I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

News

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« Le monde allant vers...» sur la déscolarisation

Les deux émissions Radio Grésivaudan du mois d'octobre 2014 sur "la Déscolarisation" :

« Le monde allant vers...» sur notre procès du 22/01/2015

 

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour une fois par mois)

 

L'École de la peur

Toutes les spiritualités et philosophies du monde ont toujours fort justement opposé le concept d'Amour à celui de Peur. Or le milieu dans lequel nous nous développons et luttons pour croître est un milieu intégralement constitué par la peur. Nous vivons dans une société basée sur la peur : la peur de l'autre, la peur de l'avenir, la peur d'être malade, la peur d'être exclu, la peur de manquer. Cette société a pour matrice principale l'école qui est bien une école de la peur.

Face   aux   attentes   de   mes   éducateurs,   j’apprends   la   crainte   de   les décevoir, de ne pas en être reconnu, aimé, valorisé... Quotidiennement et plusieurs fois par jour, j’apprends ainsi la peur La peur est apprise, en effet. Même si elle se colporte et se répand dans l’humanité depuis des millénaires, elle n’est pas, pour autant, une fatalité, une donnée naturelle. Le mécanisme de la peur est simple : un danger ou une menace (réelle ou supposée) et des ressources propres qui sont (ou que j’estime) insuffisantes pour affronter ce danger. Il est aisé, à partir de ce principe, de générer et d’entretenir la peur, et d’en tirer profit – et l’éducation y recourt fréquemment, sciemment et, de toutes manières, intrinsèquement. JP. Lepri

peur mur

Dans cet article, nous allons aborder 7 points : 1) l'Enfermement, 2) La Surveillance, 3) La laideur et la dureté, 4) La compétition, 5) L'immobilité, 6) L'ennui, 7) La méchanceté des profs, 8) La peur totale : celle de mourir.

Commençons tout d'abord par évoquer le contenant et l'atmosphère générale de l'école.  Les élèves d'hier et d'aujourd'hui (d'ici et d'ailleurs) sont des "individus disciplinaires" selon la formule et le concept de Foucault, et rien d'autre.

1) L'Enfermement

Les quatre murs de la classe constituent une contrainte incompressible, résistants aux efforts successifs de « renouveaux pédagogiques ». Ils limitent aussi bien le déploiement de l'art de l'enseignant que les aspirations exploratoires des élèves. Au-delà des réformes et des discours d'ouverture, la classe demeure un espace qui dresse un mur entre l'enfant et son milieu familial, son environnement naturel, son réseau social, et qui le prive des multiples occasions éducatives émergeant d'un milieu diversifié et non contrôlé. Thierry Pardo

Le contenant est une véritable prison, et ce n'est aucunement une image, c'est réalistement une prison, un bocal hermétique, un sanctuaire inviolable officiellement protégé par l'armée (on l'oublierait !), avec des portails à pics, et bien souvent de nos jours : de la vidéosurveillance. C'est en fait assez évident qu'il en soit ainsi puisque face à l'horreur et à la nocivité de la situation scolaire, la nature nous hurle intimement de nous échapper (même si, rapidement, nous apprenons tous à reprimer ce hurlement afin de ne plus jamais l'entendre). Vivre-dans-la-peur, l'être humain semble malheureusement être en capacité de s'y habituer, c'est "la peur coutumière" (qui s'installe pour toute la vie) dont nous parle Catherine Baker :

En réalité, Marie, avant de concevoir toutes les bonnes raisons qu'on a de ne pas mettre les enfants à l'école, j'ai agi spontanément, comme d'instinct, pour t'éviter de vivre toute ton enfance dans la peur. À l'école, on a peur. (...) À la mère dont le petiot hurle au premier jour de la maternelle, on dit: « Il va s'habituer ! » C'est effectivement ce qui se passe. On s'habitue. La plupart oublient même qu'ils ont eu peur, qu'ils s'y sont accoutumés. Le pli est pris. Ils ont peur toute leur vie, ne savent plus de quoi. C'est là que réside l'atrocité de la souffrance obscure. (...) j'ai essayé d'éviter ce qu'il était en mon pouvoir, d'écarter de ton enfance: la sombre cochonnerie de l'institutionnalisation des rapports de peur entre adultes et enfants. Car cela n'était en rien nécessaire. (...) pourquoi aurais-je permis que tu vives la peur pour la peur, pour le pur apprentissage de la peur coutumière ?

L'enfermement, qui permet à la peur de proliférer, est à la base (au génome) de la situation scolaire.

Je m'installe dans un coin de la classe et j'observe. Quel spectacle désolant ! Tous ces enfants assis, muets et inattentifs, emmurés, appelés chacun à son tour à ânonner, obéissants et éteints. Quelle tristesse ! La seule qui semble prendre plaisir à cet exercice, c'est l'enseignante qui exerce son petit pouvoir dans l'inconscience totale. A la récréation où les pauvres prisonniers vont hurler leurs frustrations dehors, l'enseignante, au lieu de venir me parler, à moi cet intrus dans son petit monde fermé, va prendre un café rapide et s'emmure dans des corrections. Pauvres enfants abandonnés de leurs parents, condamnés à cet asile d'aliénés qu'est devenue l'école ! Ma fille ne sera pas abandonnée. Je voudrais bien libérer tous les autres en même temps...  Léandre Bergeron

Pour empêcher la nature, la situation spatiale est celle d'une prison au milieu d'un désert car si nous nous échappons, ce ne pourra être qu'à la manière du colosse Indien à la fin du film "Vol au dessus d'un nid de coucou" autant dire que c'est quasi impossible. De nos jour, le futur déscolarisé, qui doit donc avoir la chance d'être de type "colosse Indien", qui défonce les barreaux de la fenêtre avec le bloc de douche (Cf : la scène finale du film susnommé) retrouve la campagne originelle et la solitude car l'école est totalitaire, elle recouvre tout. Notre "mouvement de déscolarisation de la société" (qui est un mouvement dans le sens littéral du mot mouvement et non un parti), voudrait d'ailleurs changer ça. « La société est fatale, et la solitude impraticable » nous dit fort justement Emerson. Nous voudrions donc lutter de toutes nos forces contre ce dilemme insupportable qui consiste pour l'homme moderne à devoir choisir entre mourir, dégénérer, se suicider (physiquement et intellectuellement) en société ou bien souffrir la solitude et le vide.

Cet enfermement physique est l'expression matérielle de la fermeture du savoir : « L’enseignement scolaire n’est pas réellement conçu pour ouvrir à autre chose, mais est essentiellement fermé. » nous dit Charlotte Nordmann. Nous avons donc affaire, en terme purement physique, à un milieu fermé à tout point de vue. Il s'agit donc aussi d'un espace fini et défini, limité, au service de la rareté et du manque (condition de tout asservissement).

2) Surveillance intégrale

Le maître-mot d'une prison, sa réalité quotidienne, est la surveillance intégrale. Ainsi les lieux scolaires ont été conçus dans ce but. Anne Querrien, dans son livre "L'école mutuelle, une pédagagie trop efficace ? " résume bien la situation :

Rien ne doit être laissé au hasard, nous dit F.Buisson dans son Dictionnaire pédagogique qui était , sous la IIIè République, la bible de l'enseignement primaire : " Les emplacement de l'estrade du maître, des tableaux, des modèles, des appareils de chauffage ne doivent pas être laissés au hasard... " " La classe doit avoir la forme d'un rectangle, toute forme polygonale ou circulaire est proscrite. " Tout a été mis en oeuvre pour produire des écoles comme des petits pains : la classe est un moule unique, reproductible en autant d'exemplaires que possible.

L'espace scolaire est d'abord conçu pour que le maître puisse voir en permanence tous les élèves dont il a la charge. Le pouvoir est donné au maître de saisir l'ensemble des élèves d'un coup d'œil : c'est la première base matérielle de son pouvoir, pouvoir bien plus sûr que celui d'un maître qui frappe et qui ne voit pas pendant ce temps ce qui se passe derrière son dos. Toute une structure mentale s'est peu à peu élaborée à travers ces espaces rectangulaires et tristes, et y demeure maintenant attachée.

Non seulement les enfants doivent rester sans cesse sous les regards conjoints des autorités qui en ont la charge, mais ils doivent sans cesse garder le regard fixé sur le maître, et ne le porter par ailleurs que sur des objets, des lignes strictement contrôlées, propres à leur représenter l'autorité dont ils émanent. Le regard que l'enfant porte sur son école doit lui inspirer le sentiment de cette présence du pouvoir.{xtypo_quote}

Catherine Baker, dans "insoumission à l'école obligatoire", cite Michel Foucault concernant cet atroce "principe de visibilité obligatoire":

{xtypo_quote} La plupart des gens ont oublié leur enfance. Sinon, jamais ils ne pourraient se conduire envers les mômes avec un sadisme aussi bête. L'enfant vit en famille dans une menace vague qu'il peut d'autant moins circonscrire qu'elle se noie dans l'affection. A l'école, les sources les plus profondes de l'insécurité permanente, la peur de faire de la peine à ses parents, celle d'être séparé de ses amis, celle, bien enfouie, de jouer là tout son avenir, celle de devoir se reconnaître stupide, etc. ne se prêtent pas aux conversations entre mômes. Michel Foucault dans "Surveiller et punir" a des réflexions parfaitement appropriées à l'institution scolaire sur le "principe de visibilité obligatoire" : « C'est le fait d'être vu sans cesse, de pouvoir toujours être vu, qui maintient dans son assujettissement l'individu disciplinaire. » Le pouvoir peut braquer le projecteur sur n'importe quel enfant, à n'importe quel moment : "Que faites-vous ? "

3) La laideur et la dureté

Certains réformateurs de l'éducation nationale voudraient peut-être changer le contenu et garder le contenant. Malheureusement pour eux, même les murs, les matériaux, et les objets sont atroces. On ne pourrait même pas conserver les murs et le matériel pour en faire autre chose. Ces lieux sont laids, anti-vie, et ils incarnent la laideur or, ce qui nous motive tous pour faire un nouveau monde, n'est-ce pas la beauté ? Les "permaculteurs" ont sans arrêt comme modèle la forêt et n'y a-t-il rien de plus opposé à une forêt qu'une école ou une usine ? Et le modèle des écoles, n'est-ce pas justement la prison et l'usine ?

Cette laideur n'est point un détail subsidiaire, c'est une intention première, c'est un choix politique calculé en lien direct avec les buts de ces bâtiments. Les matériaux employés sont de type industriels et artificieux : plastique, polymères, métal et toxique. Evidemment, rien de naturel, rien de "chaleureux", rien de "convivial", rien de rond, à fortiori rien non plus de "doux". Le bois, la pierre, la terre, le végétal, le tissu, tout ce qui "réchauffe" - le corps et l'âme avec - est évidemment proscrit et rigoureusement absent, l'objectif étant la laideur et l'agressivité des lignes - en harmonie avec les arrêts de bus JC Decaux - .

Le regard que l'enfant porte sur son école doit lui inspirer le sentiment de cette présence du pouvoir.

nous dit encore Anne Querrien. Donc, ce sera rectiligne, tranchant même, froid, dur, gris, fixe, sans odeur ni saveur, artificiel, industriel, moulé sur gabarit, l'opposé du vernaculaire... les bâtiments scolaires sont faits pour lacérer les corps et surtout les âmes. C'est un lieu où l'on doit se cogner, qui doit nous cogner et où l'on doit se faire cogner. C'est un lieu qui doit désespérer, qui doit nous faire oublier la beauté, la chaleur et la rondeur du cosmos et des seins de notre mère.

Sur cette laideur citons également Christiane Rochefort :

Les bâtiments scolaires sont destinés aux enfants. Or, les anciens manifestent une pensée carcérale. Les nouveaux ressemblent à des cages. Tous sont parmi les plus laids et tristes édifices jamais plantés. Leur dessein architectural paraît de, ayant retiré le monde divers aux enfants, ne leur donner plus rien à voir. C'est une drôle de façon de penser aux enfants.

et Catherine Baker :

Avec la publicité, l'école est la plus magistrale entreprise d'imbécilisation. L'imbécilisation consiste à ôter à l'enfant tout envie d'entrer dans la compréhension du monde. Je ne dirais jamais assez les profonds ravages causés par le simple aspect sinistre des salles de classes (aussi bien les "modernes" que les "anciennes"). Un rapport américain avait fait quelque bruit. C'était une étude approfondie des écoles publiques aux États-Unis demandée par la Fondation Carnegie au Dr Charles Silberman, un homme tout à fait modéré. L'auteur du rapport soulignait qu'il fallait vraiment considérer l'école comme "allant de soi" pour ne pas s'apercevoir que tout dans l'aspect extérieur de l'école comme dans les relations entre maîtres et élèves "menait immanquablement à la stérilisation des esprits".

Krishnamurti :

La vie est authentiquement belle, sans rapport avec ce que nous en avons fait — une chose affreuse ; et vous ne pouvez en apprécier la richesse, la profondeur, l'extraordinaire beauté que si vous vous révoltez contre tout — contre la religion organisée, contre la tradition, contre cette société pourrie d'aujourd'hui — afin de découvrir par vous-même, en tant qu'être humain, ce qui est vrai. Ne pas imiter, mais découvrir. Il est très facile de vous conformer aux injonctions de votre société, de vos parents ou de vos professeurs. C'est un mode d'existence sans risques ni problèmes, mais qui n'est pas la vie, car il porte en germe la peur, la décrépitude et la mort. Vivre, c'est découvrir par soi-même le vrai, et cela n'est possible que lorsque la liberté est là, lorsqu'il y a en vous, au plus profond de vous, une révolution permanente.

Raoul Vaneigem :

Aucun enfant ne franchit le seuil dʼune école sans s'exposer au risque de se perdre ; je veux dire de perdre cette vie exubérante, avide de connaissances et dʼémerveillements, quʼil serait si exaltant de nourrir, au lieu de la stériliser et de la désespérer sous lʼennuyeux travail du savoir abstrait. Quel terrible constat que ces regards brillants soudain ternis ! Voilà quatre murs. Lʼassentiment général convient quʼon y sera, avec dʼhypocrites égards, emprisonné, contraint, culpabilisé, jugé, honoré, châtié, humilié, étiqueté, manipulé, choyé, violé, consolé, traité en avorton quémandant aide et assistance. (...) pourquoi les jeunes gens sʼaccommoderaient-ils plus longtemps dʼune société sans joie et sans avenir, que les adultes nʼont plus que la résignation de supporter avec une aigreur et un malaise croissants ?

Et Léandre Bergeron :

Comment oser dire que les enfants qui ne fréquentent pas l’école ne vont développer leur sociabilité ? C’est tout le contraire que je constate. Car la socialisation forcée des écoles ressemble à la socialisation des prisons plutôt qu’à l’épanouissement des relations humaines chaleureuses.

4) Compétition

Les évaluations fondent également le circuit fermé du monde, les retirer créerait un trou d'air dans la cuirasse. Ce qui m'apparaît liberté et espoir semble être un vide effrayant pour ceux à qui je présente la fin de l'évaluation : "Mais comment on fait alors, si on n'évalue pas ? Il faut bien évaluer ". C'est quand même terrible de ne pas être capable d'imaginer l'appel d'air salutaire de ce vide qui n'est que momentané, et de demeurer à ce point-là terrorisé par le vide. Les profs étant avant tout payés pour évaluer (et cela leur donne en prime le sentiment d'exister et une légitimation), ce n'est peut-être pas demain que nos criminels de profs vont arrêter ce massacre quotidien.

La situation scolaire est totalement dénuée d'amour. Un professeur qui note n'aime pas. C'est un criminel. C'est le premier artisan de cette société affreuse, c'est le promoteur des guerres et de la lutte de tous contre tous. L'Éducation Nationale est un lieu totalement vide d'amour, pas une seule goutte, dans aucun recoin. C'est la forme de l'objet et ses outils de haine permanente, qui rend l'amour totalement impossible. Le but de l'école est la guerre entre les hommes. Celui qui dit diffuser de l'amour au sein de l'école est un grand hypocrite. Je te mets 9/20, et à toi 12/20, mais c'est avec amour bien-sûr ! Je vous viole l'âme avec amour, bien-sûr. J'introduis en vous l'ambition, la compétition, l'obsession du devenir, la corruption, l'obéissance, le conformisme, la tradition, l'individualisme, l'idée de réussite et d'échec, de développement vertical de votre personne, mais c'est avec amour bien-sûr ! Et au service de la fraternité, bien-sûr ! Je cautionne cette société pourrie de compétition et de lutte des places, mais c'est avec amour, bien-sûr ! Il y a l'école : l'acte quotidien contre l'amour, cette religion scolaire au service de la religion du fric, de l'égo, de l'avidité, et de l'ambition.

Collèges, Lycées, Universités, sont dans leur bulle, c'est effrayant. Le pire des entre-sois qui soit ! Les collèges et lycées fonctionnent en parfaite autocratie en la personne du proviseur. Les listes d'agrément de l'éducation nationale permettent d'assurer l'étanchéité parfaite. Les campus ont été installés en dehors des villes-centre. L'étudiant est souvent un expatrié qui ne peut se sentir citoyen d'aucune façon. La menace des sectes et de certains groupes d'influence est sans cesse brandie pour justifier cette sanctuarisation et cette surprotection nocive qui empêchent les jeunes de développer leurs propres anti-corps.

L'école a fidèlement évolué, ou muté, en harmonie profonde avec les besoins de l'Industrie et de ses services. En dépit de résistances internes elle est sa pépinière de matériel humain adéquat. Elle est calquée sur ses structures, et les transmet : soumission, compétition, ségrégation, hiérarchisation, et ennui mortel de l'âme. Christiane Rochefort

Le principe horrible de l'Institution scolaire est si limpide : nous forcer à tous avancer sur un fil tendu au dessus du vide pendant si longtemps, de façon si harassante, que nous finissons tous par tomber, d'une manière ou d'une autre, à moment donné. Ainsi, on obtient une société de gens cassés, de gens qui ont pour toujours une vision mineure de leur être par rapport à l'ordre établi. De plus, deuxième partie du principe, ce fil, est une direction unique imposée qui aliène, pas à pas, chacun d'entre-nous pour nous mettre au service d'un système qui n'a rien à voir avec nos élans de vie initiaux (et exciter ce qu'il y a de plus vil en nous, non la vertu). Par quel moyen est-ce qu'on nous force : par un chantage affectif permanent, par notre besoin de socialisation, puis par un chantage à la survie qui vient s'ajouter.

5) Immobilité

Sur l'immobilité mortifère attendue de l'élève citons Christiane Rochefort :

Expropriation du corps. Bouclé là à six ans, après l'exercice préliminaire de la Maternelle - ambiguë, compliquée, importante, de plus en plus tôt la Maternelle. On tombe sur des chaises dures, et on écoute des mots pendant des heures. Est-ce par hasard que cette jeune créature croissante, cette boule d'énergie neuve, cet explorateur aventureux, est tenu immobile, pétrifié, confiné, réduit par grand soleil à la contemplation de murs, et à la rétention angoissée de la vessie voire du ventre, 6 heures par jour à temps fixe sauf récrés à minutes fixes et vacances à dates fixes, durant 7 années ou plus ? Comment apprendre mieux à s'écraser? Ça rentre par les muscles, les sens, les viscères, les nerfs, les neurones. C'est une leçon totalitaire, la plus impérieuse n'étant pas celle du prof. La position assise est reconnue néfaste pour la charpente les vaisseaux les canaux, et voilà comment votre Occidental a la colonne soudée, les tubes engorgés les poumons rétrécis des hémorroïdes et la fesse plate. Ça fait un siècle qu'on les voit les enfants gratter les pieds se tortiller, sauter comme des ressorts quand L'HEURE sonne (sans parler de 20 % de scoliotiques). Ces manifestations sont mises au compte de leur turbulence, pas de l'immobilité insupportable qu'on leur impose : le tort sur la victime. Non ce n'est pas un hasard. C'est un dessein, si obscur qu'il soit à ceux qui l'accomplissent. Il s'agit de casser. Casser physiquement la fantastique machine à désirer et à jouir. Que nous sommes, fûmes, avons été, tous, requiem. Tu ne vivras pas, tu n'es pas venu au monde pour ça. La machine est solide et résiste longtemps. Etre enfant c'est de l'héroïsme. Cette déclaration fera ricaner ceux qui ont oublié qu'ils ont été des enfants, qui ainsi se trahiront. {xtypo_quote}

6) L'ennui

Sur l'ennui, citons Christiane Rochefort et Edmond Gilliard :

C. Rochefort qualifie les écoles ainsi : « les temples de l'ennui pré-industriel»

Edmond Gilliard oppose superbement l'ennui dans les école à l'amour ("le diable, c'est l'ennui" disait aussi le dramaturge Peter Brook) :

{xtypo_quote} Ce que l'enfant sait, c'est qu'il s'ennuie. C'est là sa science de la chose ; c'est là le fait réel de son «savoir actuel». C'est là l'objet immédiat de sa conscience ; c'est cela, l'évidence... Hélas ! il y a ennui dès qu'il n'y a plus amour. L'amour vrai crée l'irrésistible évidence du plaisir. Celui qui ne « devine » pas l'ennui ne communiquera jamais le savoir. L'amour cesse d'être légitime dès qu'il devient ennuyeux. (...) Répandre l'ennui, c'est, je crois, — c'est, certainement, — encore pire que d'exercer la violence ou de pratiquer l'injustice. L'ennui est plus nuisible, plus immoral que tout. Il ruine toute éducation en débilitant la nature, il énerve toute discipline, il anémie toute doctrine, il dessale toute nourriture, il ôte toute saveur à la conscience, il délave, lime. — L'injustice peut révolter, la violence peut stimuler la résistance. L'ennui, profondément, écoeure. L'ennui rend lâche. Une vigoureuse adversité fouette le sang, l'ennui instille sa torpeur dans les lymphes.

A ce stade du discours, voulez-vous reprendre un petit bain de l'idée de "NEUTRALITÉ DE L'ÉDUCATION NATIONALE..." ?

7) La méchanceté des profs

il est clair que tout homme de pouvoir est porté à en abuser et que le pouvoir corrompt toujours. Thucydide disait : « Par une nécessité de nature, chacun commande partout où il en a le pouvoir. » ; Alain disait que tout pouvoir ira toujours à fermer toutes les portes... Depuis la nuit des temps, des hommes réfléchissent sans cesse sur comment se protéger des abus de pouvoir, c'est là l'essentiel de la philosophie politique, mais ces découvertes et ces techniques, sont régulièrement ettouffées, écartées,...

Je voudrais ci-dessous redéfinir la méchanceté et l'abus de pouvoir et prouver par là que le groupe des profs est radicalement méchant, dans le sens où ses membres se trouvent simplement dans une occurrence où ils peuvent faire mal, et comme ils le peuvent, ils FONT mal en permanence (voir la fin de cet article sur la non-puissance). Nous devons donc en finir avec l'antimanichéisme primaire et nous remettre à dénoncer les abus des hommes de pouvoir pour ensuite mettre fin aux prérogatives et aux symbolismes/mysticismes qui provoquent les abus de pouvoir et l'absence de consentement mutuel et de philia.

Cet article veut aussi exprimer qu'en matière de méchanceté, il n'y a pas de différence fondamentale entre les profs d'hier et les profs d'aujourd'hui contrairement à ce qu'on essaie constamment de nous raconter. Ça fait partie de la stratégie de l'Éducation Nationale de toujours faire semblant de changer et notamment en matière de traitement des élèves. La baguette faisait mal aux doigts certes, mais qu'est-ce qui faisait beaucoup plus mal encore et qui fait toujours aussi mal aujourd'hui ? : La situation. Ce rapport (inhumain). Cette ambiance. Cette domination. Cette compétition. Cette peur de l'adulte, cette peur de déplaire et d'être jugé par la négative, et ça, voyez-vous de Jules Ferry à aujourd'hui, rien n'a changé d'un iota. Les fondements de la méchanceté (et donc in fine les fondements de l'obéissance et de l'aliénation) n'ont jamais été retirés. La méchanceté ne s'exprime par exactement pareil qu'au début du XXème siècle, mais son essence, sa puissance, son effectivité, son efficience, ses causes, sont toujours là, intacts.

Les profs font mal et font le mal en permanence, car ils poursuivent tranquillement la seule chose qui nous fait du mal à tous depuis notre naissance : la mise sous dépendance et le chantage à l'amour. Cette chose nous fait mal à la fois sur le moment comme une brûlure vive et dans le long terme, car c'est la cause première de notre propre aliénation puisque nous allons diriger toute notre vie par rapport à ça, au lieu de nous développer dans l'autonomie. Les profs prennent le relai des parents sur ce point (ou disons, oeuvrent de concert) et nous préparent ensuite pour être définitivement mûrs pour les prochains hommes de pouvoir qui vont venir : Patrons, Directeurs, Élus et compagnie. Les parents, puis les profs, préparent le terrain nécessaire pour qu'on vive la vie comme eux l'ont vécue, c'est-à-dire comme « un troc permanent de la gloire ou du mépris où chacun reçoit une supériorité en échange de l'infériorité qu'il confesse » (Jacques Rancière). A chaque nouvelle génération, on espère autre chose mais les profs sont là pour empêcher tous les nouveaux mondes possibles : « La tâche du pédagogue : fonctionnaire timide, il inculque à ses élèves le respect et la docilité qui les pousseront toujours à faire "comme les autres". Et, ainsi, il rend encore plus incertain l'avenir meilleur vers lequel s'élancent les cœurs nouveaux. » (Henri Roorda)

Nous sommes tous pareillement faibles sur ce point : nous marchons toujours dans les chantages à l'amour, car nous recherchons tous l'amour de l'autre et le plaisir qui est associé. Le gentil, celui qui nous aime vraiment, sera celui qui nous aime en continu et oeuvre pour notre autonomie. Le méchant sera celui qui crée notre dépendance et un chantage à l'amour : un amour qui varie sans cesse, surtout en fonction de notre comportement ; un amour qui disparaît si nous nous émancipons complètement. Le méchant est notamment celui qui nous donne de l'amour quand nous nous soumettons, quand nous obéissons, quand nous correspondons à ce qu'il attend. Très tôt nous nous faisons berner là-dessus puisque le méchant in fine, après que nous ayons obéi, nous donne effectivement de l'amour, il devient gentil, il devient source de plaisirs et nous voilà complètement pommé. Le méchant veut notre soumission uniquement et il est donc contre notre développement, contre notre liberté. Il est contre le fait de nous rencontrer et de trouver un rapport mutuel, puisque la rencontre suppose l'égalité et ce n'est pas ce qu'il cherche. Louise Michel disait que le pouvoir est maudit ; je dirais que de la même façon  : le Professorat est maudit.

Sur le chantage à l'amour, lisons Gérard Mendel, c'est lumineux :

Si le sujet ne se soumet pas, exprime une volonté propre, l'adulte marquera sa désapprobation en lui montrant qu'il ne l'aime plus. Le très jeune enfant, avant même l'apparition du langage, associera ainsi de manière irréversible, affirmation de soi et perte de l'amour de l'autre. Quand on songe à ce que l'autre représente pour un nourrisson tout simplement la vie on conçoit l'efficacité d'un tel procédé. De cette manière, le sujet ne pourra pas évoluer naturellement vers l'autonomie. Sa peur de perdre l'amour des adultes, soigneusement entretenue et cultivée, le marquera d'une empreinte ineffaçable qui est le conditionnement à la soumission. (...) Celui qui détient l'Autorité sera appréhendé comme un personnage tout puissant, et le réflexe de soumission conduira le sujet à une obéissance absolue sous peine de déclencher la réaction de culpabilité et la peur d'un abandon, d'une exclusion. L'angoisse d'un tel abandon, d'une telle exclusion répétéra, sans que le sujet en soit le moins du monde conscient, son angoisse originelle lorsqu'il était un tout jeune enfant, voire un nourrisson, menacé d'une perte d'amour.»


Nous voilà avec une définition extrêmement claire de la méchanceté : sont méchants, ceux qui se mettent (consciemment ou inconsciememnt) en position pour convoquer en permanence cette angoisse originelle dont parle G. Mendel, ce chantage à l'amour, qui provoquera notre soumission et donc in fine notre aliénation. Ils sont méchants car ils nous font mal. C'est évidemment sur ce schéma que va se brancher le principe carottes et bâtons, récompenses et punitions. Nous sommes tous prêts à nous faire avoir par ce système, car s'il y a des bâtons, il y a aussi des carottes et nous perdons totalement de vue, le véritable amour, la véritable amitié, ce courant continu, ce pain de vie partagé, la philia, l'agapè, cette relation par consentement mutuel et réciproque. Nous nous mettons tous à fonctionner comme des chiens de compétition dressés pour rapporter des proies à notre maître. Les profs, TOUS LES PROFS, sont dans une position, dans une situation, dans une occurrence où ils sont amenés à abuser et à être méchants. Ils sont pile là où il faut être pour jouer avec notre angoisse originelle de perte de l'amour, pour nous donner un amour sur courant variable, fonction de notre soumission et de notre obéissance... Pas de rapports humains, nous donnons seulement de bonnes ou de mauvaises réponses, comme dans l'expérience de Milgram, et le prof a les mains en permanence sur "le stimulateur de chocs".

Un professeur qui met des notes n'est rien d'autre qu'un pervers qui se venge. Comme un violeur qui viole parce qu'il a été violé. Le professeur a une infinité de points communs avec les élus, les patrons, les marchands en position dominante, les "programmateurs", et toutes ces personnes ("décideurs") qui se mettent stratégiquement en position d'avoir le droit d'élever ou de rabaisser arbitrairement autrui, de permettre ou d'interdire, d'ouvrir ou de fermer, de donner la vie ou la mort. Arbitrairement mais pas sans raison : ces individus élèvent et rabaissent les autres évidemment en fonction de ce qui leur permettra de s'élever du même coup. C’est bien la catégorie des méchants, au diable l'antimanichéisme primaire ! Il faut in fine leur pardonner puisque ce comportement, est évidemment le signe d'un manque radical d'amour et d'un besoin de consolation abyssal. Il ne s'agit pas non plus d'essentialiser quiconque, de condamner quiconque. Tout prof ou tout Élu qui démissionnera cessera immédiatement les méfaits qui correspondent à la situation du professorat ou à celle d'avoir le pouvoir en régime oligarchique.

Les méchants sont ceux qui mettent l'autre dans une relation de dépendance, de manque, pour se sentir exister, pour contempler la soif, la faim, le manque dont ils sont les auteurs, que leur existence crée. C'est leur manière à eux de vivre l'amour (mais c'est totalement l'inverse de l'amour, puisqu'il s'agit uniquement d'égoïsme, c’est l’amour d’eux-mêmes qui est devenu insatiable).

Si le monde va parfois si mal, c'est qu'il est gouverné par ces méchants, ça, on s’en doutait. C'est exactement pour cela d'ailleurs qu'on arrive régulièrement à l'idée fondamentale depuis 2500 ans de philosophie politique qu’ : « il ne faut jamais donner le pouvoir à ceux qui le veulent » (De Platon à Jacques Rancière, en passant par Montesquieu, Tolstoï, Alain et Castoriadis). Car ceux qui veulent le pouvoir sont justement les êtres tout prêts à vivre du manque qu'ils vont créer dans autrui, des êtres tout prêts à jouir de celui qui va les supplier. (Puisque c’est précisément cela qui est recherché par eux, selon une mécanique décrite par Simone Weil : « Faire du mal à autrui, c'est en recevoir quelque chose. Quoi ? Qu'a-t-on gagné ? (et qu'il faudra repayer) quand on a fait du mal ? On s'est accru. On est étendu. On a comblé un vide en soi en le créant chez autrui. » )

Les méchants organisent leur existence pour trouver un poste, une fonction, qui leur permettra d'être continuellement dépositaire de quelque-chose qui va créer le besoin, le manque dans autrui. Et ensuite, ils gèrent un compte-goutte. L'autre vient chercher ses gouttes, alors qu'il voudrait un océan, alors parfois il craque, il enrage, mais c'est peine perdue, puisque le méchant se repaît de cette rage, ça lui fournit une preuve magistrale de son importance et de son existence supérieure (en prime, le méchant utilise toujours cette rage pour faire passer l'autre pour le méchant). Oui, ce sont donc les méchants c’est-à-dire les hommes de pouvoir et ça s'exprime dans tous les domaines de la vie. Il suffit juste de créer la dépendance et de l'entretenir par le chantage à l'amour, via un arsenal d'outils divers et variés (matériels et psychologiques). Les gentils ne font pas ça. Là aussi, il ne s’agit pas d’essentialiser quiconque avec la catégorie des gentils, mais cette catégorie reste bien utile pour disséquer les rapports humains. C'est dans l'égalité, dans le partage juste et équilibré qu'ils tirent leur satisfaction. Si parfois, ils créent un rapport de dépendance, un manque, c'est momentané, c'est malencontreusement, c'est juste une erreur d'ajustement, un passage difficile. Les gentils cherchent les rapports d'égal à égal, et les entretiennent même si c'est un équilibre ardu à conserver dans la durée, ils n'ont pas BESOIN de créer le manque et de tirer sur la corde pour se sentir vivre.

Mais les Élus, les professeurs, les patrons, les chefs d'établissements et tous les chefs, et puis donc évidemment dans le domaine affectif, certains hommes vivent de la dépendance et du chantage à l'amour, l'organisent. Ce sont les êtres méchants, parce qu'ils font mal autour d'eux sans arrêt. Bien-sûr, nous arrivons tout simplement au cercle vicieux de la méchanceté : quand on comble un vide en soi en le créant chez autrui, le phénomène risque de se poursuivre à partir de la personne qu’on a maltraitée. Ça semble aussi machinale que de la thermodynamique.

Être avide, vouloir le beau, chercher la source de vie, c'est en chacun de nous et les méchants se placent donc stratégiquement en amont de toutes sortes de sources merveilleuse. A l’école, les sources sont principalement le savoir, l’idée de skholè, le sentiment d’exister, la socialisation, le droit d’évoluer, d’avancer (c'est pas rien !!!).

Le méchant, on le sait, n’a pas d'empathie et ne cherche rien à modifier puisque la souffrance de l'autre est la matière première de la nourriture dont il a besoin pour se sentir vivre, pour le remplir, pour combler quelque chose qui manque en lui. En fait, les méchants vivent continuellement d'un : « Tu as besoin de moi, hein ! Je le vois bien. Je la vois bien ta langue pendante. Je vois bien ta colère preuve que je suis indispensable pour toi » et ils ne vivent jamais la vraie vie. Ils ne se doutent même pas que s'ils arrêtaient d'être « méchant », de l'égalité pourrait jaillir la vie et le fertile, mais non ils préfèrent stagner, avec un compte-goutte, en plein désert, pour jouir des assoiffés autour d'eux pour qui ils sont immanquablement le centre, que dis-je, plus que centre - par ce mécanisme diabolique -, ils deviennent Dieu, une illusion de Dieu, ils sont le pourvoyeur de toutes choses. Ils sont en situation de distribution, ils passent leur vie à s’organiser pour être et rester indispensables. La première chose que l’on devrait tous faire, en face des méchants, c’est justement de se passer d’eux et de trouver comment les guérir par d’autres voies, mais c’est souvent très difficile, le gouffre d’amour en eux, fait un appel d’air gigantesque et aspire tout sur son passage... et leur chantage à l'amour marche trop bien,... le piège est si parfait,...

Je voudrais encore citer Simone Weil mais dans ses « commentaires de textes pythagoriciens » où il est en plus question du lien entre le divin et la géométrie.

«  Les choses indifférentes restent toujours indifférentes ; ce sont les choses divines qui, par le refus de l’amour, prennent une efficacité diabolique. »

Qui me fait penser à l'expression « la corruption du meilleur engendre le pire » que l’on trouve chez Illich et beaucoup d’autres personnes.

Et comment ne pas rapprocher cela de l’école ? Comment ne pas voir que l’idée originelle de skholè en étant corrompue (notamment par le professorat), est devenue la chose la plus dangereuse ?

Une école, c’est un pharmakon, un outil inventé par l’homme qui peut être soit un remède soit un poison. Lorsque le pharmakon de l’école est entre les mains du pouvoir ou d’hommes de pouvoirs, alors il devient extrêmement toxique. La chose la plus toxique du monde peut-être. En ce sens, nous devrions peut-être veiller à ce que l’école ne soit pas un pharmakon, mais qu’elle soit uniquement rencontres, relations, rapports (mutuel, égaux, réciproques). Albert Jacquard disait justement que l’école devrait uniquement être le lieu de la rencontre des autres.

Tolstoï, lui aussi, quand il développe son "principe de non immixtion" de l’école et des profs (l’école et les profs ne doivent pas s’immiscer dans les êtres), il imagine une école libre qui ressemble plus à « la culture » qu’à un enseignement, des méthodes, des techniques et des outils.

Rencontre, culture, voici des concepts qui nous éloignent donc d'un pharmakon pour être sûr que personne n’en viennent à manipuler l’école et à mettre les êtres sous dépendance. C’est aussi pour ça que nous avons un gros problème avec « la culture » de nos jours, car elle a aussi été rendue pharmakon et puis ensuite détournée, manipulée, stérilisée, par les pouvoirs. On peut imaginer que la culture, que la rencontre des hommes mettent en œuvre des pharmaka, mais encore faut-il qu’ils soient décidés collectivement et que leur utilisation soit partagée équitablement entre tous.

Mais qu’en est-il du mouvement des dominés puisque « là où nul n’obéit personne ne commande » ? et selon l’angle choisi, je pourrais dire : puisque là où nul ne perd son autonomie, personne ne peut mettre l’autre sous sa dépendance.

Pour décrire ce mouvement des dominés, je donne la parole à Simone Weil (dans les « commentaires de textes pythagoriciens ») :

« Il peut arriver qu’un homme transporte la position centrale hors de soi dans un autre être humain, en qui il met son trésor et son cœur. Lui-même alors devient une simple parcelle de l’univers, tantôt assez considérable, tantôt infiniment petite. La crainte extrême peut produire cet effet aussi bien qu’une certaine espèce d’amour. Dans les deux cas, quand pour un être humain le centre de l’univers se trouve dans un autre, ce transfert est toujours l’effet d’un rapport de forces mécaniques qui soumet brutalement le premier au second. L’effet se produit si le rapport des forces est tel que toute pensée d’avenir chez le premier, qu’il s’agisse d’espérance ou de crainte, passe obligatoirement par le second. Il y a identité essentielle quant au caractère brutal et mécanique de la subordination dans les relations en apparence si différentes qui lient un esclave à un maître, un indigent à un bienfaiteur, un grognard à Napoléon, un certain type d’amoureux, d’amoureuse, de père, de mère, de sœur, d’ami, et ainsi de suite, à l’objet de leur affection. »

Il me paraît évident que le principe du mal se trouve ici : dans la mise sous dépendance d’autrui conséquence direct d’un vide en soi et son corolaire, se laisser mettre sous dépendance. C’est pour ça que toute l’astuce de l’Éducation Nationale est d’intervenir le plus tôt possible, sur les êtres les plus faibles et malléables possibles. L’Éducation Nationale ne fait qu’entériner et perpétuer en fait un monde de mise sous dépendance, un monde de chantage à l'amour, un monde de compétition avec carottes et bâtons.

Dépendance aux institutions. Dépendance à l’argent. Dépendance aux trusts agro-alimentaire par la destruction des moyens d’autosuffisance et notamment de la terre. Dépendance à des propriétaires immobiliers ou des moyens de production.

"Le gouvernement par la contrainte" n’est pas grand-chose à côté de ce macro-système ramifié de mise sous dépendance (qui commence par l’école).

La première des mises sous dépendance que réalise l’école est celle concernant le savoir comme nous en parle Ivan Illich et puis John Holt :

« Le professeur prépare à l'institutionnalisation aliénatrice de la vie en enseignant le besoin d'être enseigné. Une fois cette leçon apprise, l'homme ne trouve plus le courage de grandir dans l'indépendance, il ne trouve plus d'enrichissement dans ses rapports avec autrui, il se ferme aux surprises qu'offre l'existence lorsqu'elle n'est pas prédéterminée par la définition institutionnelle. » I.I.

« Le plus fondamental des droits de l’homme est celui d'être maître de son esprit et de ses pensées. Cela implique le droit de décider soi-même comment on va explorer le monde qui nous entoure, celui d'évaluer ses propres expériences et celles des autres, et enfin le droit de chercher et de donner du sens à sa vie. Quiconque nous ôte ce droit, tout éducateur soit-il, s'attaque à l'essence même de notre être et nous cause une blessure profonde et durable. Car il nous affirme ainsi que nous ne pouvons pas nous faire confiance à nous-mêmes, même pour penser, que notre vie durant nous dépendons des autres pour connaître le sens du monde et celui de notre vie, et que nos propres interprétations, faites au regard de nos expériences, n'ont aucune valeur. Mon propos n'est pas d'améliorer l' "éducation" mais de faire sans, d'en finir avec ce système de formatage affreux et anti-humain, et de laisser enfin les gens se construire eux-mêmes ». J.H.

Quelques lignes après le texte de Simone Weil que nous avons cité plus haut, elle poursuit :

« Il y a pourtant une exception. C’est quand deux être humains se rencontrent dans des circonstances telles qu’aucun ne soit soumis à l’autre par aucune espèce de force et que chacun ait à un degré égal besoin du consentement de l’autre. Chacun alors, sans cesser de penser à la première personne, comprend réellement que l’autre aussi pense à la première personne. La justice se produit alors comme un phénomène naturel. »

Et puis, plus loin :

« Seul le vrai renoncement au pouvoir de tout penser à la première personne, permet à un homme de savoir que les autres hommes sont ses semblables. (…) Les hommes n’aiment la richesse, le pouvoir et la considération sociale que parce que cela renforce en eux la faculté de penser à la première personne. Accepter la pauvreté au sens littéral du mot, c’est accepter d’être néant dans l’apparence qu’on présente à soi-même et aux autres comme on est néant en réalité. »

Donc, laisser à l'autre son autonomie, et ne pas chercher à prendre puissance sur lui via un chantage à l'amour, et chercher la charité, la rencontre mutuelle.

Tout ceci me fait penser à ce que dit Jacques Ellul sur la non-puissance. Et je voudrais donc terminer cet article avec lui, avec quelques merveilleuses citations où on comprend que la Vérité se trouve dans la non-puissance :

« Nous pouvons être assurés que dans toutes nos situations de richesse, de puissance, de domination, d'expansion, de haute technologie, de croissance indéfinie, Dieu n'est pas. »

« Ce qui a constamment marqué la vie de Jésus, plus que la non-violence, c'est le choix en toute circonstance de la non-puissance. Ce qui va infiniment plus loin. La non-puissance n'est pas l'impuissance. Celle-ci est le simple fait que je ne peux pas faire ce que j'aurais envie de faire, ou devrais faire. La non-puissance est un choix : je peux, et je ne le ferai pas. C'est un renoncement. »

Les profs, les élus, les patrons, les parents, sont des êtres qui peuvent, et ils font. Tragédie !

« la non-puissance est une orientation permanente dans tous les choix de la vie et toutes les circonstances. On a une puissance, et on refuse de s'en servir. Tel est l'exemple de Jésus. C'est une des expressions les plus bouleversantes que cette considération d'un Dieu qui est le Tout-Puissant, et qui venant parmi les hommes prend la décision de la non-puissance.»

« cette orientation permanente et ce choix explicite de Jésus de la non-puissance nous placent actuellement dans une situation délicate. Car nous devons faire le même choix. Mais nous sommes placés dans une société qui n'a pas d'autre orientation, pas d'autre objectif, pas d'autre critère de la vérité que la puissance !
La science est devenue non plus recherche de la vérité mais recherche de la puissance, la technique est tout entière un instrument de puissance. Il n'y a rien dans la technique sinon de la puissance. La politique n'est ni le souci du bien et du juste ni l'expression de l'humain, elle n'a pas d'autre but que de réaliser, d'affirmer la puissance. L'économie quand elle se voue à la recherche effrénée de la richesse des nations est en définitive elle aussi vouée à la puissance...
Notre société est l'esprit de puissance, la grande différence avec les sociétés antérieures est que sans doute celles-ci recherchaient aussi la puissance mais n'en avaient pas les moyens. Alors que notre société a maintenant acquis les moyens d'une puissance illimitée, si bien que nous sommes aujourd'hui placés dans la situation la plus difficile qui ait jamais eu lieu, puisqu'il nous faut récuser à la fois l'esprit de notre temps et les moyens employés. Sinon, si peu que nous cédions à ces puissances, nous trahissons Jésus, bien plus sûrement que si nous commettons tel ou tel péché individuel et limité : car c'est un choix de vie (dont la non-violence est une partie) et il n'y en a pas d'autre possible. Si le dernier mot est l'amour, il consiste à ne jamais exprimer ni marquer une puissance quelconque envers l'autre en toute circonstance.

Et seule la non-puissance aujourd'hui peut avoir une chance de sauver le monde...»

8) La peur totale : celle de mourir.

A l'école, on a peur et on apprend à avoir peur. C'est un régime de peur intégrale. Il y a toutes sortes de peurs quotidiennes bien-sûr, mais parlons de cette peur globale qui sous-tend ce système - et il s'agit forcément de la peur qui domine toujours toutes les autres - : la peur de mourir. Cette peur suprême est précédée de la peur de l'exclusion sociale, mais on sait très bien avec quelle célérité, on passe de l'une à l'autre, et comment finalement elles se confondent toujours anthropologiquement.

Chaque scolarité répond au schéma animal et dogmatique (le mot est archi-faible) suivant : « Je dois apprendre, et vite, je dois savoir, c'est-à-dire savoir répondre correctement aux questions en fonction du modèle, c'est-à-dire obéir, pour avoir des diplômes, qui me permettront ensuite d'avoir un "travail", un "métier", lequel me rapportera de "l'argent" (plus ou moins selon si j'ai bien travaillé à l'école ou pas) et par ce moyen, je serai accepté, je serai à l'abri du besoin, je ne dormirai pas dans la rue et j'aurai de quoi de manger. Et si j'excelle, je serai récompensé, je pourrais même vivre dans le confort, voire dans le luxe. Ma scolarité réussie est ce qui m'éloigne de celui qu'on appelle "un SDF", de la déchéance, de l'absence de toit et de nourriture, et me rapproche de la reconnaissance des autres et donc de la sécurité matérielle et affective. Si j'échoue à l'école, si je suis un raté, je pourrais en mourir, comme ce SDF mort de froid. Je finirai tout seul, à manger dans les poubelles, sans dents et ma vie sera très brève, remplie de souffrances physiques et morales. » Tous les adultes, en vertu de ce "réseau de mafiosi" dont parle Léandre Bergeron, sont de connivence pour entretenir ce schéma dans les enfants. Ha cet amour-menteur pour les enfants ! Je te fais peur pour que tu obéisses et que tu te conformes, mais je t'aime. L'amour n'est qu'un outil de premier choix, parmi les outils de servitude : "c'est pour ton bien", parce que je t'aime. L'amour des parents pour leurs enfants, c'est aussi intense que "la subversion du christianisme" (Cf : Jacques Ellul) ou que l'imposture de notre régime politique. Une illusion, une très fine manipulation, une mystification, on nous paie de mot, et nous, on marche, on fait confiance, alors qu'on nous conduit à l'abattoir.

Voilà donc ce qu'on appelle "civilisation", "société", "République", "vivre ensemble","la famille qui nous protège", un état de chose qui repose à tout instant sur la peur de mourir, la peur d'être exclu, la peur d'être dernier, rejeté par les siens, la peur de ne pas correspondre vu les risques encourus pour sa survie. Voilà donc cet état de chose (société, famille) que l'on affuble sans cesse de jolis mots fleuris qui n'est qu'un régime de peur intégrale : MARCHE OU CREVE. Voilà avec quoi la jeunesse de ce monde chemine. Voilà, ce qu'il y a dans le coeur de la jeunesse de ce monde à chaque instant (et dans le coeur de chacun de nous). Et sans refondre totalement (inverser !) cette matrice diabolique, nous voudrions conserver des aspirations à un monde qui serait beau comme ci ou comme ça ? Quelle blague !

Ce site internet propose d'ausculter LA MATRICE de notre société et des individus. Dès le départ, cette matrice nous intime au plus profond de nous-même que la distance, fusse-t-elle, infime, que nous prenons vis-à-vis du modèle social en vigueur nous rapproche (même un tout petit peu) de la mort. A chaque fois que nous nous écartons de ce qui est admis, attendu, VLAN, une logique implacable est là pour nous faire incorporer qu'on prend un risque pour notre survie future. C'est beau l'amour ! C'est beau la fraternité quand même !

En conséquence, ce régime de peur, donne naissance à des individus dont les caractéristiques premières seront l'insincérité, le mensonge permanent vis-à-vis de soi et des autres (pour correspondre), la vente mutuelle, la construction d'un personnage (de masques), de carapaces, l'incorporation de rôles - rien de plus adéquat qu'un rôle, qu'une fonction voulue par l'État, pour s'éloigner de la peur de mourir puisqu'on sera accepté sans détour, donc on se précipite sur les rôles -.

Les individus n'en sont pas puisqu'ils sont tous gorgés de schismes en tout genre : pour ne pas mourir, pour être accepté, on s'auto-découpe tous, à la machette, en fines rondelles. Les psychés sont de véritable temple du refoulé et du refoulement. L'histoire de nos 20 premières années à tous est une histoire intégrale de refoulement. Et la "société" est composée in fine de gens qui sont les fantômes d'eux-mêmes, qui ne sont JAMAIS eux-mêmes.

Le sentiment de l'échec scolaire est égal à la peur de mourir. C'est un système totalitaire qui emporte chacun d'entre-nous.
 
Sylvain

sensortird

Crédit Photo originale : Par Khoyobegenn