effet à toutes les échelles. On peut pratiquer la permaculture sur 20 hectares (Ferme du Bec Hellouin), sur 40 hectares (Ferme des Darlington) car on y mêle diverses activités, maraîchage, arboriculture, élevage (pour pratiquer du pâturage tournant il est bien pratique d’avoir plusieurs hectares de façon à déplacer les parcs...). Cela serait justement simpliste de penser que l’on doit se cantonner à quelques hectares. Ça serait justement poser une limite inhibitrice dans le cadre d’une permaculture nourricière pour tous. D’autant plus que toutes les parcelles ne se valent pas, et il serait bien difficile d’installer un agriculteur sur les côteaux secs des Darlington alors que leurs brebis y sont clairement adaptées.
Ces propriétaires profitent de leur savoir et de leur terrain pour développer des chantiers participatifs dont ils seraient les seuls bénéficiaires. Alors il est vrai que cet aspect féodal de la permaculture peut-être préoccupante - les pauvres seraient toujours amenés à travailler pour les plus riches sans marge de progression - , mais dans les faits, les chantiers sont très souvent réciproques et on finit toujours par avoir un retour, du moment que l’on acquiert un terrain - ce qui est d’ailleurs facilité par le réseau ainsi constitué...


3/ Dernier point qui cristallise la frustration : l’argent… les formations sont payantes et c’est mal !
Les “leaders charismatiques” du film dispensent en effet des formations payantes (on vous invite à aller voir sur leur site le prix des formations pour vous faire une idée - de 500 à 1500 euros les 12 jours de formation. Là on voit bien qu’il y a un problème, pourquoi de telles marges entre les différents formateurs ?). Formations qui nécessitent de l’expérience sur le terrain de la part des formateurs (de nombreuses années en l'occurrence), du temps de préparation, du temps de présence etc. De la logistique - on est nourri et logé-. Il y a l’investissement aussi de plusieurs intervenants spécialisés qui viennent animer des modules. Faire sans argent aujourd’hui, dans ce cadre là, c’est illusoire ! La plupart des organisateurs que nous avons rencontré offrent des places sur leur stage pour les personnes réellement nécessiteuses. Aussi on sort du cadre hiérarchique, de la subordination maître/élève, et naissent des relations fortes, d’amitiés… Et il y a précisément des moyens d’apprendre la permaculture en se passant d’argent ; trois de ces moyens sont évoqués dans le film : les chantiers participatifs (gratuits!), le wwoofing (gratuit!) ou même les rencontres nationales de la permaculture. Ces moyens sont compris dans l’économie du don. N’oublions pas non plus toutes les vidéos gratuites qui foisonnent sur internet ! A contrario les cours de spécialisation en permaculture ne savent pas encore se passer d’argent.


Nos détracteurs sont aussi en désaccord avec le mode d'enseignement “Cours de Design en Permaculture” ou “PDC”, et en même temps contre l'institutionnalisation de la permaculture; ce qui pour nous est un paradoxe.


Le Cours de Design en Permaculture n’est pas né de la dernière pluie. Élaboré par Bill Mollison et Holmgren eux-mêmes, il est dispensé dans le monde entier. C’est un programme universel de 72h, et qui évolue au fil des années, puisque la permaculture intègre aujourd’hui par exemple aussi des notions d’économie.


Il pose un cadre pour définir ce que doit être pris en compte lors de la transmission du savoir permaculturel. Aussi si l’on ne veut pas que la permaculture s'institutionnalise à la manière de l'agroécologie et ne se résume plus qu’à des techniques agricoles, il faut conserver l’enseignement de la permaculture comme un ensemble de disciplines complémentaires qui permettent d’acquérir une vision holistique.
Ces cours n’ont jamais été dispensés gracieusement… cela viendra peut-être avec le temps.
L’Université Populaire de Permaculture - l’UPP - a été mise en place pour s’assurer de la qualité des cours délivrés, de l’expérience de l’enseignant et justement pour éviter les déviances.
Ces stages sont aujourd’hui insuffisants pour répondre à la demande croissante du public, désireux d’amorcer des changements de vie. Au lieu de dézinguer les quelques formateurs compétents en France, faisons plutôt en sorte d’en faire émerger de nouveaux !! Ceux-ci s’efforceront de diffuser leur savoir le plus largement et le plus massivement possible.
Arguments de mauvaise foi !


Les protagonistes ont investi de l’argent dans le film => FAUX ! Merci de respecter les auteurs du film et leur indépendance. Deux années de travail pour proposer au public ce film. Du financement participatif, des fonds PROPRES, un film 100% indépendant. En aucune façon l’un des intervenant du film n’a financé ou influencé l’écriture du film. Il ne s’agit ni d’un film de propagande ni d’un film de commande.
Les définitions sont données par ces personnes autoproclamées détentrices du savoir de la permaculture => FAUX ! Les définitions données par les permaculteurs ou par la voix off du film sont basés sur les définitions et les écrits de Mollison et Holmgren, fondateurs de la permaculture. Qui eux-même se sont basés sur les écrits de P.A. Yeomans, M. Fukuoka et bien d’autres. Comment remettre en question des décennies de recherches et d’expérimentations !
On voit apparaître les fondations d’une institution (label…) => FAUX ! A aucun moment il n’est évoqué un quelconque label. Le PDC, comme dit plus haut, est intrinsèquement et historiquement lié à la permaculture. L’Université Populaire de Permaculture existe depuis déjà plusieurs années et fonctionne d’une façon horizontale, mise en réseaux de la formation dans le monde francophone...

Plus les gens ont un grand domaine et plus ils demandent cher pour leur stage (référence à Andy et Jessie Darlington qui possèdent 40ha) => FAUX ! Aucun rapport entre la taille du terrain des enseignants et les prix proposés, la majeure partie du temps le cours est d’ailleurs animé chez un hôte qui souhaite initier un projet ou améliorer l’existant.
Esprit de contradiction...

Pour finir si le film est fait de contradictions, c’est justement parce qu’il révèlent les ambiguïtés, les complexités de l’univers de la permaculture et évite de basculer dans la facilité ou le manichéisme. La permaculture est à portée de main, mais en même temps, on se rend bien compte qu’il faut être prêt à y consacrer beaucoup de temps et d’énergie et qu’en effet, il faut atteindre un certain niveau de connaissance pour pouvoir déployer la méthodologie de la permaculture. C’est pourquoi E. Escoffier parle à la fois de la permaculture comme d’une « ingénierie » et finit par dire que la permaculture s'adresse à tout le monde et que « c’est facile, c’est juste un choix » !
Une part de vérité…

Plutôt que de continuer à “lutter contre” profitons-en pour développer un point important que soulève cette critique :
La formation “business”.
Bill Molisson voulait créer une “armée de designers”, aujourd’hui on est en train de créer une “armée de formateurs” !
Évidemment, on est beaucoup à avoir la sensation, et surtout en France, que la permaculture permet de dégager des revenus non pas grâce à la vente de produits, mais plutôt avec la commercialisation de stages, de formations, de gîtes écolos, etc. On connaît peu de maraîchers, arboriculteurs ou bien éleveurs en permaculture.


On pourrait répondre à la question en disant que la permaculture n’a jamais prétendu être une activité professionnelle, mais un cadre de pensée, une méthode de conception permettant de mettre en place des systèmes agraires, économiques ou sociaux durables. Certes. Mais ceci étant dit, si la permaculture est censée permettre l’aménagement de systèmes durables et viables avec un taux de succès honorables, on devrait pouvoir témoigner de cas concrets de réussites, au moins en proportion des projets qu’on voit émerger un peu partout…


Plusieurs éléments expliquent le fossé qui existe entre la magie de la permaculture sur le papier et le peu d’exemples de réussite concrets.


I. Le mar­ché est truqué
L’agriculture conventionnelle est qua­dru­ple­ment subventionnée :
1. par le pay­san qui tra­vaille comme un esclave et qui y laisse sa santé
2. par le ci­toyen qui paie des im­pôts pour les aides agricoles
3. par les ressources fossiles qui four­nissent l’énergie, les engrais et les produits phytosanitaires à petits prix
4. par la na­ture et le sol qu’on épuise comme des res­sources minières

Ainsi, un sys­tème agraire qui se passe de ces sub­ven­tions (ser­vi­tude, aides, in­trants, dé­gra­da­tion) part avec un han­di­cap ma­jeur. Or jus­te­ment un sys­tème permaculturel :
1. est censé ré­duire la quan­tité de tra­vail nécessaire,
2. n’est pas à priori sub­ven­tionné financièrement,
3. n’utilise pas d’énergies fos­siles (sauf peut-être au tout début),
4. et cherche à ag­gra­der le sol et res­tau­rer les écosystèmes.

II. Être pay­san est un vrai métier
Être paysan, c’est l’apprentissage de toute une vie, c’est une énorme masse de savoir-faire qu’il faut maîtriser si l’on imagine gé­rer des éco­sys­tèmes com­plexes de fa­çon suf­fi­sam­ment op­ti­male pour en ti­rer un revenu. Un BPREA, (Bre­vet Pro­fes­sion­nel Res­pon­sable d’Exploitation Agri­cole), c’est 1400h et à la fin, on est seule­ment chef d’exploitation, on n’est pas en­core pay­san, loin de là. La formation pour être « concepteur en permaculture », c’est un PDC, un « Per­ma­cul­ture De­sign Course », ins­ti­tué par les fon­da­teurs aus­tra­liens, et c’est 72 heures de théo­rie avec un peu de pra­tique.

III. Du design à la production, un fossé
La concep­tion per­ma­cul­tu­relle fournit une méthodologie et des idées sur la fa­çon d’agencer le pay­sage et les élé­ments pour qu’ils in­ter­agissent, pour que les dé­chets des uns soient la nour­ri­ture des autres, pour que rien ne soit ja­mais perdu, etc. Sur le pa­pier, tout est beau. Et comme les idées se basent sur l’observation mi­nu­tieuse du fonc­tion­ne­ment de la na­ture, on se per­suade qu’elles doivent fonc­tion­ner du pre­mier coup. Que nenni ! Les livres de per­ma­cul­ture sont pleins de jo­lis des­sins, mais il faut un peu les consi­dé­rer comme les des­sins d’engins vo­lants de Léo­nard de Vinci : tant qu’on ne les a pas vus vo­ler, ce ne sont que de jo­lis dessins.

Mais dans la réalité chacun doit adapter ces idées à son terrain et à son contexte, cela nécessite de consa­crer d’importants ef­forts à la dif­fi­cile et longue mise au point des idées is­sues de la phase de concep­tion, avec pro­ba­ble­ment beau­coup de dé­boires et de désillusions.

Alors, peut-on vivre de la permaculture ?
Ceci étant dit, on comprend pourquoi il est difficile de réellement « vivre de la permaculture». Mais si l’on a compris que la pro­duc­tion de nour­ri­ture de­vra opé­rer bien­tôt une des­cente éner­gé­tique, alors la permaculture sera indispensable. Si la permaculture aujourd’hui ne permet pas de « vivre de son exploitation », elle peut permettre, petit à petit, à plus de gens de vivre, tout simplement. Dans les pays dits développés, il n’existe encore que peu de permaculteurs qui vivent de leur passion, en donnant des cours et des conférences, en écrivant des articles et des livres.
Pour com­pen­ser le han­di­cap fi­nan­cier, on com­prend pour­quoi beaucoup de per­ma­cul­teurs trouvent des moyens de sub­ven­tion­ner leur ac­ti­vité d’une fa­çon ou d’une autre. A tra­vers des cours, des confé­rences, des livres, ou tout autre mé­tier connexe ou pa­ral­lèle. Et vu sous cet angle, c’est moins fa­cile de les critiquer…

Adrien Bellay & Clément Fleith

 

 

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Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn