I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

anonce prochaine emission

News

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« Le monde allant vers...» sur la déscolarisation

Les deux émissions Radio Grésivaudan du mois d'octobre 2014 sur "la Déscolarisation" :

« Le monde allant vers...» sur notre procès du 22/01/2015

 

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Réflexions philosophiques

Réflexions philosophiques

Entretien entre Étienne Chouard et Francis Cousin

Étienne,

J'ai l'impression que tu as eu avec F. Cousin, sur l'économie et la politique, la discussion que nous pourrions avoir sur l'École si on avait ce type d'entretien.

Pourquoi est-on incapable de mettre à la poubelle notre monde ?
Tout se passe chez chacun dans le système nerveux : on défend mordicus nos connexions synaptiques.

On peut prendre n'importe quel face du cristal de notre monde civilisé : les hommes se dressent, non pas pour mettre à mal ce monde, mais pour le défendre mordicus. Ici, on défend la monnaie, là, l'association, là, l'école, ici, la technologie, là, l'État, ici, l'Élection, là, le Droit, ici, la Laïcité, etc. etc.
Ici, on attaque l'Élection, mais on fustige celui qui se permet d'attaquer l'école... Ici, on attaque l'État, mais on fustige celui qui attaque la laïcité (par exemple). On n'arrive pas, individuellement et collectivement, à foutre à la poubelle notre monde, dans toutes ses facettes...

Je t'ai vu aussi dans une autre vidéo récente où je vois que tu as fait du chemin concernant l'école : tu parles enfin de domestication complète des êtres, tu te sens "presque coupable" (professorat) etc. Mais je suis sûr que si on avait un entretien, tu défendrais encore un peu l'école, comme tu défends la monnaie ou le Droit face à F. Cousin.
J'ai noté un passage équivoque, où tu défends l'échange face à F. Cousin et ton argument final c'est : je ne sais pas cultiver la terre. Ce n'est pas anodin, ça, comme remarque "finale". Un humain doit savoir tirer sa subsistance de la terre sinon il fait peser cela sur d'autres : n'est-ce pas une définition de la bourgeoisie et de la domination générique ? (Cf : TOLSTOÏ sur ces points).

L'enjeu est le même pour chacun de nous : être capable de lutter contre les connexions synaptiques qui nous sont chères (et contre nos peurs bourgeoises à mettre les mains dans la terre ;-) (rejoins ceux qui font de la permaculture de subsistance). Rejeter radicalement et totalement ce monde. Et convoquer les Dieux à mettre sur le ring en face des Dieux du capitalisme. (Lecture sur ce dernier point : « Signes annonciateurs d'orages »)

Affectueusement,

Sylvain

Sur « la division du travail » et ses causes psychologiques liées à la scolarisation

etiennefrancisyoutubeSuite au magnifique dialogue filmé entre Étienne Chouard et Francis Cousin (voir ci-dessous), je ressens le besoin de poser quelques éléments concernant le sujet de « la division du travail » que nos deux amis abordent longuement de façon contradictoire.

On parle toujours de ce concept sur le plan économique ou politique et pas assez sur le plan de la psychologie je trouve, et je voudrais le faire.

Dans l'entretien entre F. Cousin et Étienne Chouard, Étienne est celui qui défend « la division du travail » et on ne peut que ressentir les implications psychologiques très puissantes chez lui au travers de son émotion : une peur panique de la polyvalence pour chacun (donc pour lui-même) à laquelle conduit inévitablement la fin de « la division du travail ». Et pour vivre cette peur, Étienne convoque volontiers des milliards d'autres gens qui, comme lui, seraient en panique totale de « devoir tout faire » ou de « devoir savoir tout faire » (Étienne dit en gros : moi je ne veux pas et je ne peux pas, et "les gens" ne voudront pas non plus et ne pourront pas non plus). Francis Cousin, quant à lui, est totalement serein avec l'idée d'en finir avec « la division du travail » pour trouver enfin une complétude de l'être (atteindre « l'être générique » selon ses termes si je me souviens bien.)

Cette peur panique d'Étienne Chouard, et à travers lui, des milliards d'autres personnes est vraiment une émotion-clé pour comprendre l'origine psychologique de la division du travail. En plus de cette peur, le deuxième élément de son discours qui permet de tout révéler sur ce problème de « la division du travail », ce sont les catégories qui lui viennent spontanément à l'esprit pour illustrer cette polyvalence-terreur, et surtout la première d'entre-elles,  qu'il répétera une bonne dizaine de fois au cours de l'entretien : le travail de la terre. « Mais moi je ne sais pas cultiver la terre !! »... « Mais moi je ne sais pas cultiver la terre !! »... Et ensuite, il en vient très logiquement à l'habitat (« Construire sa maison »), puis aux vêtements (il parlera du « savoir filer la laine etc.»). Si on le laissait continuer sur ce fil, il aurait ensuite parlé de la gestion de l'eau et de l'assainissement... Eh oui, les besoins fondamentaux seront toujours les mêmes. Il est édifiant de voir que la polyvalence-terreur chez ceux opposés à la fin de « la division du travail» est bien directement comprise de part les composantes de « l'être générique », c'est-à-dire l'être de la complétude et de la plénitude voulu justement par ceux, comme F. Cousin et moi-même, qui sont pour la fin de « la division du travail ».

Vers la fin du dialogue, Étienne, toujours parlant de cultiver la terre, donne l'exemple de quelqu'un qui a cultivé la terre pendant 3 heures, et là, d'un seul tenant, il lâche (en le répétant 2 fois !) : qui a sué SANG ET EAU pendant 3 heures, qui s'est donné du mal... On voit là encore cette même peur panique concernant les choses essentielles de l'homme... concernant le fait de chercher sa complétude et son humanité (donc son humilité - humus...) ... La manière dont Étienne parle de devoir « construire soi-même sa maison » (ou du sujet des vêtements) caractérise la même peur... La peur panique donc de retrouver son être générique, c'est-à-dire son humanité et de répondre à la question : qu'est-ce que l'homme ? C'est un animal social qui se nourrit principalement de végétaux, boit de l'eau, s'habille et s'abrite et ne fait pas caca directement sur ses salades... Comment ne pas voir que « la polyvalence » dont parle Étienne n'en est pas une, que ce qui lui fait peur véritablement ce n'est pas d'être polyvalent mais de devenir un homme ! Car cultiver la terre (ou cueillir des plantes sauvages), gérer son eau, s'habiller et s'abriter, etc. ce n'est pas de la polyvalence, c'est juste : être un homme.

Mais d'où ça vient cette peur-là ?! D'où vient cette peur d'apprendre à devenir le plus complet possible au niveau de l'essentiel ? Cette apologie de « la division du travail » et la peur de la recherche de la complétude vient de la scolarisation qui nous apprend très rapidement (dès l'âge de 5 ans) qu'il nous est plus profitable AFFECTIVEMENT-PARLANT de nous spécialiser, de répéter un truc qu'on sait faire, au lieu de diversifier continuellement son savoir (incluant les savoirs-faire manuels bien-sûr). Diversifier continuellement son savoir nous amène à vivre continuellement dans un jeu d'essais et erreurs. Diversifier son savoir nous amène à vivre continuellement dans l'inconnu et dans une instabilité. Cet inconnu, ces erreurs et cette instabilité ne sont pas trop gênants de soi à soi, mais ça le devient totalement dans le service à autui (le croit-on !!!). Donc, on découvre très tôt que tout cet inconnu, toutes ces erreurs, toutes ces tentatives et ces recherches, bref : TOUT CET APPRENTISSAGE CONSTANT, nous amène à régulièrement perdre l'amour de l'autre, car LE « SERVICE » apporté aux autres souffre forcément de la même instabilité/incertitude. Cet APPRENTISSAGE CONSTANT fait de nous l'inverse d'une marchandise. La spécialisation, on le comprend très tôt, nous libère de l'erreur (donc de l'apprendre), et du même coup de l'insatisfaction des autres, en nous transformant en objet, en marchandise. On découvre très tôt, que lorsqu'on sait faire quelque-chose qui plait aux autres, on peut le répéter à l'identique et à l'infini sans effort (jusqu'à celui de l'ennui abyssal mais qu'on est étrangement capable de supporter pour ne pas perdre l'amour de l'autre). On découvre très tôt qu'il suffit, en société, d'apprendre très peu, vraiment très peu, juste ce qu'il faut pour maîtriser deux-trois choses qui satisferont les autres, que l'on va répéter ensuite jusqu'à la mort. Ainsi, jusqu'à sa mort, nous sommes libéré du fardeau de l'apprendre qui est un fardeau car peu compatible avec le fait de contenter les autres autour de nous à court-terme. En devenant une marchandise, en devenant quelque-chose (de fixe, de stable et qui satisfait les autres), j'accède à une forme de sécurité affective permanente (et si on ajoute à ça les mécanismes psychologiques liés à la récompense en argent... le tableau est entièrement sombre...). En recherche de ma complétude, cette sécurité affective (et financière !) tombe. On retrouve donc toujours ce problème d'être obsédé par « l'amour » qu'on nous porte sans prendre conscience que l'autre nous veut marchandise pour sa propre satisfaction et ne souhaite pas notre complétude qui le satisfait forcément moins A COURT TERME.

Notre recherche de complétude oeuvre pour la venue du « royaume » et cette oeuvre est forcément radicalement opposée à la satisfaction courtermiste des individus en manque-de-tout (puisqu'incomplet et ne recherchant pas la complétude) qui nous entourent. C'est donc à nous, seul, de vouloir notre complétude (dans ce qu'elle apporte de complète jouissance à terme) en cessant d'être obnubilé par le fait de contenter les autres dans l'instant pour recueillir leur faux-amour.

La liste des Dieux de l'État et du Capitalisme

totem[On fera des mises à jours pendant une période, l'article sera disponible dans le menu documents principaux]

L'ARGENTLA LAÏCITÉ, L'ÉTAT, LA FRANCE - LA NATION, LA DIVISION DU TRAVAIL- LE MÉTIER, LE TRAVAIL, TRAVAILLER, LE BUREAU, L'EMPLOI, LE STAGE, LA FORMATION, LE CALENDRIER GRÉGORIEN, LA VITESSE, LE FAIRE ET L'AGIR, LE SYNDICAT - L'ASSOCIATION - LE PARTI, GAGNER SA VIE, LE CONTRAT - L'ENGAGEMENT, LE COMMERCE, LA CONSOMMATION, LE CLIENT, 3 REPAS PAR JOUR, LES PRODUITS LAITIERS, LES PROTÉINES - LA VIANDE, L'ALCOOL, UN CAFÉ, LA PRISE EN CHARGE, LA JUSTICE - LES TRIBUNAUX - LE DROIT - LES JURISTES - LES CODES - LA LOI - LE JUGEMENT, LA PEINE - LA PUNITION - LE BLÂME - LA PRISON, LE JOURNAL DE 20H, LE CRIME - LE MEURTRE - LE TERRORISME - LA MAUVAISE NOUVELLE, LE PROJET, L'ÉCOLE - L'ÉDUCATION, L'ORIENTATION, LES ÉTUDES - L'ÉTUDIANT, LE DIPLÔME, LES ÉLECTIONS, LA DÉMOCRATIE, LES PARENTS - LA FAMILLE, LE LIVRE - L'ÉCRIT, L'IMAGE, LA VOITURE, LE CINÉMA, LE CHIEN LE CHAT, NOËL, LA DÉCO - LE DESIGN, LE LOOK - L'APPARENCE, L'ORDINATEUR, INTERNET, LA TÉLÉVISION, LE TÉLÉPHONE, LE SMARTPHONE, LE SEXE, LA ROUTE, LA TECHNOLOGIE, LE MACHINISME, L'AUTOMATISME, L'INGÉNIERIE, L'ÉLECTRICITÉ - LE NUCLÉAIRE, LE PAVILLON, LA PROPRETÉ - L'ASEPSIE, L'ENTRETIEN, LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE, LA PAUVRETÉ, LA HIÉRARCHIE, LES VACANCES-LES CONGÉS, LA RECHERCHE - LA SCIENCE - LA MÉDECINE, LE WEEK-END, LA CROISSANCE, LA PRODUCTION, LE CADEAU, ENFANT, JEUNE - LA JEUNESSE - LA VIE ACTIVE, VIEUX, LE VOYAGE - LE TOURISME, LE SPORT, LE FOOTBALL, LA COMPÉTITION, L'ARCHITECTURE, L'ART, LE SPECTACLE, LES MÉDIAS, LE VÊTEMENT - LES MARQUES - LES VITRINES, LA VILLE, PARIS, LYON, GRENOBLE, BORDEAUX (...),

Sylvain et Mathilde

Ça a foiré... totalement...

container bâteau

déchets

Nous faisons tous face à des choix. Nous pouvons avoir des calottes glaciaires et des ours polaires, ou nous pouvons avoir des automobiles. Nous pouvons avoir des barrages ou nous pouvons avoir des saumons. Nous pouvons avoir des vignes irriguées dans les comtés de Mendocino et Sonoma, ou nous pouvons avoir la rivière Eel et la rivière Russian. Nous pouvons avoir le pétrole du fond des océans, ou nous pouvons avoir des baleines. Nous pouvons avoir des boîtes en carton ou nous pouvons avoir des forêts vivantes. Nous pouvons avoir des ordinateurs et la myriade de cancers qui accompagne leur fabrication, ou nous pouvons n’avoir aucun des deux. Nous pouvons avoir l’électricité et un monde dévasté par l’exploitation minière, ou nous pouvons n’avoir aucun des deux (et ne venez pas me raconter de sottises à propos du solaire : vous aurez besoin de cuivre pour le câblage, de silicone pour le photovoltaïque, de métaux et de plastiques pour les dispositifs, qui ont besoin d’être fabriqués et puis transportés chez vous, et ainsi de suite. Même l’énergie électrique solaire n’est pas soutenable parce que l’électricité et tous ses attributs requièrent une infrastructure industrielle). Nous pouvons avoir des fruits, des légumes, et du café importés aux États-Unis depuis l’Amérique latine, ou nous pouvons avoir au moins quelques communautés humaines et non-humaines à peu près intactes à travers la région. […] Nous pouvons avoir du commerce international, inévitablement et par définition ainsi que par fonction dominé par d’immenses et distantes entités économiques/gouvernementales qui n’agissent pas (et ne peuvent pas agir) dans l’intérêt des communautés, ou nous pouvons avoir un contrôle local d’économies locales, ce qui ne peut advenir tant que des villes requièrent l’importation (lire : le vol) de ressources toujours plus distantes. Nous pouvons avoir la civilisation — trop souvent considérée comme la plus haute forme d’organisation sociale — qui se propage (qui métastase, dirais-je) sur toute la planète, ou nous pouvons avoir une multiplicité de cultures autonomes uniques car spécifiquement adaptées au territoire d’où elles émergent. Nous pouvons avoir des villes et tout ce qu’elles impliquent, ou nous pouvons avoir une planète habitable. Nous pouvons avoir le « progrès » et l’histoire, ou nous pouvons avoir la soutenabilité. Nous pouvons avoir la civilisation, ou nous pouvons au moins avoir la possibilité d’un mode de vie qui ne soit pas basé sur le vol violent de ressources.

Tout cela n’est absolument pas abstrait. C’est physique. Dans un monde fini, l’importation forcée et quotidienne de ressources est insoutenable. Hum.

Montrez-moi comment la culture de la voiture peut coexister avec la nature sauvage, et plus particulièrement, comment le réchauffement planétaire anthropique peut coexister avec les calottes glaciaires et les ours polaires. N’importe laquelle des soi-disant solutions du genre des voitures électriques solaires présenterait des problèmes au moins aussi sévères. L’électricité, par exemple, a toujours besoin d’être générée, les batteries sont extraordinairement toxiques, et, quoi qu’il en soit, la conduite n’est pas le principal facteur de pollution de la voiture : bien plus de pollution est émise au cours de sa fabrication qu’à travers son pot d’échappement. La même chose est vraie de tous les produits de la civilisation industrielle.

Nous ne pouvons pas tout avoir. Cette croyance selon laquelle nous le pouvons est une des choses qui nous ont précipités dans cet horrible endroit. Si la folie pouvait être définie comme la perte de connexion fonctionnelle avec la réalité physique, croire que nous pouvons tout avoir — croire que nous pouvons simultanément démanteler une planète et y vivre ; croire que nous pouvons perpétuellement utiliser plus d’énergie que ce que nous fournit le soleil ; croire que nous pouvons piller du monde plus que ce qu’il ne donne volontairement ; croire qu’un monde fini peut soutenir une croissance infinie, qui plus est une croissance économique infinie, qui consiste à convertir toujours plus d’êtres vivants en objets inertes (la production industrielle, en son cœur, est la conversion du vivant — des arbres ou des montagnes — en inerte — planches de bois et canettes de bière) — est incroyablement cinglé. Cette folie se manifeste en partie par un puissant irrespect pour les limites et la justice. Elle se manifeste au travers de la prétention selon laquelle il n’existe ni limites, ni justice. Prétendre que la civilisation peut exister sans détruire son propre territoire, ainsi que celui des autres et leurs cultures, c’est être complètement ignorant de l’histoire, de la biologie, de la thermodynamique, de la morale, et de l’instinct de conservation. & c’est n’avoir prêté absolument aucune attention aux six derniers millénaires. Derrick Jensen

Qu'est-ce donc que le vrai et le seul amour ?

aimerVivre, c'est vouloir aimer, non vouloir être aimé.
Vivre, c'est chercher à aimer, non chercher à être aimé.
Vivre, c'est parvenir à s'aimer soi et à aimer les autres, et non réussir à être aimé des autres.
C'est la clé du mystère, car le chemin vers la vérité est à ce prix-là.
Tenter de vivre en voulant être aimé aura pour conséquence un chemin constant vers le mensonge.
Pourquoi ? Tout simplement car l'être humain est pêcheur, fragile, et tend malheureusement à vouloir être aimé plutôt qu'aimer.
Pourquoi tous chercher à être aimé par des gens qui ne veulent qu'une chose : être aimé des autres ? C'est absurde et DANGEREUX.
La première forme d' « amour » recherché par les gens est l'intégration sociale. C'est l'animalité pure liée à la survie. L'être humain est pourtant appelé à s'élever au dessus de son animalité.

L'être humain, faible, met en place constamment des techniques de chantage à l'amour pour avoir la sensation d'être aimé des autres.
Les principaux chantages à l'amour orchestrés concernent l'intégration sociale : la mise en conformité, la reproduction. C'est la principale occasion de chute des êtres humains.  Si tu ne te conformes pas, tu auras la sensation de recevoir moins d'amour ou plus du tout, c'est le principal chantage à l'amour dans lequel tombe la majorité des êtres humains. Pourtant ce mouvement, entropique (décomposition en éléments simples semblables), est opposé à la vie, qui est néguentropique (elle singularise, ordonne tout en complexifiant)

Mais tout ce soi-disant « amour », celui né de la volonté d'être aimé : n'est pas l'amour, mais son inverse. L'amour, c'est aimer soi et les autres, ce n'est JAMAIS ce machin sordide qui nous pousse à rechercher l'amour des autres, ce machin qui fait qu'on attend sans arrêt des manifestations de notre beauté et de notre importance, des compliments, et des marques d'affections (des « j'aime » et des « vues »). C'est l'inverse de l'amour, puisque c'est la preuve qu'on ne s'aime pas (suffisamment).

7 milliards de types qui recherchent l'amour des autres en même temps, ça donne l'apocalypse, c'est-à-dire la révélation de la vérité : vivre c'est aimer, non vouloir être aimé. 7 milliards de types qui regardent sans arrêt leur smartphone pour voir s'ils n'ont pas reçu un SMS qui leur révèle leur beauté, leur importance ou pour qu'ils se sentent « aimés », RASSURÉS (d'être aimé). 7 milliards de types qui envoient des SMS, de l'affection (« bisou ! »), des politesses, des gentillesses, ou des preuves de leur conformité sociale : non pour aimer, mais uniquement pour recevoir une sensation d' « amour » en retour. C'est incroyable de voir ce que 7 milliards de types sont capables de mettre en place pour recevoir des pouièmes de faux amour. 7 milliards de types qui avancent dans la vie en pensant continuellement en terme de DON/CONTRE DON... Ça donne, oui, l'apocalypse... L'impossibilité de vivre ensemble sur cette planète... L'impossibilité pour notre espèce de continuer... Ça donne la fin des temps où la vérité est révélée : vivre, c'est aimer, non vouloir être aimé.

Et il y a, entre ces deux formes opposées de l'amour, la même opposition radicale qu'il y a entre l'argent et l'amitié, entre le pouvoir et l'amitié, ou entre le pouvoir (vouloir être aimé) et la non-puissance (aimer les autres, s'aimer soi-même).

Tous les « méchants », notamment tous les gens de pouvoir, sont les plus blessés d'entre-nous. Ils sont le plus éloignés de chercher à aimer les autres : ils végètent dans les tréfonds de cette mendicité permanente de l'amour (qui me semble, à mes yeux faibles d'humain, souvent irrévocable, tant c'est un infini). Cet infini ne peut apparemment être comblé que par un infini : Dieu. Ces gens de pouvoir qui sont les champions des mécanismes de chantage à l'amour ! (Voir la section dans « l'école de la peur » sur la méchanceté radicale des profs).

Et moi qui écris ces mots, il me faut préciser que je n'ai point la prétention de réussir à aimer (m'aimer et aimer les autres), qu'en tant qu'être humain je suis faible aussi, parfois, et que je cherche un peu l'amour des autres, mais si peu, et de si peu de gens. J'ai la prétention, cependant, de ne pas passer ma vie à rechercher l'amour des autres contrairement à la majorité des moutons de cette planète, de savoir me faire haïr de beaucoup si cela est nécessaire au service de la vérité. La plupart du temps, je ne recherche point l'amour des autres. C'est la vérité que je cherche, et si cela passe par ne point me faire aimer ou me faire détester, je l'accepte. Je pense avoir cette qualité grâce à l'amour infini que j'ai reçu de ma mère à ma naissance. J'en suis même sûr, car je sens bien que cette capacité à ne point chercher l'amour des autres pour chercher la vérité repose totalement sur la certitude d'être déjà aimé et constamment aimé quoiqu'il arrive. Je pense donc que les gens ont soit besoin d'être aimés correctement à la naissance, soit besoin de Dieu (mais ils vivent dans une société qui a tué Dieu, et malheureusement ils s'en satisfont : ils vouent un culte à leur principale ennemie : la laïcité).

J'ai tellement, à la fois de compassion, mais aussi d'incompréhension, pour tous ces êtres autour de moi, qui passent leur vie dans le mensonge (mensonge qui les fait souffrir et, ce, de plus en plus, à mesure que s'avance l'apocalypse), parce qu'ils la passent à chercher l'amour des autres, et l'intégration sociale. Leur vie est une réponse permanente à ce qui est attendu par les autres, ce qui se traduit fatalement par une pente constante vers le mensonge, la division et la mort.

Vivre, c'est vouloir aimer, non vouloir être aimé.
Vivre, c'est chercher à aimer, non chercher à être aimé.
Vivre, c'est parvenir à s'aimer soi et à aimer les autres, et non réussir à être aimé des autres. Aimer ou vouloir être aimé, ce sont deux opposés. Les deux opposés.
C'est la clé du mystère, car le chemin vers la vérité est à ce prix-là.

Sylvain

Prenez-moi comme je suis ! - Comment le pourrais-je ?!

tonnesLes gens continuent de scander : « Prenez-moi comme je suis ! »... Les prendre ? ... Comme ils sont ? Mais... comment le pourrais-je ! Ils pèsent, chacun, 500 000 tonnes !!! Je suis trop petit.

Et attention, rien à voir avec l'homme d'antan. Si on remonte le temps, l'homme pesait, oui, mais infiniment moins qu'aujourd'hui. C'est là qu'on retrouve tout de suite le concept de pharmakon et de pro-thèse. L'histoire de l'homme a consisté dans le développement de milliards de milliards de milliards d'outils et d'organes artificiels, cela s'appelle l'exosomatisation (ex : hors de ; et soma : le corps). L'histoire de l'homme est l'histoire de cette exosomatisation. Chaque élément matériel de cette exosomatisation ayant son pendant cérébral : ce sont aussi nos cerveaux qui pèsent le même poids équivalent. De plus le pharmakon et la pro-thèse, en tant que béquille, sont addictogènes. L'homme s'est peu à peu, en des milliers d'années d'involution (et non d'évolution !), rendu dépendant et accro à des milliards d'outils et organes artificiels. Tout droit vers l'apocalypse selon Saint Jean !!

On dit que Jésus a su porter la souffrance, et qu'il savait vivre « au milieu des ivrognes... » (en sachant changer l'eau en vin, ça se comprend !) Blague à part, de deux choses l'une : soit l'on pense à un Jésus historique et là on se dit qu'il devait « prendre sur lui » des hommes qui pesaient infiniment moins lourds que les hommes d'aujourd'hui ; soit l'on pense à un Jésus symbolique (allégorique), et « les ivrognes » dont nous parlons symbolisent l'homme pharmacologique porté à chuter avec un nombre incommensurable de pharmaka (pluriel de pharmakon). Ça ne m'empêche pas de penser que même le Jésus symbolique (ou allégorique) d'hier, a moins de travail que le Jésus symbolique d'aujourd'hui. Et j'avoue ma faiblesse présente : je n'arrive pas à vivre au milieu des ivrognes d'aujourd'hui, car ils pèsent vraiment trop lourds (si encore il n'y avait que l'alcool) ... 500 000 tonnes chacun au moins !!!

Une phrase que je scande fréquemment est que nous sommes (devenus) des tyrans les uns pour les autres. La cause de cette tyrannie réciproque est cette façon que nous avons de peser sur les autres et notamment, et surtout, avec nos prothèses et pharmaka. Je vous renvoie à mon article du 02/02 « Où est l'épure ? » où je formulais à quel point nous nous balançons en permanence à la tronche nos merdes pharmacologiques entropiques. Je pourrais prendre des milliards d'exemples. La pratique pharmacologique de l'homme a franchi un seuil catastrophique où l'on n'est plus en capacité de rejeter pour soi-même telle ou telle technologie. Ce que j'ai vécu avec les SMS en donne un exemple cardinal. Pendant 2 ans, je disais à tout le monde que je détestais cette technique et que je souhaitais en être épargné : rien n'y faisait, les gens continuaient de m'envoyer des SMS... Je me suis alors rendu compte que les téléphones mobiles ne permettaient absolument pas de retirer cette fonctionnalité. Ce sujet a pesé lourd dans mon abandon total du téléphone mobile. Je me suis rendu compte avec effroi que ne plus utiliser de téléphone mobile était la seule méthode pour ne plus souffrir de la technique SMS. Mais toute la société ayant embrassé cette technique (dans un baiser de la mort), il ne se passe pas une journée sans que j'y sois plus ou moins confronté : personnes qui m'invitent à leur envoyer un SMS ou qui me disent qu'ils vont m'en envoyer (avec un tel ton de l'évidence...) ; sites internet/services qui proposent constamment cet outil (et d'ailleurs on voit apparaître de plus en plus le champ "numéro de tél mobile" en obligatoire dans les formulaires web !! ).

J'écrit ce bref article simplement pour révéler aux gens que NON, on ne peut plus les prendre tels qu'ils sont et qu'ils ne peuvent plus dire en l'état : prenez-moi comme je suis ! non, c'est fini ce temps-là. J'écris cet article pour simplement leur dire d'aller d'abord faire un régime, de jeûner (à ce monde), d'aller déposer préalablement à « la déchetterie, (y compris les chiottes) » les centaines de milliers de tonnes de merdes qu'ils ont sur le dos, dans le ventre, dans les poches, dans leur maison, et dans la tête. Et puis, de revenir me voir, ainsi plus light, infiniment plus light et là, seulement là, je pourrais les prendre comme ils sont. Et je peux vous dire qu'ils seront toujours des hommes et que donc il pèseront malgré tout méchamment lourds, même comme ça. Oui, je peux vous dire qu'il me faudra quand même être le Christ pour arriver à les prendre comme ils sont. Même après avoir retiré 490 000 tonnes, il en restera encore 10 000 !! Vous me direz que le nouveau testament nous révèle que la foi permet de déplacer des montagnes (de déchets ?). Eh bien, je vous dirais que je conserve la foi que les gens finissent par avoir la foi de parvenir à déplacer leur montagne de merdes jusqu'à la déchetterie la plus proche.

Proposition d'une éthique de vie

  • Donner aux autres, servir les autres, mais ne jamais se sacrifier, ou avoir la sensation de se sacrifier. (Pourquoi ? Car l'être humain a beaucoup de mal à ne pas envisager la contrepartie quand il s'est sacrifié (quoiqu'il ait beau se dire), donc pour réellement donner, il ne faut point se sacrifier. N.B : ça ne signifie pas pour autant qu'on ne doit pas chercher à se dépasser pour soi et pour les autres)
  • Tendre à se développer matériellement de manière à ne plus ressentir aucune peur/inquiétude vis-à-vis du vol. Chercher l'épure dans toutes ses installations. Chercher le plus possible à ne posséder que des choses naturelles, artisanales, qu'on peut facilement refaire soi-même à partir de matières locales. N'avoir que des choses qui peuvent disparaître sans trop de douleurs voire aucune. Un signe fort de tout ça est de pouvoir faire sauter tous les verrous et clés : laisser ouvert, permettre les accès etc. Un autre signe fort est de parvenir à rapidement consigner sur une page tout ce que l'on possède. Travailler quotidiennement au détachement vis-à-vis des objets et biens matériels.
  • Bannir totalement de sa vie la propriété lucrative (le fait de louer contre argent ou contre quelque-chose). N'avoir que de la propriété d'usage (on possède ce dont on a besoin et ce dont on se sert utilement). Avoir un seul lieu de type habitation/abri.
  • Chercher tous les jours les chemins pour créer une société sans argent, basé sur l'abondance et le don (non sur le troc).
  • Surveiller de ne pas avoir en propre tous les objets dont on pense avoir besoin (en se basant sur la recherche de l'essentiel). Exemple : je décide de posséder un lit en propre, mais je décide qu'il serait abusif que je possède en propre une caméra numérique. Donc, développer subséquemment la propriété collective de biens d'usage moyennement courant (mais ne pas attendre qu'elle existe pour décider qu'il est abusif d'avoir tel ou tel objet en propre, et donc s'en séparer).
  • Faire l'éloge de l'inconnu, de l'étranger. Vivre dans un principe d'accueil permanent de celui qui arrive (pour les personnes comme pour les événements). Aimer l'étranger, ne pas le considérer comme "n'étant pas d'ici". "Aimer vos ennemis" disait Jésus.
  • Se donner des limites en quantité d'énergie utilisée et ressources "consommées", et chercher quelle est la quantité la plus juste (donc revoir à la baisse régulièrement).
  • Ne pas se disperser géographiquement. Préférer l'enracinnement.
  • Avoir tout son temps. Le prendre. Le garder.
  • Jeûner de temps en temps.
  • Ne pas transformer la nourriture en argent dans sa tête et ne jamais penser qu'il n'y en aura pas assez pour tous (si on partage, il y a toujours assez). Idem pour tous les besoins premiers (chaleur, abri etc.), considérer qu'ils doivent être apportés à tous ceux qui en manquent (non par l'Etat ou quelques institutions ou puissances mais par nous tous, et par moi-même pour les personnes proches de là où j'habite)
  • Ne pas se lier à des puissances par des serments. Ne jamais être l'agent de volontés extérieure à la sienne (donc ne jamais se déresponsabiliser, donc, ne jamais dire : "Je fais cela parce qu'on me l'a demandé et/ou parce que j'ai dit que je le ferai"). Ne jamais faire quelque-chose contraire à sa conscience et notamment pour avoir de l'argent.
  • Tout faire pour ne jamais servir l'Etat. Tout mettre en oeuvre pour détuire l'Etat et les gouvernements.
  • Vivre DANS la nature, ne pas vivre "en ville" (ne pas se faire avoir/tenter par ce que semble offrir en apparence "la ville"). Considérer "la ville" comme une abomination.
  • Que devons-nous faire/construire ? L'abondance est notre tâche, mettre à mal tous les principes de rareté. Œuvrer pour que la création nous rende au centuple chacun de nos gestes au lieu de détruire la création. Œuvrer pour que la terre soit peuplée de plantes délicieuses et d'animaux (et de bienfaits) afin que de cette abondance (contraire de la rareté) découle la paix et l'harmonie (c'est toujours dans la rareté qu'on s'entre-déchire). Donner son surplus.
  • Tendre à subvenir soi-même à ses besoins essentiels : abris, chaleur, habillement, nourriture...
  • Régler un ordre de priorité en faveur de l'essentiel (besoin vitaux). Ne pas se dire que le non-essentiel (exemple : faire des vidéos sur internet ou autres travaux) peut conduire à l'essentiel, c'est faux.
  • Limiter drastiquement la spécialisation, chercher à être un être humain complet. La spécialisation engendre plusieurs maux : la fin des apprentissages, l'ennui et la dépendance aux autres êtres. La spécialisation est directement relié au problème de l'argent, puisque chacun réalise sa spécialité pour avoir l'argent lui permettant de couvrir tous les besoins (prodigués par les spécialités des autres) qu'il n'a pas le temps de couvrir à cause de son exercice d'une spécialité. Donc : Polyculture et permaculture.
  • Avoir un avis clair sur notre société et ses composantes (bonnes/mauvaises, ce qu'il faut garder, ce qu'il faut changer) et prendre position en conséquence concernant tous les éléments matriciels de cette société (Éducation en tête) et s'y tenir par souci de cohérence.
  • Ne pas chercher à monter "socialement", selon l'ordre du monde. Les premiers sont les derniers. Ne pas vouloir plus de pouvoir que les autres. Vivre en cherchant à augmenter le pouvoir des autres et non le sien (donc, ne jamais incorporer un rôle, un titre ou un grade, qui confère/légitime du pouvoir sur autrui). Désirer et pratiquer le pouvoir est un mal. Voir et vivre son frère humain comme son égal absolu. Il ne faut donc jamais donner le pouvoir à ceux qui le veulent. Se mettre en révolte contre toute espèce de Majesté. Ne pas être indifférent ("le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine c'est l'indifférence") vis-à-vis des hommes de pouvoir car ce sont les plus blessés d'entre-nous. Chercher le Diogène en soi et détuire (en soi) l'Alexandre.
  • Ne pas constituer de groupes qui cherchent à exister en dehors de l'humanité, qui définissent un dedans et un dehors, membres et non-membre. Il n'y a qu'un seul groupe : le vivant.
  • Attribuer des penchants élevés à ce qui semble bas en apparence (exemple : faire la vaisselle - se dire par exemple que c'est utile à la paix du foyer donc à Dieu) et rester sur nos gardes à vouloir attribuer des penchants élevés à ce qui semble élevé en apparence (la plupart du temps selon la doctrine du monde. Exemple : passer à la télé).
  • Limiter drastiquement son adaptation au monde à la simple notion de survie. Bref, ne pas s'adapter à ce monde. Chercher plutôt à se connaître soi-même, à ne plus avoir de masques.
  • Cultiver la non-peur du lendemain. "Le lendemain s'inquiétera de lui-même. Chaque jour suffit sa peine."
  • Régler la question de la politique et du vivre-ensemble sur les droits naturels et besoins vitaux de tous et de chacun, et s'y tenir indépendamment des pratiques présentes.
  • Chaque être a besoin d'au moins 2 hectares de terre pour assurer ses besoins, et sa part d'eau pure et d'air pur.
  • L'argent est un mal absolu. Ne pas se chercher d'excuses là-dessus. Chacun doit régler pour lui-même la question de l'argent sans se voiler la face.
  • Embrasser les notions de commun et de privé, d'individuel et de collectif. N'en nier aucune, et travailler à leur articulation la plus harmonieuse.
  • Ne pas rendre le mal pour le mal.
  • Pardonner le plus possible et si possible à l'infini.

Sylvain

P.S : il s'agit là, soit de principes que j'applique correctement, soit de principes avec lesquels je souhaite progresser. Chercher la sagesse par amour pour elle, c'est la philosophie.

Le masochisme comme éthique : éviter à tout prix ce qui pourrait nous guérir.

l'angélusCombien de personnes travaillent la terre pour leur subsistance ? Qui fait cela ? On dit que le nombre d'agriculteur se situe autour de 3% en France, mais quelqu'un qui produit du vin ou du lait pour le vendre, un autre qui produit des courgettes et des pommes pour les vendre, sont-ce là des gens qui travaillent la terre pour "gagner leur pain à la sueur de leur front" (la Genèse) ? Non, ce sont des personnes qui vendent et se vendent (comme tous les autres) pour obtenir de l'argent et c'est par ce moyen-là qu'elles iront chercher leur subsistance auprès d'autres vendeurs.
Le nombre de gens en occident qui tirent de la terre leur subsistance doit avoisiner zéro... Ça serait bien au moins de le noter... étant donné que c'est pourtant la seule chose à faire pour être en accord avec les lois de la vie.

Ces dix dernières années, j'ai pu observer que les hommes ont deux mobiles "négatifs" principaux : 1° tout faire pour ne pas avoir à travailler la terre pour sa subsistance et 2° tout faire pour ne pas participer aux prises de décisions politiques. Ce sont des mobiles qui les guident en permanence. On pourrait facilement prouver que tous les choix sont effectués à la lumière de ces deux mobiles négatifs.

Pour l'un et l'autre, chacun échafaude de solides paradigmes de justifications (des cortèges de raisons logiques entre elles) qui permettent en toutes circonstances de pouvoir justifier pourquoi on ne travaille la terre pour sa subsistance et pourquoi on ne prend pas part à la vie politique (aux décisions pour le bien commun).

La propagande (que l'homme ne cesse de répercuter) est là pour fournir tous les éléments de langage et autres signes ou imageries pour mettre au point, en chacun, ces justifications. N.B : Ce que je nomme "Propagande" est toujours l'ensemble constitué par l’Education Nationale (programme explicite et implicite : voir Citation de E. Reimer), les industries culturelles (radio, cinéma, presse, télévision, "médias"), la publicité, tous les processus Etatiques/Institutionnels de normalisation sociale, et désormais la neuroscience au service des Possédants et la gouvernementalité algorithmique.

Passées les justifications les plus faciles, et s'il nous est donné de pouvoir creuser ces deux sujets (terre et politique) avec les gens, on arrive rapidement à l'idée que les deux choses leur feraient mal, c'est en tout cas ce qu'ils disent. Tout le monde dira également qu'il s'agit là de deux sujets qui peuvent sans doute intéresser plein de gens (formidables) mais en tout cas : pas eux. Eux ont bien d'autres passions, centres d'intérêts, activités, et sont doués pour beaucoup d'autres choses, mais pas ça. Ils disent tous cela.
Et puis donc : travailler la terre pour sa subsistance, ou participer à la prise des décisions communes, dans les deux cas, il paraît que ça fait mal, que c'est douloureux et puis tous se déclarent totalement, mais alors totalement, inaptes, incultes et ignorants pour ces deux choses. Tous disent, un peu comme pour quelque-chose de très très fragile qu'il vaut vraiment mieux que eux n'y touchent pas car ils risqueraient de mal faire.
Jeunes, moins jeunes, vieux... Tous... Ils sont d'ailleurs (selon eux) soit trop jeunes, soit occupés à autre chose, soit trop vieux...
Ils feraient mal. Ça fait mal. Bref, selon eux c'est vraiment un mal.

Ce qui me frappe alors, c'est combien ce mal est pourtant LE bien suprême. Il s'agit précisément des deux sujets qui seraient en mesure de tout leur rendre : leur temps, leur santé, leur pouvoir, leur plaisir, leur énergie, leur sérénité, leur paix, leur indépendance, leur bonheur, leur liberté, leur courage, leur allant, leur volonté etc., et bref, toute la douceur de vivre qu'on est en droit de vouloir en venant au monde, et toutes les vertus de l'homme debout, fier marinier de la vie.

Ce que les gens cherchent à éviter à tout prix est exactement ce dont ils ont le plus besoin... (dans le meilleur sens du mot besoin...)

...J'en reviens donc toujours à chercher pourquoi l'ordre ici bas est inversé...

Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front... Il semblerait que ça soit le mot SUEUR qui pose problème... Mais alors pourquoi celui-ci fait-il du jogging ? Pourquoi cet autre du VTT ? Pourquoi presque tous "font du sport"... ?
Et pourquoi tous remplacent le mot "pain" par "argent pour acheter du pain" ?
Les choses divines sont pourtant on ne peut plus claires : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, ça veut juste dire qu'il faut tirer SOI-MÊME sa subsistance directement de la terre, et que ça fera un peu, parfois, comme quand on fait un peu de sport : ça fera un peu transpirer quelques gouttes, mais il se trouve que c'est bon pour le corps (et même pour la tête à cause des endorphines)...
Je me souviens de ce dessin très intéressant (qui reprenait les codes visuels des salles de sport) où quelqu'un avait indiqué quels muscles étaient sollicités par chaque outils classiques de jardinage.

Ensuite, participer, chacun, aux décisions communes, permettrait à notre communauté humaine que ça ne soit plus les pires d'entre-nous qui prennent de mauvaises décisions, mais que l'intelligence collective puisse tirer profit de chaque cerveau et que cette même intelligence tende à alléger la peine de chacun grâce à l'entraide et à la mise en commun. Mais bon, ça aussi, il faut l'éviter à tout prix.

Une journée de plus s'est écoulée aujourd'hui où les gens ont tout mis en œuvre pour vivre loin ou à côté des deux choses dont ils ont le plus besoin.

Mystère.Total.

Dialectique de l'amitié

agapeLa notion revêt de plus en plus pour moi une dualité contrastée de plus en plus nette. Et finalement, comme toujours en philosophie, ça s'éloigne et se complexifie, en même temps que ça se précise. Cette dialectique, quelle est-elle ?

Pour la décrire simplement, je partirais principalement de deux sources littéraires, mais il y en aurait des milliers (surtout pour la première vue de la dialectique).

Première source : « Lettre à un otage » de Saint Exupéry. Saint-Ex décrit avec tant de vérité, cette force qui fait que l'on coule vers un autre être que soi-même pour s'y sentir bien et en plénitude ("pour s'y sentir pur"). Cette force mystérieuse qui requiert le non-jugement réciproque, l'accueil total des qualités et des défauts ("si mon ami boîte, je ne lui demande pas de danser"). Cette première vue est similaire à la définition chrétienne et divine de l'amitié : l'accueil sans limite du pauvre et de la misère de la condition humaine qui implique qu'on devienne pauvre avec le pauvre, pauvre parmi les pauvres. (J'associerais volontiers "L'ami dévoué" de Oscar Wild pour le sujet du sacrifice lié à l'amitié (et un texte de Tolstoï aussi) mais il vaut mieux simplifier pour faire apparaître clairement cette dialectique.)

Pour l'autre partie de la dialectique, il y a cette deuxième source, la source Grecque, avec notamment l'Éthique à Nicomaque d'Aristote et tout le feu de la philia Athénienne. L'amitié de Saint-Ex serait donc en fait pour les Grecs : Agapè. Quant à la philia (j'ai déjà beaucoup écrit à son sujet), on peut la définir par l'amour partagé de la vérité (qui va donc, avec le courage de la vérité et la philosophie). La Philia est l'amitié quotidienne issue de la citoyenneté, c'est-à-dire entre personne libres et autonomes amoureuses de la (recherche de la) vérité (Alethéia).
La philia, avec toute sa fronde qui la caractérise, dit ceci : la vérité avant les amis. Cette idée ne signifie pas qu'on ne veuille pas d'amis et qu'on veuille uniquement la vérité, au contraire, ça signifie qu'il ne peut pas y'avoir d'amitié véritable, si on fait fi de la vérité dans ses relations (on cherche l'amitié véritable et pas juste des "relations"). Cela signifie aussi qu'il ne peut pas y'avoir d'amitié sans communauté politique en un lieu, sans citoyenneté (liberté et égalité) et sans autonomie individuelle et collective (en un point de l'espace et du temps).

L'amitié, chacun en conviendra, implique la gratuité totale (même racine que pour la grâce). Et cette gratuité, cette grâce, pour exister doit trouver du symbolique où s'épanouir. Ce ne peut-être que le symbolique de la mise en commun des actes, des paroles et d'une partie substantielle des biens matériels (ou de la matérialité au sens large). Le diabolique du chacun pour soi à la poursuite de ses intérêts ne peut pas créer d'amitié. (On peut entrevoir que la philia rejoint l'agapè sur la notion de vérité qui viendrait de Jésus-Christ.)

Mon âme est toujours bienheureuse de sentir la perfection encore possible de l'agapè et la joie d'accueillir l'autre à ma table comme le Christ, ou d'être moi-même accueilli comme le Christ, mais je dois dire que je souffre le martyr de vivre sans Philia. De vivre dans un monde où chacun poursuit constamment ses petites jouissances privatives, où l'idée même de bien commun, a totalement disparu (des consciences et de la réalité). Je vois TOUS mes frères humains passer leur vie à vendre et se vendre et parfois, je ne vois plus du tout ce qu'il peut rester d'amitié là-dedans (au sens donc de la philia d'Aristote). J'ai souvent la sensation d'un monde de glaces, où nous sommes uniquement des clients les uns pour les autres. Je me demande tous les jours : comment a-t-on pu réaliser une ablation aussi parfaite de la philia, (et donc de l'en-commun) telle une opération de l’appendicite ? L'idée de l'amitié qui découle de la liberté et de la citoyenneté (de la liberté dans la citoyenneté) a été totalement enlevée du monde...

J'ai dans le cœur deux divinités, qui incarnent chacune, un pan de l'amitié. Le Christ (du nouveau testament) et Athéna (fille de Zeus, déesse de la sagesse et du polémos, protectrice d'Athènes). En somme : Agapè (Christ) et Philia (Athéna). Je n'arrive pas à me résoudre à abandonner la moitié de l'amitié. Je pense que ces deux moitiés sont d'ailleurs en équilibre l'une avec l'autre et que l'absence de l'une abîme l'autre (c'est un couple inséparable qui s'émule, et si l'un meurt, l'autre en meurt comme Roméo et Juliette).
Cet ami, qui boîte (comme tout le monde), qui repart de chez moi mais qui s'en retourne pour vendre et se vendre... Je ne le comprends plus... Je m'interroge... Agapè ne peut pas être uniquement un baume, un pharmakon.
Agapè appelle la Philia. Philia concoure à Agapè. Ce monde de ventes permanentes, de sphères privées, de juxtaposition d'oikoï, et d'agapè totalement approximatifs entre deux portes (ventes), ne me va pas du tout.
NB. : chaque oikos étant d'ailleurs devenu une petite entreprise libérale (même que ça soit sous des formes jugées "éthiques" - ça reste du privatif et de la vente)
Oui, je m'interroge, comment parfois ne pas en vouloir sérieusement à mes frères humains d'être TOUS des commerçants ?
N.B : énième email militant que je reçois hier de la part de André dans lequel on trouve encore et toujours un appel à cotisation - tout le monde demande sans arrêt du fric par un biais ou par un autre... c'est quoi le rapport avec l'amitié ?
Dans tous mes amis et proches depuis 36 ans, il n'y a guère qu'Olivia et Valentin que je sens véritablement totalement détaché du fric (qui le condamnent philosophiquement et qui cherchent à s'en débarrasser).

Cet ami qui vend et se vend continuellement est en plus toujours à la peine, alors il vient chercher Agapè pour se passer un baume quand œuvrer pour la Philia allégerait définitivement son fardeau.
C'est donc ABSURDE.
En tout cas, je dois dire que ces jours-ci, je me sens en froid avec l'amitié ou à moins que ça soit le monde qui se refroidit de jour en jour.
Je ne comprends plus ce que les gens veulent partager : de l'alcool ? Des tisanes ? Du foot ? Du cannabis ? Bouffer ensemble ? Des paroles, au choix : de résignation, de déprime, ou sur "une meilleure alimentation" (obsession du moment - légitime vu le désastre) ??!!
(Bon de toutes façons, les gens ne se parlent bientôt plus, ils regardent leur smartphone...)
Mais en fait, on fait quoi ??!! On construit quoi, de commun, de sensé, de viable, de solide, de soigneux, de pérenne, ET DE BEAU ??!!! ENSEMBLE et pas chacun pour soi ?

A suivre.

Sylvain

Sommes-nous des projectiles ? (et puis c'est tout ?)

projectilesNous sommes des projectiles soumis à la loi d'inertie et à la gravité. Les vecteurs initiaux sont la flèche du temps et l'éducation (Éducation Nationale + Famille + Industries culturelles + algorithmes).
Et voici, encore une autre manière de dire la passion de l'homme face à la masse :

J'ai cette image toute simple depuis plusieurs jours dans la tête : celle du projectile, celle d'un projectile en forme de petite boule toute simple (10 cm de diamètre pourquoi pas). Je me mets à voir les gens comme des projectiles entièrement soumis à leurs paramètres physiques qui les déterminent totalement et les font se mouvoir uniquement en fonction de la force initiale (qui les a projetés), puis de l'inertie et de la gravité qui fait faire à tous, en une vie, un simple rayon de courbure à la con...

Je pense que cette image me frappe d'autant plus que je suis trentenaire (36) et que je suis donc beaucoup en lien avec des adultes mûrs ou des plus vieux encore. Je peux donc sentir de façon terrifiante : les lois d'inertie et de gravité qui gouvernent mes congénères. Je pourrais aussi bien employer l'expression de pilotage automatique (qui serait confié aux dames inertie et gravité).

Des vecteurs on été développés par l'éducation et ce sont eux qui s'expriment (gouvernent) le plus longtemps possible. La loi d'inertie suit les vecteurs déterminés par l'éducation.

Alors, j'observe, je scrute intensément, les manifestations rares, affreusement rare, de forces intérieures autonomes qui ajouteraient des vecteurs improbables et inattendus capables de s'opposer à tous les autres paramètres physiques que je viens de décrire... ce serait d'ailleurs des vecteurs beaucoup plus verticaux (pour s'opposer à la gravité et à l’inexorable). J'observe, j'attends les manifestations de l'énergie libre de ces petites boules projetées...

Je ne suis pas nihiliste, je suis croyant ; la vie humaine est un défi à relever grâce à la passion de l'impossible : celui de réaliser autre chose qu'un simple rayon de courbure à la con, celui qui consiste à produire suffisamment d'énergie libre pour être capable de tout reprendre de sa trajectoire et de dessiner dans le ciel, ce qu'on voudra. Oui, comme cette image d'un avion postal d'avant la seconde guerre mondiale (coucou Saint-ex !) qui dessine un cœur dans le ciel, si ça le chante, avec son échappement de gaz.
Des cœurs, et toutes les arabesques qu'on voudra en fait. Tout, mais pas un rayon de courbure à la con. Toutes les arabesques qu'on pourra réaliser qui ne doivent rien à l'hérédité et à notre milieu, qui ne doivent rien ou presque rien à la flèche du temps. Transformer son éducation (et pour cela la remettre en cause) en rampe de lancement aérospatiale qui permet de vaincre la gravité planétaire avant de basculer en pilotage autonome dans l'espace interstellaire...

Je me trompe peut-être mais ça ne semble pas être le souci de mes congénères. La plupart semble vraiment s'appliquer à réaliser le rayon de courbure à la con... le plus con possible. A quel moment y'a-t-il remise en cause radicale des croyances issues de l'Éducation et du milieu pour, enfin, se mettre au commande ?! Jamais ?! Mes congénères me consternent, et me déçoivent au plus haut point je dois l'avouer. C'est très misanthropique, mais tant pis, pour moi, il ne font pas ce qu'il faut. Vivre, une vie d'homme, c'est remettre en cause tous les vecteurs initiaux afin de se mettre, enfin, au commande, pour pro-poser quelque-chose. Je suis certes un pro-jectile, mais je dois pro-poser quand même.
Celui qui me lit se dit peut-être : quel orgueil abyssal de se croire délivré des déterminations alors que c'est le tragique de la condition humaine que nous partageons ensemble... En fait, je ne me crois pas délivré, mais je me sais doté de la plus extrême vigilance et concentration à cet endroit. Sortir de la caverne, me mettre au commande est le point où je dirige mes efforts depuis fort longtemps et je peux goûter régulièrement et de plus en plus souvent les fruits de ce travail. D'un autre côté, il me semble déceler que mes congénères ne dirigent pas leurs efforts sur ce même point. Mais j'ai bien conscience que ma perception de ce qui se joue avec les trajectoires humaines est forcément parcellaire, à partir de mon point de vue temporel, et non, holistique et diachronique.

Le milieu et l'Éducation fabriquent, on le sait, un surmoi qui vole les commandes pendant toute la durée de ce vol en forme de rayon de courbure à la con qui se termine par un crash.

Ce qui se passe, c'est qu'en réalisant un rayon de courbure à la con, les autres faisant de même, on peut donc les voir au dessus, en dessous, devant, derrière, ou à-côté. Ça nous rassure, on se dit qu'on est dans la bonne direction. On sait très bien que prendre les commandes pour faire des arabesques nous conduirait loin de la caverne des rayons de courbures à la con, au beau milieu du désert ou de l'océan.
Et est-ce qu'on en veut du désert et de l'océan ?
Si on savait que c'est là, et uniquement là, que se rencontre le petit prince ou que se joue notre bataille intime et dernière avec un gigantesque Marlin (Cf : le vieil homme et la mer), on prendrait les choses autrement au sérieux et on dirigerait nos efforts au bon endroit.

Sylvain

Franchir des lignes

lignesJ'ai encore rendez-vous, ce jour, avec l'Élu de la Lumière Céleste Intersidérale.  Je m'y rendrai mais je ne me rendrai pas.

Je serai sûrement encore tout seul ou bien avec ma bonne amie. Sujet : le 9 novembre dernier, six personnes ont effectué une demande pour 4 soirées conviviales et culturelles dans la salle polyvalente de la commune (à ce jour sans réponse), deux dates étant déjà passées.

Je lui dirais encore la vérité (concernant les processus ordonnateurs de la vie) et il me dira éternellement son mensonge d'Élu de la Lumière Intersidérale Enrubannée Électroluminescente et Fluorescente...

Je me heurte depuis 12 ans à ce propos de Cornélius Castoriadis :

Domination d'une oligarchie et passivité et privatisation du peuple ne sont que les deux faces de la même médaille.

Ce matin, j'ai tourné le truc dans tous les sens avec cette exigence : réussir à inventer quelque-chose. Face à la répétition d'une situation, c'est la seule façon de s'en sortir par le haut.
Mais ça tourne de plus en plus dans la choucroute : la confrontation du Prince avec moi n'a que trop duré.
Je connais par cœur toutes les réactions du Prince, toutes ses ficelles, toutes ses formules, toutes ses pathologies et ses déviances. Pendant des années, je les ai apprises, maintenant je suis lassé au dernier degré. Nos dialogues sont de plus en plus, toujours les mêmes. Il manque de plus en plus l'intervention extrinsèque qui peut tout changer.
Mais qui veut franchir les lignes ?!

Les processus de normalisation sociale installent pour chacun de nous, des faisceaux de lignes, invisibles, à ne pas franchir (ça commence dans le sym-bolique (coutumes, lois,...), et ça finit dans le dia-bolique). Certains nomment cela : le Surmoi. Ça pèse sur la conscience. Des personnages l'incarnent : l'Élu, le Prof, le Prêtre, le Flic, le Médecin,...

Dans le monde d'aujourd'hui, ces faisceaux constituent carrément des entrelacs de barbelés qui lacèrent au quotidien les individus.
Malgré cela, c'est pas grave, le Surmoi semble toujours vainqueur : ne jamais, à aucun prix, franchir les lignes. Glauque. Morbide.

Pour ma part, et je crois que c'est ma qualité, je me suis toujours fait profession de capter les lignes, de jouer avec et de les franchir. Je me sens un peu seul avec ça. Mais à vrai dire, je ne me sens bien que comme ça. Rester toujours en-deçà des lignes du Surmoi, me viderait l'âme, me tuerait. J'ai parfois la sinistre impression que c'est exactement l'inverse pour les autres. Face à l'invitation à franchir une ligne, la réponse classique des "gens" est une peur bleue équivalente à la peur de mourir.

Franchir des lignes demande, il est vrai, d'improviser (une fois la ligne franchie), et d'aller à la rencontre de l'inconnu : l'inconnu en soi, l'inconnu dans l'autre, et l'inconnu de chaque seconde qui se présente. Franchir la ligne du Surmoi, nous amène en fait dans le seul véritable lieu du créatif, que les Grecs nommaient Poiesis et qui donna naissance au mot de poésie.

 

L'homme du commun, le vulgus, le prolétaire, reste toujours en-deçà des lignes symboliques. Cela se traduit par : faire ce qu'il convient de faire et dire ce qu'il convient de dire, qui sont toujours des mauvaises actions et des mensonges (au moins vis à vis de soi-même). Franchir les lignes, c'est toujours tenter de dire la vérité à l'endroit même où il ne faut pas la dire, et c'est aussi effectuer une action avec un degré de surprise telle (donc de poiesis, donc de poésie), qu'il y a aussi expression (approchée) de la vérité. Car rien n'est plus vrai que la loi de gravitation universelle, et franchir des lignes, c'est sauter dans le vide, c'est affronter le vide, c'est se confronter au vide. Car le vide est nécessaire pour que quelque-chose de neuf (poiesis) puisse advenir (Cf : Peter Brook, L'Espace vide.)
Tout ça, c'est aussi la notion de Kairos, le temps profond, qui rompt le Chronos, le temps linéaire. On peut parfois traduire le Kairos par opportunité.

Avec les Princes de ce monde, depuis dix-douze ans, je pense que je crée constamment des opportunités de Révolution. Je brise le Chronos, en franchissant des lignes (notamment via la parole, mais pas seulement) pour faire apparaître le Kairos. Un temps profond, c'est-à-dire un essai de Rugby qui doit être transformé par le peuple. Je le fais en puisant dans mes racines chrétiennes qui me confère une passion de l'impossible. Une vie chrétienne, c'est une vie qui compose constamment avec une réalité nourrie de l'irréalité qui contient "Dieu" : l'invisible, l'impossible, le vide, tout ce qui est au-delà de TOUTES les lignes. Je suis parfois chrétien "militant" pour cette raison : il faut des outils pour accepter de se confronter au vide. Mais il y a aussi l'outil du théâtre. Et c'est uniquement pour cela que depuis 2001, j'ai constamment fait la promotion de l'apprentissage du théâtre. Car le théâtre, est la discipline totale qui permet d'apprendre à franchir les lignes (de s'auto-éduquer à), à combattre le surmoi, de rivaliser avec lui, puisque c'est un moyen en or pour se retrouver véritablement en situation de (le mot est de plus en plus galvaudé) création (au sens de la poeisis). J'invite quiconque qui ne l'a pas encore fait à se retrouver de nombreuses fois dans la situation qui amène l'acteur à franchir la ligne qui séparent les coulisses de la scène. Sachant qu'après cette première ligne gigantesque, la scène sera le lieu d'un franchissement de lignes permanent...

Refuser la mécanique glaciale des secondes et des jours en mettant des pieds dans le vide, est, je pense, le trait fondamental de ma personnalité. Je crois que j'ai toujours été ainsi : toujours vivre avec une dose plus ou moins substantielle de provocation qui dans un sens littéral devient un pur synonyme du "franchissement de lignes".
Je n'ai jamais vraiment réussi à aller à la Boulangerie (ou autres topoï de notre vie sociale) et à réaliser ce qu'il convient de dire et de faire dans une boulangerie sans franchir de lignes (mêmes petites, mêmes faciles à franchir). Moi je me sens mourir si je ne franchis pas de lignes.
Mais, donc, là où se situe la plus intense réflexion et interrogation philosophique pour moi : pourquoi diable, ai-je l'impression que c'est rigoureusement l'inverse chez les autres, disons chez l'extrême majorité ?! Me parviennent constamment les preuves et les signes, que les autres ont, eux, l'impression de mourir s'ils doivent franchir des lignes... Je suis humain, je suis donc semblable à mes frères, mais je pense que j'exprime là ma plus grande différence d'avec mes frères.

Ça doit me venir de mon père, qui était bien spécial, et qui m'a appris par son action et ses paroles que l'autorité est bête et illégitime. J'ai donc moins de mal que la moyenne à jouer avec.

J'ai donc rendez-vous avec « mon père », tout à l'heure, à 15h. Je serai presque seul face à sa tyrannie, sa bêtise et son absence de légitimité. On créera sans doute un petit Kairos, et quelques VERTIGES, comme ça, pour dire à l'adversaire qu'on est toujours là, bien vivants, plus vivants que jamais ! Et pour maintenir l'Espérance.
Mais bon sang, qu'est-ce que c'est long...

Les autres, eux, sont en-deçà de la ligne, au "travail", en-deçà de la ligne-glissière : sur l'autoroute de la vie.

Conseil de prudence : prenez la première sortie autoroutière, franchissez la ligne... de crête, et prenez le chemin de la forêt et de la Montagne.
Là, par delà les branches et les cimes, vous retrouverez le Ciel, la Lune et les Étoiles : le COSMOS.

Sylvain

 

sensortird

Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn