La participation de Véro au jeu "se développer à l'école, c'est comme..."

J'aime les propositions d'écriture.

La tienne est   :   "Se développer à l'école c'est comme ...."

"Tu écris "pour exprimer avec force toutes les contradictions diaboliques et mortifères inhérentes à un développement de l'homme à l'école."

Ce "pour exprimer", inviter à écrire contre
contre l'école.

Je t'ai répondu par mél que le verbe "se développer" à l'école
me questionne dans ta proposition.
Mais je vais me lancer.

Je lis j'écoute et entends dans ta proposition de premier jet : un cri !

Je fais silence pendant plusieurs jours.Silence pour continuer à faire de la place à ce cri
que j’entends dans ton premier jet.

Pourquoi ce cri ?
Pourquoi crier ça comme ça ?
Comment se fait-il que ce cri se pousse comme ça ?

Ces questions m’intéressent.
Elles m’occupent pendant ces journées où je fais silence.

Je trouve ces questions pertinentes impertinentes
Intimes aussi.

Parce qu’elles proposent de parler de soi
Parce qu’elles invitent à se questionner
A aller au coeur
de ce cri.

Patience les questions !
Les réponses sont en chacun de nous.
Libres de les exprimer ou pas.
Publiquement ou pas.

Silence. Oui c’est le silence qui s’écrit là
Maintenant
Ici.

Le silence : «                                  

                                                       « .


Puis une annonce :

« Ce qui va s’écrire maintenant n’est pas un cri. »

Je me concentre sur cette histoire d’école
Sur « se développer à l’école c’est comme «

Comme quoi ?
Comme s‘il était entendu que l’école propose de se développer ?

Est-ce que l'école a pour mission de favoriser le développement sous-entendu
L’épanouissement de l'enfant?

Bon nombre de parents s'agacent de cette question tant il est évident pour eux que OUI
l'école sert à favoriser le développement, l'épanouissement de l'enfant.

Et aussi à lui permettre d'acquérir des connaissances indispensables à son intégration dans la société
mais aussi à aller à la rencontre de ces pairs
pour sortir de l'école
socialisé et donc sociable.

Pour la majorité des personnes de ce monde, l’évidence est là !
OUI !


C’est à l’école, avec l’école que chacun va pouvoir trouver une place dans cette société.
Pour ceux qui n’en trouvent pas ?
Les parents ont une réponse : le système scolaire ne produit pas forcément que de la réussite, c’est vrai !
Mais quand même si chacun y travaille
Chacun aura la chance de la trouver !

Pourtant, pour moi, l'évidence de ce OUI est loin de l'être.
Mais loin de moi
l’idée
le désir de pousser un cri :

« NON ! L’ECOLE N’EST PAS CE QUE VOUS CROYEZ ! »

Nous sommes une majorité à être entré à l’école.
Entrer à l’école. Sortir de l’école.
Des années à entrer et à sortir.

Entrer. Sortir. Entrer. Sortir. Entrer sortir.
Sortir ?

Dans ce mouvement que s’est-il passé ?
Pendant que j’étais dedans ?
Pendant que j’étais dehors ?
Quelles histoires ont été racontées ?

Qu’est qui s’est tissé en moi, en toi, en nous
Pour que chacun en sorte
Ou pas.

Convaincus ?
Con-vaincus ?


Je m'intéresse à l'histoire de l'école.
Je connais ses missions, ses intentions

Elle peut être fière d’atteindre ses objectifs.
L’école est une réussite au regard des missions qui sont les siennes.

Dans ce que j’écris : aucune ironie aucun désir de développer ici, d’expliciter ce pourquoi la réussite est là !
Pour ceux et celles qui souhaitent en savoir plus
Je peux je le fais
Je raconte l’histoire de l’école
Sans crier sans cracher dessus

Ce n’est pas mon histoire de crier sur
De faire contre

Dans mon histoire
Il est question d’enfant (s)
Il est question d’enfance.

Et les enfants dans tout ça?
Et les adultes qui n’ont plus le droit de s’appeler enfant à partir de 18 ans parce qu’ils sont déclarés majeurs.

Mineurs. Majeurs.

Le son mineur ne résonne pas comme le son majeur.

Et pourtant ces enfants en nous sont là.
Ils crient
parfois hurlent
ou taisent à jamais
Ce qu’ils ont vécu
Ce qu’ils vivent encore.

Se développer me parle
J’ai des images d’envol
Lorsque ce verbe s’inscrit sur mon écran.

Mais pas à l’école.
pas pour l’école.
Pas contre l’école.

Oui
L’école produit des êtres qu’elle appelle des élèves.
Elle n’a pas de peine à dire
Bons et mauvais élèves.
Les parents acceptent intègrent ce postulat.
Ils viennent de là.
Ils parlent ce langage depuis leur enfance.

Un bon élève est celui qui obéit qui se soumet.
Il répond docilement aux demandes de l'adulte expert qui agit sur lui
que pour son bien.

Un bon élève copie et recopie
imprime et exprime ce que dit l'adulte instituteur.
L’adulte instituteur
copie et recopie
imprime et exprime ce que dit l’adulte inspecteur
l’adulte inspecteur copie et recopie
imprime et exprime ce que dit un…

Et ainsi va la musique de la hiérarchie :
Crescendo crescendo crescendo !

Un mauvais élève ne fait pas que copier et recopier
Il n’imprime pas et n’exprime pas tout ce que dit l'adulte instituteur.
Il questionne. Il ne comprend pas. Il l’exprime et/ ou il résiste à cette « mécanique »
Du copier/recopier/ imprimer. Exprimer.

Il sera cependant invité puis obligé à se soumettre, à obéir
A coups de sanctions ‘éducatives’
Et punitives.
Des voies de secours ou de garages selon les points de vue
Seront mises en place
Pour le mauvais élève
Qui empêche la machine école de fonctionner
Et d’atteindre ses véritables objectifs.
Missions.

Et ainsi va la musique de la hiérarchie :
Crescendo crescendo crescendo !

Et une fois là-haut qu'est ce qui se passe?
La pyramide est dressée.
Les bons élèves sont ceux qui sont en haut,
Ils voient un horizon clair et dégagé.
Ils regardent d’en haut
Ceux qui sont en bas.

La pyramide est dressée.
Les mauvais élèves sont ceux qui sont en bas.
Voient-ils un horizon clair et dégagé ?
Ils regardent d’en bas
Ceux qui sont en haut.

L’école a fait son travail.
Elle a permis à chacun de trouver une place.
Certains se sont « développés » vers le haut
Les autres vers le bas.
La réussite est totale.

La pyramide est dressée.
Elle est solide.
Ceux d’en bas tiennent bon
Ils soutiennent les fondations
Les structures.


L’institution vit
S’épanouit
Se développe.

Les bons et les mauvais élèves sont dans la pyramide
comme ils étaient  à l’école.
Même posture. Même positionnement.

Les bons et les mauvais élèves sont des enfants qui cherchent
à sortir de cette aventure école.
Bonne ou mauvaise ?

Tous cherchent à en sortir.
Certains bons élèves n’en reviennent pas.
Certains mauvais élèves n’en reviennent pas.
Des mots et des images sont copiés, imprimés
Et alors

Qu’est-ce qui se développent en eux ? 


En moi
Se développe
Se pense
Se rêve
Aussi
Un lieu
Des espaces
où chacun de nous peut aller
ou pas

Pour faire ce qui est bon pour soi.
Pour construire des apprentissages libres et choisis
Pour se faire une belle vie.

Levons l’ancre ! est ce lieu de ressources
Levons l’ancre est une invitation à faire ce (s) voyage (s).

Pour ceux et celles qui le souhaitent

Je raconte Levons l’ancre

Dans une prochaine histoire !

Véro M.