I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

News

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« Le monde allant vers...» sur la déscolarisation

Les deux émissions Radio Grésivaudan du mois d'octobre 2014 sur "la Déscolarisation" :

« Le monde allant vers...» sur notre procès du 22/01/2015

 

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Domination Etat/Adulte/Enfant - Autorité

Domination Etat/Adulte/Enfant - Autorité

Ma génération a tout raté comme celles d'avant.

maman enfant ecole 600J'ai 36 ans et je n'ai toujours pas d'enfant de mon propre sang. Je pense donc que l'heure est venue, à cet âge, et sans enfant, de dire ce que je vois concernant ma génération.
En effet, j'ai plus que l'âge de faire des enfants, et donc, ceux de ma génération qui ont été précoces (qui en ont eu par exemple à 18-20 ans) ont déjà des enfants qui pourraient approcher la majorité. Donc, je suis témoin. Témoin de la débâcle et de l'horreur recommencée. Ça s'est reproduit...

Ô ma génération, tu as tout raté comme les autres avant toi ! Tu t'es reproduite mais surtout tu as reproduis sans intelligence : les violences et la trahison. Comment ai-je pu penser qu'elle ferait différemment ?
A chaque génération, une nouvelle occasion est donnée de rompre avec la reproduction de la violence, avec la trahison de sa progéniture au profit des lois de la Masse, en l'occurrence celle de l'État et du Capital. Mais ils (ceux de ma génération) le diront sûrement comme ça : « je n'ai pas eu le choix !! ». Mon cul, oui. Vous vous étiez bien aperçus que vos parents étaient tombés dans le panneau, vous vous étiez bien jurés de de faire différemment. Mais exactement comme une enfant de 10 ans qui dit qu'elle ne fumera jamais et qui se met à fumer à 14, vous avez couru au plus pressé : vous adapter à cette société affreuse pour avoir du fric, des plaisirs-à-la-con, et du faux-amour. Et de soumissions en soumissions, de soumissions qui demandent toujours davantage de soumissions, jamais vous n'avez tourné le volant pour rebrousser chemin. Vous finirez comme nos parents et grands-parents : aliénés à tout jamais, perdus à tout jamais dans les codes sociaux, votre être replié et racorni sous des tonnes et des tonnes d'immondices en provenance de la dictature capitaliste.
Quand j'en entends parler des Dieux du Capital et de l'État à leurs enfants, en exigeant la soumission de l'enfant à ces Dieux, ce qui me vient c'est l'envie de dire à ces personnes qui ont mon âge : est-ce bien vous ?!! Vous, qui étaient assis à côté de moi au collège !!? Est-ce bien vous qui avez souffert avec moi de la connerie des adultes ?! Nous sachions pourtant, vous et moi, d'un savoir d'or, que c'était des conneries... des énormes conneries à la source de toute la mort.

Ou bien peut-être, oui, c'est bien vous, car je vous voyais déjà tous bien soumis, bien grégaires, bien irrémédiablement attachés à vous adapter à tout prix, envers et contre vous-mêmes. Déjà des prostitués, c'est vrai, dès l'âge de cinq ans. La putasserie universelle (basée sur le chantage à l'amour) se comprend et s'intègre très très tôt. Oui, c'est vrai, je vous voyais déjà sucer la bite du prof, comme vous sucez aujourd'hui celle du maire ou de votre supérieur hiérarchique ou de toute personne qui pourrait vous promouvoir.

Ô ce père — qui, je n'en crois mes yeux, à mon âge —, qui parle « ORIENTATION » à son fils, avec à la suite, la flopée de Dieux de l'État mortifères : MÉTIER, DIVISION DU TRAVAIL, ARGENT, CRÉDIT, RETRAITES, PEUR DU LENDEMAIN etc ... Ce père qui est donc mon propre père hier, et le père de mon père hier aussi. Ce père qui est pourtant mon alter-ego générationnel, qui souffrait avec moi de ces adultes qui nous tenaient les mêmes discours, et qui recommence, là, sous mes yeux : incroyable mais vrai ! C'est le dégoût, l’effroyable dégoût dans la gorge et l'envie de hurler. L'envie de le secouer, de l'exorciser. Mais c'est sous-estimer les Dieux du Capital et de l'État que de penser que je vais pouvoir faire quelque-chose. J'en ai bien des Dieux à opposer à tout ça, mais nous sommes trop peu nombreux à les plébisciter et à les faire monter sur le ring.

Oh ça fait bien des années que je le dis : je les ai vu tomber les uns après les autres, tomber à genoux aux pieds de tous les Dieux du Capital et de l'État. Et maintenant à 36 ans, si je prends le clavier pour écrire tout ça, c'est que, ça y est c'est consommé : ils sont vraiment TOUS tombés, ils sont TOUS perdus. Ils sont TOUS devenus des esclaves, des prétentieux, des « je suis ça », des possédés du démon de l'ARGENT et de tous les démons de cette société. Ils sont TOUS devenus des peureux, des pourris, des prostitués, des hypocrites, des traîtres, des fourbes, des vaniteux, des menteurs. Ils sont tous devenus QUELQUE-CHOSE, croyant bêtement devenir quelqu'un. Ils sont tous aliénés jusqu'au cœur de leur cœur, ils sont foutus. Je les vois prendre plaisir à porter des costumes, des cravates, à être à l'heure au boulot, à agir EXACTEMENT comme agissaient leur père et leur grand-père : bref, foutus. Leur plaisir est celui de reproduire, bref, l'unique bestialité du sexe, mais qui s'étend pour eux jusqu'à la mort.
Car tout ça commence par cette animalité liée à la reproduction sexuée, mais pour eux, ça ne s'arrête pas au coït et à la procréation, non, pendant tout ce qui leur reste de vie ensuite : ils bombardent la génération suivante de mauvais ferments (comme ils ont été bombardés de mauvais traitements). L'enfant est là, tout neuf, tout prêt à tout changer (comme eux auraient dû le faire), mais ils vont s'employer à le broyer, à le formater (comme eux ont été broyés-formatés-conditionnés), pour que cette promesse de changement soit le plus vite possible anéantie, pour se venger d'avoir été broyés par leurs parents et la société. On m'a niqué, je vais te niquer aussi ! Voilà leur seul programme ! On m'a forcé à rentrer dans la boîte, je vais t'y coller aussi DE FORCE.
Ô ma génération, tu es de la merde comme celles d'avant. Comme celles d'avant, tu es sans imagination, sans invention. Tu es tombée dans tous les pièges de la Propagande. Ce qui t'intéresse, comme ce qui intéressait aussi tes parents et tes grands-parents, c'est prendre ton petit pouvoir ridicule d'adulte, jouir que ça soit enfin à ton tour de dominer, de punir, de violer, de torturer, de donner la mesure. Jouir d'être le pourvoyeur, et donc jouir de jouer avec le manque et la peine dans l'autre. Jouir d'être un adulte, en connivence bien-sûr avec les autres adultes selon un « Réseau de mafiosi des adultes » (L. Bergeron). Vous (ma génération) êtes devenus les merdes que vous dénonciez hier, oui, y'a pas longtemps du tout, juste hier (mais vous avez oublié — c'était nécessaire d'oublier —). Oui, vous êtes devenus les notaires de merde, les avocats de merde, les flics de merde, les profs de merde, les agriculteurs de merde, les médecins de merde, les journalistes de merde, les marchands de merde, les pharmaciens de merde, les scientifiques de merde, les ouvriers de merde, les architectes de merde etc. Mais aussi les propriétaires de merde, les automobilistes de merde, etc. Vos parents allaient au boulot ! Vous trouviez ça bizarre et vous, vous alliez à l'école... Et voilà, alors que la vie avait donné au monde une nouvelle chance, vous ne l'avez pas saisie, et il ne s'est rien produit de plus qu'un cran de roue supplémentaire : vous allez au boulot et vos enfants vont à l'école. Vous (ma génération) êtes des merdes. Des effroyables merdes. La vie vous avait tout donné pour être en mesure d'inventer, de bifurquer, de rompre le mauvais sort du monde et vous avez craché dessus en vous conformant jusqu'au moindre atome de votre être (et en cherchant à nouveau à conformer celui qui vient). Et vous êtes devenus tous les mêmes, des clones, qui osent se croire singulier en prime. On peut pourtant prévoir tout ce que vous allez dire à chaque seconde. Pareil pour savoir ce que vous allez dire à vos enfants, y'a juste à prendre le lexique des formules toutes faites, tiré d'un bouquin qui s'appelle « Éternels parents stupides qui ne savent rien faire d'autres que se reproduire et reproduire (la violence) ».
Quand je vois des pères de mon âge, j'ai envie de les appeler "Papa". Oui je me sens l'enfant que j'ai été, car il parle exactement comme mon père, et comme tous les connards de père d'aujourd'hui et d'hier. C'est tout de même incroyable d'imiter à ce point-là ses parents et tous les parents du monde sans se sentir appelé à un sursaut, à faire totalement différemment. C'est tout de même incroyable d'embrasser la connerie avec une telle totalité sans sentir qu'on rate une opportunité. Car à chaque génération, vient un Kairos, un temps profond qui rompt Chronos, pour offrir une opportunité, mais qui n'est jamais transformée... Le fleuve des Enfer, l'Enfer social, emporte tout et tout le monde. Ô misère, te voilà. C'est ça l'Idée de misère. La misère universelle.
Oh je sais bien qu'on cherchera à m'attaquer en retour, en me disant qu'en ne (me) reproduisant pas de cette façon pourrie, qu'en honorant pas la roue qui tourne connement, ou à me croire différent, je vis pas, je n'ai pas de vie. A ceux qui me diraient ça, je leur réponds : laissez-moi rire. Laissez-moi rire d'oser penser que celui qui est hors du troupeau n'a pas de vie, quand il est le plus vivant de tous. Je vais parfois dans vos sinistres parcs humains qu'on nomme villes, et c'est là, c'est objectif, c'est sous mes yeux : une marée de morts-vivants partout, avec des poussettes, des doudous, des écoles, des commerces, des activités, des loisirs, et des cabas. Une marée d'humains déjà morts (car identiques aux précédents). On peut donc voir déjà les squelettes et les pierres tombales avec des épitaphes à la con, une marée humaine vide, insipide, sans rien à dire, qui ne vit pas. Car (se) reproduire ce n'est pas vivre. La reproduction est un court instant possible de la vie. Un court moment de sexualité, de gestation, de procréation et de soins post-nataux, et c'est tout (et non, pas d'ÉDUCATION, ça, c'est un Dieu mauvais qui a pris possession des êtres de cette société pourrie). Dans toute la création, on n'a jamais vu personne d'autres que ce con d'humain pour poursuivre la logique de reproduction aussi loin, de façon aussi perverse et destructrice. Si les animaux procréent et soignent leurs petits, l'être humain, lui, il ÉDUQUE, pour que sa société ne change jamais.

L'homme disparaît, meurt, en se reproduisant (et en éduquant) pour la raison suivante : il est impuissant politiquement et sur sa vie (à cause de la dictature dans laquelle il vit), donc, il voit dans sa progéniture, sa seule occasion de régner. Et il meurt donc, comme un mauvais Roi, comme meurent tous les Rois de ce monde, fussent-ils Louis XVI ou Papa du petit Nathan.
Celui qui vit, le seul qui vit vraiment est toujours celui qui n'est Roi de rien ici bas, car son Royaume n'est pas de ce monde.

Sylvain, le 14 avril 2017

Prisonnière d'État

prison

Demain sera installé, par le sacrement hypnotique des Élections Présidentielles, le futur despote qui perpétuera l'occupation de cet arpent de Terre où je suis née. Où je suis née, prisonnière.

Et devant ce spectacle, renouvelé et accepté de la soumission d'un peuple entier à un jeu dont les règles n'évoluent plus depuis de longues et lourdes années, où le geôlier change simplement de visage, et à qui l'on remet les clés de la cage, j’étouffe, je pleure, j'aimerais qu'on se lève tous ensemble pour faire tomber les murs de la prison.

Mon cœur est ailleurs, depuis toujours. Pourtant, sans que je n'aie rien demandé, pour m'accueillir on a apposé sur mon âme curieuse un numéro d'identification, en prévision de faciliter toutes les manipulations que j'allais subir pendant mes tendres années. On m'a rendue française sans mon assentiment. C'était le début du programme d'intégration à un système de pensée parasite qui prend différentes formes à travers le monde mais dont le fond reste inchangé, et qui tend à nous rendre tous étrangers à nous-mêmes, étrangers les uns des autres, et docilement complices du règne de tous contre tous. Moi, j'étais loin de tout ça. Mon cœur, mon âme, ils sont ailleurs, depuis toujours.

Ô, rois imposteurs de ce monde ! Vous m'avez détruite et broyée, comme vous avez détruit mes parents, mes ancêtres. Vous avez soumis tout un Peuple à votre joug et à votre morale financière, vous avez sucé la sève de tout un pays, de tout un monde, en nous attelant au Travail, fracturé l'entraide méthodiquement, détruit les liens de famille et de clan comme des maquignons menant sans même un scrupule les veaux à l'abattoir, vous avez soumis, par la terreur ou par la manigance de vos paroles mielleuses, des générations à votre programme, à vos visions tordues. Vous avez, dès le plus jeune âge séparé la mère et l'enfant pour inscrire en lettres indélébiles dans la chair tendre du petit les prescriptions de votre caste à son égard, et ce de génération en génération, jusqu'au point où aujourd'hui la mère vous remet l'enfant avec le sourire : elle a été élevée au poison de votre sein. Pourtant, vous avez mésestimé, ô saigneurs, la force de Vie, dont la Magie vous est interdite ! Bien sûr, la douleur de votre programme est encore vive, virulente. Bien sûr, je suis fragile, j'ai eu tellement mal ! Et j'en pleure encore ! Mais je suis encore là ! Nous sommes encore des milliers, des millions, chez qui la Vie a résisté, tenace, pour aujourd'hui vous faire face et faire voler en éclat votre pouvoir usurpatoire.

Notre cœur est ailleurs, loin de vos dossiers et de vos algorythmes, et même si le monde ploie sous votre tyrannie, votre empire fissure et craquelle chaque fois que vous abusez encore un peu de notre Humanité. Nous sommes trop lourds de vos humiliations, de vos formatages, de vos exhortations, de vos ordres, de vos culpabilisations, de votre pédantisme, de vos pollutions, de vos mensonges, de votre mépris, de votre ingratitude, de vos salissures, de vos crimes. Vous semblez si loin, si haut, ô vous qui vous pensez Intouchables, mais nous sommes la base de votre édifice et nous ployons sous vos contraintes, et un à un, nous craquons . Et un à un, vous chuterez des vapeurs de vos nues, jusqu'à terre, où nous vous attendons.

Mon cœur marche sur les montagnes, quand vous, vous le voyez arpenter mécaniquement les cases d'un cadastre immonde que des esclaves ont dessiné pour certifier le partage interminable de vos richesses et le vol convulsif de la Terre. Et tous ceux qui flânent près des rivières, dans le giron humide des forêts, vous en faites des obstacles à vos projets jaloux, vous voyez en eux des pions gênants sur une carte, et vous cherchez à contenir leur promenade pour l'exclusivité de vos rapines insatiables. Et vous enfermez, vous contenez, vous ordonnez, vous légiférez, ô Despotes, sans que l'humanité qui nous relie ne vous fasse, jamais, faire un pas vers nous. Mais notre âme est loin de vos cartes, elle volette dans les sous-bois du Cosmos. La structure même de la pensée qui nous anime est ailleurs, loin de vos livres de lois et de votre géométrie cassante. Depuis la rigidité de vos codes pouvez-vous seulement, ô Pauvres de vous ! entrapercevoir la douceur et l'ampleur du Rêve qui nous habite ?

Je ne me sens pas Française, cette définition appartient à votre lexique, je ne l'ai pas choisie. Cette religion de la nation n'est pas la mienne, vous me l'imposez. Mon cœur est ailleurs. Mes racines épousent le sol où je suis née, qui n'a d'autres frontières que les courbes dessinées par les rivères et océans, et encore si on décide de les voir comme telles, ce qui n'est pas mon cas. Un amour profond me relie à lui, et à d'autres forces agissantes encore. C'est tout autre chose que mon nom inscrit dans vos registres, contre mon gré, et la défintion que vous faites de l'individu et de sa place au sein du monde. Mon cœur n'est pas au Travail, à l’Éducation, à la Sécurité, à l'Argent, à vos Folies de concepts déifiés, inventés par ruse et rabâchés méthodiquement pour nous plonger dans la torpeur. Cette litanie n'opère pas sur moi, il en faut tellement plus pour me mettre en transe, ô Tyrans à qui la Grande Magie du monde, ronde et puissante, ne peut apparaître dans vos calculs ! Mon cœur n'est pas à vos doctrines, on m'a soumise trop jeune, trop ignorante - à ma naissance! - à un culte que j'ai arraché de ma peau en hurlant de terreur et de rage. Mon cœur est à mes amis, à mes Frères et Soeurs d'Humanité, au vent, aux rêves, aux enfants, aux messages, à ce qu'il peut advenir demain sans vous.

Au nom du révolutionnaire trio de mots dont vous vous ếtes emparés, que vous avez vidé de sa substance et regonflé de vide au point que par votre répugnante manipulation, les plus naïfs aujourd'hui confondent liberté et contrainte, égalité et mépris, fraternité et soumission, au nom de ce qui un jour résonnait comme un puissant coup de tambour, frappant le fond du cœur pour l'exhorter à se remettre à battre au plus fort du désarroi; avec ces trois mots devenus creux, devenus dangereux, vous persifflez votre doctrine marchande et mortifère, vous les brandissez maintenant, ô pauvres Fous ! pour légitimer le pire au nom de l'idée même de LIBERTÉ !!! d' ÉGALITÉ ET FRATERNITÉ !!!! Je m'empare de la force de ces mots aujourd'hui, car si vous en avez vidé le sens, leur énergie n 'en est pour autant pas effacée du monde. Je m'en saisis pour leur rendre la substance que vous leur avez sucée , et partant d'eux comme base de mon questionnement, j'interroge celui ou celle, qui demain, sera sacralisé chef de meute de ce que vous appelez France. En faisant le focus sur la devise que vous brandirez demain au nom de tous, comment répondrez-vous aux quelques questions que je vous adresse ici, en partant du postulat que mon cœur est ailleurs, que vous ne serez jamais, ni l'un ni l'autre, mon-ma président-e, que je joue ailleurs, en dehors de votre mise en scène, sur une terre que l'avidité ne peut blesser de ses griffes et où vous ne vaudrez jamais plus ni moins qu'un autre. Au nom de l'égalité entre tous, et si ce concept n'est pour vous pas un mot creux, quelle place laisserez-vous à ceux qui revendiquent le droit à expérimenter librement et fraternellement un autre chemin de vie ? A ceux qui ne se sentent plus concernés par l'idée même d'État ? La légitimité dont vous disposerez demain suppose l'adhésion à cette idée. Or, je la réprouve, je la rejette : vous n'avez aucune légitimé au regard de mon âme et de la Vie.

Ô Rois teigneux de ce monde, vous me tenez prisonnière depuis ma naissance ! Et je n'ai même pas été jugée avant d'être incarcérée à perpétuité ! Pas d'avocat, personne pour me défendre. J'ai rejoins tous les miens, eux aussi en prison !

Comment allons-nous pouvoir ensemble échanger, en prenant en compte le fait que sur ce si précieux arpent de terre que vos cartes géographiques et mentales appellent France, je refuse votre joug, je refuse votre État, je suis loin de vos cartes, mais je suis là où vous ne me voyez encore pas, sur le terrain de l'Égalité ? Comment allons-nous traiter d'égal à égal, car votre vie ne vaut pas mieux que la mienne, de ce sujet crucial, à savoir que je ne souhaite plus l'identité française que vous m'avez infligée sans mon accord comme on impose une religion à celui qui n'a pas encore décidé quel dieu vénérer, je ne souhaite plus dépendre d'un système où je n'ai pas voté les lois, où je n'ai pas choisi de représentant, où je souhaite être LIBRE de mes opinions et de mes choix. « La gente libre no manda ni obedece » peut-on lire dans un paisible recoin du monde où, comme dans tant d'autres endroits reculés des foules, un noyau d'amis tente d'expérimenter d'autres formes de société humaine non loin du chaos et tout près du Cosmos. On traduit, en langue pseudo-vernaculaire, par : « Les gens libres ne commandent ni n'obéissent »

Je rejette TOUT de votre système : je refuse d'être représentée par vous, de me soumettre aux diktats de vos lois qui m'ont été infligées bien avant que je sois en âge de réfléchir convenablement à quel type de société je voulais voir émerger. Ce qui fait de vous des tyrans, puisqu'on ne me laisse pas le choix. On m'impose cette structure sociale, sans mon adhésion elle est pour moi dictature. Sans le consentement des foules, votre empire s'écroule. Vous n'avez plus le mien, définitivement.

Pourtant je suis là, je suis en Vie, j'aime la Vie, et je pense autrement. Je revendique ma petite place, ni plus haut, ni plus bas que celle de quiconque, et ailleurs, très loin de ce qui est aujourd'hui imposé derrière la façade d'une liberté de choix. Et nous sommes chaque jour plus nombreux à rejeter votre empire avec aux creux du ventre une brûlante envie de Vivre.

Schooling the world, le documentaire en VOSTFR

Le docu : Schooling the world (dont nous parlons très souvent sur ce site), l'antithèse du film de propagande « Sur le chemin de l'école », est sur youtube dans sa version sous-titré en français. Bonne occasion pour le partager massivement autour de soi. (N.B : vous pouvez organiser une projection en téléchargant une version HD sur le site internet du documentaire, les ayants-droits sont okays et encouragent la chose).

 

Oui, l'Enfer est pavé de bonnes intentions !

ritalineA l'intention des Élus, professeurs, éducateurs, parents, personnels médicaux, services sociaux (protection de l'enfance...), humanitaires, adultes, et de chacun d'entre nous, afin que l'on sonde correctement nos intentions réelles quand on propose (ou impose) notre aide à quelqu'un.

Quand Tolstoï dit : « Que chacun se souvienne de tous les moments pénibles de sa vie, de toutes les souffrances physiques et morales qu’il a endurées et qu’il endure, et qu’il se demande au nom de quoi il a enduré toutes ces calamités. (...) Que tout homme sincère se souvienne bien de toute sa vie et il s’apercevra que (...)  la majeure partie des malheurs de sa vie sont provenus uniquement de ce que, contrairement à son inclination, il a suivi la doctrine du monde qui l’attirait. » on pourrait facilement ajouter que cette « doctrine du monde» dont parle Tolstoï s'est toujours manifestée sur nous par l'action de certains personnages ayant la triple caractéristique : de l'autorité, d'être des agents d'intérêts soi-disant supérieurs, et présentant toujours de bonnes intentions dont celle d'aider. Ce prisme de l'aide (et de ces trois caractéristiques) permet vraiment de saisir une analogie entre tous les sordides personnages qui nous ont le plus faits souffrir, qui nous ont le plus détournés de nous-mêmes (de notre liberté et de notre bonheur), et qui, au final, nous ont donc LE MOINS AIDÉS !! Cette analogie doit donc pouvoir nous permettre de faire un gros paquet de l'ensemble de ces personnages, pour se défaire d'un seul coup de ce qui est peut-être la chose la plus nocive pour chacun de nous, c'est-à-dire, ce réseau de dépendances orchestrées par les « bonnes âmes ». Pensons aussi au passage à la principale technique de ces « bonnes âmes » qui doit nous alerter (et nous faire fuir ou combattre) systématiquement : le chantage à l'amour (qui pique notre angoisse originelle), dans des formes très variées et très subtiles. Et ne manquons pas également de voir l'analogie qui existe aussi entre les « bonnes âmes » et les médicaments (que certaines « bonnes âmes » prescrivent). Dans tous les cas : on nous met des béquilles à vie.

Oui, on le répétera jamais assez : l'Enfer est pavé de bonnes intentions, ne l'oublions jamais... et surtout à l'Éducation nationale, dans les hôpitaux (ou autres cabinets), dans l'assistance publique, dans l'humanitaire, et dans les cours de justice et outils régaliens...

Le texte, ci-dessous, est écrit par John Holt et est extrait de l'excellent livre «S'évader de l'enfance», il décortique magistralement ce problème profond de ces « bonnes âmes » qui nous tuent :

« Quelqu'un m'a dit quelque chose de très vrai à propos des bonnes âmes et de l'aide qu'elles apportent : La Bonne Âme a encore frappé !
Beaucoup de gens rient spontanément et approuvent cette expression. Puis, ils prennent du recul et se disent, attends, attends une minute…, quand même, au départ, aider ceux qui en ont besoin n'est pas critiquable !

Le Bon Samaritain qui a aidé le vagabond mal en point est l'une des figures théoriques de notre culture, pour de bonnes raisons. Et nous avons besoin de beaucoup de gens comme lui. Mais lorsque le vagabond a été guéri et remis d'aplomb, le Bon Samaritain l'a laissé poursuivre son chemin. Il ne lui a pas dit qu'il ne devait plus vagabonder parce que c'était trop dangereux et parce qu'il n'était pas capable de s'occuper de lui-même. Il ne s'est pas autoproclamé protecteur permanent du vagabond. Il n'a pas transformé la protection de tous les vagabonds en métier, en carrière ou en vocation. Il a apporté de l'aide parce que, devant ses yeux, à ce moment-là, il a pu voir quelqu'un qui avait besoin d'aide. Sinon, il avait ses autres occupations.

Il est important d'essayer de comprendre comment l'idée d'aider a été si largement corrompue et comment elle est devenue un type d'exploitation destructive ; comment l'aide humaine s'est progressivement transformée en un service, une industrie et un monopole. Je suis toujours troublé par ceux pour qui être la bonne âme et le protecteur d'autrui – généralement sans que personne leur ait rien demandé – est l’œuvre de leur vie. Le problème avec quelqu'un qui se définit lui-même comme une bonne âme c'est qu'à moins de prendre beaucoup de précautions, il est presque certain qu'il collera à ceux qu'il aide, l'étiquette : personnes ne pouvant pas s'en sortir sans mon aide. Il peut le leur dire, ou bien essayer très fort de les en persuader ; il peut aussi ne rien dire et garder cette idée pour lui ; ou il peut même ne pas en être conscient. Dans tous les cas, le résultat est vraisemblablement le même. Sa façon d'agir avec ceux qu'il aide, ce qu'il fait ou ce qu'il dit (ou refuse de dire) sur ce qu'il fait, tout cela finit par les convaincre de façon presque certaine qu'ils dépendent effectivement de son aide.

La personne qui a pour principale ambition d'aider les autres a, elle, besoin de ceux qui ont besoin de son aide. La bonne âme se nourrit et prospère sur l'incapacité, et elle crée l'incapacité dont elle a besoin. Le problème avec ces professions d'assistance – l'enseignement, la psychiatrie, la psychologie, le travail social – c'est qu'elles ont tendance à attirer des gens qui se prennent pour Dieu. Certains d'entre eux, peut-être bien la majorité, se prennent pour un Dieu gentil et désintéressé. Les autres, et peut-être bien sans même le savoir eux-mêmes, se veulent être un Dieu sévère et cruel et aiment passer leurs nerfs sur les autres comme un autre Dieu a pu le faire avant sur eux. Quel que soit le cas, l'effet est à peu près le même, car on ne peut se prendre pour Dieu qu'en réduisant les autres à l'état de marionnettes. Et comme le savent bien les premiers chrétiens, il ne faut pas grand-chose pour transformer Dieu en Diable.

Encore et toujours, on voit se répéter ce cycle. La bonne âme commence par dire à quelqu'un : « Laisse-moi faire ça pour toi, je sais mieux que toi et je le ferai mieux que toi ». Puis, rapidement, elle dit : « Ne fais pas ça, tu ne sauras pas le faire tout seul. » Et ensuite : « Tu n'es pas autorisé à faire ça tout seul, ni même à essayer, tu ferais une erreur, tu te ferais mal ou tu ferais mal à quelqu'un d'autre ». Et le rejet de cette aide par l'autre est alors perçu soit comme de l'ingratitutde, soit comme une erreur stupide et devient un péché et un crime.
Personne n'est plus totalement impuissant, n'est plus complètement une victime, que celui qui ne peut choisir ses protecteurs ni leur échapper.
(...)
Le cauchemar du futur, s'il advient, et il en en bonne voie d'advenir, sera avant tout une tyrannie des professionnels de l'assistance, qui auront un droit et un pouvoir illimités de nous faire ou de nous faire faire tout ce qu'ils considéreront devoir être fait pour notre propre bien.
(…)
Dans l'histoire du monde, parmi les gens qui ont exercé des contraintes sur autrui, qui ont menacé et blessé leurs semblables, très peu ont été assez honnêtes pour admettre et assez candides pour dire : « Je te fais ceci ou je te force à faire cela non pas pour ton bien, mais pour le mien. » La plupart des gens clament, généralement de bonne foi, qu'ils agissent au nom d'intérêts supérieurs. Même les Inquisiteurs qui menaient les gens au supplice croyaient qu'ils étaient en train de sauver leurs pauvres victimes de l'enfer. Forcément, cela justifiait entièrement toutes les souffrances qu'ils pouvaient leur infliger dans le présent. Quel que soit l'endroit ou se trouve les bourreaux, ils œuvrent pratiquement toujours au nom d'un intérêt supérieur.

On ne peut pas considérer, juste parce que quelqu'un dit : « Je fais cela pour t'aider », que ce qu'il fait est positif. Cela peut très bien être néfaste. La bonne intention n'est pas en elle-même l'excuse ou la justification d'une action. Une action d'assistance doit être jugée en et pour elle-même. La charge de la preuve doit toujours être du côté de celui qui apporte de l'aide et il doit démontrer qu'il est effectivement en train d'aider.

Et même cela n'est pas suffisant. Il n'y a aucun moyen d'être certain que ceux qui sont chargés d'apporter une aide institutionnelle seront aimables, compétents et désintéressés, ni que leur aide sera réellement efficace et ne se transformera pas en exploitation, en domination ou en dictature. La seule solution est de donner à chacun le droit de décider si, quand, par qui, pendant combien de temps et de quelle façon il choisit d'être aidé.

Tous ceux qui aident les autres ne sont pas des dictateurs potentiels, et c'est ce qui les rend dangereux. Ce sont juste des gens inquiets que d'autres fassent des erreurs. Ils parlent comme s'ils pensaient qu'avec assez d'expertise, les hommes pouvaient réellement trouver le moyen d'éviter que les autres n'en fassent. Ils considèrent que si nous avons un tel pouvoir, nous avons bien entendu le droit et même le devoir de l'exercer. On m'accuse parfois de penser que sans aide personne ne commettrait aucune erreur, ou alors de ne pas me soucier que l'on en fasse. Aucune de ces deux accusations n'est vraie. Tout le monde fera au cours de sa vie de multiples erreurs. Et j'insiste sur le droit qu'il en soit ainsi. Ce que je crois, c'est que, lorsque nous avons le choix entre des alternatives réelles, nous réussissons à gérer notre vie bien mieux que n'importe qui ne pourrait la gérer à notre place, aussi expert soit-il, et que, lorque nous faisons des erreurs, si nous ne sommes pas enfermés dedans, nous sommes les mieux placés pour les reconnaître et changer d'opinion au plus vite.

Nous devons prendre conscience – et c'est souvent très difficile dans le cas de personnes que l'on aime – que notre pouvoir sur la vie d'autrui est très limité et que, si nous essayons de l'étendre au-delà de cette limite étroite, nous ne le faisons alors qu'en lui ôtant sa capacité à maîtriser sa vie. La seule façon de protéger entièrement quelqu'un de ses propres erreurs et des aléas de la vie est d'en faire un esclave. Il sera alors sans défense face à nos lubies et à nos faiblesses. La plupart des gens préfèrent prendre le risque de se confronter au monde. Ils ont parfaitement le droit de faire ce choix.»

L'accorderie, nouvelle garderie ?

Voici le tableau de mes offres à l'accorderie. Regardez (sur la capture d'écran ci-dessous) ce qui ne passe pas... Malgré la régularité de ce genre de chose, je suis toujours sidéré de la précision géométrique effroyable avec laquelle est évincé, à chaque fois, ce qui pourrait modifier une garderie en lieu de citoyenneté effective ! Il a noter que l'offre " « Changer de vie » et « sortir du système », devenir autonome véritablement" avait été approuvée par l'animatrice et vient de basculer en mode "En attente" suite aux deux nouvelles annonces concernant la démocratie et la déscolarisation. L'annonce « Moments Phytophilie » était nouvelle également mais a été approuvée (déposée en même temps que les deux suivantes). On peut facilement imaginer que l'animatrice est en train d'en référer à une hiérarchie au sein du système associatif de l'accorderie maison mère. On peut également anticiper que ma réaction sera "punie" d'une manière ou d'une autre (ça sera moi le méchant, le vilain petit canard qui refuse de bêler avec les autres... et ma réaction polémique servira à légitimer la censure, le rejet ou l'exclusion) et on peut évidemment anticiper aussi les arguments anti-philosophiques (toujours les mêmes) qui seront avancés pour légitimer la censure. Ô subtile dictature, qui sait règner intégralement sur la profondeur des âmes, Ô Esprit Scolaire ! (Edition : les annonces ont été finalement validées pendant 4 jours puis remises en attente aujourd'hui 10/02 : ILS SONT FOUS)

accorderieCliquez sur l'image pour l'agrandir dans un nouvel onglet

Je vous offre aussi la capture d'écran de l'email de l'accorderie pour le mois de Février, à mettre en parallèle (admirez le contenu des parenthèses, despotique par le ton et l'esthétique et la limitation exsangue du champ des possibles) ... bienvenue à la garderie, pardon, à l'Accorderie :

mail accorderie

Calendrier Février de la Garderie de Pontcharra :

L'histoire des accorderies est claire. Face à la montée en puissance dans les esprits des fonctionnements de type SEL (système d'échange local), il a fallu l'organisation de la réponse institutionnelle pour endiguer, par l'État, le phénomène (faire en sorte que tout ça reste bien à sa place de garderie ou de système de consommation).

L'angoisse originelle ou la première baffe

Gérard Mendel (dans "Pour décoloniser l'enfant") :

Si le sujet ne se soumet pas, exprime une volonté propre, l'adulte marquera sa désapprobation en lui montrant qu'il ne l'aime plus. Le très jeune enfant, avant même l'apparition du langage, associera ainsi de manière irréversible, affirmation de soi et perte de l'amour de l'autre. Quand on songe à ce que l'autre représente pour un nourrisson — tout simplement la vie — on conçoit l'efficacité d'un tel procédé. De cette manière, le sujet ne pourra pas évoluer naturellement vers l'autonomie. Sa peur de perdre l'amour des adultes, soigneusement entretenue et cultivée, le marquera d'une empreinte ineffaçable qui est le conditionnement à la soumission. (...) Celui qui détient l'Autorité sera appréhendé comme un personnage tout puissant, et le réflexe de soumission conduira le sujet à une obéissance absolue — sous peine de déclencher la réaction de culpabilité et la peur d'un abandon, d'une exclusion. L'angoisse d'un tel abandon, d'une telle exclusion répétera, sans que le sujet en soit le moins du monde conscient, son angoisse originelle lorsqu'il était un tout jeune enfant, voire un nourrisson, menacé d'une perte d'amour. Gérard Mendel

Mathilde dit parfois les choses ainsi : "Tout le monde s'est déjà révolté, oui, plusieurs fois,... dans ce qu'on appelle frauduleusement l'enfance...
Mais tout le monde s'est pris une tarte !!
Tout le monde s'est fait humilier au dernier degré de s'être rebellé."
Et tout le monde a refoulé... Ce que nous proposons à tous via "La Déscolarisation de la société", c'est de remonter avant LA TARTE !!
De redevenir à celui qui savait écouter le fond de son cœur, et ce, sur tous les plans.
Sur le plan social-historique : quand on est petit, on sent très bien (à cause de notre extrême sensibilité) ce qui se joue au niveau de "la grande histoire".
Sur le plan des activités aussi : que celui qui fut intéressé par les pierres précieuses ou les animaux ou les étoiles ou la mécanique ou la mer ou la musique ou les arbres ou l'eau ou la neige ou ceci ou cela, REVIENNE à la pureté de son élan premier, afin de retirer une à une, les couches nauséabondes (de capitalisme et de pression sociale à devenir quelque-chose) qui sont venues corrompre totalement cette pureté originelle, cette Vérité.

Comment ça se fait qu'on termine tous aussi loin (souvent aux antipodes) de ce qui nous intéressait vraiment au fond du cœur ? (Mendel donne la réponse ci-dessus).

Revenir donc avant la tarte dans la gueule.
Revenir avant toutes les tartes.
Je m'étais déjà un peu exprimé sur le sujet dans un article sur l'anamnésis (le 7 août 2015). (Remonter, tel un saumon, le courant de sa petite histoire ou celui de la Grande, ça s'appelle une anamnèse.)

Revenir anamésiquement avant toutes les tartes.
Pour cela s'humilier, accepter, de n'être rien, effectivement, pour racheter le fait d'avoir voulu être quelque-chose (à cause de la baffe).

Il faut revenir AVANT LA BAFFE, quand c'était encore votre CŒUR, le chef !!!

Devenir de La Canaille ! C'est à dire : RIEN ! Ce RIEN qui fait tomber, par essence, tous ceux qui croient être quelque-chose.

L'École est finie, c'est les vacances !

​(et comme ça chaque année, du berceau jusqu'à la tombe - Vive Jules Ferry !).

Pourquoi ce qui s'est nommé « Nuit Debout » est en train de finir ?

La question n'a pas tellement de sens, tant la réponse est évidente et prévisible depuis le début : nous sommes maintenant fin juin, bientôt en juillet. C'est tout. C'est fini parce que "l'École est finie" dans tous les sens du mot École (Études, Examens, Travail, Stage, Érasmus, Professorat, Thèse, etc. etc.) Et les gens de "Nuit Debout" (comme 99,9% des gens) sont totalement branchés sur l'agenda et la saisonnalité étatique-scolaire. Ils y sont soumis à un point inimaginable (dont malheureusement ils n'ont pas conscience).

Imaginiez-vous sérieusement que la faune de « Nuit Debout » aurait pu être présente de la même façon un 28 juillet et un 17 août ??! Alors que le 28 juillet, Benoît est chez sa mère en PACA, Lydie est en vacance en Corse avec son ami du Pérou, et le 17 août, Franck est sur le festival d’Aurillac (il était sur Avignon en juillet), tandis que Matthieu fait un circuit VTT avec ses potes de Bretagne dans le Queyras (et puis Benoît prépare son déménagement car il vivra à Montpellier l'année prochaine, et Lydie va rejoindre en Allemagne, l'allemand qu'elle a rencontré à Nuit Debout) !  Leur comportement Place de la République était un comportement d'avril, de mai et de juin, mais un avril, un mai, et un juin de l'État-scolaire, pas du cosmos (donc, juin finissant, quelque-chose se termine à tout point de vue, oui, c'est sûr). Ce fut un printemps SCOLAIRE ! La grande majorité des gens de « Nuit Debout » ne sont pas des habitants, ils n'habitent pas, et à fortiori ceux de Paris ("Les parisiens sont tous des provinciaux montés à Paris" B. Charbonneau). Dans le calendrier scolaire-étatique, il y a une rupture de juin à juillet, l'individu termine un cycle, terminent ses "classes", rend ses rapports/travaux/mémoires, et s'organise pour changer radicalement d'activité, de relations, de rapport au temps, et de lieu pour juillet et août (et pour après). Toute la société suit le calendrier scolaire (cesser de suivre ce calendrier est un sacrée pas vers l'émancipation radicale). La majeure partie de ce qu'on appelle notre conditionnement et notre aliénation repose sur cette temporalité étatique-scolaire.

Quand le collégien rend sa copie de brevet, l'étudiant rend son mémoire, pendant que la plupart des salariés et des fonctionnaires rendent aussi quelque-chose (Les profs rendent les copies corrigées et les appréciations... etc.) ! Dans le calendrier du cosmos, il y a au contraire une sacrée continuité de juin à juillet. Les gens de « Nuit Debout » sont des scolarisés-étatisés, ultra-normés sur la temporalité de l'État (et sur la spatialité de l'État : les villes et les transports à grandes vitesses). Certains d'entre-eux disent être contre l'État, pourtant ils sont scrupuleusement soumis à son calendrier, à ses ruptures, à ses dates, à ses flux, à ses institutions, et à son organisation... Et vendredi soir, c'est le week-end ! Et la deuxième semaine de juillet y'a un festoche dans la Drôme ! Et en août, je fais un p'tit boulot dans un centre de vacances ! Et en septembre, je recommence, ce sera la rentrée !! Je serai scolarisé jusqu'à ma mort ! ("Du berceau, jusqu'à la tombe", disait Jules Ferry)

L'État, chef d'orchestre des vies, qui bat la mesure, fait rentrer, fait sortir, introduit, éteint, fait varier, à sa guise. Et les gens s'exécutent. Il s'agit de la musique la plus sinistre du monde. 3 pages et demi de partition en boucle.
 
Sylvain

A propos de l'aide et des bonnes âmes

ritalineA l'intention des élus, professeurs, éducateurs, parents, adultes, et de chacun d'entre nous, afin que l'on sonde correctement nos intentions réelles quand on propose ou impose notre aide à quelqu'un.

Ce texte est écrit par John Holt et est extrait de l'excellent livre «S'évader de l'enfance»:

« Quelqu'un m'a dit quelque chose de très vrai à propos des bonnes âmes et de l'aide qu'elles apportent : La Bonne Âme a encore frappé !
Beaucoup de gens rient spontanément et approuvent cette expression. Puis, ils prennent du recul et se disent, attends, attends une minute…, quand même, au départ, aider ceux qui en ont besoin n'est pas critiquable !


Le Bon Samaritain qui a aidé le vagabond mal en point est l'une des figures théoriques de notre culture, pour de bonnes raisons. Et nous avons besoin de beaucoup de gens comme lui. Mais lorsque le vagabond a été guéri et remis d'aplomb, le Bon Samaritain l'a laissé poursuivre son chemin. Il ne lui a pas dit qu'il ne devait plus vagabonder parce que c'était trop dangereux et parce qu'il n'était pas capable de s'occuper de lui-même. Il ne s'est pas autoproclamé protecteur permanent du vagabond. Il n'a pas transformé la protection de tous les vagabonds en métier, en carrière ou en vocation. Il a apporté de l'aide parce que, devant ses yeux, à ce moment-là, il apu voir quelqu'un qui avait besoin d'aide. Sinon, il avait ses autres occupations.

Il est important d'essayer de comprendre comment l'idée d'aider a été si largement corrompue et comment elle est devenue un type d'exploitation destructive ; comment l'aide humaine s'est progressivement transformée en un service, une industrie et un monopole. Je suis toujours troublé par ceux pour qui être la bonne âme et le protecteur d'autrui – généralement sans que personne leur ait rien demandé – est l’œuvre de leur vie. Le problème avec quelqu'un qui se définit lui-même comme une bonne âme c'est qu'à moins de prendre beaucoup de précautions, il est presque certain qu'il collera à ceux qu'il aide, l'étiquette : personnes ne pouvant pas s'en sortir sans mon aide. Il  peut le leur dire, ou bien essayer très fort de les en persuader ; il peut aussi ne rien dire et garder cette idée pour lui ; ou il peut même ne pas en être conscient. Dans tous les cas, le résultat est vraisemblablement le même. Sa façon d'agir avec ceux qu'il aide, ce qu'il fait ou ce qu'il dit (ou refuse de dire) sur ce qu'il fait, tout cela finit par les convaincre de façon presque certaine qu'ils dépendent effectivement de son aide.


La personne qui a pour principale ambition d'aider les autres a, elle, besoin de ceux qui ont besoin de son aide. La bonne âme se nourrit et prospère sur l'incapacité, et elle crée l'incapacité dont elle a besoin. Le problème avec ces professions d'assistance – l'enseignement, la psychiatrie, la psychologie, le travail social – c'est qu'elles ont tendance à attirer des gens qui se prennent pour Dieu. Certains d'entre eux, peut-être bien la majorité, se prennent pour un Dieu gentil et désintéressé. Les autres, et peut-être bien sans même le savoir eux-mêmes, se veulent être un Dieu sévère et cruel et aiment passer leurs nerfs sur les autres comme un autre Dieu a pu le faire avant sur eux. Quel que soit le cas, l'effet est à peu près le même, car on ne peut se prendre pour Dieu qu'en réduisant les autres à l'état de marionnettes. Et comme le savent bien les premiers chrétiens, il ne faut pas grand-chose pour transformer Dieu en Diable.


Encore et toujours, on voit se répéter ce cycle. La bonne âme commence par dire à quelqu'un : « Laisse-moi faire ça pour toi, je sais mieux que toi et je le ferai mieux que toi ». Puis, rapidement, elle dit : « Ne fais pas ça, tu ne sauras pas le faire tout seul. » Et ensuite : « Tu n'es pas autorisé à faire ça tout seul, ni même à essayer, tu ferais une erreur, tu te ferais mal ou tu ferais mal à quelqu'un d'autre ». Et le rejet de cette aide par l'autre est alors perçu soit comme de l'ingratitutde, soit comme une erreur stupide et devient un péché et un crime.
Personne n'est plus totalement impuissant, n'est plus complètement une victime, que celui qui ne peut choisir ses protecteurs ni leur échapper.
(...)
Le cauchemar du futur, s'il advient, et il en en bonne voie d'advenir, sera avant tout une tyrannie des professionnels de l'assistance, qui auront un droit et un pouvoir illimités de nous faire ou de nous faire faire tout ce qu'ils considéreront devoir être fait pour notre propre bien.
(…)
Dans l'histoire du monde, parmi les gens qui ont exercé des contraintes sur autrui, qui ont menacé et blessé leurs semblables, très peu ont été assez honnêtes pour admettre et assez candides pour dire : « Je te fais ceci ou je te force à faire cela non pas pour ton bien, mais pour le mien. » La plupart des gens clament, généralement de bonne foi, qu'ils agissent au nom d'intérêts supérieurs. Même les Inquisiteurs qui menaient les gens au supplice croyaient qu'ils étaient en train de sauver leurs pauvres victimes de l'enfer. Forcément, cela justifiait entièrement toutes les souffrances qu'ils pouvaient leur infliger dans le présent. Quel que soit l'endroit ou se trouve les bourreaux, ils œuvrent pratiquement toujours au nom d'un intérêt supérieur.


On ne peut pas considérer, juste parce que quelqu'un dit : « Je fais cela pour t'aider », que ce qu'il fait est positif. Cela peut très bien être néfaste. La bonne intention n'est pas en elle-même l'excuse ou la justification d'une action. Une action d'assistance doit être jugée en et pour elle-même. La charge de la preuve doit toujours être du côté de celui qui apporte de l'aide et il doit démontrer qu'il est effectivement en train d'aider.


Et même cela n'est pas suffisant. Il n'y a aucun moyen d'être certain que ceux qui sont chargés d'apporter une aide institutionnelle seront aimables, compétents et désintéressés, ni que leur aide sera réellement efficace et ne se transformera pas en exploitation, en domination ou en dictature. La seule solution est de donner à chacun le droit de décider si, quad, par qui, pendant combien de temps et de quelle façon il choisit d'être aidé.


Tous ceux qui aident les autres ne sont pas des dictateurs potentiels, et c'est ce qui les rend dangereux. Ce sont juste des gens inquiets que d'autres fassent des erreurs. Ils parlent comme s'ils pensaient qu'avec assez d'expertise, les hommes pouvaient réellement trouver le moyen d'éviter que les autres n'en fassent. Ils considèrent que si nous avons un tel pouvoir, nous avons bien entendu le droit et même le devoir de l'exercer. On m'accuse parfois de penser que sans aide personne ne commettrait aucune erreur, ou alors de ne pas me soucier que l'on en fasse. Aucune de ces deux accusations n'est vraie. Tout le monde fera au cours de sa vie de multiples erreurs. Et j'insiste sur le droit qu'il en soit ainsi. Ce que je crois, c'est que, lorsque nous avons le choix entre des alternatives réelles, nous réussissons à gérer notre vie bien mieux que n'importe qui ne pourrait la gérer à notre place, aussi expert soit-il, et que, lorque nous faisons des erreurs, si nous ne sommes pas enfermés dedans, nous sommes les mieux placés pour les reconnaître et changer d'opinion au plus vite.


Nous devons prendre conscience – et c'est souvent très difficile dans le cas de personnes que l'on aime – que notre pouvoir sur la vie d'autrui est très limité et que, si nous essayons de l'étendre au-delà de cette limite étroite, nous ne le faisons alors qu'en lui ôtant sa capacité à maîtriser sa vie. La seule façon de protéger entièrement quelqu'un de ses propres erreurs et des aléas de la vie est d'en faire un esclave. Il sera alors sans défense face à nos lubies et à nos faiblesses. La plupart des gens préfèrent prendre le risque de se confronter au monde. Ils ont parfaitement le droit de faire ce choix.»

sensortird

Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn