I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

 
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Terre et Permaculture

Terre et permaculture

fleur de permaculture

Cliquer sur l'image pour l'agrandir dans un nouvel onglet.

Venez à l'Adrey du 9 au 16 juillet

Venez camper. Au menu, comme d'hab : douceur de vivre et partage de savoirs. Saveurs, Sapere, Sapience, Sapiens... Humus Sapiens.

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Ajout le lundi 9 juillet:

 

La semaine de permaculture-camping-skholè à la Table commence aujourd'hui.
Demain, mardi, nous serons un petit groupe à nous réunir la journée et/ou le soir pour une rencontre musicale/conviviale autour du feu, suivi par ceux et celles qui en ont envie par une ou plusieurs nuits de camping ou sous le ciel étoilé. Venez nous rejoindre avec vos instruments de musique!!!
 
Mardi après-midi, nous vous présentons un aperçu de la permaculture via la fleur de permaculture revisitée, qui englobe tous les aspects de l'existence. En fonction de chacun chacune d'entre nous, nous élaborerons ensemble quels pétales nous voulons voir s'épanouir pendant la semaine et les mois qui viennent, via notre cheminement personnel et les liens d'entraide qu'on pourra tisser et consolider ensemble.
 
On espère vous voir. A bientôt?

 

La Mairie de La Table dit NON à un projet de verger communal porté par la population

vergerLa période idéale de plantations d'arbres s'étale de novembre à mars, c'est pourquoi nous avons initié un projet de plantations d'arbres sur terrains communaux autour du mois d'octobre 2017. Un collectif d'habitants a porté un projet de verger communal et tout au long d'une série de demandes et de conseils municipaux, s'est vu opposé ce petit mot : NON. Non à la Vie, non à l'Amitié, non au Soin.

Voici, en lecture, ci-dessous, ma réponse de 7 pages à la Mairie de La Table.

Exception à nos distances prises avec l'argent : 1 campagne ulule...

ulule... pour nous aider à financer les matériaux de nos roulottes. Nous militons pour un monde sans argent. Nous donnons tout et ne vendons rien depuis des années. Nous pensons qu'il faut "Rompre l'enchaînement des ventes mutuelles"... Ça reste vrai mais comme les exceptions confirment les règles, en ce printemps 2018, nous faisons une exception dans cette prise de distance à l'argent pour une campagne Ulule (et pour essayer avec le système inédit dit de "crowdfunding") afin de nous aider à construire rapidement nos roulottes. Le site Ulule présente cette campagne à l'adresse suivante : https://fr.ulule.com/roulottes-a-ladrey/

L'argent n'est pas un sujet facile... (le pire), mais il nous faut encore parfois malheureusement en trouver. Et aucun moyen n'est réellement sain comme nous le dit si bien Thoreau :

« Les moyens de gagner de l'argent vous entraînent presque sans exception vers le bas. » disait ce cher H.D. Thoreau.

Nous nous essayons donc malgré tout ce jour avec la plateforme ulule pour financer les matériaux de nos futurs roulottes. Le système par dons ou mécénat reste, je pense, le moins pire de tous les moyens pour avoir de l'argent (pratiquer l'aumone n'est pas perçu spirituellement comme quelque-chose de vicieux). ​Merci beaucoup tout d'abord de partager le lien autour de vous si ça ne vous rebute pas. Et merci de contribuer si vous vous sentez bien avec ça (même un petit montant). C'est la première fois depuis très longtemps que nous faisons intervenir la notion d'argent avec "l'extérieur". Nous ne vous demandons pas de nous récompenser financièrement pour les efforts passés car ce serait un paradoxe, nous vous invitons seulement à embrasser qui nous sommes, notre histoire avec nos forces et nos faiblesses en lien avec l'histoire du monde. Car le problème de l'argent est un problème individuel et surtout collectif. Si le monde reste attaché au pognon et si nous ne voulons pas mourir, nous sommes un peu contraints... La froide mécanique du monde et les lois de pesanteur sociales s'abattent sur tous sans distinction. Mais soyez-sûr que nous travaillons tous les jours de notre vie à la disparition de l'argent et à l'avènement d'une nouvelle réalité dans laquelle les rapports d'argents disparaissent aux profit de rapports d'amitiés et d'entraide.

Nous restons militants d'un monde sans argent, vous pouvez donc être assurés que contributeurs ou non-contributeurs (ou gros contributeurs et petits contributeurs) ne seront JAMAIS séparés dans notre tête et dans nos cœurs. Si vous contribuez, c'est super, vous participez à l'achat des matériaux de nos roulottes, et si vous ne contribuez pas, vous méprisez peut-être l'argent et les rapports d'argent, et/ou préférez ne pas faire rentrer ça dans notre relation, et c'est totalement fantastique également !

Bref, merci dans tous les cas. La seule chose qui compte vraiment est que vous existiez et que ce monde change radicalement.

 

Février, les starting-blocks

 

usain bolt training start0553 Février. Le thermomètre peut afficher zéro voire beaucoup moins, de la neige peut tomber et pourtant ce n'est déjà plus l'hiver car si j'écarte des feuilles mortes en décomposition sur le sol, je peux déjà apercevoir des sous-pousses d'ail des Ours, en cueillir quelques-unes pour sentir et manger quelques grammes d'ail des Ours nouveau... La part de l'ours ! (et non celle du Colibri !).
Et dire qu'ils sont nombreux à m'avoir dit que le 3 mars, c'était un peu tôt pour fêter le printemps ! (Cf : rendez-vous prévu).
En février, pour le jardinier, c'est parti ! Je m'organise pour la mise en place des couches chaudes (mélange de paille et de crottin qui fait monter la température pour des semis ultra-précoces sous abris) et j'attrape déjà les graines des premiers semis possibles en pleine terre (fèves) ou sous abris (nombreux). Comme autre activité, je peux profiter de l'absence de feuillage pour défricher et éclaircir plus facilement en certains endroits forestiers que je souhaite "japoniser" un peu. J'observe avec bonheur le démarrage des jonquilles et autres commencements discrets tels que des changements d'aspect des bourgeons sur les arbres et arbustes qui sont en pré-bourgeonnage (ils paraissent moins secs, plus gonflés et brillants). Mince je ne suis pas encore allé voir du côté des tulipes si quelque-chose affleure, mais le safran, lui, est visible ! Je plante encore des arbres puisque c'est la saison pour ça (novembre-mars) : j'envisage de planter deux plaqueminiers sous peu. Je songe à améliorer mon dispositif pour récolter l'eau de bouleau puisqu'elle devrait arriver dans 10 à 20 jours (400 litres par arbre et par jour qui vont éjaculer des profondeurs, quel phénomène révolutionnaire prodigieux !). Je m'organise pour obtenir les graines qui me manquent pour la saison qui vient et je m'engage mentalement à plein régime, comme les années précédentes, dans cette saison paysanne qui sera forcément magnifique et resplendissante, encore plus magnifique et resplendissante tant je pourrais récolter toujours plus de fruits et de beauté de tout ce que j'ai mis en place dans la localité de ce jardin. Et le plus important c'est que tout ça, je ne le fais pas pour vendre des fruits et des légumes ou pour endosser quelconque rôle social conforme mais uniquement pour respecter l'ordre cosmique : je suis Homme sur la terre, je dois prendre soin de la terre et en tirer de quoi me maintenir, c'est dans l'ordre, c'est l'ordre (cosmos en Grec). L'univers et la société sont entropiques, je me dois de combattre l'entropie en une localité : mon corps et mon jardin, et c'est cela Être. « Mon faire consistera à Être » disait Etty Hillesum.
3 Février, je peux me dire que le vrai grand départ qui sera donné par le saule en fleurs bruyant d'abeilles est désormais imminent : car 3 semaines ça passe si vite (3 semaines au cours desquelles j'assisterai en plus à beaucoup d'autres commencements).
Ce jardin en permaculture, c'est mon Hestia, mon foyer, ce point fixe permanent à partir duquel tout commence, tout recommence et sur lequel je peux adosser Hermès : ce qui bouge, ce qui change, ce qui se déplace... Sur Hestia et Hermès, voir l'excellent texte de Jean-Pierre Vernant publié sur www.descolarisation.org.
A l'heure actuelle, les gens n'ont avec eux, ni Hestia, ni Hermès. Pas de foyer véritable, pas de centre permanent, pas d'habitat où l'homme s'occupe de lui-même et se maintient (voir tout ce que j'ai publié sur "l'habitat libre"). Quant à Hermès, le pauvre il a été tué par l'esprit de censure et de clôture (par la fausse démocratie et « la société du spectacle»), et par "Internet" et la disruption.
 
Car il y a une ombre incommensurable à ce tableau pré-printannier de Février : 7 milliards d'humains à côté de moi qui ont tous une bonne excuse pour ne pas s'occuper de la terre, des plantes et d'eux-mêmes. Alors vous me direz : non pas tous, il y en a d'autres comme toi ! Oui, 0,00001%... Alors que pour se mettre à inverser la pente suicidaire de l'humanité, les humains doivent impérativement se transformer en une armée de jardiniers désireux de prendre soin et prêts à abandonner toutes les autres activités-excuses nocives.
 
De bonnes excuses, sans arrêt, pour ne jamais avoir à poser un genou sur le sol et mettre les mains dans la terre. Car chacun le vivrait comme une chute, comme un échec ! Comment ça ?! Moi, le grand programmateur de jeux-vidéos ! Moi, le Grand homme d'affaires ! Moi, le Directeur d'agence bancaire ! Moi, le Grand artiste de théâtre ! Moi le Grand musicien ! Moi, le Grand Startupeur ! Moi, le Grand youtubeur ! Moi, le Grand Footbaleur ! Moi, le Grand web-master ! Moi le Grand ingénieur ! Moi ! J'en serais réduit à cultiver mes patates et mes courges ??? Alors que ma Grandeur et mes talents m'offrent justement le fait de pouvoir les acheter au supermarché ! Non, ce n'est pas possible ! Non, si je me suis sorti de ma condition primitive en programmant des jeux-vidéo ou en jouant au foot, ce n'est sûrement pas pour y retourner ! Tout ce que je fais, tout ce que j'agite, tout ce que je parle, c'est justement pour ne jamais avoir à mettre les mains dans la terre pour ma subsistance ! D'autres le font à ma place ! Et en plus pour ça, il faut des connaissances ! Moi, le programmeur de jeux-vidéos, j'affirme que pour cultiver des patates et des courges, il faut des connaissances !
D'autres le font ? Vraiment ?
Comment ça plus personne ne le fait et l'agriculture est devenue industrielle et c'est ça qui flingue tout ?!
 
Putain d'humanité, lâche, gorgée de dénis jusqu'à la lie et qui remet toujours à plus tard le fait d'arrêter les conneries.
 
Le printemps de l'humanité ne viendra-t-il donc jamais ?
Z'avez pas envie de vous enter enfin sur les starting- blocks du cosmos au lieu de ceux donnés par l'auto-mouvement de la société (ne me dites pas qu'en septembre 2018, il y aura une rentrée scolaire... si !!!!!?)
 
Février : il y a une opportunité dans l'air à saisir, une occasion à ne pas manquer, qui n'est pas donnée par l'auto-mouvement de la société, mais par celui du cosmos. Une opportunité que des milliards de milliards de milliards de milliards d'organismes, de bactéries, de cellules et de molécules ne vont pas manquer de saisir... Mais nous : on va la manquer. Parce que : ARGENT, POUVOIR, TRAVAIL, PROPRIÉTÉ, HIÉRARCHIE, RECONNAISSANCE, GOSSES, et SEXE. Parce que les gens sont justes des projectiles déterminés lancés à pleine allure qui réalisent un rayon de courbure à la con et puis c'est tout.
Mais moi, je ne comprends pas ce que les gens font.
La seule façon de contrer l'auto-mouvement pernicieux du monde qui nous prend de vitesse et nous emporte avec lui est de BIFURQUER (et donc de prendre soin...).
 
Sylvain Rochex — 3 février 2018

 

Et l'habitat sur la ZAD, ET AILLEURS ?!

cabane arbreRéponse ouverte à Reporterre.net
 
Votre article sur la ZAD comme bien commun est très bien, mais j'ai l'impression que sur Reporterre, vous éludez sans cesse un sujet crucial de chez crucial : celui des constructions, ce que les Zadistes nomment : l'habitat libre.
 
Ce sujet est capital et touche l'ensemble du pays et n'est curieusement jamais abordé par les uns et les autres "communicants" professionnels.
 
Si la ZAD devient bien commun, est-ce que cela autorise pour autant la construction libre de cabanes et petit "chalets" ou autres habitats vernaculaires et spontanés pour habiter librement individuellement et collectivement ? Je ne le pense pas, or, c'est le paramètre le plus crucial après celui de pouvoir disposer des terres.
 
Les nouveaux modes de vie expérimentés sur la ZAD passent surtout par cette notion très forte d'habitat libre où l'on habite là où on cultive, où la frontière entre vie quotidienne et vie productive est abolie, où l'on articule l'individuel et le collectif, où notre urine, quand on se lève le matin vient toujours amender notre sol et où nos épluchures de carottes sont directement balancées par la fenêtre ou données à nos poules sur le pas de la porte... (+ des milliers d'autres phénomènes organiques — et donc totalement et par définition écologiques — liés au fait que l'on ne vit plus de manière SÉPARÉE)
 
Et c'est cette question que des millions de français (et de gens dans le monde) attendent qu'elle soit enfin traitée pour ne plus être obligé de vivre en zone urbanisée, pour ne plus avoir 1 chance sur je-sais-pas-combien de trouver un terrain, pour ne plus vivre sur 500 mètre-carré et ne pouvoir mettre que 2 rangées de patates et 3 plantes aromatiques pour "faire comme si", pour ne plus prendre sa bagnole pour parcourir la distance entre son terrain agricole — quand on en a un — et sa maison en zone urbanisée, pour ne plus avoir à prendre un crédit sur 30 ans dans une banque, pour ne plus avoir à force sa force de travail pendant 30 ans pour payer son crédit et sa maison, pour ne plus avoir à demander une autorisation pour le moindre petit aménagement ou chantier, pour ne plus être obligé d'être locataire, pour ne plus être obligé de demander des allocations pour pouvoir payer son logement, pour ne plus devoir forcément être ami avec son maire et courtiser le conseil municipal afin d'obtenir ce qu'on veut obtenir, pour pouvoir construire et aménager de manière à favoriser la convivialité, le partage, les rencontres, et la vie commune etc. etc. etc.
 
Je pense que si on ne va jamais sur ce sujet, c'est que ceux qui seraient en capacité d'y aller vraiment, c'est-à-dire d'étudier les choses sérieusement (universitaires, journalistes ou autres logiciens), sont ceux-là même qui travaillent selon les normes du système, qui ont pris un crédit dans une banque et qui habitent de façon conventionnelle et légaliste, et pour eux, envisager qu'ils se fourvoient totalement dans cette façon d'habiter et qu'ils se sont "faits avoir" est peut-être trop douloureux pour eux. (« la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées. » Jean 3)
 
Et pendant ce temps, sur la terre depuis longtemps, nous n'habitons plus, nous sommes des logés (délogés !)
Je vous renvoie vers le magnifique livre de mon ami Ivan Illich : « L'art d'habiter », pour simplement constater avec Ivan que nous avons étrangement perdu en chemin ce trait caractéristique et fondamental de l'espèce humaine (...mais bon comme nous avons TOUT perdu...). C'est un des constats les plus puissants que j'ai fait ces dernières années : les gens n'habitent plus.
 
« Poser la question "où vivez-vous ?", c'est demander en quel lieu votre existence façonne le monde. Dis-moi comment tu habites et je te dirai qui tu es. Cette équation entre habiter et vivre remonte aux temps où le monde était encore habitable et où les humains l'habitaient. Habiter, c'était demeurer dans ses propres traces, laisser la vie quotidienne écrire les réseaux et les articulations de sa biographie dans le paysage. » Ivan Illich.
 
« [Quand on habite vraiment] Chaque être devient un parleur vernaculaire et un constructeur vernaculaire en grandissant, en passant d'une initiation à l'autre par un cheminement qui en fait un habitant masculin ou féminin. Par conséquent l'espace cartésien, tridimensionnel, homogène, dans lequel bâtit l'architecte, et l'espace vernaculaire que l'art d'habiter fait naître, constituent des classes différentes d'espace. Les architectes ne peuvent rien faire d'autres que construire. Les habitants vernaculaires engendrent les axiomes des espaces dans lesquels ils font leur demeure. » Ivan Illich
 
« Le logé a perdu énormément de son pouvoir d'habiter. Le logé vit dans un monde qui a été fabriqué. Il n'est pas plus libre de se frayer un chemin sur l'autoroute que de percer des trous dans ses murs. Il traverse l'existence sans y inscrire de trace. Les marques qu'il dépose sont considérées comme des signes d'usure. Ce qu'il laisse derrière lui, ce sont des détritus qu'enlèveront des bennes. (...) L'espace vernaculaire de la demeure est remplacé par l'espace homogène d'un garage humain. » Ivan Illich
 
Non seulement, nous sommes des "logés" et pas des habitants, mais il y a aussi tout le problème de la dispersion que j'ai maintes fois abordé (notamment PDF là : http://www.descolarisation.org/pdf/la_dispersion_contre_la_democratie_sylvain_rochex.pdf ou émissions de radio là : http://www.radio-gresivaudan.org/Dispersion-acceleration-sociale.html)

Concernant les expulsions politiques (et militaires !) de ceux qui cherchent à retrouver l'art d'habiter, Illich nous offre cette terrible analyse : (Est-ce que c'est ce qui attend finalement les Zadistes ?! Ou bien allons-nous enfin nous réveiller sur ce sujet ?)

 « Ils seront tous expulsés, moins parce qu'ils causent du tort au propriétaire des lieux, ou parce qu'ils menacent la paix ou la salubrité du quartier, que parce qu'ils récusent l'axiome social qui définit le citoyen comme un élément nécessitant un casier de résidence standard. » I. Illich
 
Mais faut-il rappeler que si les Zadistes ne sont pas encore expulsés et que leurs cabanes ne sont pas encore détruites, ce n'est pas le cas pour beaucoup d'autres gens dans le pays qui voient leur yourte détruite et la police arriver avec violence sur leur lopin "agricole" qui n'est malheureusement pas "constructible" parce que ces habitants n'ont pas eu la présence d'esprit de devenir Élu ou d'être amis avec les Élus et parce que ces gens ne veulent pas vendre leur force de travail pendant 30 ans au service des banques...
Et les communaux ailleurs que sur la ZAD !!? Chez nous en Savoie, on n'arrive même pas à obtenir le droit de planter un seul pommier sur des centaines d'hectares disponibles de la commune.
 
Autres propos d'Illich qui va dans le sens de la ZAD comme bien commun mais qui questionne l'habitat en parallèle ! :
 
« Il ne peut y avoir d'art d'habiter en l'absence de communaux (NDLR : et réciproquement !). (...) La guerre contre l'habitat vernaculaire est entrée dans sa phase ultime et on force les gens à chercher un logement - qui est un produit rare.  (...) presque partout dans le monde de puissants moyens ont été mis en œuvre pour violer l'art d'habiter des communautés locales et créer le sentiment de plus en plus aigu que l'espace vital est rare. Ce viol des communaux par le logement est aussi brutal que la pollution des eaux. (...) L'autoconstruction est considérée comme un simple violon d'Ingres. Le retour à la terre est jugée romantique. » I. Illich
 
« L'espace propre à porter les marques de la vie est aussi fondamental pour la survie que l'eau et l'air non pollués. Ce n'est pas le propre du genre humain que de se parquer dans des garages, si splendidement aménagés soient-ils, avec leurs douches et leurs économiseurs d'énergie. » I. Illich
 
C'est clair, nous n'habitons plus. Et c'est sans doute la question cruciale sur la ZAD, maintenant que cette histoire d'aéroport est derrière nous ! Comment pérenniser l'habitat libre dans ce monde où il est radicalement interdit ?! Or, comme dit Illich, c'est pourtant aussi vital que l'air et l'eau purs.

Le sujet de l'habitat, vraiment trop peu abordé est pourtant fondamental, en lui-même, mais aussi métaphoriquement. En effet, le vieux monde que nous voulons voir finir est comme un immense édifice (non vernaculaire donc, qui s'impose à nous), et nôtre tâche est de le faire disparaître sans le faire exploser directement sans quoi il nous tomberait dessus et nous tuerait. Cela consiste pour chacun de nous (et ensemble) à retirer brique après brique, patiemment mais sûrement. Les briques du vieux monde existent très logiquement les unes par rapport aux autres, et on est souvent obligé pour retirer telle ou telle d'en avoir préalablement retirées certaines autres.

Voyez-vous à quel point cette métaphore se superpose parfaitement à notre situation réelle en terme d'habitat ? Nous n'habitons pas, nous sommes des "logés", hétéronomes, dans des édifices, non respirant, malsains, pollués, non vernaculaires, qui nous enserrent, et nous font vivre une pression d'Enfer, insoutenable, INDIGNE.
Soit nous sommes "LOCATAIRES" avec la pression financière délirante du loyer à payer et avec cette relation si exquise, si DIABOLIQUE, avec "le propriétaire" ; tout ça, c'est UN ENFER.
Soit nous sommes PROPRIÉTAIRES et nous payons un loyer à la banque. La pression est la même. Nous sommes dans tous les cas en conséquence des esclaves du travail-des propriétaires et/ou des banques.
Et en plus, — et c'est bien le pire du pire qui devrait nous faire péter les plombs — , nous n'habitons pas (relire Illich ci-dessus).
De plus, ces mauvaises conditions initiales ne permettront pas une bonne articulation de l'individuel et du collectif, tout aussi fondamentale.
Et de cette situation initiale délétère découle des mauvais rapports humains (des conflits perpétuels) qui ne devraient pas nous étonner — ils sont une conséquence, un symptôme, il faut traiter la cause, qui est le mode d'habitat — .

Tout ça me fait penser aussi à la description de Giono au début du texte « l'homme qui plantait des arbres » : 

« Ce sont des endroits où l'on vit mal. Les familles serrées les unes contre les autres dans ce climat qui est d'une rudesse excessive, aussi bien l'été que l'hiver, exaspèrent leur égoïsme en vase clos. L'ambition irraisonnée s'y démesure, dans le désir continu de s'échapper de cet endroit. Les hommes vont porter leur charbon à la ville avec leurs camions, puis retournent. Les plus solides qualités craquent sous cette perpétuelle douche écossaise. Les femmes mijotent des rancœurs. Il y a concurrence sur tout, aussi bien pour la vente du charbon que pour le banc à l'église, pour les vertus qui se combattent entre elles, pour les vices qui se combattent entre eux et pour la mêlée générale des vices et des vertus, sans repos. Par là-dessus, le vent également sans repos irrite les nerfs. Il y a des épidémies de suicides et de nombreux cas de folies, presque toujours meurtrières. » Giono.
 
Or à la fin du livre de Giono, les choses ont bien changé : « Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres, bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. A côté de chaque ferme, dans des bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthes fraîches. Les villages se sont reconstruits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier. »
 
Non, nous ne sommes pas "faits" pour vivre l'absence d'amitié et de vie collective saine à l'extérieur, puis pour ensuite, essayer de "vivre ensemble" en se réfugiant dans des "logements" en couple ou à 4 ou 5 dans 50 mètres-carrés (et maintenant, depuis quelques années, tous derrière des écrans).
Notre vrai besoin à tous, CHACUN, c'est HA-BI-TER ! et habiter pour articuler l'individuel et le collectif et en articulant l'individuel et le collectif.
Et c'est d'avoir DE L'ESPACE ! DE L'AIR !!! Saint-Ex disait dans Citadelle cette chose très vraie : « le vice n'est que puissance sans emploi ». J'ajouterais la paraphrase suivante : le vice est aussi puissance sans espace.

Je vous renvoie aussi à mes autres articles : « Tuer l'idéologie pavillonnaire et l'idéologie de la maison bourgeoise » et « Ce qu'il faut de terre à l'homme ».
A l'heure actuelle (l'heure de la barbarie intégrale), une solution viable et assez miraculeuse existe dans l'habitat à ossature-bois, mur en paille et mortier, sur terrain agricole, déclaré en abris de jardin. On a tous appris des quantités de choses complexes et inutiles à « L'Éducation Gouvernementale ». Construire une petite maison de ce type est simplissime, à côté d'une infinité d'autres choses que nous faisons et que nous avons appris à faire (en étant FORCÉ en plus et à contre cœur).
N'est-ce pas le plus beau des travaux, qui se fait exactement à l'inverse d'un contre cœur, que d'AUTOCONSTRUIRE SA PETITE MAISON ?
Pourquoi on nous bourre le mou avec l'idéologie du travail, si ce n'est même pas pour réaliser le premier des travaux de l'homme, depuis que l'homme est sur la terre: HA-BI-TER (et se nourrir par ses propres moyens !).

Pourquoi ne pas habiter cette vie comme il se doit, comme le créateur la voulue ?
Pourquoi être esclave toute sa vie ?
Pourquoi continuer ces vies de dingues, où nous travaillons comme des dingues, simplement pour être logés dans des cages ?

Dans l'état actuelle des lois sur ce sujet, nous sommes littéralement interdits de vivre comme j'en parlais dans l'article suivant.
 
Concernant l'habitat, TOUTES nos lois ne concourent qu'à une seule chose : amener tout le monde, soit à vendre sa force de travail en s'aliénant dans un rôle pendant au moins 20 ans et/ou à prendre un crédit dans une banque pour le seul fait d'avoir un toit sur la tête.

Comment se fait-il que nous ne parvenons pas à nous focaliser collectivement sur ce point ABSURDE et gorgé de mal jusqu'à la lie ?! Comment se fait-il qu'un PEUPLE accepte cet état de chose scandaleux au dernier degré ?! Comment se fait qu'individuellement et collectivement nous acceptons que nos vies soient offertes aux banques et aux capitalistes uniquement par le truchement de lois absurdes qui empêchent de vivre ?

​Quiconque quitte les boulevards du fric et la loi de l'argent pour chercher la vie fera le même parcours concernant l'habitat. Les notions rencontrées au travers des lois seront toujours les mêmes : terrain agricole ou naturel, abri de jardin, « abri de moins de 20² », « abri moins de 5m²»,  « En tant qu'agriculteur », « Qu'a-t-on le droit de faire sur un terrain non-constructible ? », caravane, roulotte, camion, yourte, tipis, pilotis, "flottant", prérogatives du maire, ...

​Nous sommes des centaines de milliers, chercheurs de vie, à ​manipuler constamment ces notions dans tous les sens, à la recherche de LA solution, de LA bonne stratégie, alors qu'il n'y en a pourtant aucune. Car s'il y en avait une, tous les chercheurs de vie s'y seraient engouffrés depuis longtemps et tout le monde aurait fini par suivre. Pourquoi se refuser ce constat mortel ? Parce que ça fait trop mal au cœur ?
Concernant l'habitat, toutes les lois concourent JUSQU’À L'ABSURDE COMPLET, à ce que nous soyons tous radicalement INTERDITS DE VIVRE.
Si nous pouvions vivre, si nous pouvions quitter la loi de l'argent, s'il y avait une seule solution LÉGALE viable : tout le monde s'y engouffrerait, et ça ferait comme je le disais : un trou dans la bulle d'air, irrécupérable pour la loi de l'argent et des banques.

Et puis pourquoi faisons-nous à ce point-là les niais et les naïfs ? Nous savons bien que depuis des lustres, d'autres, avant nous, ont essayé de faire apparaître des trous et que c'est justement leurs actes qui ont permis, pour les gouvernements, de mettre au point de nouvelles lois afin de créer les nouvelles impasses nécessaires au maintien de la loi de l'argent.
A chaque nouveau commencement de trou vers le chemin de vie, en réaction, une nouvelle lois vient y mettre un terme instantanément.

Tant que les individus n'auront pas le courage de brandir sans faiblir, sans fléchir, cette certitude que nous sommes radicalement interdits de vivre, et que nous vivons dans la pire dictature qui soit depuis la nuit des temps, rien de bougera d'un iota. Car ce système vit de notre tendance à nous satisfaire de l'illusion de vie. Tant que nous ne serons pas un nombre substantiel-critique à affirmer que la vie est autre chose que l'état de chose actuel, rien de bougera. Tant que nous nous satisferons, même bon an mal an, de l'état de chose, rien ne bougera. Tant qu'il n'existera pas en chacun de nous un incommensurable NON, PERMANENT, rien ne bougera.

Rien ne bougera : la réalité restera opposée à la vie et à l'amour.
La réalité restera la matérialisation constante de la loi de l'argent. Nous continuerons de vivre en Enfer.

Alors, prêts pour HABITER à nouveau la terre ? Embarquons !
Sylvain Rochex — www.descolarisation.org

« Impossible éco-fuite » par Nicolas Casaux

magasin bio« Nous avons besoin d’un « contre-frottement pour stopper la machine » (Thoreau), d’une résistance politique proactive et organisée à même d’entreprendre des actions véritablement déstabilisantes et perturbatrices de la civilisation industrielle mondialisée. »

« Tout cela pour dire, en paraphrasant Thoreau, qu’il existe un millier de manières d’avoir l’impression de s’attaquer aux branches du mal (qui ne font parfois que stimuler leur croissance), contre une seule manière de s’attaquer à ses racines.

Que pour l’instant, le mouvement de résistance organisé capable de s’attaquer à ces racines, de frapper où ça fait mal pour paralyser ou mettre hors d’état de nuire la machine industrielle à consumer des combustibles fossiles, à émettre du CO2, à réchauffer l’atmosphère, à la saturer de particules toxiques, à vider les océans, à les remplir de plastiques et à les acidifier, à raser les forêts, à les remplacer par des villes, des monocultures et des routes, à perforer les sols pour en extraire des « ressources minières », etc., n’est pas en vue.
Et qu’il incombe, à ceux qui le comprennent, de faire ce qu’ils peuvent pour participer à la création d’une telle résistance.​ »

ARTICLE COMPLET : De l’impossibilité de l’éco-fuite et de l’inefficacité de la consom’action (par Nicolas Casaux) http://partage-le.com/2017/11/8324/

PS : en prime, vous trouverez dans cet article une citation de la maman de mano solo... ;-)

Où est l'amitié permaculturelle ? (résiduelle)

 

banquetOù est, avant toutes autres choses, l'amitié permaculturelle ? (base incontournable et incompressible de toute permaculture digne de ce nom)

Tous les phénomènes possèdent une gradation et le point zéro de cette gradation n'est jamais le néant, mais toujours un état résiduel plus ou moins latent, et, pour de nombreux phénomènes, l'état résiduel est déjà quelque-chose de phénoménal.
 
C'est la base de la permaculture que d’œuvrer pour s'entourer de phénomènes qui conservent à minima toute leur latence en toute époque, qui s'expriment le plus possible et dont l'état résiduel sera le plus phénoménal possible. Car la monoculture ne fait pas ça, elle fait tout le contraire : le phénomène naît, croît, vit, décline et puis meurt par arrachage et amputation par la main de l'homme, et disparaît. La monoculture allume un feu chaque année et quand tout est vendu, elle l'éteint au jet d'eau pour recommencer la saison suivante à partir de zéro. Bien-sûr, on est toujours sur la Terre donc même la monoculture bénéficie malgré elle d'ultimes (— bien qu'indispensables —) états résiduels liés à la vie du sol (— dont on voit aujourd'hui le bout —), mais pourtant son point initial recherché, idéal, est bien le néant. Son point initial est toujours amené plus près du néant car chaque pas qui se rapproche du néant correspond à autant de bénéfices pour les capitalistes. Au lieu de maintenir une chaleur résiduelle du foyer, les agriculteurs en monoculture, sont forcés de l'éteindre périodiquement complètement afin de devoir constamment racheter de quoi le rallumer.
Cette approche des phénomènes en monoculture est exactement la même pour la manière que nous avons de vivre l'amitié dans cette "société".
L'état résiduel du phénomène de l'amitié (mais aussi ceux, proches, de la charité, de la convivialité et de la fraternité) tend — toujours plus — vers un néant. L'amitié, ou même dit plus simplement "le lien entre les hommes" — la relation —, dans cette "société", n'est jamais un feu sur lequel on veille, afin de ne jamais devoir le rallumer depuis le départ. On le rallume constamment depuis le départ...

La première cause en est l'absence d'espaces communs. Le communal, par définition toujours ouvert et autogéré, sous toutes ses formes (salles diverses, jardins, théâtres,...) est ce qui permet d'obtenir dans une cité un état résiduel de l'amitié. De cette manière, les braises de l'amitié sont toujours là, et il y a juste à souffler dessus légèrement pour que ça reparte. Si un communal accueille en heure de pointe plus de cent personnes, il restera toujours quelques-uns même aux heures les moins fréquentées. Dans ce genre de situation d'amitié "permaculturelle", pour quiconque veut ajouter du bois au feu de l'amitié, les choses sont simples, directes, voulues et attendues. On rend immédiatement grâce à celui qui souffle sur les braises et ajoute du bois puisque c'est précisément pour ça qu'on maintient toujours des braises à cet endroit.
J'ai pris l'exemple d'un communal, mais on pourrait penser à des centaines de situations de maintien d'une amitié résiduelle (permaculturelle).

Dans ce que nous nommons à tort « notre société », l'amitié n'est qu'un "PROJET" parmi les autres. Après chaque nouvel effort pour se voir, pour aller les uns vers les autres, pour partager, pour vivre ensemble, pour tenter de s'enraciner et de construire ensemble, on arrache tout, on éteint tout et on lave tout au karcher une fois LE "PROJET" réalisé. Ça fait partie d'un des points principaux de la dénonciation du concept de "PROJET" par F.Lepage/Boltanski : le projet est un produit qui sera consommé, et qui aura donc un début mais surtout une fin. Aujourd'hui tous nos efforts pour aller les uns vers les autres sont soumis à cette idéologie du « projet ». Tous nos efforts sont donc sans arrêt massacrés et rendus vains. Cette idéologie du projet repose sur l'idée que se rassembler génère (ou plutôt "doit générer") systématiquement des dépenses et donc doit s'appuyer sur des recettes. Se rassembler, dans cette idéologie, est toujours un produit à concevoir, à financer, à emballer, à présenter, et à consommer intégralement. C'est le SUPER FLUX des "projets" "amicaux" (Voir l'article super flux, par Mathilde). Il s'agirait d'oser regarder les choses en face : tout rassemblement humain, autre qu'insurrectionnel*, à notre époque, commence par des discussions d'argent et se clôture rapidement par une évaluation et UN BILAN FINANCIER, est-ce que cela n'est pas effrayant et révoltant au dernier degré ? (* il est à noter quand on considère sous certaines coutures "Nuit Debout" qu'apparemment, même l'insurrection, est devenu un projet-produit à consommer).
Cette idéologie du "projet" nous dit aussi que l'amitié ne peut plus exister de façon résiduelle et gratuite afin justement qu'elle existe uniquement sous forme de projets-produits. Afin de vendre aux gens une nouvelle séquence d'amitié frelatée, il faut pour cela tout arracher à chaque fois, tout consommer et terminer le projet-produit. Et en guise de travail de fond, il faut arracher toutes possibilités d'amitié libre et spontanée qui reposeraient sur des dispositifs pérennes d'amitié permaculturelle.
 
Là j'ai envie de m'adresser aux dépressifs. Et si vous vous rendiez un peu compte qu'il y a là une cause prépondérante de votre état ?
Vous vivez dans un monde où le feu de l'amitié est sans cesse allumé puis brutalement éteint, où l'arbre de l'amitié est sans cesse planté, puis immédiatement arraché et décimé... On n'a pas le temps de l'aider à pousser, de l'arroser, de mettre du fumier, de le voir grandir, non, il faut en planter un autre (qu'on arrachera), puis encore un autre (qu'on arrachera aussi), puis encore un autre et ainsi de suite. Tout ça parce que chaque arrachage et nouvelle plantation est favorable à la circulation monétaire. Vous vivez dans un monde où le maître est l'argent lequel intime constamment d'arracher pour replanter. Et vous voudriez vous sentir bien, enthousiaste ?
 
Je me suis exprimé concernant la vie de la cité, mais on pourrait aussi observer le problème sur un plan plus restreint, plus intime, communautaire aussi, mais plus dans le sens de la tribu que celui de la cité.
Là aussi, tout a été fait pour que nous vivions l'amitié sous forme d'une succession de courts fleurissements et d'arrachages immédiats à partir desquels il faut toujours tout recommencer à chaque fois.
Pour illustrer cela, je vais partir d'un type de situation extrêmement banale que nous avons tous vécue des milliers de fois : le moment où tout retombe (— à zéro —) après une courte période d'extase amicale. Il peut s'agir d'une soirée, d'une semaine ou même de trois semaines vécues dans l'amitié, le partage et la joie (ou pourquoi pas des polémiques aussi). Il y aura toujours ce moment, qui finit toujours par arriver, où tout va brutalement retomber, où vous vous retrouverez tout seul, où toute l'amitié et la joie seront en cendres froides et où il vous faudra tout reprendre de zéro pour espérer revivre ce genre de chose. Si vous m'avez bien suivi jusqu'ici, je ne critique pas l'existence d'une gradation dans le phénomène, je dénonce ( — et le mot est faible —), l'absence d'état résiduel de l'amitié. Je dénonce que nous ayons tous à passer par le néant avant de revivre un soupçon d'amitié, et que nous devions sans cesse tout reprendre à zéro la concernant.
Je reviens maintenant à l'échelon de la cité pour dire également le coup mortel qui est donné à l'amitié par la censure et la peur du spontané (voir l'article : "où est passée la spontanéité?"). Car tous les fameux « projets » seront soumis à validation par des fourches caudines, par des censeurs, par des agents de l'ordre établi. Nos moments soi-disant amicaux sont tous calibrés, vérifiés, contrôlés. Tous les « projets » qui ne rentrent pas dans les cases du consensuel et des quelques thèmes autorisés sont assassinés. S'agit-il encore d'Amitié ? Non seulement nous devons tout arracher à chaque fois, mais, en prime, nos moment d'amitiés en sont-ils vraiment ? Apparemment, nombreux sont ceux qui veulent s'en contenter, préférant cela à la froideur de leur chambre.

Les téléphones et Internet ont fait un tort énorme à l'amitié résiduelle et permaculturelle. Avant, on savait que l'ami pouvait débarquer à tout moment et à l'échelon de la cité toute entière, cela créait un fluide d'amitié résiduelle globale. Mais maintenant, qui appelle qui ? Est-ce que j'ose l'appeler pour qu'on se voit ? Chez qui ? Chez lui ? Chez moi ? Est-ce que j'appelle cet autre pour qu'il soit là aussi ? Et puis, une fois qu'on se sera vu, qu'on aura « bu un coup » (voir mon article : "on boit un coup?"), eh bien ça sera fini, consommé, il faudra tout recommencer de zéro, reprendre son téléphone : « j'appelle qui ? J'aimerais bien qu'on m'appelle. ». On pense peut-être qu'être dans ce genre d'état est normal. Eh bien non ! C'est un état morbide. Il existe d'autres formes possible de « société » qui en porte vraiment le nom, et qui conservent à chaque instant du temps une amitié résiduelle sur laquelle il y a juste à sauter si le cœur nous en dit.

Alors, avant de parler de la permaculture concernant les plantes ou autres, ça serait bien de se consacrer à la première de toutes les permacultures, celle de l'amitié permanente : cette permaculture où l'on arrache pas les cœurs à tout bout de champ.

Sylvain Rochex — 24 novembre 2017

 

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