I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

News

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« Le monde allant vers...» sur la déscolarisation

Les deux émissions Radio Grésivaudan du mois d'octobre 2014 sur "la Déscolarisation" :

« Le monde allant vers...» sur notre procès du 22/01/2015

 

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

Domination Etat/Adulte/Enfant - Autorité

Domination Etat/Adulte/Enfant - Autorité

L'angoisse originelle ou la première baffe

Gérard Mendel (dans "Pour décoloniser l'enfant") :

Si le sujet ne se soumet pas, exprime une volonté propre, l'adulte marquera sa désapprobation en lui montrant qu'il ne l'aime plus. Le très jeune enfant, avant même l'apparition du langage, associera ainsi de manière irréversible, affirmation de soi et perte de l'amour de l'autre. Quand on songe à ce que l'autre représente pour un nourrisson — tout simplement la vie — on conçoit l'efficacité d'un tel procédé. De cette manière, le sujet ne pourra pas évoluer naturellement vers l'autonomie. Sa peur de perdre l'amour des adultes, soigneusement entretenue et cultivée, le marquera d'une empreinte ineffaçable qui est le conditionnement à la soumission. (...) Celui qui détient l'Autorité sera appréhendé comme un personnage tout puissant, et le réflexe de soumission conduira le sujet à une obéissance absolue — sous peine de déclencher la réaction de culpabilité et la peur d'un abandon, d'une exclusion. L'angoisse d'un tel abandon, d'une telle exclusion répétera, sans que le sujet en soit le moins du monde conscient, son angoisse originelle lorsqu'il était un tout jeune enfant, voire un nourrisson, menacé d'une perte d'amour. Gérard Mendel

Mathilde dit parfois les choses ainsi : "Tout le monde s'est déjà révolté, oui, plusieurs fois,... dans ce qu'on appelle frauduleusement l'enfance...
Mais tout le monde s'est pris une tarte !!
Tout le monde s'est fait humilier au dernier degré de s'être rebellé."
Et tout le monde a refoulé... Ce que nous proposons à tous via "La Déscolarisation de la société", c'est de remonter avant LA TARTE !!
De redevenir à celui qui savait écouter le fond de son cœur, et ce, sur tous les plans.
Sur le plan social-historique : quand on est petit, on sent très bien (à cause de notre extrême sensibilité) ce qui se joue au niveau de "la grande histoire".
Sur le plan des activités aussi : que celui qui fut intéressé par les pierres précieuses ou les animaux ou les étoiles ou la mécanique ou la mer ou la musique ou les arbres ou l'eau ou la neige ou ceci ou cela, REVIENNE à la pureté de son élan premier, afin de retirer une à une, les couches nauséabondes (de capitalisme et de pression sociale à devenir quelque-chose) qui sont venues corrompre totalement cette pureté originelle, cette Vérité.

Comment ça se fait qu'on termine tous aussi loin (souvent aux antipodes) de ce qui nous intéressait vraiment au fond du cœur ? (Mendel donne la réponse ci-dessus).

Revenir donc avant la tarte dans la gueule.
Revenir avant toutes les tartes.
Je m'étais déjà un peu exprimé sur le sujet dans un article sur l'anamnésis (le 7 août 2015). (Remonter, tel un saumon, le courant de sa petite histoire ou celui de la Grande, ça s'appelle une anamnèse.)

Revenir anamésiquement avant toutes les tartes.
Pour cela s'humilier, accepter, de n'être rien, effectivement, pour racheter le fait d'avoir voulu être quelque-chose (à cause de la baffe).

Il faut revenir AVANT LA BAFFE, quand c'était encore votre CŒUR, le chef !!!

Devenir de La Canaille ! C'est à dire : RIEN ! Ce RIEN qui fait tomber, par essence, tous ceux qui croient être quelque-chose.

L'École est finie, c'est les vacances !

​(et comme ça chaque année, du berceau jusqu'à la tombe - Vive Jules Ferry !).

Pourquoi ce qui s'est nommé « Nuit Debout » est en train de finir ?

La question n'a pas tellement de sens, tant la réponse est évidente et prévisible depuis le début : nous sommes maintenant fin juin, bientôt en juillet. C'est tout. C'est fini parce que "l'École est finie" dans tous les sens du mot École (Études, Examens, Travail, Stage, Érasmus, Professorat, Thèse, etc. etc.) Et les gens de "Nuit Debout" (comme 99,9% des gens) sont totalement branchés sur l'agenda et la saisonnalité étatique-scolaire. Ils y sont soumis à un point inimaginable (dont malheureusement ils n'ont pas conscience).

Imaginiez-vous sérieusement que la faune de « Nuit Debout » aurait pu être présente de la même façon un 28 juillet et un 17 août ??! Alors que le 28 juillet, Benoît est chez sa mère en PACA, Lydie est en vacance en Corse avec son ami du Pérou, et le 17 août, Franck est sur le festival d’Aurillac (il était sur Avignon en juillet), tandis que Matthieu fait un circuit VTT avec ses potes de Bretagne dans le Queyras (et puis Benoît prépare son déménagement car il vivra à Montpellier l'année prochaine, et Lydie va rejoindre en Allemagne, l'allemand qu'elle a rencontré à Nuit Debout) !  Leur comportement Place de la République était un comportement d'avril, de mai et de juin, mais un avril, un mai, et un juin de l'État-scolaire, pas du cosmos (donc, juin finissant, quelque-chose se termine à tout point de vue, oui, c'est sûr). Ce fut un printemps SCOLAIRE ! La grande majorité des gens de « Nuit Debout » ne sont pas des habitants, ils n'habitent pas, et à fortiori ceux de Paris ("Les parisiens sont tous des provinciaux montés à Paris" B. Charbonneau). Dans le calendrier scolaire-étatique, il y a une rupture de juin à juillet, l'individu termine un cycle, terminent ses "classes", rend ses rapports/travaux/mémoires, et s'organise pour changer radicalement d'activité, de relations, de rapport au temps, et de lieu pour juillet et août (et pour après). Toute la société suit le calendrier scolaire (cesser de suivre ce calendrier est un sacrée pas vers l'émancipation radicale). La majeure partie de ce qu'on appelle notre conditionnement et notre aliénation repose sur cette temporalité étatique-scolaire.

Quand le collégien rend sa copie de brevet, l'étudiant rend son mémoire, pendant que la plupart des salariés et des fonctionnaires rendent aussi quelque-chose (Les profs rendent les copies corrigées et les appréciations... etc.) ! Dans le calendrier du cosmos, il y a au contraire une sacrée continuité de juin à juillet. Les gens de « Nuit Debout » sont des scolarisés-étatisés, ultra-normés sur la temporalité de l'État (et sur la spatialité de l'État : les villes et les transports à grandes vitesses). Certains d'entre-eux disent être contre l'État, pourtant ils sont scrupuleusement soumis à son calendrier, à ses ruptures, à ses dates, à ses flux, à ses institutions, et à son organisation... Et vendredi soir, c'est le week-end ! Et la deuxième semaine de juillet y'a un festoche dans la Drôme ! Et en août, je fais un p'tit boulot dans un centre de vacances ! Et en septembre, je recommence, ce sera la rentrée !! Je serai scolarisé jusqu'à ma mort ! ("Du berceau, jusqu'à la tombe", disait Jules Ferry)

L'État, chef d'orchestre des vies, qui bat la mesure, fait rentrer, fait sortir, introduit, éteint, fait varier, à sa guise. Et les gens s'exécutent. Il s'agit de la musique la plus sinistre du monde. 3 pages et demi de partition en boucle.
 
Sylvain

A propos de l'aide et des bonnes âmes

ritalineA l'intention des élus, professeurs, éducateurs, parents, adultes, et de chacun d'entre nous, afin que l'on sonde correctement nos intentions réelles quand on propose ou impose notre aide à quelqu'un.

Ce texte est écrit par John Holt et est extrait de l'excellent livre «S'évader de l'enfance»:

« Quelqu'un m'a dit quelque chose de très vrai à propos des bonnes âmes et de l'aide qu'elles apportent : La Bonne Âme a encore frappé !
Beaucoup de gens rient spontanément et approuvent cette expression. Puis, ils prennent du recul et se disent, attends, attends une minute…, quand même, au départ, aider ceux qui en ont besoin n'est pas critiquable !


Le Bon Samaritain qui a aidé le vagabond mal en point est l'une des figures théoriques de notre culture, pour de bonnes raisons. Et nous avons besoin de beaucoup de gens comme lui. Mais lorsque le vagabond a été guéri et remis d'aplomb, le Bon Samaritain l'a laissé poursuivre son chemin. Il ne lui a pas dit qu'il ne devait plus vagabonder parce que c'était trop dangereux et parce qu'il n'était pas capable de s'occuper de lui-même. Il ne s'est pas autoproclamé protecteur permanent du vagabond. Il n'a pas transformé la protection de tous les vagabonds en métier, en carrière ou en vocation. Il a apporté de l'aide parce que, devant ses yeux, à ce moment-là, il apu voir quelqu'un qui avait besoin d'aide. Sinon, il avait ses autres occupations.

Il est important d'essayer de comprendre comment l'idée d'aider a été si largement corrompue et comment elle est devenue un type d'exploitation destructive ; comment l'aide humaine s'est progressivement transformée en un service, une industrie et un monopole. Je suis toujours troublé par ceux pour qui être la bonne âme et le protecteur d'autrui – généralement sans que personne leur ait rien demandé – est l’œuvre de leur vie. Le problème avec quelqu'un qui se définit lui-même comme une bonne âme c'est qu'à moins de prendre beaucoup de précautions, il est presque certain qu'il collera à ceux qu'il aide, l'étiquette : personnes ne pouvant pas s'en sortir sans mon aide. Il  peut le leur dire, ou bien essayer très fort de les en persuader ; il peut aussi ne rien dire et garder cette idée pour lui ; ou il peut même ne pas en être conscient. Dans tous les cas, le résultat est vraisemblablement le même. Sa façon d'agir avec ceux qu'il aide, ce qu'il fait ou ce qu'il dit (ou refuse de dire) sur ce qu'il fait, tout cela finit par les convaincre de façon presque certaine qu'ils dépendent effectivement de son aide.


La personne qui a pour principale ambition d'aider les autres a, elle, besoin de ceux qui ont besoin de son aide. La bonne âme se nourrit et prospère sur l'incapacité, et elle crée l'incapacité dont elle a besoin. Le problème avec ces professions d'assistance – l'enseignement, la psychiatrie, la psychologie, le travail social – c'est qu'elles ont tendance à attirer des gens qui se prennent pour Dieu. Certains d'entre eux, peut-être bien la majorité, se prennent pour un Dieu gentil et désintéressé. Les autres, et peut-être bien sans même le savoir eux-mêmes, se veulent être un Dieu sévère et cruel et aiment passer leurs nerfs sur les autres comme un autre Dieu a pu le faire avant sur eux. Quel que soit le cas, l'effet est à peu près le même, car on ne peut se prendre pour Dieu qu'en réduisant les autres à l'état de marionnettes. Et comme le savent bien les premiers chrétiens, il ne faut pas grand-chose pour transformer Dieu en Diable.


Encore et toujours, on voit se répéter ce cycle. La bonne âme commence par dire à quelqu'un : « Laisse-moi faire ça pour toi, je sais mieux que toi et je le ferai mieux que toi ». Puis, rapidement, elle dit : « Ne fais pas ça, tu ne sauras pas le faire tout seul. » Et ensuite : « Tu n'es pas autorisé à faire ça tout seul, ni même à essayer, tu ferais une erreur, tu te ferais mal ou tu ferais mal à quelqu'un d'autre ». Et le rejet de cette aide par l'autre est alors perçu soit comme de l'ingratitutde, soit comme une erreur stupide et devient un péché et un crime.
Personne n'est plus totalement impuissant, n'est plus complètement une victime, que celui qui ne peut choisir ses protecteurs ni leur échapper.
(...)
Le cauchemar du futur, s'il advient, et il en en bonne voie d'advenir, sera avant tout une tyrannie des professionnels de l'assistance, qui auront un droit et un pouvoir illimités de nous faire ou de nous faire faire tout ce qu'ils considéreront devoir être fait pour notre propre bien.
(…)
Dans l'histoire du monde, parmi les gens qui ont exercé des contraintes sur autrui, qui ont menacé et blessé leurs semblables, très peu ont été assez honnêtes pour admettre et assez candides pour dire : « Je te fais ceci ou je te force à faire cela non pas pour ton bien, mais pour le mien. » La plupart des gens clament, généralement de bonne foi, qu'ils agissent au nom d'intérêts supérieurs. Même les Inquisiteurs qui menaient les gens au supplice croyaient qu'ils étaient en train de sauver leurs pauvres victimes de l'enfer. Forcément, cela justifiait entièrement toutes les souffrances qu'ils pouvaient leur infliger dans le présent. Quel que soit l'endroit ou se trouve les bourreaux, ils œuvrent pratiquement toujours au nom d'un intérêt supérieur.


On ne peut pas considérer, juste parce que quelqu'un dit : « Je fais cela pour t'aider », que ce qu'il fait est positif. Cela peut très bien être néfaste. La bonne intention n'est pas en elle-même l'excuse ou la justification d'une action. Une action d'assistance doit être jugée en et pour elle-même. La charge de la preuve doit toujours être du côté de celui qui apporte de l'aide et il doit démontrer qu'il est effectivement en train d'aider.


Et même cela n'est pas suffisant. Il n'y a aucun moyen d'être certain que ceux qui sont chargés d'apporter une aide institutionnelle seront aimables, compétents et désintéressés, ni que leur aide sera réellement efficace et ne se transformera pas en exploitation, en domination ou en dictature. La seule solution est de donner à chacun le droit de décider si, quad, par qui, pendant combien de temps et de quelle façon il choisit d'être aidé.


Tous ceux qui aident les autres ne sont pas des dictateurs potentiels, et c'est ce qui les rend dangereux. Ce sont juste des gens inquiets que d'autres fassent des erreurs. Ils parlent comme s'ils pensaient qu'avec assez d'expertise, les hommes pouvaient réellement trouver le moyen d'éviter que les autres n'en fassent. Ils considèrent que si nous avons un tel pouvoir, nous avons bien entendu le droit et même le devoir de l'exercer. On m'accuse parfois de penser que sans aide personne ne commettrait aucune erreur, ou alors de ne pas me soucier que l'on en fasse. Aucune de ces deux accusations n'est vraie. Tout le monde fera au cours de sa vie de multiples erreurs. Et j'insiste sur le droit qu'il en soit ainsi. Ce que je crois, c'est que, lorsque nous avons le choix entre des alternatives réelles, nous réussissons à gérer notre vie bien mieux que n'importe qui ne pourrait la gérer à notre place, aussi expert soit-il, et que, lorque nous faisons des erreurs, si nous ne sommes pas enfermés dedans, nous sommes les mieux placés pour les reconnaître et changer d'opinion au plus vite.


Nous devons prendre conscience – et c'est souvent très difficile dans le cas de personnes que l'on aime – que notre pouvoir sur la vie d'autrui est très limité et que, si nous essayons de l'étendre au-delà de cette limite étroite, nous ne le faisons alors qu'en lui ôtant sa capacité à maîtriser sa vie. La seule façon de protéger entièrement quelqu'un de ses propres erreurs et des aléas de la vie est d'en faire un esclave. Il sera alors sans défense face à nos lubies et à nos faiblesses. La plupart des gens préfèrent prendre le risque de se confronter au monde. Ils ont parfaitement le droit de faire ce choix.»

L'école de la peur (et plainte contre l'Éducation Nationale)

sdfCatherine Baker et les autres ont beaucoup écrit là-dessus : à l'école, on a peur et on apprend à avoir peur. C'est un régime de peur intégrale. Il y a toutes sortes de peurs quotidiennes bien-sûr, mais parlons de cette peur globale qui sous-tend ce système - et il s'agit forcément de la peur qui domine toujours toutes les autres -  : la peur de mourir. Cette peur suprême est précédée de la peur de l'exclusion sociale, mais on sait très bien avec quelle célérité, on passe de l'une à l'autre, et comment finalement elles se confondent toujours anthropologiquement.

Chaque scolarité répond au schéma animal et dogmatique (le mot est archi-faible) suivant : « Je dois apprendre, et vite, je dois savoir, c'est-à-dire savoir répondre correctement aux questions en fonction du modèle, c'est-à-dire obéir, pour avoir des diplômes, qui me permettront ensuite d'avoir un "travail", un "métier", lequel me rapportera de "l'argent" (plus ou moins selon si j'ai bien travaillé à l'école ou pas) et par ce moyen, je serai accepté, je serai à l'abri du besoin, je ne dormirai pas dans la rue et j'aurai de quoi de manger. Et si j'excelle, je serai récompensé, je pourrais même vivre dans le confort, voire dans le luxe. Ma scolarité réussie est ce qui m'éloigne de celui qu'on appelle "un SDF", de la déchéance, de l'absence de toit et de nourriture, et me rapproche de la reconnaissance des autres et donc de la sécurité matérielle et affective. Si j'échoue à l'école, si je suis un raté, je pourrais en mourir, comme ce SDF mort de froid. Je finirai tout seul, à manger dans les poubelles, sans dents et ma vie sera très brève, remplie de souffrances physiques et morales. » Tous les adultes, en vertu de ce "réseau de mafiosi" dont parle Léandre Bergeron, sont de connivence pour entretenir ce schéma dans les enfants. Ha cet amour-menteur pour les enfants ! Je te fais peur pour que tu obéisses et que tu te conformes, mais je t'aime. L'amour n'est qu'un outil de premier choix, parmi les outils de servitude : "c'est pour ton bien", parce que je t'aime. L'amour des parents pour leurs enfants, c'est aussi intense que "la subversion du christianisme" ou que l'imposture de notre régime politique. Une illusion, une très fine manipulation, une mystification, on nous paie de mot, et nous, on marche, on fait confiance, alors qu'on nous conduit à l'abattoir.

Voilà donc ce qu'on appelle "civilisation", "société", "République", "vivre ensemble","la famille qui nous protège", un état de chose qui repose à tout instant sur la peur de mourir, la peur d'être exclu, la peur d'être dernier, rejeté par les siens, la peur de ne pas correspondre vu les risques encourus pour sa survie. Voilà donc cet état de chose (société, famille) que l'on affuble sans cesse de jolis mots fleuris qui n'est qu'un régime de peur intégrale : MARCHE OU CREVE. Voilà avec quoi la jeunesse de ce monde chemine. Voilà, ce qu'il y a dans le coeur de la jeunesse de ce monde à chaque instant (et dans le coeur de chacun de nous). Et sans refondre totalement (inverser !) cette matrice diabolique, nous voudrions conserver des aspirations à un monde qui serait beau comme ci ou comme ça ? Quelle blague !

Ce site internet propose d'ausculter LA MATRICE de notre société et des individus. Dès le départ, cette matrice nous intime au plus profond de nous-même que la distance, fusse-t-elle, infime, que nous prenons vis-à-vis du modèle social en vigueur nous rapproche (même un tout petit peu) de la mort. A chaque fois que nous nous écartons de ce qui est admis, attendu, VLAN, une logique implacable est là pour nous faire incorporer qu'on prend un risque pour notre survie future. C'est beau l'amour ! C'est beau la fraternité quand même !

En conséquence, ce régime de peur, donne naissance à des individus dont les caractéristiques premières seront l'insincérité, le mensonge permanent vis-à-vis de soi et des autres (pour correspondre), la vente mutuelle, la construction d'un personnage (de masques), de carapaces, l'incorporation de rôles  - rien de plus adéquat qu'un rôle, qu'une fonction voulue par l'État, pour s'éloigner de la peur de mourir puisqu'on sera accepté sans détour, donc on se précipite sur les rôles -.

Les individus n'en sont pas puisqu'ils sont tous gorgés de schismes en tout genre : pour ne pas mourir, pour être accepté, on s'auto-découpe tous, à la machette, en fines rondelles. Les psychés sont de véritable temple du refoulé et du refoulement. L'histoire de nos 20 premières années à tous est une histoire intégrale de refoulement. Et la "société" est composée in fine de gens qui sont les fantômes d'eux-mêmes, qui ne sont JAMAIS eux-mêmes.

Le sentiment de l'échec scolaire est égal à la peur de mourir. C'est un système totalitaire qui emporte chacun d'entre-nous. Avec Mathilde, nous allons essayer d'aller en justice pour attaquer l'Éducation Nationale concernant l'ensemble de nos scolarités (pour créer un premier historique en la matière). Si vous lisez ce billet, vous pouvez peut-être vous joindre à nous pour qu'on organise une plainte collective.

Un livre vient de paraître et c'est une...

bombornardel

De Yves Bonnardel : La domination adulte, l'oppression des mineurs.

La domination adulte est une des manifestations de l'âgisme, qui regroupe les discriminations fondées sur l'âge qui structurent nos sociétés. Les enfants sont réputés particulièrement vulnérables et écopent sous ce prétexte d'un statut, dit « de mineur », qui leur retire l'exercice des droits dont jouissent les majeurs, les adultes. Ce statut entérine en fait diverses formes de sujétions... et partant, de violences. La famille et l'école sont parmi les lieux privilégiés d'exercice de l'ordre adulte. Yves Bonnardel questionne ici l'idée d'enfance elle-même, celles de minorité (versus majorité), de protection de l'enfance et même d'éducation, pour mettre à nu les processus de domination à l'œuvre dans les rapports adultes/enfants. Non, nos sociétés ne sont pas bien-intentionnées envers les enfants !

Ainsi, pour construire un monde qui n'opprime plus les enfants, il propose l'abolition des lois âgistes et, plus généralement, d'en finir avec le statut de mineur et avec la domination adulte.

NB. : Yves B. vient aussi de nous faire découvrir (grâce au livre "la domination adulte") l'ouvrage "NI VIEUX NI MAÎTRES, guide à l'usage des 10 - 18 ans" qui semble une pièce importante de nos recherches et luttes.

De +, Les éditions "l'instant Présent" vont sortir cet automne : "S'évader de l'enfance" de John Holt.

Et je m’apprête à lire le prodigieux "Encore heureux qu'on va vers l'été" de C. Rochefort, QUATRE LIVRES donc qui rejoignent notre intense bibliographie DÉSCOLARISATION de cette maudite société.

Bonne journée, lisez tous ces livres, et buvez une tisane de menthe poivrée pour digérer le fait de s'être autant fait avoir par les institutions et la dictature capitalisto-industrielle.

Enfants de tous les pays ! Unissez-vous !

Le mouvement de Déscolarisation de la société vous propose de mener en parallèle : le mouvement planétaire de libération des enfants !

Enfants de tous les pays ! Unissez-vous ! La vie se situe au-delà des barreaux de la prison scolaire.

« De tous les opprimés doués de parole, les enfants sont les plus muets. » Christiane Rochefort

Maman de série

mamanDis-donc, toi, Maman ! Toi, que j'observe quand tu vas chercher tes enfants à l'école, t'as pas l'impression que t'es morte ?

Je te vois faire, tu fais la Maman du royaume capitaliste, tu joues un rôle sordide, éculé et laid. Oui, je te trouve laide. Tu fais tout bien comme il faut. Tu joues ton rôle avec tant de zèle ! Tu es la Maman Soldat du système, la Maman caricaturale. Houlala tu n'as pas le temps de te poser des questions et de rencontrer l'étranger ou une parole étrangère, tu fais juste ce qu'il convient de faire, ce qu'il faut faire, là maintenant, tout de suite. Tu vas au travail, tu pousses la poussette, tu vas chercher tes enfants à l'école, tu changes les couches, tu ramasses le doudou, tu achètes des jouets et des bonbons, tu copines avec celles qui te ressemblent, tu prépares à manger, tu veilles aux devoirs, tu grondes, tu expliques, tu consoles, tu vaccines, et tu vas voter dimanche prochain.Tu es Maman-prolétaire en fait. Maman automatisée et automatique. Maman conditionnée, réglée comme une horloge. Maman comme on les fabrique en série. Oui, une Maman de série, avec bien-sûr, quelques gadgets en option.

Tu joues à l'adulte. Ça y est ! C'est ton tour !! Enfin, voici l'heure de ta vengeance ! A toi, de t'empresser de prendre ton petit pouvoir d'adulte et de Maman en connivence avec les autres adultes dit "responsables" ("le réseau de mafiosi des adultes" dont parle Léandre Bergeron, le cancer de notre société). A toi, de reproduire (bon nombre de choses qui t'avaient pourtant fait souffrir et que tu t'étais juré de ne pas reproduire quand ton tour viendrait). A toi d'envisager l'existence humaine uniquement en vertu d'une sinistre roue qui tourne. Tu n'as pas le temps pour la Révolution, la créativité, la subversion, et la réflexion, voire même tu les détestes puisque ça s'oppose radicalement à ta mécanique bien huilée et sans âme, de Maman capitaliste en série conforme. Y'a une âme à ton machin là ? Tu es le clone de celle d'à-côté, il n'y a aucune créativité à ta démarche, aucune recherche, aucune invention, et il y aurait une âme ?

Concernant les choses importantes de l'homme adulte : l'alimentation, le logement, la santé, l'eau, l'assainissement, la sécurité, ... tu ne te poses pas de question, tu ne cherches pas l'alternative, car tu cours au plus pressé, au plus standard. Tu cours, bras ouverts, vers les institutions (dont tu es un rouage), vers l'officiel, vers le conforme, vers ce que tout le monde fait, vers ce qu'il faut faire (notamment et surtout pour ne pas être rejetée, pour ne pas être regardée de travers ou incomprise). Tu écoutes religieusement les profs, les médecins, les élus, le curé, le pédiatre, les psychologue et tous les hommes de pouvoir (tes alter-égo). Car tu veux en être et tu en es, c'est ton seul désir. C'est pour toi que tu es Maman. Pour exister socialement. Pour te réaliser au service du système capitaliste. Tu es l'outil numéro un du conservatisme, son instrument.

Bien-sûr, dans ton salon ikéa, un verre de vin rouge à la main, avec tes amis, tu diras plein de jolies paroles sur ton désir d'un meilleur monde et la "nécessité de changer les choses", alors que ton quotidien n'est composé que d'actions conformes, attendues, liées à une adaptation crasse et totale, à l'ensemble du système capitaliste. Tu vis de l'idéologie du travail, de l'idéologie technicienne, de l'idéologie pavillonnaire et individualiste. En 2015, tu es une des proies privilégiées des "bouddhismes" et ta photo de profil sur Facebook, c'est TON gosse.

Tu domines tes gosses d'une foultitude de manières (chantage à l'amour et à la survie permanent). Ce sont tes choses à toi. Bien-sûr si on t'écoute, tu les adores ! Tu te sacrifies pour eux ! Alors que tu te sacrifies pour le système uniquement dans ton propre intérêt à court-terme. Tu es la Maman qu'on croise partout, la Maman de base, fière d'être cette Maman de base. Mais tu n'es pas une mère, tu n'es pas celle qui donne la vie, celle qui oeuvre pour l'autonomie de sa progéniture autant que pour le bien-être et l'autonomie de la communauté toute entière. Tu n'es pas une mère car tu méprises la terre et participe de sa destruction. Si tu fais des jardinières de Géranium, tu mets des gants pour ne pas te salir (comme si, la terre, à laquelle tu devrais normalement t'identifier était sale...) Tu oeuvres pour que ta progéniture devienne esclave comme toi du système. Tu oeuvres pour que ta progéniture devienne elle-aussi esclave du travail et des multinationales (et ainsi de suite !). Tu oeuvres pour que, comme toi, ta progéniture soit hétéronome en tout, dépendante de l'argent, électeur servile, propagandée à l'infini. Tu oeuvres pour que ta progénitures devienne adorateur du système technicien. Pour que ta progéniture devienne un consommateur de plus. Pour que ta progéniture devienne aussi une Maman de série (ou un Papa). C'est pour cela que tu t'actives. Tu n'es pas une mère, tu es un agent du système qui s'ignore. Tu es la "Maman Capitaliste", qui oeuvre pour un système qui détruit chaque jour, chaque heure, la terre et qui stérilise tout.

Je n'ai qu'une chose à te dire : arrête-toi. Arrête de "travailler", retire tes enfants de l'école, occupe-toi d'abord de toi, et protège la terre, plante des arbres, cherche ton autonomie, la vraie, celle de tes enfants et de tous.

Arrête ton cirque, ton manège. Met fin à ce rôle infâme, caricatural et hideux.

Sur le même sujet : lire notamment "Les enfants d'abord" de Christiane Rochefort et "L'enfant et la raison d'État" de Philippe Meyer (ou encore "l'enfant et la vie familiale sous l'ancien régime" de Philippe Ariès.)

L'enfant ou la propriété sacrée de l'Etat

tu fais ce que tu veux« L'enfant qui naît appartient à deux autorités à la fois, au père qui lui a donné le jour, et qui voit en lui sa propre postérité, et à l'État qui voit en lui le citoyen futur, le continuateur de la nation. Les droits de ces deux autorités sont divers, mais également sacrés, et ne doivent être éludés ni l'un ni l'autre. Le père a le droit d'élever cet enfant d'une manière convenable à la sollicitude paternelle, l'État a le droit de le faire élever de manière conforme à la constitution du pays. »

Adolphe Thiers, 1848, la même année que l'abolition de l'esclavage... dans la bouche de Jules Ferry devant le Sénat en 1880, pour justifier l'adoption des lois scolaires...

Voilà sur quoi repose la nécessité d'instruire les enfants... Sur le droit providentiel de l'état sur celui qui vient de naître. L'État et le père de famille se disputent la propriété de l'enfant.

Mais l'enfant ? A-t-il seulement son mot à dire ? La réponse est très simple : NON. Rien n'a changé depuis 1848 ; l'éducation de l'enfant prise en charge par la famille et par l'État apparaît comme une évidence absolue. Pourtant, si on part de l'idée qu'un être humain ne peut appartenir à un autre, ni à aucune structure, comment se peut-il que l'autorité de l'État, du père, de l'adulte sur l'enfant soit encore si peu discutée ? Comment se peut-il que quelqu'un s'octroie le droit d'éduquer une autre personne sans son consentement ? C'est une prise de pouvoir absolue. On part ici du présupposé de l'infériorité de l'enfant. Or, ici, je souhaite mettre en avant la notion d'égalité, l'égalité de tout un chacun, quel que soit son âge. Rendre esclave un enfant, c'est rendre esclave une personne ; c'est rendre esclave, aussi, le futur adulte qu'il deviendra demain, et profiter de sa faiblesse pour prendre autorité sur lui.

La première des choses à faire, dans ce contexte, est évidemment de libérer l'enfant de ses obligations contraires à son autonomie fondamentale. Je ne développerai pas ici les contraintes étouffantes qui pèsent sur la liberté d'une petite personne dans le contexte scolaire. Je ne comprends juste pas qu'aujourd'hui encore, malgré tous les discours sur les droits de l'enfant, cette contrainte quotidienne n'apparaisse pas avec plus d'évidence aux yeux de tous.

La domination adulte-enfant est effective chaque jour, dans chaque famille, où la loi du père autoritaire -déguisée bien sûr chez les mères aussi- s'applique sans questionnement, héritière d'une tradition qui a bien assez duré.

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Milgram, Asch, Stanford et Rosenhan

Certaines "expériences de psychologies sociales" relativement célèbres sont tout à fait cruciales sur le sujet de la Déscolarisation, Milgram en tête, et nous y faisons régulièrement référence mais elle n'est pas la seule à décaper.

« L'expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience cherchait à évaluer le degré d'obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet.»

Le récit de cette expérience est disponible sur Internet via le vieux film suivant (L'image au générique est de mauvaise qualité, ensuite ça va).

Ensuite, une version plus moderne de l'expérience a été réalisée en 2009 : « Le jeu de la mort »  en y ajoutant l'effet (certain) de la télévision. Dans la séquence des candidats qui parviennent le mieux à défier l'autorité (vers 59'30''), l'homme au blouson de cuir noir (à 1h03'29'') prononce (en plus d'un regard étincelant de Vérité) une phrase divine en guise d'ultime conclusion : « Faut savoir perdre. » Je pense que cela n'a rien à voir avec le sujet de la compétition mais tout à voir avec l'amour dernier. Christian Bobin dit : « Le bien finit toujours par perdre, c'est sa manière de gagner.»

Je vous conseille le livre de Milgram : "Soumission à l'autorité", à propos de cette expérience dont voici l'extrait important qu'on avait déjà publié sur ce site à différents endroits notamment aussi dans la "Partie I de la géométrie scolaire : les profs sont des agents."

Mais il n'y a pas que Milgram qui doit attirer notre attention : les expériences de Asch sur le conformisme (1951), de Stanford (1971) sur le danger des rôles sociaux, des environnements délétères et sur les abus de pouvoirs, et celle de Rosenhan (1973) sur la validité du diagnostic psychiatrique sont tout aussi édifiantes et terribles (je vous laisse consulter chaque fiche wikipédia donnée en lien).

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sensortird

Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn