I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

 

Espace public / privé

Espace public / privé

Proposition de rachat collectif de terre ou de bâtiment à vocation citoyenne.

systèmeLes idées pour avancer et pour construire, nous les avons depuis belle lurette, et elles se précisent davantage chaque jour au fil de nos réflexions.

Pourtant…

Si nous continuons à évoquer les multiples solutions possibles pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, sans pouvoir réaliser, concrétiser le moindre petit rêve à dimension collective, nous risquons de perdre notre précieuse énergie et notre motivation à construire ensemble.

Si le seul lieu de rencontre réel dont nous disposons reste une salle communale gérée par les pouvoirs dits publics ou une quelconque association,  et si nous devons, toujours, demander  une autorisation ponctuelle et sans cesse renouvelable pour ce qui est une composante essentielle de la société humaine : la rencontre et le partage, nous ne pourrons malheureusement pas mettre en œuvre  tous les rêves au service du bien commun qui nous animent.

Nous avons le pouvoir de la parole, concédé le temps d'une rencontre, mais la parole reste creuse si elle n'est appuyée par un geste concret.  Or, le passage à l'acte reste lui aussi, en second lieu et de manière encore plus pénétrante, contrôlé et soumis à autorisation de l'oligarchie politique. Il n'existe aucun espace où les élans collectifs et citoyens puissent se déployer librement. Cette situation génère beaucoup de frustration, de renoncement et de résignation face à toutes les initiatives avortées avant même d'avoir pu germer. On se retourne vers la sphère privative, dans laquelle la composante sociale de notre être ne peut s'épanouir, et nous souffrons tous de cela.

Il manque donc désormais un support matériel pour déployer notre imaginaire et matérialiser nos aspirations communes.

Aujourd'hui, inutile d'attendre de la part des élus une quelconque coopération. Quand bien même la personne serait animée de la meilleure volonté qui soit,  sa fonction d'élu s'inscrit dans un système pyramidal que nous cherchons à voir évoluer vers un fonctionnement  horizontal. Les décisions, irrémédiablement, seront prises par un tout petit nombre qui n'est pas du tout représentatif de l'ensemble de la population, puisque la population ne s'exprime pas et n'a aucun pouvoir décisionnaire.

Nous n'avons  pas les moyens physiques de nous rassembler, de peser sur les choix politiques, de construire ensemble.

L'espace public étant privatisé, ne pourrait-on pas rendre public ce qui aujourd'hui est privé, pour commencer à bâtir ensemble une société plus égalitaire où l'intelligence collective puisse s'épanouir?

Cette conduite évite la confrontation avec les élus, l'éternelle attente de leur consentement, et permet une relative autonomie dans la réalisation d'une aspiration commune. La notion de responsabilité juridique partagée apparaît aussi. Il paraît impensable que dans une vie publique décidée par le plus grand nombre d'habitants d'une commune, la responsabilité d'une action repose sur les seules épaules d'un maire. Cette charge freine et empêche bien des initiatives également, par peur des lourdes sanctions qui peuvent apparaître injustement quand une personne supporte juridiquement le poids de la collectivité. Plus le nombre de propriétaires d'un lieu est important, plus la responsabilité est diluée, ce qui ne signifie en rien qu'elle s'efface mais qu'elle est supportée par tous.

PROPOSITION :

On pourrait racheter collectivement une terre ou un bâtiment, avec le plus grand nombre possible de propriétaires pour diluer la propriété au profit de l'espace public.

Nous sommes maintenant nombreux à connaître ce proverbe amérindien :

Quand le dernier arbre aura été coupé, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été attrapé, seulement alors, l'Homme se rendra compte que l'argent ne se mange pas.

Avant d'en arriver là,  pourrait-on transformer de nouveau l'argent en terre, en arbre et en poisson, et inverser la prophétie ?

Les prochains axes de conversation doivent converger vers la réappropriation collective du foncier, et tout le reste viendra, dans un joyeux bazar enthousiaste. Un hectare de terre mis au service de tous, peut constituer le point zéro d'une vie citoyenne concrète. L'esprit sans la matière n'est pas complet…

A suivre très bientôt...

 (Illustration de notre ami Andrea Echorn)

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Où est passée la spontanéité?

Randonnee feu de la St Jean Long 46 Quoi faire ces huits prochains jours autour de chez vous? Vous avez le choix mesdames-messieurs!!!

Un atelier d'écriture sur le thème des fleurs et de la poésie, organisé par la bibliothèque de Chervons-les-Eaux.

Le conseil municipal de Fricotet-les-Muscardins approuve à l'unanimité l'organisation de la Fête des Voisins proposée par Daniel Puigon, le président de "Ensemble les p'tits Mumus" -avec un budget alloué de 73 euros, c'est la commune qui paie les consommations!  Une recommandation particulière tout de même sera notifiée dans le compte-rendu du conseil, en ces temps de morosité sociale: car les derniers sondages affirment que 68% des français dépriment. On précisera donc bien qu'on est là pour faire la fête, et pas de la politique! Grincheux et mécontents seront priés de rester courtois pour ne pas perturber les festivités, ou bien de rester chez eux...

L'association Bien-Vivre-en-Val-Gelon accepte pour cette septième édition de la Fête de la Nature la présence de citoyens bénévoles qui vont présenter à ceux qui ne le connaissent pas encore le fameux pesto à l'ail des ours! C'est une grande première car jusqu'ici seules des associations légalement déclarées en préfecture prenaient part à l'organisation de la fête! La fête sera populaire!!! Les bénévoles seront évidemment encadrés par le référent de l'association, qui remboursera l'huile d'olive avec les subventions accordées pour la fête!!!

Mais si vous préferez assister à un atelier peinture-et-hypnose, c'est le même jour à Joissu-les-Moineaux, c'est organisé par l'association Soporifik, qui a réservé la salle au tarif asso, et répercute les frais sur les droits d'entrée qui restent cependant raisonnables: 13,60 euros par personne avec une décoction de valériane offerte aux trois premiers inscrits. Les enfants sont tolérés.

Triste litanie de la programmation de ce qui peut, de ce qui va exister,  demain, près de chez vous. Tous les rassemblements de personnes sont aujourdh'ui institutionnalisés, sans exception, et marchandisés. Un rassemblement spontané dans "l'espace public" est illégal. Pas de débordements. La liberté est sous contrôle.

On sait aussi que si on arrive tranquillement à la fête de la Nature sous tutelle de l'Association phare du Val Gelon, qu'on installe un petit stand comme ça, pour ajouter une présence, tout naturellement, puisque c'est le thème de la fête, quelqu'un ne tardera pas à venir, les yeux ronds, étonnés, pour savoir ce qu'on fait là, qu'on n'est pas au programme et qu'on aurait du prendre contact avec le président de l'association. L'imprévu effraie.

Intuitivement, nous savons que si un petit groupe de personnes installe une table sur le "domaine public" pour manger, partager de la documentation ou causer avec d'autres, les ennuis ne tardent pas à arriver en uniforme pour rappeler, d'abord gentillement que ce rassemblement n'est pas autorisé; et si l'on insiste à vouloir vivre ce moment de rencontre et de partage, l'usage de la force et de la contrainte par les " gardiens de l'ordre" nous rappelle vite les règles du jeu.

Intuitivement, nous savons que si nous nous installons dans la bibliothèque "publique" de Fariboule-la-Noise, de la façon la plus simple qui soit, pour présenter spontanément un livre quelconque, qu'il soit polémique ou non, les ennuis ne tardent pas à arriver en robes à fleurs pour nous rappeler, que n'importe qui ne peut pas s'installer comme ça, sans être tamponné par l'institution, et parler à nos frères et soeurs en humanité!

On ne peut carrément pas entrer dans une école "publique", la parole officielle détient le monopole total et le moindre imprévu est rangé au rang de subversion. Et si on commence à vouloir exposer "publiquement" nos vues en matière de phytothérapie ou de jeûne dans le hall d'un hôpital "public"? A chacun d'imaginer la tournure que peut prendre l'opération, et tous les remparts prévus pour empêcher le dialogue, l'échange de connaissances nécessaires pour construire le fameux esprit critique dont les censeurs se targuent depuis leur vue étroite.

L'irruption de l'inattendu est insupportable pour celui qui est inséré dans la chaîne de hiérarchie inhérente au fonctionnement des "espaces publics". Car son rôle est de maintenir la routine de fonctionnement du lieu. Chacun des espaces dits publics fonctionne selon des principes rigides immuables, sinon par le consentement d'une poignée d'hommes de pouvoir qui du jour au lendemain peuvent donner une orientation nouvelle à un espace en fonction de données arbitraires que nul ne contrôle. Chacun d'entre nous finance aveuglément la mise en oeuvre et le fonctionnement des bâtiments et institutions publics quels qu'ils soient, mais chacun est délibérément écarté du processus de prise en charge et de gestion de ces espaces. Ce fait est tacitement admis par quasiment toute la population, par résignation, par ignorance ou par peur, et induit la nature de nos comportements au sein de l'espace public. Ainsi quand on fait irruption sans y être attendu dans une biliothèque, dans la rue, dans une école, un hôpital... pour simplement  partager publiquement un contenu quelconque, rencontrer et apprendre avec l'Autre, ce n'est finalement même pas le contenu de ce qui apparaît soudain qui gêne.

Ce qui déplait, c'est la remise en question d'un dogme, celui d'accepter d'être pris en charge par d'autres, d'accepter que l'on programme notre vie culturelle, politique et sociale sans notre consentement, sans notre implication. C'est le fait de considérer que les espaces publics sont de fait, aussi les nôtres, et d'y mettre en oeuvre d'autres usages que ceux qui y sont programmés. Cela fait soudain apparaître une idée que beaucoup ne peuvent même pas effleurer en pensée, car cela remet en question la totalité de leur fonction au sein de l'institution. Cette arrivée impromptue, là où on ne nous attend pas, pour imaginer, créer là où tout est déjà calibré, montre aux yeux de tous à quel point nous sommes devenus un peuple servile, docile, obéissant, soumis, résigné, qui a enfoui au plus profond la créativité au service de chacun et de tous.

Pourtant, il n'y pas si longtemps, chacun, petit ou grand, portait son bout de bois pour constituer un immense feu de joie le jour de la fête de la Saint-Jean. C'est ce qui donnait sens au feu et à la fête. Aujourd'hui le feu est derrière une rangée de barrières, elle-même  derrière le camion de pompier, et c'est l'employé communal qui a empilé les branches tout seul, enfin avec son tracteur...

Sur de grandes tables chacun portait un pain, un morceau de fromage, une tarte, une corbeille de fruits, une bonne bouteille... Le soir l'un contait une légende, l'autre jouait de la musique. Maintenant tout le monde fait la queue pour les saucisses de Mulhouse-frites en barquette plastique, au profit de l'association "Harmonie de Blouac-les-Choux", qui a défrayé des musiciens pour faire l'ambiance.

Forcément, l'arrivée de l'été est devenu bien fade et les fêtes populaires ne sont plus tellement celles du peuple, à l'image de tout ce qu'on appelle aujourd'hui bien commun...

Toutes les fêtes, tous les espaces du peuple ont leur référent, leur responsable, vassal de l'État qui s'assure que rien d'imprévu ne surgira importunément de la mise en scène initialement prévue. Toutes les fêtes, tous les espaces prétenduement publics ont leur tiroir-caisse, moteur du rassemblement, et leurs consommateurs. On a tué l'économie du don, l'égalité, et avec, la volonté de faire vivre une fête, une rencontre, une société. On a tué la spontanéité pour le règne de la résignation. Nous sommes les figurants d'un scénario quand nous pourrions tous ensemble l'écrire.

La spontanéité est devenue douteuse. Il serait temps d'y remédier et de faire irruption là où on ne nous attend pas, ou plus. Car la vie n'est pas loin de ces petites étincelles qui augurent un grand feu!

saint jean

Version imprimable en recto-verso à diffuser :

Séparation du « temporel » et du « spirituel » ?!? Lire Pierre Leroux ! [PDF joint]

« Tout ce que vous pouvez espérer de mieux de cette division, qui pose d’un côté une société sans religion, et de l’autre une religion ou toutes sortes de religions sans réalisation politique et civile, c’est l’inertie au lieu du mouvement, la satiété que produit le désordre, la destruction de tout principe un peu énergique, l’effacement des âmes, l’anéantissement de toute vertu, une indifférence complète pour tout ce qui n’est pas jouissance matérielle et plaisir des sens. »

« De nos jours, de prétendus législateurs ont voulu appliquer l’Épicuréisme à la société. On a dit : “Abolissons toute religion, et tout ira bien. Chacun se fera sa religion, chacun se fera sa morale. Ne proclamons aucun principe. La société collective ne pourrait exister qu’avec une religion : hé bien, qu’il n’y ait pas de société collective ; qu’il n’y ait que des individus. Que le gouvernement soit tout au plus un gendarme chargé de maintenir la lice égale entre tous les combattants !”
La doctrine de l’individualisme est ainsi venue à la suite de cette opinion, qu’il y a deux pouvoirs distincts, deux ordres distincts, le spirituel et le temporel.
Mais quelles sont les conséquences de cette doctrine de l’individualisme ? Les plus tristes qu’on puisse voir. Point de lien entre les hommes, point de société véritable, point de nation, point de patrie, point d’égalité, point de liberté ; une horrible anarchie de toutes les opinions, une lutte affreuse de tous les égoïsmes ; l’athéisme le plus ignorant auprès de la superstition la plus stupide ; l’inégalité de conditions la plus révoltante en face du principe de l’égalité des hommes ; des tyrans et des esclaves, des riches qui regorgent et des travailleurs qui meurent de faim. Voilà donc ce que devient une société livrée follement aux combinaisons du hasard ! L’athéisme religieux a entraîné l’athéisme social. Tout cela a abouti à cette maxime que certains  hommes ont aujourd’hui dans le cœur et sur les lèvres : “Il n’y a dans le monde que des imbéciles et des fripons, et nous préférons ce dernier rôle.” Ah ! misérables, taisez-vous ; si le peuple venait à vous entendre ! » Pierre Leroux, 1846 !

Texte intégral :

Texte vraiment formidable qui permet de secouer le cocotier ! Je ne suis pas d'accord avec la totalité de ses propositions dans les derniers chapitres, surtout celles visant à séparer le peuple en statut de majeur et statut de mineur, ou bien avec certains de ses propos sur l'Éducation (mais c'est génial qu'il dénonce l'éducation par la famille) . En dehors de ça, ce texte est une bombe, vraiment salutaire.

Dernière émission du "Monde allant vers..." (07/05) sur Espace privé/Espace public

« La démocratie peut être aussi définie comme le devenir vraiment public de la sphère publique-publique, laquelle dans les autres régimes est en fait plus ou moins privée. (...) Une des multiples raisons pour lesquelles il est risible de parler de "démocratie" dans les sociétés occidentales d'aujourd'hui est justement que la sphère publique y est en fait privée. Avant donc toute discussion de la question démocratie directe ou "démocratie" représentative, on constate que la "démocratie" actuelle est tout ce que l'on veut sauf une démocratie car la sphère publique-publique est en fait privée, elle est la possession de l'oligarchie politique et non pas du corps politique

Cornélius Castoriadis, Figures du pensable

De l'indispensable convergence vers l'espace public

embouteillagesUn jour quelconque d’un mois, n’importe lequel, du calendrier grégorien. Un peu partout, tôt le matin, la population se lève et part travailler. Certains prennent la voiture, d’autres le bus, le train, pourquoi pas l’avion. Les parents déposent leur enfant à l’école et rejoignent des bureaux, des centres, des petites boîtes, chaque un se vouant à la « vocation » ou « fonction » qu’il occupe. La population,    bien occupée à faire fructifier les intérêts privés des uns et des autres. Les fonctionnaires ne se reconnaîtront peut-être pas, malgré l’intitulé même de leur emploi dans cette fonction, croyant œuvrer au service de l’état et donc de tous. Pourtant... l’état étant aux mains des banques et des intérêts privés, personne n’échappe, par sa participation plus ou moins consentie au monde du travail, à l’atomisation du lien social.

Mon propos n’est pas d’appuyer une fois de plus sur ce fonctionnement étrange, où tous les membres d’un village,  d’un quartier ou d'une ville sont atomisés, chacun se vouant à des activités parcellisées au service du dieu Travail. Il faut pourtant bien diagnostiquer la maladie avant de lui chercher un remède, et parfois chercher avec précision l’origine du malaise. Mais là, je voudrais plutôt tourner mon regard sur le vide que crée toute cette effervescence de masse. Sur la cohésion impossible d’un village de moyenne montagne, d’une ville avec ce type de fonctionnement. Chaque un, bien trop occupé à servir sa fonction pour prendre soin de sa propre personne et de son entourage, délègue l’éducation de ses enfants à d’autres, en l’occurrence une institution privée ou d’état nommée « École »; la participation à la vie du village, de son village, à une institution nommée « Mairie » ; la résolution des conflits à une institution nommée « Justice » ; le soin aux anciens à une institution privée ou d’état nommée « Maison de retraite » ; l’entretien de sa propre personne à une institution privée ou d’état nommée « Hôpital » ou « Cabinet médical »; l’hospitalité envers l’autre à une institution privée ou d’état nommée « Centre Social » ou « ONG » ou… La liste est longue…

Les liens entre les habitants d’un même lieu se résument à quelques relations de voisinage ; le réseau d’amis est de plus en plus distendu géographiquement. Les contacts avec autrui sont dédiés au commerce, au loisir ou au divertissement. Le temps de travail accaparant toute une journée, toute une vie, la disponibilité à l’autre s’en voit réduite de façon vertigineuse. Je regarde une fois de plus les faits, je me tourne vers l’agitation frénétique qui cache un vide insondable, juste au dessous.
Un village, une ville,  un jour ouvré du calendrier grégorien ; vidé de ses enfants, de ses hommes, de ses femmes ; tous, pris en charge par une institution. Quelques « élus » s’échinent à gérer ce village par leurs décisions calquées sur l’Entreprise, décisions qui ne riment à rien dans un monde où tout le monde déserte, où la parole de chaque un est éparpillée par les remouds de l’agitation ambiante. Ils ne représentent plus personne, pas-mêmes eux-mêmes. Le village, la ville, sont dans un coma profond.

Lire la suite : De l'indispensable convergence vers l'espace public

ARTICLES AU HASARD

Déscolarisation.org | 24 Mar 2015 10:17 | Sylvain Rochex
Avec tout ça, il ne faudrait quand même pas oublier l'Existentialisme !

Certaines personnes nous contactent pour nous demander comment oeuvrer elles-aussi dans le sens d'une déscolarisation de la société, [ ... ]

Déscolarisation.orgLire l'article
Réflexions philosophiques | 24 Mar 2017 09:52 | Sylvain Rochex
Avec tout ça, il ne faudrait quand même pas oublier l'Existentialisme !

[On fera des mises à jours pendant une période, l'article sera disponible dans le menu documents principaux]

L'ARGENTLA LAÏCITÉ, [ ... ]

Réflexions philosophiquesLire l'article
Interventions | 15 Nov 2014 15:58 | Sylvain Rochex
Avec tout ça, il ne faudrait quand même pas oublier l'Existentialisme !

Toutes ces interventions gratuites sont en lien avec une documentation très diversifiée et des bibliographies (que l'on partage [ ... ]

InterventionsLire l'article
Vraie démocratie | 10 Déc 2016 23:55 | Sylvain Rochex
Les Élus ou l'Amitié, nous avons un choix à faire...

Je voudrais rebondir sur ce propos d'un ami concitoyen qui me disait qu'il se passe dans le monde entier chaque jour des choses beaucoup [ ... ]

Vraie démocratieLire l'article
Déscolarisation.org | 29 Mar 2015 18:56 | Sylvain Rochex
Message de bienvenue

Bienvenue à toi déscolarisé, futur déscolarisé ou déscolarisateur.

Bienvenue à toi, [ ... ]

Déscolarisation.orgLire l'article
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