I) « Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.»

Ivan Illich

II) « L'oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort

III) « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

Jaime Semprun

IV) « Non plus créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école »

John Holt

V) « Notre principale menace aujourd'hui est le monopole mondial de domination scolaire sur l'esprit des hommes. »

Everett Reimer

VI) « Ce qui me paraît le plus insupportable, c'est que l'école me séparait de moi-même. »

Christian Bobin

VII) « Plus l’homme se connaît par la voie officielle, plus il s’aliène »

Raoul Vaneigem

VIII) « Je perçois l'école non pas comme une institution qu'il faut réformer et perfectionner, mais comme une prison qu'il faut détruire. »

Cornélius Castoriadis

IX) « Ce qui abrutit le peuple, ce n'est pas le défaut d'instruction mais la croyance en l'infériorité de son intelligence. »

Jacques Rancière

X) « Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel. » Ivan Illich

XI) « Les hommes qui s'en remettent à une unité de mesure définie par d'autres pour juger de leur développement personnel, ne savent bientôt plus que passer sous la toise.» Ivan Illich

Site connexe : débordelisation.

LOGO 1 coul inv

Nexus

COUV NEXUS 108 WEBOn parle de nous (interview) dans le numéro 108 de Nexus de Jan/Fév 2017

Dossier « Déscolariser la société »

moinsOn a participé au dossier sur la déscolarisation du numéro 24 (août/sept 2016) du journal romand d'écologie : - Moins

L'école de la peur (texte complet)

ecoledelapeur

Attention aux méprises !

Nous ne sommes pas pour l'Instruction En Famille (IEF) sauf comme solution temporaire, celle-ci est inégalitaire et faire la part belle à une autre institution de l'ordre adulte presqu'autant problématique que l'école (si ce n'est plus !) Pourquoi toujours penser les choses en terme de systèmes fermés ?

Notre revendication se situe sur les communs et un monde ouvert : établir des écoles libres (chacun est libre d'y aller quand il veut), égalitaires (chacun peut intervenir pour enseigner), communales, citoyennes, gratuites, débarrassées de l'État, dans les espaces publics et communs, autogérées.

Bibliographie déscolarisation

Une société sans école
Ivan Illich
Mort de l'école
Everett Reimer
Le maître ignorant
Jacques Rancière
Comme des invitées de marque
Léandre Bergeron
Les apprentissages autonomes
John Holt
Pour décoloniser l'enfant
Gérard Mendel
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Raoul Vaneigem
Apprendre sans l'école
John Holt
Et je ne suis jamais allé à l'école
André Stern
La fin de l'éducation ? Commencements.
Jean-Pierre Lepri
Insoumission à l'école obligatoire
Catherine Baker
L'école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure
Jean Foucambert
De l'éducation
Jiddu Krishnamurti
Pour l'abolition de l'enfance
Shulamith Firestone
L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?
Anne Querrien
L'enfant et la raison d'Etat
Philippe Meyer
Le pédagogue n'aime pas les enfants
Henri Roorda
Les enfants d'abord
Christiane Rochefort
Les cahiers au feu
Catherine Baker
La fabrique de l'impuissance 2, l'école entre domination et émancipation
Charlotte Nordmann
La fabrique scolaire de l'histoire
Laurence de Cock et Emmanuelle Picard
L'école contre la vie
Edmond Gilliard
Libres enfants de Summerhill
A.S. Neill
Soumission à l'autorité
Stanley Milgram
Si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, je quitterais l'école
Une éducation sans école
Thierry Pardo
La véritable nature de l'enfant
Jan Hunt
C'est pour ton bien
Alice Miller
L'herméneutique du sujet
Michel Foucault
Ni vieux ni maîtres
Yves Le Bonniec et Claude Guillon
L'individu et les diplômes
Abel Faure
La domination adulte
Yves Bonnardel
Encore heureux qu'on va vers l'été
Christiane Rochefort
S'évader de l'enfance
John Holt
Inévitablement (après l'école)
Julie Roux

Article en avant

mamandeserie

Global larcin

Le monde est un grand larcin, un grand accaparement très diversifié, chacun son butin :

Les Élus volent le pouvoir.

Les universitaires volent l'université.

Les professeurs volent l'apprendre.

Les bibliothécaires volent les bibliothèques.

Les propriétaires volent la terre.

Les patrons volent la force de travail.

Les médecins volent la médecine.

Les médias volent l'information. ... etc. (S.R.)

Scolarisation du monde (le film)

schooling the worldAvec sous-titres Fr (bouton CC)

Outil n°1 pour lever le voile

etymosvignette

Les deux faces de la même médaille

mairieecoled

Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans un onglet

Article du 30/08/2015

Un document exceptionnel !

millecitations

Nos liens Illustrateurs

Émissions en direct sur une radio locale

LE MONDE ALLANT VERS..., un jeudi sur deux à 19h30, sur la petite radio locale : RADIO GRÉSIVAUDAN.

Vous pouvez écouter ces émissions en rejoignant le site internet de Radio Grésivaudan ou en ouvrant votre radio sur la bonne fréquence.

Générique de l'émission :

Participez en direct en appelant le :

04 76 08 91 91

Accéder aux archives des émissions sur le site de Radio Grésivaudan.

Et si la cause des causes était l'absence d'architecture spirituelle chez chacun ? --> Ecoutez l'émission sur "La Citadelle" :

Fallait oser...

« L'enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire. »

Charte des droits de l'enfant de l'UNESCO

Bossuet nous disait :

« Il n'y a point de plus grand obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres. »

 Professeurs, déscolarisez-vous !

« Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre; ils sont bien plus doués pour cela que nous. En tant qu'enseignant, j'ai mis beaucoup de temps à le découvrir. J'étais un enseignant ingénieux et plein de ressources, habile à élaborer des séquences de cours, des démonstrations, des outils de motivation et tout ce galimatias. Et ce n'est que très lentement et douloureusement - croyez-moi, douloureusement ! - que j'ai réalisé que c'était quand je me mettais à enseigner le moins que les enfants se mettaient à apprendre le plus. »

John Holt

Corollaire ou conclusion de cette idée de Holt : si on enseigne à l'E.N., c'est donc pour propagander, détourner, aliéner.

Sur le refus de parvenir

« Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. » Flaubert

*****

« Si nous voulons un monde nouveau, comment accepter de grimper, d'être reconnu par des institutions du vieux monde ? »
Marianne Enckell

Autres citations sur le refus de parvenir

Le corps enseignant ?

On parle toujours du « corps enseignant », mais jamais de son âme... C'est parce qu'il n'en a pas. Et s'il en avait une, ce serait évidemment celle, noire et vicieuse, de Jules Ferry.  S.R.

julesferryamenoireVoici le monsieur qui s'occupe de vos enfants !

descoetdroit

« L'éducation, avec son fer de lance qu'est le système de scolarité obligatoire, avec toutes ses carottes, ses bâtons, ses notes, ses diplômes et ses références, m'apparaît aujourd'hui comme la plus autoritaire et la plus dangereuse des inventions humaines. C'est la racine la plus profonde de l'état d'esclavage moderne et mondialisé dans lequel la plupart des gens ne se sentent rien d'autre que producteurs, consommateurs, spectateurs et fans, motivés de plus en plus, dans tous les aspects de leur vie, par l'appât du gain, l'envie et la peur. »

John Holt

Lien vers des centaines d'autres citations sur le sujet (mis à jour de teps en temps)

7 Idées reçues
Mise en garde
Prenons soin de nos hommes de pouvoir, ce sont les plus blessés.
Bienvenue !
Lire les objectifs de la déscolarisation de la société

coquelicots3Bienvenue à toi déscolarisé, futur déscolarisé ou déscolarisateur....

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Rencontre avec Thierry Casasnovas de Regenere.org (mai 2015)
Pour parler Descolarisation
Hitler face à la déscolarisation [Vidéo]
La célèbre séquence sauce Déscolarisation
Déscolariser la société [Vidéo 8 min]
(la version courte de notre entretien)
Bibliographie Déscolarisation
Tous les ouvrages les plus offensifs contre l'Éducation Nationale et pour une skholè libre
Découvrez la permaculture
L'humanité doit changer de direction
Notre entretien Déscolarisation
(version longue - 1h)
« École obligatoire » désenfumage de ce dangereux oxymore
Vidéo (55 min)
 

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Tristesse Rentrée

 

SAVE 20190902 222611Parents, où sont nos enfants ? Hier encore l'océan courbait ses vagues sur leur corps libre, et se nourrissait de la poussière de leur rire. Où sont les familles rassemblées sous la Lune ? Tout l'été les étincelles soufflaient aux étoiles les chants de tendresse partagés autour du feu. Le ruisseau coule encore mais brusquement ses rives n'accueillent plus les pieds nus qui explorent les galets et caressent le fond de l'eau, et retrouvent dans cette quête des mémoires et des sens oubliés. 
 
Une page tourne , chacun se rhabille, et rigidifie sa démarche au son des horloges. Les pas souples regagnent les souliers neufs et continuent leur chemin avec moins de fantaisie et d'errance joyeuse. Sous l'arbre qui hébergeait nos siestes et diffusait ses rêves d'ombre et de fraîcheur, reste un vide qui attend le promeneur, qui ne se promène plus.
 
C'est la rentrée . Un couteau dans l'air paisible du temps. 
 
Parents, frères et sœurs, ami-e-s, où sont nos enfants, où sommes-nous ? Où vont s'enfermer nos rires , sève de la Terre ? J'invoque l'Arc-en-ciel pour déployer sa lumière au-delà des murs gris et appeler par ses couleurs les humains à la Vie.

 

Tristesse Rentrée

SAVE 20190902 222611Parents, où sont nos enfants ? Hier encore l'océan courbait ses vagues sur leur corps libre, et se nourrissait de la poussière de leur rire. Où sont les familles rassemblées sous la Lune ? Tout l'été les étincelles soufflaient aux étoiles les chants de tendresse partagés autour du feu. Le ruisseau coule encore mais brusquement ses rives n'accueillent plus les pieds nus qui explorent les galets et caressent le fond de l'eau, et retrouvent dans cette quête des mémoires et des sens oubliés. 
 
Une page tourne , chacun se rhabille, et rigidifie sa démarche au son des horloges. Les pas souples regagnent les souliers neufs et continuent leur chemin avec moins de fantaisie et d'errance joyeuse. Sous l'arbre qui hébergeait nos siestes et diffusait ses rêves d'ombre et de fraîcheur, reste un vide qui attend le promeneur, qui ne se promène plus.
 
C'est la rentrée . Un couteau dans l'air paisible du temps. 
 
Parents, frères et sœurs, ami-e-s, où sont nos enfants, où sommes-nous ? Où vont s'enfermer nos rires , sève de la Terre ? J'invoque l'Arc-en-ciel pour déployer sa lumière au-delà des murs gris et appeler par ses couleurs les humains à la Vie.

L'hétéroalimentation

​​ortieEt si nous arrêtions de se faire nourrir par les autres ?

Bien-sûr qu'il fallait un mot pour désigner ce grand mal qui, comme tous les grands maux qui nous rongent, peut se trimballer des siècles avec une cap d'invisibilité si on ne fait rien. En le nommant, je le débusque, je le révèle, je le démasque, je dévoile ce qui était voilé. Quoi, vous avez peur de l'inconnu ?

 
Est-ce qu'on croyait sérieusement que le phénomène ne serait jamais dévoilé et qu'on pourrait continuer comme ça indéfiniment ? Que personne ne viendrait prendre un micro pour s'étonner de la chose et remettre en question une société toute entière ? Et on dit avoir fait de l'écologie jusqu'ici ?! Alors que personne n'est encore venu poser la seule question qui vaille en la matière : pourquoi chaque être humain considère comme allant de soi d'être nourri par les autres et non par lui-même ? Pourquoi chaque être humain considère comme normal et moral de pratiquer l'hétéroalimentation et non pas l'autoalimentation ?
 
Ça fait partie de ces choses tellement ancrées profondément en nous et dans la société qu'on ne comprend pas, à priori, pourquoi cela devrait nous arrêter. Puis-je cependant vous inviter à faire "3 pas en arrière dans l'ordre des choses" pour prendre conscience ?
L'hétéroalimentation
est sûrement le fait humain le plus dingue qui soit. La totalité du vivant se soucie de s'autoalimenter depuis la nuit des temps. Mais l'homme actuel n'a pas de problème particulier avec le fait de ne pas s'occuper de sa nourriture (ou comment on peut passer de la chose la moins normale du monde à la plus normale). Il vaque à d'autres activités et quand il a faim, va à la cantine, au restaurant, ou bien va "faire ses courses" selon l'expression consacrée. Et donc, à la cantine ou dans le magasin, (ou au marché), il trouve de quoi manger. De la nourriture qui a été cueillie, préparée, lavée, assemblée, séchée, pêchée, tuée, par d'autres que lui et cela est NORMAL, MORAL, ça ne choque plus personne. La chose la plus choquante du monde ne choque plus personne... Ces autres qui ont préparé sa nourriture sont des personnes qu'il ne connaît pas dans la majorité des cas. Mais connaître la personne qui a cultivé la salade ne change rien bien-sûr à la magistrale question que pose l'hétéroalimentation.
Les aliments produits dans cette occurrence hétéroalimentaire, c'est-à-dire sous pression économique capitaliste ne sont jamais sain(t)s.​
 
Pourquoi est-ce normal ? Pourquoi est-ce moral d'agir ainsi ? Pourquoi parle-t-on d'écologie sans jamais parler de l'hétéroalimentation étant donné qu'arrêter avec elle, solutionnerait tout, radicalement tout ?
Et puis, oui, comment cela peut être moral ? Si vous pensez à des cas rares de véritable hétéroalimentation chez les animaux, vous ressentirez deux choses :  un problème moral et de l'anthropomorphisme ! Un animal qui tend à pratiquer une hétéroalimentation, vous fait penser... à vous-même, à l'homme actuel, et non pas sans une certaine gêne !!
 
Vous me direz que je ne fais que développer un des nombreux pans d'un problème beaucoup plus vaste déjà abordé : notre hétéronomie (l'inverse de l'autonomie) en toutes matières. C'est un peu vrai, mais quel pan incommensurable ! et surtout voilà un pan de l'hétéronomie qui touche tellement à l'essentiel dans nos vies.
 
Le phénomène de l'hétéroalimentation est d'une puissance abyssale, tout le monde est touché. D'ailleurs un certain nombre n'arriveront pas du tout à intégrer ce que je raconte. Mais de quoi parle-t-il ?!! Bien-sûr que je vais faire mes courses ! Et sinon je fais comment ?! Tout le monde ne peut pas être cultivateur ! Moi j'ai d'autres activités !
Voilà, le schéma universel : chacun pense que le cultivateur, c'est l'autre. Chacun pense qu'il n'a pas à produire sa nourriture, car il y a des agriculteurs pour ça et chacun pense qu'il a mieux à faire.
De l'amarante, du chénopode, de l'ortie poussent sous les fenêtres de nombreux qui sont en train de taper à l'ordinateur (parce qu'ils ont mieux à faire), mais ils iront "en rentrant du boulot" acheter des épinards qui ont été cultivées par un cultivateur. Tout ça pour être en phase avec ce principe d'hétéroalimentation universelle. Il pourrait très bien ramasser les trois plantes "en rentrant du boulot", mais là, on serait sur de l'autoalimentation et c'est contraire au (mauvais) fonctionnement de la société. Et vous me direz que les plantes que j'ai citées, il ne les connaît pas de toute façon. Mais ça aussi, ça fait partie du phénomène de l'hétéroalimentation : ne jamais apprendre tout ce qui mange autour de soi. Je suis tombé de ma chaise, moi, quand j'ai découvert que la plupart des feuilles des arbres se mangent (Tilleul, Bouleau, Noisetier, Merisier, Épicéa,...) et que dans les 6000 plantes bien connues dans le pays qui poussent spontanément, il y en a plus de mille qui sont comestibles et/ou médicinales... Mais tout ceci, c'est pas trop notre truc... ! Enfin si, mais TOUJOURS par l'intermédiaire d'AUTRES personnes. Nous pratiquons, nous, en permanence, l'hétéroalimentation. Nous pensons que l'autoalimentation c'est pour les singes. Si l'ail des ours est une plante sauvage délicieuse, eh bien alors que des gens inscrits à la chambre des métiers et de l'artisanat ou de l'agriculture (avec un numéro SIRET) aillent le cueillir, en fasse du pesto, mettent une étiquette avec un joli logo, le vendent sur le marché et j’achèterai leur pesto, s'il est bio ! Quant à moi, j'ai autre chose à faire que d'aller ramasser de l'ail des ours. Idem pour les châtaignes et la crème de marrons, Moi, je fais de l'informatique ! Je fais d'ailleurs des logiciels pour les agriculteurs ! Chacun son métier, (et les vaches seront bien gardées) et donc à midi quand j'ai faim, je paie, et y'a de la nourriture (c'est magique !)
 
Mais quand est-ce que l'humanité va se réveiller, afin de considérer cette façon de voir totalement amorale, perverse, égoïste et destructrice ? Et j'ai bien dit amorale et non immorale. L'hétéroalimentation est amorale, elle nie toute morale. Elle nie l'être, elle nie la nature, elle nie l'homme, elle nie tout.
Elle nie tous les autres être vivants qui en ce moment même s'alimentent eux-mêmes. Elle nie ce bel ours grandiose en train de pêcher un saumon, elle nie ce merle qui vient d'attraper un vers de terre, elle nie la coccinelle qui mange un puceron, elle nie celui-là qui vient de perdre sa proie... Mais elle nie aussi les rares être humains qui s'auto-alimentent : ce pêcheur, vieux et pauvre qui revient au rivage avec deux prises, et tous ceux, qui depuis la nuit des temps, cueillent ou cultivent, ramassent et grimpent aux arbres (quand je vous disais que c'est pour les singes !). Par l'hétéroalimentation, l'humanité actuelle, indigne, affreuse, nie tous ceux qui nous ont précédés et le plan divin dans son ensemble. Chaque être humain actuel qui prétend ne pas avoir à aller chercher sa nourriture lui-même envoie un gros crachat à la face des milliards de milliards de milliards qui sont allés la chercher ou qui l'ont fait pousser EUX-MÊMES.
 
Je ne vous parle même pas de ce désordre alimentaire planétaire causé par l'hétéroalimentation. Les gens, hétéroalimentés, tournent avec des centaines d'aliments différents qui ont voyagé en tous sens.
 
Et je ne peux pas vous parlez de tout ça et ne pas insister sur un phénomène associé de très grande ampleur : le refus général de tuer soi-même (mais aussi parfois même d'arracher des plantes, ça va avec). Une partie centrale de l'hétéroalimentation est donc l'hétérocide : ce sont d'autres qui tuent pour nous.
Et la raison est incommensurablement ironique : on aurait un sentiment d'immoralité à tuer nous-mêmes. Nous sommes de cette race abjecte qui se sent mieux en faisant tuer, qu'en tuant nous-même. C'est vrai quoi, si j'engage un tueur à gage pour tuer ma femme, c'est tout de même un peu moins immoral que de le faire moi-même, c'est bien connu !
Bon, et bien-sûr, là, on retrouve donc le fait central de notre société : L'HYPOCRISIE, l'autruchisme, ce côté mains propres à la Ponce Pilate, ce côté : "maggi maggi et vos idées ont du génie". Cette façon d'externaliser tout ce qui nous gène et d'y mettre un voile.
 
Je crois qu'il y a là une voie de guérison pour beaucoup d'entre-nous de se mettre à tuer dans le cadre d'une autoalimentation. Ce serait pour chacun comme un acte magique pour réintégrer d'un coup (du lapin) l'ordre cosmique. Ha comme j'aimerais voir dans les années qui viennent, tous ceux (mangeurs de cadavres), qui poussent des cris d'orfraie à l'idée de tuer eux-mêmes, finalement prendre leur courage à deux mains afin de saigner l'animal qu'ils ont décidé de manger. Il n'y a absolument aucune jouissance morbide de ma part là-dedans, je n'aime comme vous, ni voir le sang couler, ni infliger la mort. Mais je dois affirmer ceci de majeur : l'hypocrisie humaine et ses conséquences destructrices pour la vie dans son ensemble me dégoûte beaucoup plus qu'un lapin saigné avec un couteau pour s'autoalimenter. Et je crois de plus en plus que tuer soi-même est paradoxalement la solution à la destruction de la planète. La vérité est toujours dans les paradoxes.
Houla mais oui, qu'est-ce que je suis méchant d'aller pêcher un poisson et de le manger et de vous inviter à faire pareil ; les énormes chalutiers qui ratissent le fond des mers, c'est beaucoup plus gentil, c'est sûr. Il se trouve que vous n'arrivez pas à tuer le poisson, mais que vous arrivez à accepter le chalutier... Là, il y a un truc à régler, impérativement, urgemment de chez urgemment. On ne peut pas indéfiniment, sous un simple prétexte d'externalisation, tout se permettre.
 
Mais bien-sûr, il n'y a pas que le poisson et la viande. Il y a l'essentiel : ce monde végétal à embrasser pour s'auto-alimenter. Et il y a bien-sûr la reine des reines des plantes : l'ortie. Je crois qu'on n'a vraiment pas compris qui était l'ortie.
Il y a à accepter d'être un humain sur la terre et donc de s'occuper de tout ce qui va de la graine à la graine.
Par quelle sorte de magie noire, on a pu admettre comme normal de ne s'intéresser qu'au fruit, qu'à une toute petite partie du cycle ?!
Et la graine que vous avez mangée pourquoi vous l'envoyez à la station d'épuration alors qu'elle doit retourner dans votre terre, ainsi que tous vos excréments et votre urine ?
Pourquoi on se place hors des cycles ? Pourquoi on s'insère dans les cycles de manière opportune et égoïste, juste le temps de BOUFFER, pour en sortir ensuite parce qu'on a mieux à faire ?
Mais y'a t-il quelque chose de mieux à faire que de prendre soin de soi et de la terre, et donc de s'insérer totalement dans les cycles, de tuer sa propre nourriture, mais aussi de la gérer de la graine à la graine, de l’œuf à l’œuf ?
 
Voulez-vous tous continuer à vous en laver les mains ?
A être nourri par les autres ?
 
C'est ça que vous pensez du chalutier ? Que c'est la faute des autres ? Que c'est eux qui ont voulu les tuer, pas vous ! Jamais !!! Et que le poisson, il est tombé par hasard dans votre assiette ou bien, tout simplement, vous pensez : « maintenant qu'il est mort, autant le manger, hein, ce serait du gâchis ! Mais moi, je ne voulais pas le tuer ! »
Pilate pensait aussi ainsi : c'est eux qui veulent le tuer. J'ordonne, mais c'est eux qui le tuent, pas moi. Moi, je m'en lave les mains.
 
Sylvain Rochex, 22 juin 2019
 
P.S : si vous êtes vegans hétéroalimentés, passez votre chemin, je n'ai pas de temps à perdre avec des bobos qui jouent les fines bouches. Végans qui s'autoalimentent : là il y a du courage et le débat est permis (au moins je suis tranquille, ils sont 3 en Europe). D'ailleurs, "Végans", pour avoir quelconque sens, devrait intégrer un principe d'autoalimentation, sinon c'est du vent !
 
Et si t'es pas content Végans hétéroalimenté, répond d'abord à cette simple question, qu'est ce que tu fais de tous les animaux morts à cause du transport de ta nourriture vegan ?

 

Gilets Jaunes : Réclamer plus d'argent ou plus de moyens pour réduire sa dépendance à l'argent ?

 

plaqueminierVoici deux catégories de revendications Gilet-jaunées qui peuvent soit s'additionner, soit s'opposer, mais il est clair qu'il faudrait privilégier la deuxième et c'est malheureusement la moins courante pour le moment.

C'est de la terre qu'il faut exiger !
Réclamer plus d'argent ou plus de moyens pour réduire sa dépendance à l'argent, saisissez-vous l'abîme qui sépare ces deux idées ? Je pense que Logic sur le site des Moutons Enragés voit ce que je veux dire puisque c'est aussi ce qu'il dit. Tous ceux qui n'ont pas perdu la compréhension que toutes les richesses viennent de la terre, du sol, savent de quoi on parle.
La bataille pour obtenir les moyens de réduire sa dépendance à l'argent se situe donc principalement au niveau du foncier et d'une nécessaire révolution agraire. Une révolution agraire, c'est ce moment où change brutalement la répartition du sol. Pourquoi certains possèdent 1000 hectares, d'autres 100, d'autres 1 et puis encore d'autres 1000 m² et ceux-là un balcon ? Et puis la majorité qui ne possède rien, pourquoi ? Il nous faut d'ailleurs parler de simples possessions ou propriétés d'usage et non de propriétés publiques ou privées. De la terre et le droit d'habiter librement une habitation bio-climatique comprise entre 10 et 30 m² maximum par personne. Ce qu'on appelle depuis des siècles : les droits naturels !
Pourquoi ce mètre-carré coûte 30 cents et celui-ci 100 euros, ça suffit !!! Vraiment, ça suffit !!!! Pourquoi sur celui qui coûte 30 cents, je n'ai pas le droit de vivre ??! Ça suffit, vraiment ça suffit !!!! Gouvernants, sachez que nous voyons rouge et que ça va péter ! Que dis-je, ça y est, ça pète !!! Vive les Gilets Jaunes ! Destituons le Roi, tous les Rois et leurs bandes !

Merci encore à Logic sur le site des Moutons Enragés de dénoncer l'imposture et l'injustice abyssale des terrains à construire (à mettre en lien avec mon papier pour dénoncer les organisations monarchiques ou oligarchiques des communes). Les Gilets Jaunes doivent battre la campagne autant que la ville à la recherche de terres où s'installer et pourquoi pas — pour éviter le plus possible la violence — en dialogue avec tous ces plus de 70 ans actuellement en maison de retraite qui possèdent des hectares de prairies et de forêts et qui ne savent même plus où et combien. Oui, petite info au passage à tous ceux qui cherchent de la terre : vous en trouverez d'avantage en discutant avec des vieux dans une maison de retraite que sur "le bon coin" ; ce n'est pas qu'il faille abuser des vieux, c'est juste que nous sommes dans le papy-boom et que Papy, il connaît surtout les bons coins à champignon mais pas ce qu'est "le bon coin" (et puis celui qui met une annonce sur un site, c'est qu'il a souvent une volonté de profit en amont).
Mais revenons à nos moutons : la révolution des Gilets Jaunes doit être une révolution du sol, une révolution agraire : une autre répartition des terres doit naître de ce mouvement et un exode urbain massif doit apparaître. C'est la réponse la plus appropriée à la fois à l'urgence sociale et à l'urgence écologique. Les villes sont des prisons stériles et nocive où l'on vit mal. L'esclave moderne est un prolétaire qui habite la ville, qui est entièrement dépendant des flux de marchandises pour le moindre de ses besoins et qui consomme 8 hectares de terre sans jamais en voir ni en toucher. L'esclave moderne, oui, est totalement dépendant à l'argent. En s'installant sur une terre arable, l'esclave peut se libérer, car il peut trouver directement dans son milieu mille et une choses qu'il n'a plus besoin d'acheter (et marchandise qui ne doit plus faire des milliers de km). Même encore de nos jours, malgré la destruction des écosystèmes, l'abondance est à portée de main si on veut bien aller la chercher mais on a oublié combien la nature peut nous fournir tout ce dont nous avons besoin. On croit souvent à tort aujourd'hui que la nature peut nous offrir une petite dizaine de trucs comme du bois, des possibilités pour le maraîchage, quelques mûres et quelques châtaignes, et pour mettre des fleurs dans les vases, or, c'est infiniment plus que ça, puisque tout ce qu'il y a sur les rayons de votre supermarché vient de la nature et ne peut venir de nulle-part d'autre (c'est une lapalissade en or). Il y a tout dans la nature.
Chaque gilet jaune doit exiger de la terre au lieu (ou en plus) d'exiger de l'argent. Ou bien alors exiger de l'argent pour acheter de la terre et des arbres fruitiers. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai ramassé pour au moins 200 euros de Kakis dans un seul arbre... Alors, faut-il exiger 200 euros qui partiront en fumée dans la poche des capitalistes ou bien de la terre et des plaqueminiers qui seront pérennes pour nous et nos enfants ??!
En parallèle de tout ça, je pense qu'il faudrait développer un vaste plan d'enseignement populaire, mutuel, et gratuit de la permaculture pour que chaque Gilet-Jaune ré-apprenne tous les bons gestes et savoirs ancestraux pour tirer ses besoins de la nature tout en aggradant son milieu.
Vive la Révolution qui est là ! Toute belle, jaune soleil, jaune d'or ! Prenons-en soin en allant rire avec tout le monde sur les ronds-points, péages et places ! Allons les chercher par la peau des fesses tous ces tyrans qui nous empêchent de vivre et ramenons-les dans la vie véritable : au champ Macron ! Va planter tes patates et tes radis comme tout le monde pauv-tâche ! C'est la lutte finale !
Sylvain Rochex, le 6 décembre 2018

Prenons notre élan!

  Un pas en arrière pour un grand bond en avant

À l’heure où le soulèvement populaire éclot de toutes parts, jusque dans les plus petites communes de France où d’ordinaire la colère est contenue ou aiguillée vers les manifestations cadrées des grandes villes, remémorons-nous les leçons de l’histoire, pour rester soudés face aux calomnies qui, soyons-en sûrs, viendront essayer de diviser le peuple qui se réveille.
En 1848, de terribles rumeurs ont transformé les ouvriers militant pour des conditions de travail et de vie plus dignes en révolutionnaires bestiaux et sanguinaires, alors qu’aucune preuve n’attestait les mensonges des journaux. Rappelons-nous qu’aujourd’hui comme hier, les organes de presse sont quasiment tous aux mains de ceux qui voient d’un mauvais œil un changement profond de société qui remettra en cause leurs privilèges… En 1848 toujours, les hommes alors au pouvoir ont payé des individus pour décrédibiliser les manifestations pacifistes du peuple. On a vu des policiers déguisés en civils vandaliser des bâtiments publics et semer le trouble pendant les mouvements de masse, afin que le gouvernement jette l’opprobre sur l’ensemble du mouvement ouvrier et légitime les massacres qu’il a ensuite commis. On a même vu un ministre, alors, sortir son arme à feu, et tirer, avec une morbide fureur, sur les hommes, les femmes et les enfants qui défilaient. Face au déferlement de violence des appareils répressifs d'État, qui a éliminé en trois jours plus de quatre mille personnes lors du carnage de juin 1848, son geste est presque passé inaperçu, et impuni.
 
Rappelons-nous, aussi, le massacre de la Commune de Paris, en mai 1871, après une campagne de diffamation du mouvement des travailleurs relayée par les médias. Les journaux indépendants et populaires étaient alors interdits par l'état, comme en 1848. Facile alors pour le gouvernement en place de présenter le mouvement populaire comme barbare, violent et féroce… Les correspondances à destination de la province étaient scrupuleusement contrôlées pour éviter que le peuple dans son entier ne se rallie aux justes réclamations des ouvriers. Car ceux-ci, comme aujourd’hui étaient arrivés à la limite de leur tolérance pourtant tellement grande face aux injustices commises par l’ensemble du corps politique et économique à leur encontre. Prenons garde : aujourd’hui l’information française est détenue par quelques milliardaires qui manipulent l’opinion publique à leur guise. Ne soyons plus dupes, cette fois, et que nos oreilles se tournent vers la voix du peuple là où elle est audible !

Rappelons-nous que le système politique aujourd’hui en place est l’héritier direct des émeutes de 1848 puis de 1871, le pouvoir mettant alors tout un agglomérat de mesures dites sociales pour contenir le peuple et l’empêcher, une bonne fois pour toutes, de devenir lui-même maître de son destin. Parmi ces lois qu’on dit émancipatrices, la mise en place du droit de vote (1848) avec la certitude affirmée que sous bon contrôle des médias, cela concorderait au maintien de la caste en place au pouvoir. Alexis de Tocqueville, royaliste sûr de son coup déclarait alors: « Je ne crains pas le suffrage universel. Les gens voteront comme on leur dira ». Plus tard, après les évènements de la Commune de Paris, et toujours pour contenir les mouvements sociaux par des organes régulateurs en lien direct avec la hiérarchie, la création des syndicats non libres, l’institution de l’école obligatoire (« Il faut prendre en main le citoyen du berceau jusqu’à la tombe » disait alors Jules Ferry) ont renforcé le controle de l'état sur l'ensemble de la population. Rien n’a changé aujourd’hui, le système s’est plutôt consolidé et endurcit avec toutes ces mesures qui leurrent le peuple et l’empêchent de se prendre réellement en main.

 Et puis, hier comme aujourd'hui, qui sont les véritables casseurs, ceux qui détruisent méthodiquement et inlassablement la planète et les sociétés humaines par la soif inextinguible du pouvoir? Combien de morts et de destructions à leur actif?

On entend, ces jours, les mots de démocratie directe jaillir un peu partout, et de révolution. Un vaste mouvement populaire se consolide chaque jour, spontané, né hors des circuits classiques et autorisés des manifestations déclarées en préfecture, loin des syndicats et partis politiques récupérateurs de la force vive du peuple. Soyons toutefois vigilants face aux sempiternelles techniques du pouvoir pour se maintenir en place, ne négligeons pas sa violence inouïe quand il se sent fragilisé, et surtout soyons audacieux dans les formes à créer pour que le mouvement de protestation aboutisse à la matérialisation d’un monde plus juste, plus libre et plus doux pour chacun et chacune d’entre nous.
Ayons confiance en nos capacités auto-organisationnelles pour cheminer vers la paix et la transformation sociale…
Et n'oublions pas nos ancêtres qui ont donné leur vie pour une société débarrassée de ses tyrans, ou l’entraide et la convivialité pourrait enfin se déployer. Ne négligeons pas l'importance de scrupuleusement étudier les archives des peuples pour en tirer de sages leçons. Une fois nos valises historiques bouclées, tel l’explorateur qui se prépare à un long voyage en analysant minutieusement son bagage, nous serons alors prêts pour la grande aventure d’une Révolution. 
 
La petite précision de Joris :
 
"Si on s’en tient au sens strict le nom Révolution vient du latin " revolutionem " formé à partir : 
- de la racine " volv-" : rouler 
- du préfixe  "re-" indiquant un retour en arrière, un recommencement 
- du suffixe nominal (servant à former des noms) "-tio " qui donne en français "-tion ". 

D'après son étymologie, ce mot signifie donc "action de revenir en arrière,de recommencer";
Comprenez par là un "in statu quo ante" le fameux statut quo.
Par contre le mot Révolte est le déverbal de révolter.
Révolter mot originaire de l’italien rivoltare, de volta (« action de tourner ou de se tourner »), d’où retourner, retour, « faire tourner » les choses.
Ca valait le coup non ? ;)"
 
 Acheminons-nous donc Joyeusement vers une belle et salutaire Révolte !
 Mathilde, le 6 décembre 2018

 

L'enracinement ou la mort !

avionJe ressens le besoin de sonner encore l'alarme concernant l'entropie générale en insistant sur le sujet apocalyptique du déracinement.

Le vivant est un processus néguentropique (l'opposé de l'entropie) qui n'exclut pas le mouvement, mais ce mouvement doit rester dans certaines limites pour ne pas empêcher les rencontres, les interactions fertiles, les liaisons, les échanges, les concentrations, les développements, les cristallisations...

Je pourrais vous reparler longuement de la dispersion et du bordel planétaire (j'ai beaucoup écrit là-dessus), mais je voudrais surtout insister sur ce que j'observe au quotidien en matière de déracinement de chacun.

Le fait est là, violent, bouleversant au dernier degré : je ne parviens plus à rencontrer de gens enracinés... et tous ceux que je CROISE, revendiquent à peu de choses près leur déracinement... Et c'est toujours troublant quand quelqu'un vous sort du "moi, moi, moi, je suis spécial là-dessus" alors que le précédent disait la même chose et que le suivant dira aussi pareil.
Tous flottants. Tous là et bientôt ailleurs. Pas de racine.

Ce qui me fait froid dans le dos c'est mon étude statistique personnelle qui me permet de savoir que la prochaine personne que je vais CROISER me dira, elle-aussi, qu'elle n'habite pas vraiment quelque-part.
La situation est toujours la même : je questionne chacun (faussement naïvement) sur le sujet de l'habitat et de l'enracinement et la personne répond toujours un truc dans le genre : "Alors... Ben... en fait... je n'habite pas vraiment quelque-part... en fait... en ce moment je travaille (en CDD) à Besançon parce que la boîte dans laquelle je bossais en Bretagne a une antenne là-bas, et donc j'ai pris un appart sur Besançon, mais ma copine, elle, elle est à Nice dans une coloc et donc je vais souvent à Nice... Après sinon, je suis originaire de Belgique (par ma mère, mais mon père, lui, est polonais) et j'ai fait mes études en Angleterre pendant lesquelles j'ai effectué deux stages de six mois aux USA... et malgré tout... si je pense à me poser un peu quelque-part, j'avoue que j'aimerais vraiment habiter le Canada (car j'y suis allé 3 semaines quand j'étais aux States et j'ai trouvé ça fantastique). (...) Ma boîte, elle vend des moteurs à des Tunisiens, donc malheureusement, je dois souvent me déplacer à Tunis pour la finalisation des contrats et le suivi technique. (...) Je suis vraiment ravi d'être venu te voir dans tes montagnes (— facilité par le fait que j'ai de la famille dans le coin —), je repars ce soir rejoindre ma copine, parce qu'on part en vacances en Corse la semaine prochaine."

 

Exagération ce texte ? Absolument pas : MOYENNE (à faible écart-type). Ce texte fictif (mais tellement réaliste) est une moyenne. (Vous pouvez d'ailleurs vous amuser à en écrire d'autres en changeant les lieux et en pensant à quelques-autres situations, ça sera grosso-modo pareil).
Ce phénomène du déracinement se couple à merveille avec ce que j'ai maintes et maintes fois dénoncé : la temporalité étatique-scolaire. Les gens suivent, le petit doigt sur la couture du pantalon, l'organisation générale des week-ends et des vacances (et tout le calendrier de l'État capitaliste) pour opérer leurs sempiternels mouvements.

Mais quand ils se déplacent, ils espèrent trouver quoi là où ils débarquent ? Des enracinés !! (pour s'enraciner avec eux, ou en tout cas pour profiter de leur essence et de leurs fruits d'enracinés). Oui, le paradoxe est là, cuisant : tous les déracinés se déracinent continuellement parce qu'ils sont entourés de déracinés et se mettent en quête d'enracinés qui seraient ailleurs et qu'ils ne trouvent JAMAIS. Et on retrouve le sujet du " C'est qui qui commence en premier ?"... Il ne leur vient pas à l'idée que pour générer de l'enracinement, ça commence par soi.

Je trouve qu'il y a un pathétique tellement brûlant de penser à la grande auberge espagnole du monde où chacun prend finalement son parti de tomber ce soir-là avec un argentin, un suisse, un chinois, deux français, une espagnole, alors que chacun espérait secrètement passer du temps avec des habitants enracinés à Liège (puisque c'est là qu'on se trouve dans cet autre exemple).

Si on est soi-même un déraciné et qu'on tombe sur un groupe d'enracinés, ce sera comme trouver la solution qu'on cherche, et donc, on s'installera directement avec eux. Mais ne tombant pas sur des enracinés, on repart ! Mais qui donc va s'enraciner en premier ??? Qui va donc avoir le courage de s'arrêter pour laisser pousser ses racines ? Serait-ce le même courage que pour aller vers un monde sans argent et sans école d'État ? Qui commence ?! Qui a le courage de peser pour faire autre chose que de... SUIVRE LE MOUVEMENT ?

Oh je sais qu'ils vont être nombreux à me répondre qu'ils aiment cette constante auberge espagnole, que tout cela est fort joyeux et enrichissant (surtout aidés par l'alcool et toutes sortes de drogues)... Mais ils se mentiront à eux-mêmes car dès le lendemain de cette soirée joyeuse soi-disant pleine d'espoir : quand l'argentin repart (au Maroc) et que l'espagnole prend le train pour l'Allemagne et que s'en vient un autre français d'origine chilienne, un belge, et un turc en remplacement de l'argentin et de l'espagnole, déboule dans la gorge cette amertume dévastatrice du "on ne peut rien construire, rien saisir"... concomitante de cette vérité inavouable qu'on était venu jusqu'ici pour rencontrer des enracinés — et non des déracinés comme soi-même —. Gueule de bois.

Et là, je repense à ma journée d'hier où une fille sur le marché me parlait de son déménagement imminent vers Agen (je suis en Savoie), et elle me disait qu'elle reviendrait souvent par ici car "son cœur était ici" disait-elle... Mais que va-t-elle bien pouvoir construire vers Agen si son cœur est ici... ?!! Et puis, le soir, ce couple de vieux à qui j'ai demandé mon chemin dans une commune et qui m'ont répondu : "on vient juste d'arriver dans le village"... (car même les vieux n'habitent pas et bougent sans cesse).
Voilà pour hier... mais chaque jour m'apporte son lot de déracinés, de gens en ERRANCE, flottants à la surface du globe, arbres sans racine, inconstants, hors-sol... Mais comment tous ces déracinés peuvent-ils s'intéresser aux racines des arbres, à la vitalité du sol et à la fertilité de leur milieu, à l'eau, à la biodiversité et aux problèmes locaux ? Comment aussi, dans ces conditions, s'intéresser à la politique et avoir des désirs communs et construire ensemble ? Comment FAIRE, VIVRE, et S'ORGANISER dans cette constante infidélité du milieu ? Le déracinement de chacun, c'était l'objectif du capitalisme pour faire de chacun des consommateurs permanents (Gagné !). Mais les gens sont sans doute en partie contents car s'occuper de la terre et de la politique, c'est-à-dire être des hommes, ils avaient ça en horreur. Maintenant, grâce au capitalisme, ils ont une bonne excuse pour ne jamais s'intéresser aux choses importantes de la vie et rester des sous-hommes : oui, car ils ne sont pas d'ici ! Ce soir, ou peut-être demain, ils vont repartir. Ben oui, parce que les autres aussi ne sont pas d'ici !

Moi, je suis un voyageur ! Et toi ?
- Moi aussi ! ... Alors, sur ce,... Adieu ! Content de t'avoir... croisé...

Ainsi vont les nouveaux croisés, les croiseurs, qui portent leur croix et font une croix sur la Vie.

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Bon allez ! Je fais une croix sur la Lune et Mars ! Disent-ils
Le rapport d'une partie des êtres humains avec la Terre a changé. La possibilité matérielle de pouvoir rejoindre à tout moment n'importe quel point du globe a chosifié la Terre. La Terre est devenue la propriété privée de chacun d'entre-nous (occidentaux) et chacun entend pouvoir jouir sans entrave de sa propriété.

L'idée tyrannique, c'est que le nouveau-né, en naissant, obtient un droit d'accès à la Terre un peu comme il obtient des droits à la sécurité sociale. Nathalie et Christian viennent de donner la vie à Nicolas, eh bien, ce qui n'est pas dit explicitement la plupart du temps mais pourtant bien présent c'est qu'un duo, équivalent à celui du maître et de son chien, vient de naître : Nicolas et la Terre. Nicolas en « venant au monde » dispose, comme une sorte de contrat de départ, de la Terre entière comme terrain de jeu et d'exploration infinie. Nicolas, né en France, sera peut-être un australien pendant des années, il épousera peut-être une péruvienne et Nicolas, si son désir l'y pousse, mènera peut-être toute une existence aux quatre coins de l'Afrique et une autre aux quatre coins de l'Asie... On ne peut pas analyser correctement l'individualisme forcené qui est le nôtre sans prendre en compte qu'il repose sur des milliards de duos avec la Terre : la tyrannie de l'individu s'exprime dans un lieu, un espace fini et il s'agit malheureusement de la Terre entière. Une très grande majorité d'occidentaux ont réussi à tout de même faire une croix sur la Lune et Mars ou autres lieux de l'espace interstellaire : trop coûteux, trop dangereux et trop éprouvant. En revanche, tout reste ouvert, tous les exotismes existent dans la conscience sous forme d'un « on sait jamais, pourquoi pas ». Des milliers de destinations potentielles sont toujours présentes à l'esprit. Même le moins voyageur d'entre-nous, qui aime rester dans son quartier, se garde quand même, quelque-part, une possibilité, même infime, d'aller séjourner une fois en Thaïlande ou au Mexique... Oui, même celui qui ne voyage pas et ne veut pas voyager aime au fond sentir qu'il pourrait, que potentiellement, il peut rejoindre n'importe quel point du globe. Cette psychologie, que je décrie (du verbe décrier), me donne la rage car on retrouve encore une fois la psychologie colonisatrice, celle-la qui consiste à rompre toutes les harmonies, toutes les bonnes médiations, tous les bons rapports, au profit de la pure dominance et du pur égoïsme. On retrouve cette incapacité à choisir qui est le fait du Prince par excellence : vouloir tout, tout le temps, accéder à tout, donc à rien. On retrouve le fait du Riche qui est de ne pas vivre ayant à sa disposition des milliers de vies potentielles. Impossibilité de choisir un goût, une saveur : la vie devient tellement multiple que l'on ne distingue plus rien. Par ce duo individu-Terre, c'est la fin de l'incarnation... Citoyen-du-monde mon cul, c'est comme si j'arrivais constamment dans les aéroports du monde entier avec pour bagages mes arbres fruitiers et mes plantes dans des centaines de pots. Comment les gens peuvent-ils être à ce point-là aveugles sur les coûts entropiques totaux de leurs déplacements ? Comment peuvent-ils être à ce point-là aveugles des implications sur les autres et sur le reste du réel ? Le sujet des déplacements d'humains prouve à quel degré de folie extrême est allé l'individualisme : l'être humain qui se déplace sur le globe parvient à ne lire et à prendre en compte qu'un seul déplacement : lui par rapport à la Terre et c'est tout... Si quelqu'un part de Paris pour aller à New-York et qu'on questionne cette personne sur ce qui a été déplacé : il ne verra et ne prendra en compte que lui-même. Il ne prendra pas en compte une infinité d'externalités entropiques et il ne verra même pas qu'en se déplaçant, il a déplacé à 6000 km de lui sa propre mère, et son écharpe en laine qu'il a oubliée, et qu'il rachètera à New-York. Il ne verra pas son voisin de pallier en train de sonner chez lui pour lui demander s'il a des œufs. Il ne percevra rien du trou géant qu'il a laissé à Paris, et de toute cette matière et de tous ces esprits qui se sont déplacés avec lui ou à cause de lui... Le voyageur est l'être le plus inconscient des conséquences de ses actes qui soit. Lui, il voyage. Lui se déplace, il ne voit que ça. Il ne voit pas que l'autre aussi se déplace et que si tout le monde se déplace en même temps, le sens, la raison-même du déplacement est perdu... ! Nous sommes arrivés à ce point du désordre où celui qui veut se déplacer devrait s'enquérir de ce que font les autres en matière de déplacement pour ne se déplacer que si un nombre substantiel d'autres sont, eux, immobiles. Oui, il y a, comme pour tout, un grand gâteau du déplacement à se partager tout simplement pour que le voyage garde un sens et pour que le réel se disloque pas, pour que le réel consiste !! Notamment (mais pas seulement) pour ce que je disais ci-dessus : les voyageurs et les déracinés recherchent à visiter ou rejoindre des enracinés ; s'il n'y a plus que des voyageurs et des déracinés : tout le monde repart bredouille, tout le monde aura la gueule de bois.
Mais les gens se moquent du gâteau cinétique à se partager comme de tous les gâteaux... Que tout le monde se baffre sans conscience, c'est l'anomie perpétuelle dans laquelle nous sommes.

Et si vous aviez LE COURAGE d'arrêter de vous déplacer et de CHOISIR où faire pousser vos racines, afin de trouver la vie (et non 10 000 vies) ?

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N.B : Conseil de lecture sur le sujet : "L'enracinement" de Simone Weil.

Invitation à se faire confiance

Renard prudentLa lecture du monde, aujourd'hui, nous offre un spectacle d'une obscurité terrifiante. En réalité, la désagrégation de ce qui fait notre humanité, notre Ensemble, notre interdépendance, est si avancée que tout cela nous est difficilement concevable. Nous sommes au bord du gouffre, en équilibre entre la terre et le vide, chancelants et pantelants. Face à l'abîme, deux forces antagonistes cohabitent et se débattent. Pour retenir la chute, on s'accroche, à tort et à raison, aux vestiges d'une humanité détruite nucléairement et méthodiquement depuis le chaos sans nom initié au début du XIXè siècle. Le constat présent, chacun d'entre nous, au tréfonds de son coeur, de manière consciente ou non, le vit et le subit. Nous pouvons essayer d'étouffer l'angoisse lancinante qui nous cerne, ou recevoir la  terreur qu'engendre la déréliction. Quelle que soit la posture adoptée face au cataclysme ambiant, nous souffrons ardemment, seuls, et ensemble.

Alors, on étreint ce qui reste du lien qui nous unit tous, le lien d'Humanité, avec la frénésie du désespoir, pour attiser et maintenir sa faible flamme, et en cela nous maintenons vivant le feu qui nous anime et qui nous relie tous. Parfois aussi, trop souvent, on se réchauffe à tort, aveuglément, peureusement, à la maigre chaleur des chimères d'aujourd'hui, en reproduisant des rencontres humaines factices, codées et commerciales pour tenter d'oublier le pathétique de notre solitude organisée. Notre coeur hurle, nous étouffons ses pleurs par des mascarades et des semblants d'assemblée qui ont perdu la force du collectif et qui nient l'élan créateur spontané que peut engendrer un groupe d'humains solides, déterminés et vivants, pour modeler puissamment le réel.

 On refuse de voir la réalité toute crue plutôt que d'admettre, une bonne fois pour toutes, que la situation est bouleversante, urgente, et demande toute notre attention, notre courage et notre disponibilité intégrale pour dévier l'ordre des choses face au délitement de nos forces respectives.

Ou bien l'on se résigne face à l'immensité de notre impuissante supposée.

Et si l'on se résigne, c'est que la confiance a disparu.

Confier, du latin, confidere. Cum: "ensemble", et fidere "se fier", "croire". Croire, ensemble... Croire en l'Autre, en la possibilité d'un Nous équitable, et non soumis. Un Nous construit à deux, à trois, à plusieurs, avec la force ajoutée de nos convictions profondes comme moteur de la réalisation du groupe. S'inventer une foi, ensemble, et la partager en nos coeurs; la même foi, une foi collective, dans plusieurs coeurs, abritée, et protégée par le fait même qu'elle s'est démultipliée...

Pourquoi la confiance a-t-elle déserté nos êtres, nous esseulant dramatiquement, faisant de nous des cavaliers solitaires éternellement insatisfaits, puisqu' incomplets de l'autre?

Nous avons tous été profondément malmenés depuis notre plus jeune âge, plongés dans un bain social corrosif alors que nos coeurs étaient tellement neufs, tellement accessibles et accueillants. Quand on est tout ouvert à la Vie, et que notre coeur est disponible à l'autre, la brûlure qu'engendre la négligence face à nos besoins premiers de contact et de chaleur humaine est bien plus virulente que lorsque nos défenses sont en place, et nous sommes intensément meurtris. Face à une agression, lorsqu'on est faible, l'attitude la plus judicieuse est le repli. C'est une sage attitude de survie. Mais à répétition, nous devenons chaque fois plus méfiants. Alors, progressivement, d'attaques en attaques, de non réalisation en non réalisation de nos besoins sociaux, on se referme, on se barricade.

Partout où je pose le regard, je mesure cette souffrance rentrée qui se traduit par un désengagement triste et masqué, par un manque total de confiance en l'autre, et par un renoncement à la socialisation joyeuse et dynamique. Les humains sont malheureux, coupés les uns des autres.

Et ce décrochage constitue le premier des freins à notre évolution.

Nous sommes malades du manque de confiance, malades du peu de foi que l'on accorde à l'autre, puisque de duperie en duperie nous avons, par la force de l'expérience, "scientifiquement" établi que l'individu cherche avant tout sa réalisation personnelle au détriment de l'autre et de nous-mêmes, que nous ne sommes pas exempts de ce fonctionnement, que chacun est égoïste, que nous sommes des tyrans les uns pour les autres, qu'au delà de cinquante personnes aucune société humaine ne peut fonctionner, que rien ne changera jamais puisque chacun recherche avant tout son petit bonheur et son confort... par convention nous avons admis que l'homme est avant tout individualiste, et qu'ensuite l'autre survient. Dans ce contexte, la confiance est niée.

De fait, ces constats sont perspicaces, et se vérifient chaque jour, puisque nous sommes au point zéro de la convivialité, du partage, de l'entraide sans contrepartie. Le soin même est devenu sujet à un commerce et quiconque souffre devra payer un praticien du corps ou de l'âme pour voir son mal réduire, quand bien même notre humanité se mesure au degré d'empathie que l'on peut accorder à l'autre, et conséquemment à notre disponibilité à l'autre. La réalisation de chacun de nos besoins vitaux est soumise à chantage, sous forme de monnaie ou de contrats unilatéraux. Tous les échanges qui s'opèrent dans le modèle antisocial actuel se font sous la forme d'une hiérarchie de pouvoir ou de savoir qui efface l'horizontalité et la confiance mutuelle. Nous sommes réellement nocifs les uns pour les autres dans le contexte d'aujourd'hui, tout au moins nous ne comblons pas en l'autre son besoin de réciprocité amicale désintéressée, par les postes que nous occupons dans le monde qui nous rendent lointains de la simple rencontre bienveillante et fortuite.

Pour aussi sagaces soient-elles, ces allégations d'égoïsme inhérents à la condition humaine auxquelles nous donnons foi, et qui maintiennent l'homme dans son état de repli et d'enfermement ("enfermedad" en espagnol signifie maladie), ces considérations font abstraction de l'ensemble-monde dans lequel nous gravitons (école-travail salarié-loisirs-délégation de nos vies...), et qui nous maintient dans cet état de frustration intense qui génère des comportements maladifs, individualistes, de survie... Oui, nous avons besoin de satisfaire nos besoins organiques, mais nous sommes corps social au même titre qu'individu séparé, aussi nos besoins communautaires intrinsèques doivent-ils être comblés au même titre que nos besoins personnels. En chacun de nous et dans l'ensemble du grand corps social, les besoins collectifs s'entremêlent et s'unissent aux besoins individuels. L'être humain n'est pas qu'une unité séparée, et se confond à l'ensemble de son monde.

J'avance que quand les conditions d'épanouissement d'un être sont réunies au sein d'un groupe aimant, quand il fait corps avec ce groupe, quand la confiance lui est accordée, que ses besoins premiers sont remplis, qu'il est réconforté quand il a peur, qu'il mange à sa fin, qu'il trouve de la chaleur quand il a froid, qu'il est respecté dans les étapes de son développement personnel, qu'il peut rejoindre un lieu sécurisant quand il se sent dépassé par l'immensité de la vie ou au contraire déployer son esprit d'aventure quand il est porté vers l'exploration du monde, quand il est aimé inconditionnellement par le groupe d'humains qui l'entourent, quand la vie du groupe  est féconde et animée, prenant en compte aussi bien l'ensemble que l'individu, alors cet être est porté à lui aussi accorder sa confiance à ceux et celles qui l'entourent, et non à la mesquinerie qu'on lui attribue aujourd'hui. L'état pathologique dans lequel se trouve l'humain n'est que le symptôme du manque de reliance et de confiance en nos potentiels de soin mutuel.

Enfin, accorderons-nous notre confiance ou de la défiance à l'égard du potentiel humain? Qu'allons-nous décider? Sommes-nous condamnés à vivre séparés les uns des autres puisque fondamentalement égoïstes, ou amenés à coopérer car enclins au partage?  Quoiqu'il arrive, aucun de ces deux postulats ne peut être vérifié. Ce qui est certain c'est que l'attitude que nous adopterons face à la vie définira la création collective du monde de demain. Allons-nous continuons à donner du poids à l'égrégore actuel qui nous maintient dans un état de compétition et de calcul permanents pour préserver nos petits acquis individuels, en continuant à lacérer notre part communautaire, ou dessiner un chemin où l'on choisira comme postulat le sourire ?

Choisir d'avoir confiance en l'autre, en nous-mêmes, en la Vie, en l'avenir, en la force d'un groupe sans hiérarchie, où l'égalité des individus s'exprime au profit d'une création collective, c'est un pari sur la vie, un bond dans l'inconnu. Cela implique, pour le grand saut que nous amorçons, de nous séparer de nos carapaces de protection. Nous les avons à juste titre forgées pour tolérer la violence du monde, et quelquefois elles sont en place depuis si longtemps que nous n'avons plus conscience de leur présence. Pourtant elles empêchent considérablement notre envol en direction d'un autre paradigme. S'en séparer suppose de choisir, profondément, sincèrement, entre ces deux possibilités: l'autre est-il un frère ou un ennemi? Opter pour l'idée de la confiance soulage d'un tel poids...

Au vu de l'état actuel du monde, choisir cette posture nous engage inévitablement à souffrir plus. Nous n'échapperons pas aux quiproquos et malentendus, relents d'un monde malade qui entreprend pourtant de guérir, ni au doute lancinant. Nous deviendrons aussi beaucoup plus fragiles puisque de nouveau nos coeurs s'ouvrent et redeviennent vulnérables, et ce qui nous apparaissait jusqu'alors comme violence nécessaire nous apparaîtra maintenant comme brutalité sans nom au service de la division. 

Débarrassés de nos coquilles nous sommes plus légers, mais aussi plus sensibles. Alors, se réunir devient un besoin premier. Ensemble. Aussi, si nos coeurs s'ouvrent, nous allons vers la rencontre, et d'immenses potentiels s'offrent à nous, le collectif reprend corps avec ses surprises et son bouillonnement créatif. La Vie sociale reprend substance et puissance. Le soin renaît. Tout est à inventer depuis ce nouvel angle.

C'est un pari sur la vie sans autre garantie que de vivre la confiance et la chaleur qu'elle diffuse, plutôt que la crainte et le renoncement. Et c'est déjà, tout simplement, immense. Avons-nous vraiment le choix pour dignement accueillir, héberger et honorer en nous, en tant que corps social et corps individuel, la Vie?

Mathilde, le 28 septembre 2018

L'Éducation industrielle

 monocultureTexte de Derrick Jensen publié sur www.partage-le.com

 
(Ndlr : double sens de l'adjectif "industriel" qui qualifie à la fois le genre d'éducation et le but, la finalité et les moyens se superposant : on éduque industriellement pour former les maillons de l'industrie)
 
La semaine dernière, une amie m’a envoyé deux e-mails détaillant sa vision de l’éducation. Le premier disait : « Ayant été préservée du système scolaire public jusqu’au CM1, dès le premier jour, je n’y ai pas adhéré. Ils ne m’ont pas eue assez tôt. Je me rappelle de ce premier jour, et de mon effroi lorsque j’ai réalisé que mes camarades venaient là jour après jour, depuis des années. Pourquoi ne m’avait-on pas prévenue qu’il s’agissait d’une prison diurne ? J’ai été d’autant plus horrifiée en réalisant que j’avais moi aussi été condamnée à cet enfer pour les huit prochaines années. Je crois encore fortement que le fait qu’on m’ait épargné les premières années d’endoctrinement a toujours constitué une de mes plus grandes forces. » Et le second : « Certains de mes professeurs ont fermé les yeux sur les approches créatives que je mettais en place pour supporter mes journées, ceux-là étaient des alliés qui nous permettaient d’endurer la misère à laquelle nous étions condamnés, mais aucun ne m’a suffisamment aimée pour me permettre de devenir qui j’étais. Ils étaient tous si dégradés par leur propre éducation institutionnelle débilitante que bien peu parvenaient ne serait-ce qu’à entrevoir ce que devrait être une véritable éducation. Ce système a trahi ma confiance à de si nombreuses reprises que j’ai été amenée à le détester. Cela dit, je suis évidemment contente de savoir que je le hais. J’ai toujours su qu’il était abominable parce que j’avais de quoi comparer, grâce à l’éducation que ma mère me fournissait de première main. J’adorais l’école à la maison. Aucun stress n’accompagnait cet apprentissage. C’était un jeu. Tous les enfants (et tous les humains, et même tous les non humains !) aiment apprendre. Il faut vraiment travailler dur pour réussir à leur retirer cela. Ce système y parvient très bien en à peine quelques années. Et je ne prétends jamais ne pas le haïr, pas plus que je ne crois qu’il puisse être réformé — cette autre idée doit également être anéantie. Je suis constamment stupéfaite et horrifiée de voir des parents qui semblent prometteurs et intelligents, qui font un travail formidable à la maison avec leurs enfants — qui prennent soin d’eux, qui surveillent leur régime et leur exposition aux médias —, les confier au système dès qu’ils atteignent cinq ans. Il s’agit d’une incohérence colossale, d’un angle mort terrible. Et leurs justifications sont tout aussi stupéfiantes. Cela me fait penser à ce phénomène, dont tu es familier, à coup sûr, de ces parents qui remettent leurs enfants directement entre les mains de leurs abuseurs. Ce matin, j’ai accompagné une amie qui emmenait son fils à l’école (au CP), et lorsque nous sommes reparties, elle m’a dit qu’elle avait vu beaucoup de mères pleurer la semaine dernière tandis qu’elles laissaient leurs enfants à l’école pour la première fois. Elle a esquissé une sorte de sourire, l’air de dire ‘toutes les mères connaissent ce genre de peine’. Je lui ai dit que je voulais bien le croire, et lui ai demandé pourquoi, selon elle, toutes ces mères pleuraient. Elle n’a pas répondu. Je pense qu’elle sait que c’est parce qu’elles vont à l’encontre de ce que leur suggère tout l’instinct qu’elles ont pour le bien-être de leurs enfants. »

Cela nous mène directement à la question que j’ai jusqu’ici pris soin d’éviter dans ce livre. Qui consiste à savoir si nous devrions tenter de faire au mieux dans le cadre de ce système vérolé, ou si nous ferions mieux d’essayer de le démanteler intégralement.

Il se trouve que j’ai reçu un autre e-mail aujourd’hui, également sur l’éducation, mais écrit par une autre amie. Elle écrit : « Il est important de se pencher sur l’éducation parce qu’elle constitue une relation que nous sommes tous contraints de connaître, ainsi qu’une métaphore ou un modèle pour toutes les autres relations de domination. J’ai beaucoup pensé à cela dernièrement, parce que ces deux dernières années je me suis trouvée dans deux positions, à la fois dans le rôle de victime (en tant que doctorante) et de coupable (en tant qu’enseignante), et j’ai réalisé que lorsque nous parlons d’éducation (ou de la culture dominante) nous parlons de défaire une relation de domination. Chaque jour, je lutte pour trouver des moyens d’éviter les mécanismes d’oppression (ce qui est véritablement impossible) et pour éviter d’y avoir recours (ce qui est assez difficile, je ne sais pas à quel point j’y arrive). Dans les cours que je donne, j’essaie de ne pas infliger de violence émotionnelle à mes élèves et d’éviter la coercition, ce qui m’a confrontée à de nombreuses reprises à la question : Quelle est la différence entre le fait de diriger et la coercition ? Il m’arrive de parvenir à pousser mes élèves vers plus de responsabilités, à s’émanciper davantage, et parfois non. Dans mes classes les plus restreintes, qui me permettent d’enseigner comme je le souhaite, cela m’est plus facile. Je peux rendre ces cours concrets, et les étudiants aiment en apprendre sur eux-mêmes. Mais je remarque que dans mes classes plus nombreuses, plusieurs de mes étudiants sont malpolis envers moi, sauf lorsque j’ai recours à une forme d’Autorité. Certains d’entre eux considèrent mon ouverture comme une faiblesse et ma gentillesse comme une vulnérabilité. Lorsque l’ouverture et la gentillesse inspirent le mépris et le ridicule, que pouvons-nous faire ? Ainsi beaucoup de mes élèves attendent de moi que je les “dirige” comme ils ont été dirigés auparavant, et s’arrangent pour m’y obliger. Cela me rappelle une relation que j’ai connue il y a longtemps, dans laquelle mon compagnon me poussait à bout de manière émotionnelle pendant plusieurs mois, puis me contraignait de manière physique. Je lui hurlais dessus en lui disant de me laisser, et je n’oublierai jamais son regard, cet air suffisant, satisfait et content, cette expression qui m’indiquait qu’il avait finalement réussi à me faire agir de la manière dont il voulait que j’agisse. J’ai mis un terme à cette relation. Ou, plutôt, devrais-je dire que je me suis extirpée de cette relation forcée. Ce genre de chose est très fréquent. La domination imprègne tous les aspects de nos relations, et certaines choses stimulent son emprise. Lorsqu’un tel système de relations envahit nos relations les plus sacrées, celles qui unissent le corps et le cœur, plus rien ne peut l’arrêter. Mais, bien sûr, il ne s’arrête pas là. La question devient : Comment entretenir des relations qui ne soient pas coercitives dans un système qui ne l’encourage pas ? C’est très complexe. Je sais que mes élèves se rebellent contre leur propre expérience de l’oppression, mais j’en subis les conséquences. Et puis il y a des étudiants qui ont été tellement blessés par leurs parents, leurs enseignants, et d’autres figures d’autorité que tous mes efforts pour les atteindre sont vains. Que puis-je faire ? Un de mes élèves les plus malpolis, par exemple, a prononcé un excellent discours de fin d’année sur le thème de la violence psychologique à l’encontre des enfants et de la manière dont elle est ressentie. Je n’avais pas réussi à l’atteindre dans mes cours — il avait été impoli de bout en bout — et soudain, je comprenais pourquoi. Et j’en étais désolée. J’imagine que tout cela nous mène à trois questions : 1– La matière qui émane du patriarcat capitaliste et suprémaciste vaut-elle d’être enseignée ? 2– Je sais que la raison d’être d’une véritable éducation est de permettre aux gens d’en apprendre sur eux-mêmes et sur le monde, mais, alors, concrètement, qu’est-il essentiel d’apprendre ? Et 3– Comment cela peut-il fonctionner ? »

Je n’ai pas les réponses à ses questions. Voilà ce que je sais : je hais la civilisation industrielle, pour ce qu’elle fait à la planète, pour ce qu’elle fait aux communautés, pour ce qu’elle fait à tous les non humains (sauvages et domestiqués), et pour ce qu’elle fait à tous les humains (sauvages et domestiqués). Je hais l’économie salariale, parce qu’elle pousse — ou, plutôt, qu’elle oblige — les humains à vendre leur vie et à la perdre en faisant des choses qu’ils n’aiment pas faire, et parce qu’elle récompense le fait que nous nous faisions du mal entre nous, et que nous détruisions nos territoires. Je hais l’éducation industrielle parce qu’elle commet l’un des plus impardonnables péchés qui soient : elle pousse les êtres humains à ne pas être qui ils sont, elle en fait des travailleurs convaincus qu’il est dans leur meilleur intérêt d’être les esclaves les plus loyaux, de faire voguer la galère qu’est la civilisation industrielle aussi frénétiquement — ardemment, luxurieusement — que possible, vers l’enfer, en les contraignant d’entraîner avec eux tous ceux et tout ce qu’ils croisent. Et je participe à ce processus. J’aide à rendre l’école un peu plus acceptable, un peu plus amusante, tandis que les étudiants sont formés afin de prendre part à la destruction en cours de la planète, tandis qu’ils entrent dans la phase finale du renoncement à leur droit inaliénable d’être des humains libres et heureux et qu’ils endossent les rôles de rouages dans l’immense machinerie industrielle ou, pire, de gardiens du camp de travail/d’esclavage géant que nous percevions autrefois comme une planète vivante. Cela fait-il de moi un collaborateur ?

Robert Jay Lifton, probablement l’un des experts les plus réputés au monde en ce qui concerne la psychologie du génocide, exprime clairement, dans son excellent livre Les médecins nazis, que nombre des médecins qui travaillaient dans des camps de concentration tels qu’Auschwitz tentèrent de rendre la vie de leur détenus la plus confortable possible en faisant tout ce qui était en leur pouvoir pour améliorer leurs existences. Tout, sauf la chose la plus importante : remettre en question la réalité d’Auschwitz, c’est-à-dire la superstructure génératrice d’atrocités à laquelle ils obéissaient. Le fait que l’éducation industrielle détruise des âmes et non des corps n’allège pas ma culpabilité. Ma culpabilité découle non seulement de ma participation à ce processus de destruction ou de déformation de l’humanité des étudiants (un peu comme si je mettais des coussins sur les bancs des galères afin que les esclaves ne se fassent pas trop mal), mais aussi de ma participation au processus plus large qui forme les superviseurs : je peux bien prétendre lutter contre la civilisation, lorsque j’enseigne à l’université, je participe activement à l’éducation des futurs technocrates qui soutiendront la civilisation et qui, simplement en faisant leur travail aussi bien et peut-être plus joyeusement que je fais le mien, propageront l’écocide et détruiront ce qu’il restera du monde naturel.

Ainsi que Raul Hilberg le décrit si justement dans son monumental ouvrage La destruction des Juifs d’Europe, l’immense majorité des responsables de l’Holocauste ne tirèrent ni ne gazèrent leurs victimes : ils écrivaient des mémos, répondaient au téléphone, se rendaient à des réunions. Ils faisaient leur travail au sein d’une vaste bureaucratie qui n’avait pas pour fonction quelque chose d’aussi indélicat qu’un meurtre en masse, mais qui servait à maximiser la production et à minimiser les coûts pour les usines (on omettait : en ayant recours au travail forcé) ; à libérer des terres et d’autres nécessités pour le fonctionnement de l’économie (on omettait : en envahissant l’Europe de l’Est et l’Union soviétique) ; à protéger la sécurité nationale (on omettait : en emprisonnant ou en tuant ceux qu’elle considère comme des menaces, dont les Juifs, les Roms, les homosexuels, les dissidents, les « réfractaires au travail » [c’est-à-dire ceux qui ne voulaient pas travailler, ou, ainsi que le SS-Oberführer Greifelt l’exprima, « ceux qui ne voulaient pas participer à la vie ouvrière de la nation et qui vivotaient en réfractaires […] devaient être gérés par des moyens coercitifs et mis au travail », ce qui signifie qu’ils étaient envoyés à Buchenwald]), et ainsi de suite ; et à rassembler des vêtements, des lunettes, des chaussures et de l’or pour l’usage des bons Allemands (on omettait : la provenance de ces objets).

Pour être clair, et pour m’assurer que ni vous ni moi ne nous exemptions de toute responsabilité : la civilisation industrielle détruit la planète, et nous participons tous. Sans nos contributions, que nous soyons des ingénieurs géophysiciens explorant le désert de l’Utah à la recherche de gaz naturel, des publicitaires écrivant des rapports pour la multinationale Ford Motor Company, des hôtes(ses) de l’air proposant des cacahuètes lors de vols transcontinentaux, des médecins veillant à ce que les travailleurs et les dirigeants soient en plus ou moins bonne santé, des psychologues permettant aux consommateurs de continuer à plus ou moins fonctionner, des auteurs écrivant des livres pour que les gens se divertissent, ou des professeurs aidant des écrivains en devenir à ne jamais ennuyer le lecteur, elle ne le pourrait pas. Ce système mortifère repose sur nous tous.

Enseigner à la prison rend tout cela encore plus concret. À chaque fois que je passe les portes, je participe au fonctionnement du système carcéral le plus étendu au monde, et le plus raciste, puisqu’il incarcère proportionnellement plus de Noirs que le régime sud-africain durant l’apartheid. Mais en même temps, je sais que nombre de mes élèves m’ont dit explicitement et de nombreuses fois que nos cours sont la seule chose qu’ils attendent avec impatience de toute leur semaine, la seule chose qui leur permette de rester sains d’esprit.

Cela fait des années que je bloque sur cette question de réforme ou révolution, et peut-être qu’il est temps que je suive mon propre conseil et que je réalise que je pose une mauvaise question. Réforme contre révolution est une fausse dichotomie. La première réponse est que nous avons besoin des deux : sans une révolution, la planète est foutue, mais si nous nous contentons d’attendre la révolution, cela aura le même effet. Pendant des années, avec d’autres activistes de tout le pays, nous avons rempli ce qu’on appelle des recours contre des ventes de bois, dans une tentative (finalement infructueuse) de pousser le Service des forêts à cesser de proposer des ventes de bois illégales, fiscalement irresponsables et écologiquement destructrices, sur des terres publiques. Je suis contre toute forme de gestion forestière industrielle, et particulièrement contre la foresterie industrielle sur des terres publiques. En outre, je sais que les systèmes administratifs et judiciaires sont biaisés en faveur des corporations (pourquoi faire le timide : ils sont conçus pour détruire les communautés naturelles qui soutiennent la vie). Mais rien de tout cela ne m’a empêché d’avoir recours temporairement à cette tactique réformiste. Je ferai tout pour sauver les forêts. Ce qui m’amène à la seconde réponse, qui est que la moralité est toujours circonstancielle. Nous devrions faire ce qui est juste à l’endroit où nous sommes, et nous rendre aux endroits où nous pourrions faire ce qui est juste. Le tempérament et les compétences que nous avons nous aident aussi à déterminer ce que nous devrions faire.

J’entends déjà ces voix me murmurer, encore et encore : pente glissante, pente glissante. Te souviens-tu des médecins d’Auschwitz ? Mais toutes les pentes sont glissantes. Et alors ? Mon héritage naturel en tant qu’être moral et sensible me dispose à effectuer ce genre de jugements moraux. Il est de mon devoir et de ma joie de me confronter à ces démarches de discernement aussi honnêtement et lucidement que possible. Et plus encore. Le point clé de l’attitude méprisable des médecins nazis était leur échec à remettre en question la réalité d’Auschwitz. Très franchement, la majorité d’entre nous échouons tout aussi odieusement à remettre en question la civilisation industrielle, l’économie salariale et, pour en revenir au cœur de cette discussion, l’éducation industrielle. Inlassablement remettre en question notre contexte, qu’il s’agisse d’Auschwitz, de Disney, de la prison d’État de Pelican Bay, de la civilisation industrielle, de l’Université de l’Est de Washington, ou de la Glorieuse Révolution des Luddites, constitue le meilleur moyen que je connaisse pour se prémunir face à une pente glissante. Parce qu’il me semble que ces pentes sont plus dangereuses lorsqu’on ne les examine pas.

***

À la quatrième semaine de chaque trimestre, environ, je me pose la même question : De quoi discuterions-nous si j’avais les mêmes élèves pendant deux trimestres d’affilée, voire pendant deux semestres ?

Et chaque trimestre, environ, la même réponse me vient. Si le premier trimestre portait sur la libération, le second porterait sur la responsabilité. Chacun de nous doit apprendre et faire l’expérience — incorporer, intégrer dans son corps — des deux. Elles sont indissociables. L’une sans l’autre devient une parodie, et mène aux comportements inappropriés, destructeurs et autodestructeurs qui caractérisent généralement les parodies inconscientes ou non intentionnelles. La responsabilité sans la liberté donne l’esclavage. Ainsi qu’on le constate. La liberté sans la responsabilité donne l’immaturité. Ainsi qu’on le constate également. Combinez ces deux-là et vous vous retrouvez avec une culture entièrement composée d’esclaves immatures. Ainsi qu’on le constate encore, malheureusement pour nous et pour tous ceux que nous croisons. Pour ceux qui s’intéressent à la croissance de l’économie, ces parodies peuvent être très intéressantes, mais pour ceux qui s’intéressent à la vie, elles sont effroyablement nuisibles.

Ces sujets des quêtes de la libération et de la responsabilité, je ne les aborde pas en prison, parce que les circonstances de vie de mes élèves y sont très différentes, ce qui implique que ce dont ils ont besoin et que ce qu’ils attendent de moi est très différent. Et ce que je suis autorisé à leur donner diffère également. Ces cours en prison, dont certains durent depuis plusieurs années, sont plus techniques. […] Mon travail y est plus circonscrit, un peu moins philosophique.

Cela dit, les différences sont superficielles et, comme toujours, contextuelles. Les bases, qui consistent à respecter, à aimer et à aider mes élèves à devenir qui ils sont, demeurent les mêmes pour l’université et pour la prison.

***

C’est la huitième semaine à l’université, et il y a dans l’air comme une odeur de révolution. Nombre de mes élèves en ont après moi. L’un d’eux me dit : « Vous parlez de libération, de comment nous sommes les vrais dirigeants dans la classe, de comment vous voulez que nous prenions en charge notre propre éducation. Mais c’est du vent. Vous dirigez toujours. »

Un autre : « Vous dites que vous ne voulez pas nous noter, mais les notes de présence sont toujours de la coercition. »

Une autre : « Et si je ne veux rien écrire ?

— Alors j’imagine que tu vas devoir retaper.

— Je pensais que vous valiez mieux que les autres profs, mais vous êtes tous les mêmes. Simplement, vous souriez lorsqu’on vous provoque. Pire encore, vous nous poussez à sourire lorsque vous nous secouez. »

Je suis content. Ils comprennent. Tout, dans cette classe, devait mener à cet instant, à leur rejet de mon autorité. C’était le but. Je veux jeter les notes de présence et leur mettre à tous des 20. Je veux jeter les 20 et ne rien leur donner de plus que ce que je leur ai déjà donné, du temps et de l’acceptation. Mais je ne veux pas laisser voir que je suis content. J’objecte. Pas beaucoup, mais un peu. Puis j’admets qu’ils ont raison.

Celle qui pensait que je valais mieux que les autres professeurs me dit : « Je ne vous blâme pas. Je vous aime bien. Vous êtes excellent. Mais vous essayez de vous insérer — et d’insérer votre acceptation et tout cet enseignement qui vise à ce qu’on se soucie de nous-mêmes — dans cet autre système basé sur la coercition, et c’est juste ridicule. »

Un regard un peu peiné dissimule ma joie. Je lui demande : « Alors, que devrais-je faire ? Voulez-vous que je change de manière d’enseigner ? Voulez-vous que je me mette à noter comme les autres ?

— Non, répond-elle, horrifiée.

— Mais alors, quoi ?

— Faites changer cet autre système.

— Comment puis-je faire ça ? »

Elle pensa un moment, puis me répondit la meilleure chose possible : « Vous êtes malin. Vous trouverez. J’ai suffisamment de mal à gérer ma propre vie. »

J’adore ce travail.

***

Ce week-end, j’ai donné un cours lors d’une conférence d’écrivains. C’était amusant. Le seul problème, c’est qu’elle prenait place dans une école du secondaire. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas rendu dans ce genre d’endroit. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été obligé de rentrer dans une de ces salles de classe. C’est pire que dans mes souvenirs. L’une des premières choses que j’ai remarquées en entrant dans la salle où mes ateliers devaient se tenir était un autocollant rouge collé devant le bureau du professeur, qui lisait : « Vous n’êtes pas à Burger King, et vous n’aurez pas ce que vous voulez. » Des panneaux (certains écrits à la main au marqueur, d’autres produits en série) étaient accrochés sur tous les murs — littéralement, sur tous les murs — qui suggèrent aux étudiants que s’ils se comportent mal, ils seront envoyés au bureau du principal. L’un deux, en majuscules, stipule que LES ÉTUDIANTS NE DOIVENT JAMAIS PARLER SANS LEVER LA MAIN ET SANS AUTORISATION DU PROFESSEUR.

Bien qu’il s’agissait d’une salle de mathématiques, il me semble clair que le but était, comme toujours, d’obtenir la soumission envers l’autorité. Je ne sais pas comment j’y ai survécu. Je ne sais pas comment aucun élève peut y survivre. J’imagine que d’une certaine manière, très concrète, ils n’y survivent pas. Et c’est précisément l’objectif.

Derrick Jensen

 

Venez à l'Adrey du 9 au 16 juillet

Venez camper. Au menu, comme d'hab : douceur de vivre et partage de savoirs. Saveurs, Sapere, Sapience, Sapiens... Humus Sapiens.

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Ajout le lundi 9 juillet:

 

La semaine de permaculture-camping-skholè à la Table commence aujourd'hui.
Demain, mardi, nous serons un petit groupe à nous réunir la journée et/ou le soir pour une rencontre musicale/conviviale autour du feu, suivi par ceux et celles qui en ont envie par une ou plusieurs nuits de camping ou sous le ciel étoilé. Venez nous rejoindre avec vos instruments de musique!!!
 
Mardi après-midi, nous vous présentons un aperçu de la permaculture via la fleur de permaculture revisitée, qui englobe tous les aspects de l'existence. En fonction de chacun chacune d'entre nous, nous élaborerons ensemble quels pétales nous voulons voir s'épanouir pendant la semaine et les mois qui viennent, via notre cheminement personnel et les liens d'entraide qu'on pourra tisser et consolider ensemble.
 
On espère vous voir. A bientôt?

 

La Mairie de La Table dit NON à un projet de verger communal porté par la population

vergerLa période idéale de plantations d'arbres s'étale de novembre à mars, c'est pourquoi nous avons initié un projet de plantations d'arbres sur terrains communaux autour du mois d'octobre 2017. Un collectif d'habitants a porté un projet de verger communal et tout au long d'une série de demandes et de conseils municipaux, s'est vu opposé ce petit mot : NON. Non à la Vie, non à l'Amitié, non au Soin.

Voici, en lecture, ci-dessous, ma réponse de 7 pages à la Mairie de La Table.

Exception à nos distances prises avec l'argent : 1 campagne ulule...

ulule... pour nous aider à financer les matériaux de nos roulottes. Nous militons pour un monde sans argent. Nous donnons tout et ne vendons rien depuis des années. Nous pensons qu'il faut "Rompre l'enchaînement des ventes mutuelles"... Ça reste vrai mais comme les exceptions confirment les règles, en ce printemps 2018, nous faisons une exception dans cette prise de distance à l'argent pour une campagne Ulule (et pour essayer avec le système inédit dit de "crowdfunding") afin de nous aider à construire rapidement nos roulottes. Le site Ulule présente cette campagne à l'adresse suivante : https://fr.ulule.com/roulottes-a-ladrey/

L'argent n'est pas un sujet facile... (le pire), mais il nous faut encore parfois malheureusement en trouver. Et aucun moyen n'est réellement sain comme nous le dit si bien Thoreau :

« Les moyens de gagner de l'argent vous entraînent presque sans exception vers le bas. » disait ce cher H.D. Thoreau.

Nous nous essayons donc malgré tout ce jour avec la plateforme ulule pour financer les matériaux de nos futurs roulottes. Le système par dons ou mécénat reste, je pense, le moins pire de tous les moyens pour avoir de l'argent (pratiquer l'aumone n'est pas perçu spirituellement comme quelque-chose de vicieux). ​Merci beaucoup tout d'abord de partager le lien autour de vous si ça ne vous rebute pas. Et merci de contribuer si vous vous sentez bien avec ça (même un petit montant). C'est la première fois depuis très longtemps que nous faisons intervenir la notion d'argent avec "l'extérieur". Nous ne vous demandons pas de nous récompenser financièrement pour les efforts passés car ce serait un paradoxe, nous vous invitons seulement à embrasser qui nous sommes, notre histoire avec nos forces et nos faiblesses en lien avec l'histoire du monde. Car le problème de l'argent est un problème individuel et surtout collectif. Si le monde reste attaché au pognon et si nous ne voulons pas mourir, nous sommes un peu contraints... La froide mécanique du monde et les lois de pesanteur sociales s'abattent sur tous sans distinction. Mais soyez-sûr que nous travaillons tous les jours de notre vie à la disparition de l'argent et à l'avènement d'une nouvelle réalité dans laquelle les rapports d'argents disparaissent aux profit de rapports d'amitiés et d'entraide.

Nous restons militants d'un monde sans argent, vous pouvez donc être assurés que contributeurs ou non-contributeurs (ou gros contributeurs et petits contributeurs) ne seront JAMAIS séparés dans notre tête et dans nos cœurs. Si vous contribuez, c'est super, vous participez à l'achat des matériaux de nos roulottes, et si vous ne contribuez pas, vous méprisez peut-être l'argent et les rapports d'argent, et/ou préférez ne pas faire rentrer ça dans notre relation, et c'est totalement fantastique également !

Bref, merci dans tous les cas. La seule chose qui compte vraiment est que vous existiez et que ce monde change radicalement.

 

Conférence : Le retour du Municeps. Vraie démocratie et permaculture.

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Déroulé de la conf :

​- État des lieux de la biosphère et de la vie sur Terre (on en est à la disparition accélérée des oiseaux, à l’air classé dans les pires cancérogènes...)
- Importance des élections municipales par rapports aux autres scrutins pour vraiment tout changer à la base et localement (indépendamment du grand bordel planétaire).
- Quel socle de principes (4 principes) on peut se donner pour aller tous ensemble vers ces élections mais sans chercher pour autant à "prendre le pouvoir" ? Comment donc aller vers des vraies démocraties locales pour en finir avec les oligarchies locales qui empêchent la vie de s'épanouir ?
- Quels sont les principes de vraie démocratie (30 principes).
- Quelles mises en place pratiques concrètes on peut commencer tout de suite pour se mettre en chemin ? (Tirage au sort sur liste électorale ; réalisation d'une liste de volontaires,…). Récit de mon expérience de tirage au sort de la population à Cognin en 2014 (comment aller plus loin et franchir la rampe ?).
- Philosophie politique : comprendre le phénomène du pouvoir pour s'en protéger collectivement (30 notions fondamentales pour décrire le phénomène du pouvoir).
- Que pouvons-nous faire ensemble ? Quel est le but de la vraie démocratie qui vient ---> Faire de la permaculture partout, faire 36 000 jardins pour faire redémarrer les processus de vie, s'entraider, et retrouver toutes les dimensions de l'existence volées par le capitalisme.

P.S : si y'en a qui veulent me rejoindre à la tribune (tout en gardant à peu près ce plan et en me laissant de la Parole), c'est avec plaisir.​

PS. : En préambule de la conf : - État des lieux des relations humaines (toujours aussi conflictuelles malgré tous nos efforts). Dia-logos et Polémos. Simone Weil et la pesanteur dans les rapports humains. L'amitié pythagoricienne. A propos des JE et des NOUS (toujours avec S. Weil).

Sous-catégories

 

La répression qui frappe le rebelle libertaire s’abat sur tous les hommes.

Raoul Vaneigem


fleur de permaculture

Cliquer sur l'image pour l'agrandir dans un nouvel onglet.

salle de classeVoici une série en 4 parties, concernant "la géométrie scolaire" ou si vous voulez "l'anatomie scolaire" ou encore "la théorie scolaire" (valable de la maternelle à l'université) ... Bref de quoi décrire les lignes et la logique du pharmakon de l'école telle qu'elle est en ce moment dans les mains des pouvoirs. De quoi décrire aussi le rapport prof/élève et l'autorité en général.

Pour commencer, y’a t-il effectivement « rapport » ? Oui mais il n'est pas "humain" selon krishnamurti :

« A partir du moment où vous parlez ès qualité, vous détruisez effectivement le rapport humain. La position de supériorité implique le pouvoir, et lorsque c’est ce que vous recherchez, consciemment ou inconsciemment , vous entrez dans un monde de cruauté. » (Krishnamurti)

Autres termes que l’on va pouvoir questionner « relation » et « rencontre » :
Il n’y a évidemment pas non plus de relation ou de rencontre en situation scolaire comme nous le pointe John Holt :

« Il ne peut jamais y'avoir de rencontre réelle, vraie et sincère, lorsque l'une des personnes détient du pouvoir sur l'autre. »
(N.B : Cette phrase est tout aussi valable pour la plupart des rapports parents/enfants.)

« L'une des raisons pour lesquelles l'école est rarement bénéfique aux enfants mais leur est par contre presque toujours nocive, c'est qu'ils n'expérimentent aucune rencontre réelle avec leurs professeurs.Les professeurs ne sont pas eux-mêmes, ils jouent un rôle. Ils ne parlent pas de leur réalité, ce qu'ils savent, de ce qui les intéresse, de ce qu'ils aiment, mais seulement de ce que prévoient les programmes, les livres du maître et les séquences de chaque séance (par exemple avec des indications telles que : "lancez une discussion sur...") Ils ne réagissent pas naturellement, avec franchise, ni aux actions ni aux besoins des enfants, mais en fonction des réactions dictées par des règles. Ils sont sans cesse en train de se demander : "Et si je fais ou dis ceci ou cela, ou que je laisse les élèves faire ou dire ceci ou cela, vais-je avoir des problèmes ?" ; puis ils agissent en fonction de la réponse à cette question. » John Holt

Détaillons dans cette série, cette absence de rapport humain, de relation, de rencontre. Tentons de décrire cette « géométrie » scolaire au final chaotique, infertile et destructrice de l’amitié, des individus et de la société.

La majorité des choses que je vais détailler dans cette série sont pratiquement valables pour le rapport parents/enfants et pour le rapport Élus/Électeurs, et de façon générale pour tous les rapports de domination qui détruisent bêtement la vie.

4 parties donc :

systeme

Dessin de notre ami Andrea : http://andreaechorn.blogspot.fr/

A l'époque moderne, la propagande nomme  "théâtre" un certain type d'esthétique et de comportement scénique, une certaine façon de s'exprimer sur une scène (de théâtre). Cela permet aux Pouvoirs de circonscrire, de contrôler et de dissoudre un concept qui les menace lorsqu'il n'est pas dévoyé ainsi. Le théâtre, originellement, littéralement, c'est l'outil (pharmakon) de rassemblement. C'est ce cercle ou demi-cercle, le plus souvent agrémenté d'une construction qui permet de placer plusieurs cercles en étages, qui optimise la vue et l'acoustique pour qu'une communauté politique puisse observer ensemble le même objet noétique. On peut donc aussi définir le théâtre, comme la recherche de la convivialité et de tout ce qui va optimiser le rassemblement pour se concentrer ensemble sur un objet noétique. Theatron en Grec, c'est bien juste cet "immeuble" sur lequel prend place la communauté politique afin que tout le monde puisse être à son aise pour "voir" (ou embrasser) le même objet. La racine Thea correspond d'ailleurs directement à la vue. Les théâtres sont des communaux, les "communaux de la parole", leur gestion devrait donc être citoyenne et démocratique, c'est-à-dire bottum-up et non top-down comme aujourd'hui. Revenir à ce sens originel et littéral est très important puisque cela permet de mettre en évidence l'infini des possibles quant aux objets observés par la communauté politique à contrario du sens affreusement limité que la propagande et "la société du spectacle" a donné au théâtre depuis plusieurs siècles. L'histoire a montré que les hommes se sont majoritairement rassemblés pour voir ensemble du contenu méta-politique, poétique et/ou transcendantal. L'histoire a aussi montré que ce méta-politique avait une fonction politique de mise au jour (dans le sens de l'alèthéia), de régulation et d'autolimitation de premier-plan et constituait donc un pilier des régimes réellement démocratiques. Le méta-politique et le poétique des théâtres permettaient notamment via la catharsis et le tragique, de dénoncer, d'alerter, de mettre en garde, de créer des prises de consciences quant à des dérives autoritaires, tyranniques et/ou hubristiques au sein de la Cité. Ainsi tous les tyrans, les riches et oligarques du monde ont toujours craint le théâtre. Il est logique que les Pouvoirs royaux, puis capitalistes (et les classes dominantes) aient tout fait pour lui faire perdre son sens originel, pour le circonscrire à une esthétique limitée, pour se l'approprier et pour le contrôler drastiquement.

Pour retrouver ce sens originel, nous parlons sur ce site d'une nécessaire pharmacologie et therapeia du théâtre. Si nous voulons la séparation de l'Éducation et de l'État, nous voulons évidemment aussi la séparation de la culture et de l'État. Ce contrôle actuel du théâtre par les Pouvoirs (et son sens corrompu) tue un des outils-premiers de réflexivité. "La clôture de l'imaginaire social et politique" dont parle Castoriadis est provoquée notamment par cette corruption du théâtre par les Pouvoirs. Notre époque est anti-théâtrale (comme elle est anti-philosophique) et donc cette société est fermée. Cette corruption du théâtre provient de la contre-révolution platonicienne. Platon serait le premier (dans La République vers -387 Av. JC) à avoir amorcé cette idée d'un contrôle et d'une définition par les Pouvoirs oligarchiques de ce qui est produit sur les scènes de théâtre (à contrario de l'Athènes du Vème siècle).

bibliographiedescolarisationslide

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Merci de faire tourner copieusement la photocopieuse (et de nous tenir courant please).

Ce document est une bombe qui contient 45 bombes, voire pire encore. 45 références cruciales, énormes, qui se répondent à l'infini sur plus d'un siècle (!!), pour défoncer, par la racine, l'ordre établi qui nous opprime tous, et pour TOUT, ABSOLUMENT TOUT, remettre en question les fondements de cette société de merde. 

La technique peut être la suivante : en abandonner ici ou là des petits tas, anonymement ou pas. Si vous travaillez dans une prison scolaire ou si vous avez la possibilité de rentrer dans l'une d'elles sans aller au tribunal comme nous, merci d'en déposer !!!

Vous pouvez organiser des lectures aussi, chez vous, ou que sais-je encore. Donnez-la à votre libraire, à votre bibliothécaire etc. à votre médecin ! etc. à votre vétérinaire ! à votre boucher ! A votre dentiste ! Votre garagiste ! Vos voisins ! A vos parents bien-sûr ! A votre enfoiré de Maire. etc.

julesferryGrand penseur devant l'éternel de l'école d'État : Jules Ferry. Nous utilisons sur ce site l'avatar de Jules Ferry ci-contre, notamment pour exposer ses citations irradiantes ou imaginer qu'elles furent ses pensées.

Ce petit personnage, ridicule et dangereux est également l'icône, l'incarnation de tout le projet d'école d'État de 1880 à aujourd'hui. Sacré Jules !

guilleminNous insistons notamment sur les conférences qui restituent la vérité concernant deux dates clés : 1789 et 1871. Mais, si vous le pouvez, il ne faut pas s'arrêter là.

Guillemin, c'est vraiment le bonhomme qui est là pour vous désenfumer l'esprit de l'Histoire fumeuse apprise à l'Éducation Nationale. Pour ceux qui n'avaient aucun goût pour cette matière, il se pourrait que quelqu'un comme Guillemin change la donne de côté-ci.

« Croire à l'histoire officielle, c'est croire des criminels sur parole » disait Simone Weil. C'est peut-être tout à fait pour cette raison que vous n'avez pas accroché en Histoire à l'école ; vous sentiez sans doute très confusément qu'on cherchait à vous enfumer.

Dans la séquence ci-dessous, extraite de la série « L'autre avant-guerre 1914 », Guillemin parle de cette nouvelle République conservatrice de 1879 au service des riches née après le bain de sang de la Commune et puis de Jules Ferry qui a su génialement mettre au point les nouveaux outils d'enfumage du peuple qui étaient nécessaires à l'époque, au profit des capitalistes.

Il faut absolument écouter Guillemin, plusieurs fois par semaine si vous le pouvez ! C'est de la salubrité publique.

L'Histoire enseignée à l'Éducation Nationale est une immense tromperie.
 

 

Dans cette rubrique nous recueillons tous vos témoignages concernant vos diverses expériences avec l'éducation nationale, vos cheminements vers la déscolarisation, chaque parcours étant empreint d'une richesse et d'une expérience susceptible d'éclairer ceux qui tâtonnent encore en se demandant comment agir. Nous avons fait le choix d'un site sans interface de commentaire pour être en accord avec une idée centrale: internet doit se cantonner à être un outil d'information et ne doit pas servir d'ersatz à l'espace public inexistant. Cela dit vous pouvez vous exprimer tout à fait librement sur ce site, via cette rubrique témoignage ou en partageant avec nous des textes qui vous paraissent importants... Pour l'envoi des textes, vous trouverez nos mails respectifs ici.

Les bases de l'autonomie véritable :

- La Permaculture

- L'autoconstruction

- Le banissement mental de toutes les idéologies et propagandes actuelles liées à l'immobilier.

- Les arbres fruitiers (très diversifiés, rustiques, à gros rendements)

- La conservation des aliments

- Les plantes comestibles et médicinales (sauvages ou non)

- Se déconditionner quant à l'impossibilité de réaliser ses rêves d'autonomie et de vie simple et bonne.

- Résoudre la question de l'eau et de l'énergie

- L'entraide et le partage des outils et des connaissances.

Contactez-nous si vous n'y croyez pas, pour en discuter (04 56 29 35 06). Ce qui est incroyable et irrationnel, c'est le système capitaliste, non pas l'autonomie véritable.

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